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Dernière mise à jour le 25 Mars 2010

Et, pour vous donner un avant goût des Higtland, voici un petit film particulièrement réussi sur le mixte new age avec le team PETZL.

Compte rendu des séjours 2010.
"Pour un peu de Whisky dans la glace de l'hiver..."

Alpinisme hivernal en Écosse



Comme chaque année en mars, me voici pour deux semaines au pied du Ben Nevis.
Deux semaines immergé dans l’ambiance particulière du plus haut sommet d’Ecosse. Un sommet planté en bord de mer comme un navire au-dessus des collines de bruyère et de tourbe des Highlands. Un navire entouré de mystères et de brumes, secoué par de terribles tempêtes. Depuis son sommet, on ne compte plus les cordées de naufragés qui ont eu bien du mal à rentrer au port.
Le Ben est un rendez-vous incontournable de mon hiver de glace et d’alpinisme. Une ambiance d’hiver bien particulière, unique au monde.


Cette année, j’ai changé radicalement d’organisation, pour ancrer encore plus ce séjour d’alpinisme hivernal dans une logique de formation. Pour expérimenter, réfléchir sur l’enseignement de l’alpinisme, dans une direction bien particulière : l’autonomie.
Le caractère du terrain est particulièrement important :

  • Pas de souci lié à l’altitude
  • Pas ou peu de problème nivologique
  • Pas d’équipement en place
  • Un espace réduit, un champ clos
  • Des mauvaises conditions météorologiques récurrentes
  • Des itinéraires variés, bien identifiés et de tous niveaux.
  • Un terrain où se mêle neige/glace et rocher.
  • Une réalité culturelle forte « l’alpinisme sur glace est né en Ecosse et au Ben »

Nous avons débuté les deux séjours par une mise à plat des objectifs et des demandes de chacun, avec une explication la plus claire possible du mode de fonctionnement

Mes choix d’organisation
Un petit croquis vaut mieux qu'un long discours.

L’engagement demandé, vécu, par chaque participant est particulièrement important. Qui dit engagement en alpinisme, dit prise de risque ! Forcément…
Alors, comment vivre sereinement cet engagement sans qu’il soit édulcoré par une trop grande prise en charge, une trop grande présence, ni exagéré avec un risque de chute trop important ?
La question du bon réglage de ce curseur a été au centre de mes préoccupations, à tous les instants.
Est-il possible, raisonnable de vivre cette responsabilité en tant qu’enseignant ?
En tant que guide de haute montagne ?
Il me semble que plus l’engagement est important, plus il fait partie, plus il est intégré dans la pratique de chacun. Et plus il est pris en compte, consciemment.

L’équipement minimaliste du Ben oblige à se poser les bonnes questions.
Suis-je à ma place  dans cette voie ?...
En tête, à des Kms de ma dernière protection (un exentrique tabassé dans une fissure glacée), avec des rafales et des spindrifs qui me bousculent ?

Une vision d’apocalypse ? Mais non, simplement « un enfer quotidien » qui procure un plaisir subtil autant qu’extrême. Un sentiment d’existence au plus profond de l’instant. Une réconciliation « du faire » et « du être ».
Mais se sont surtout des questions qu’il vaut mieux se poser avant !
Quelle est la nature de l’itinéraire choisi ?
Quelle est la composition de la cordée ?
Quel est le bagage nécessaire (et pas uniquement technique et gestuel) pour être à ma place ?
La complexité des conditions météorologiques rend ce questionnement encore plus pointu, vital même, car le mauvais temps réduit encore plus les marges de sécurité. Arrivé au sommet du Ben, encore faudra-il rentrer à la maison.

Il FAUT être à sa place. Absolument.
L’absence d’équipement en place oblige à une autonomie complète, dans le niveau choisi et dans l’instant. Cette autonomie se construit au fil des jours et des expériences vécues. Pour cela, il est très formateur de changer de compagnons de cordée, de secteur et de voie, de position/de statut dans la cordée, de position dans le groupe. Il faut aussi accepter, un jour, de couper le cordon avec le guide. Il faut un jour partir seul et affronter la haute mer dans l’intimité d’une cordée perdue dans les bourrasques au cœur du Ben. Quitte à « marquer un but », le plus important étant de vivre l’instant et de pouvoir le raconter… au retour, devant un bol de thé chaud.

En début du deuxième séjour, une question de Jérôme (alpiniste grenoblois autonome dans le AD/D et qui a construit ses compétences seul, avec sa compagne de cordée et un groupe d’ami) a l’avantage de poser le pavé au centre de ma mare.
« Mais comment est-il possible d’enseigner l’alpinisme et l’autonomie ? Et surtout au Ben Nevis ? »
Et cela m’a obligé de mettre des mots sur chaque journée, sur mes choix et mes comportements.


Première vision du Ben en montant au refuge et première évaluation des conditions.
La première impression est plutôt bonne. Les montagnes sont blanches !


Laurent, rescapé du Manaslu 2009 !


Jeff, the Man of the Ben


©Jérôme...

Voici le compte-rendu de ce deuxième séjour bien particulier.
Dimanche :
La montée au refuge avec matériel et nourriture pour la semaine c’est plutôt bien passé. Il a fait « Dry » et surtout beaucoup de matériel était déjà au refuge suite à la 1ère semaine.
Les brumes enveloppe le Ben, il est 14 h et nous avons le temps d’une petite ballade qui sera aussi une première prise de contact et une phase d’évaluation (l’occasion pour moi d’observer tout le monde, mais aussi pour que chacun se rende compte de l’aisance réelle des uns et des autres).
Mon rôle : choisir la voie adaptée, prendre le matériel nécessaire et organiser la progression.
Ce sera Ledge Route (II/2), avec un matériel minimaliste (une corde pour deux et quelques sangles + pour moi une broche et un micro-jeu de coinceurs).
Nous évoluerons sans être encordé et je resterais plutôt derrière le groupe. À la descente, Laurent prendra les points GPS de la descente.
Une très belle journée qui nous aura permis de construire l’organisation du lendemain en identifiant les voies envisagées.


©Jérôme...




Le début de Number 5 Gully. Il va falloir tourner à droite dans pas longtemps.


Le passage un peu exposé au-dessus du Curtain.


Au début de l'arête.


L'arête horizontale avant le dernier ressaut.



A l'entrée de Number 4, très simple cette année.

Lundi : Grand beau temps ! La catastrophe…
Jérôme et Laurent formeront la cordée autonome. Ils iront dans Vanishing Gully (II/5) pour en faire les deux premières longueurs avec descente en rappel. Puis traversée vers Comb Gully (III/4) et descente par Number 4. C’est la suite de la phase d’évaluation. Seront-ils capable de réaliser dans de bonnes conditions l’enchaînement choisi ?
De notre côté, nous irons dans le secteur de Boomers pour faire Harrison’s Direct (III/4) en deux cordées indépendantes : Jeff et moi et Marie avec Sylvain.
À la fois pour prendre contact avec l’ambiance d’une voie de niveau 4 au Ben et pour découvrir un secteur que je ne connais pas. Il est assez rare d’aller dans ce coin, qui est aussi moins souvent en condition et avec des problèmes de nivologie.


©Jérôme...

Tout ira pour le mieux pour la cordée des garçons.
De notre côté, ce sera un peu plus compliqué. Harrison n’est pas vraiment en bonne condition et nous sortirons par Boomer’s  Requiem (III/5) qui est plutôt (/6) car très pauvre en glace.  Pour les longueurs difficiles ou trop engagées, je serais obligé d’assurer la deuxième cordée. Puis, pour la sortie de la voie par de grandes longueurs sans difficulté qui conduisent à Carn Dearg, je laisserais Marie et Sylvain vivre tranquillement leur autonomie, et avec Jeff nous rentrerons directement au refuge sans les attendre. Une manière de prendre de la distance pour les laisser vivre leur vie, même si cela doit leur prendre un peu plus de temps.



Une première longueur pas vraiment en condition... mince alors...


Tout en finesse et en concentration...




La deuxième longueur... sous The shroud.


Une des rares photos dans le passage clef.

Mardi : encore Grand Beau, toujours la catastrophe.
Je ne suis pas très satisfait de mon choix de la veille à Boomer’s, même si nous y avons vécu une très belle journée, très scottish. J’aurais préféré que la deuxième cordée puisse mieux assumer, mieux vivre son autonomie.
Et c’est ce qui va construire cette deuxième journée. Nous ne changerons pas la composition des groupes. Laurent et Jérôme iront à Glover’ Chimmey (III/4) car c’est une voie qu’ils rêvent de parcourir et qui est à leur niveau. Bien sûr, ils ne connaissent pas la sortie par le haut de Tower Ridge, mais nous nous rejoindrons certainement au Gap. De notre côté, nous enchaînerons Vanishing  Gully (II/5) avec sortie par Tower Ridge (II/3).
Les cordées seront simplement inversées, je grimperais en réversible avec Sylvain et Marie sera avec Jeff.
Mon rôle : choisir des voies adaptées, rester un peu présent avec Marie & Jeff pour les rassurer, leur laisser parfois du matériel en place (dans Eastern Traverse), laisser Sylvain grimper en tête, lui expliquer quelques trucs (faire un relais et planter des pitons).
Cette fois-ci tout se passera le mieux du monde, pour les deux groupes. Au Gap, nous retrouverons l’autre cordée et Marie pourra même embrasser son Doudou au sommet !
Descente par Coire Leis, alias Abseil Post.


©Jérôme...


Laurent... ©Jérôme...



Jeff et Marie... Au Gap !


Les dernières longueurs


Great Tower et la sortie après le Gap...




Au sommet... ©Jérôme...

Mercredi : Toujours Grand Beau, encore la catastrophe.
Il est temps de rentrer dans la phase de réalisation et justement le secteur des Minus est en condition. Ce qui est très très rare. Il nous faut aussi changer les cordées…
Laurent grimpera avec Marie, dans Green Gully (III/4) avec un réveil plus en douceur, pour avoir une journée plus cool et vivre un peu de tranquillité loin du Paulochon.
Je grimperais en tête avec Jeff et Jérôme sera avec sylvain. Et nous voici parti dans Minus 2 (III/5) et sortie par North East Butress (IV/4), avec un vrai «Alpine Start». Un beau et grand voyage !!!


©Jérôme...


Sylvain, à l'arrivée de R1.

Jeudi : temps couvert le matin, puis neige et mauvais temps l’après midi et en soirée. Welcome in Scotland. Nous voici au coeur du sujet…
Marie, Laurent, Jeff et moi, nous partirons dans Observatory Ridge (IV/4) pas trop tôt et un peu la fleur au fusil. Pourtant, Observatory est la quatrième et la plus difficile arête du Ben. Un terrain très rocheux dans l’éperon initial puis une longue arête de neige avec un ressaut à contourner avant de sortir tout au sommet. Bien sûr, pas beaucoup d’équipements à part quelques pitons…, une course à ne pas sous-estimer. Pour Alan « A heavy 4 ! », même Ritchie dit n’y aller qu’avec un client à l’aise dans ce terrain et encore, avec précaution.
C’est surtout le grand rêve de Jeff et pour moi un grand plaisir de l’accompagner.
Pour Jérôme, il est temps d’aller se coltiner avec une voie typique du Ben. Je lui propose Thompson’s Route (II/4).


The secret... Mais où est donc l'attaque ?



Quelque part sur l'arête...


Bien plus tard !

Vendredi : il fait un temps écossais mais plutôt beau.
Le séjour tire à sa fin, et je ne sais pas si c’est une course « en plus » ou « en trop », car je suis déjà comblé des courses réalisées.
Laurent et Jeff descendent tranquillement en début d’après-midi après avoir ranger le refuge. Objectif : le premier pub de Fort William et un petit détour pour acheter un bon whisky.
Avec Sylvain, nous ferons une cordée dans Comb Gully (III/4) et Marie & Jérôme feront tranquillement la course en amoureux derrière nous.
La douche est la bienvenue à Bank Steet Lodge et le repas de fin de séjour toujours aussi bien à Grul et Gruel. Il est temps de préparer les affaires pour le vol retour et déposer des affaires pour l’année prochaine chez Alan.
Samedi, le retour s’effectue tranquillement et nous avons même le temps, dans le train, de faire le débriefing de la semaine.


©Jérôme...


©Jérôme...


©Marie


Marie, juste à la sortie pour une dernière voie au Ben. Belle ambiance !


Il est temps de rentrer...

Le compte-rendu de la 1ère semaine


Dans le train pour Fort William, petit dèg et préparation de la semaine. Il est temps de sortir les topos.


Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui ! Et pourtant, nous sommes encore bien loin du parking du haut.
C'est la vie ...


Un Grand Monsieur du Ben... Alan Kimber.
Un peu grâce à lui nous irons dans quelques jours nous perdre dans Orion Face, pour une voie bien particulière.


Mais... Connaissez le nom de cette voie ?


Svend, catégorie Gros Porteur !


Premier regard sur le Ben...

Lundi : tiens il fait beau sur le Ben, ça ne va pas durer !
Première course de prise de contact en traversant tout le Ben après Ledge Route. Je suis encordé avec Béatrice pour qui c'est la première course d'alpinisme. Bien vite, elle sera en tête. Sven assure Catherine pour son 2ème séjour au Ben.
Les garçons ne sont pas avec nous. Ils commencent la journée par de la cascade "comme chez nous" XXXX avant d'enchaîner par Ledge et Coire Leis.



Ledge Route, une des plus belles voies du Ben dans ce niveau de difficulté.


La partie haute de l'arête.




Catherine et Svend...




Et voilà, Catherine est aussi en tête de cordée. Merci Svend...




Fabienne... encordée avec moi pour une belle journée d'alpinisme



Un petit bonjour a Number Four Gully.


Mardi : C'est quand même bien le beau temps.
Surtout pour aller faire Tower Ridge.


Tower Ridge par Svend
"Avec Alex, on part pour Tower Ridge, en réversible, pour former une cordée complémentaire (lui meilleur pour les parties raides, et moi plus à l'aise pour les parties en neige un peu aérienne (mais ça on le saura qu'à la fin de la journée).
Montée du couloir de neige pour accéder à l'escalade menant à l'arête : Paulo est pas loin derrière, donc on en profite pour passer sans poser de protections...
On suit l'arête facile en neige, en essayant de garder corde tendue à deux-trois mètres, anneaux arrêtés à la main, et on arrive à un ressaut : par ou passer ?
-par la gauche ? pas de traces ça doit pas être par là même si les gros blocs de rocher étaient tentant.
-par la droite ? c'est tracé, mais en traversée expo et on le sent pas trop.
-tout droit ? c'est un petit mur de glace qui fait de l'oeil à Alex. On y va, et comme on a pris plus de broches que Paulo nous avait conseillé, on en laisse tomber les deux tiers dans la pente : le lendemain : elles pourront servir : Vanishing c'est par là, non?
On continue l'arête tranquille. A un passage, un peu plus tendu, je cherche mon deuxième piolet : au baudrier, sur mousqueton. Zut, le reprendre en main est un peu déstabilisant, c'est de plus pas trop le moment et l'endroit de tomber. Je retiens la leçon : au Ben on grimpe avec deux piolets : promis je m'en rappelerai pour la suite du séjour (ou pas...)
Entre temps, Paulo nous a rejoint, juste avant Eastern Traverse, et même s'il parle de tirer un rappel pour aller discuter avec Fabienne et Philippe, ou pour leur piquer du chocolat, c'est promis, il reste avec nous. Tant mieux, car continuer réellement seul change la donne.
Voici donc eastern traverse. c'est une vire bien tracée dans les conditions du jour. d'ailleurs un jeune écossais s'y engage en solo.
Alex part en tête, après avoir placé un stopper psychologique mais extrèmement solide (oui Paulo, sur la photo de Philippe, c'est pas que je m'aggrippe au rocher pendant que tu prends la pose : il a fallu tirer pour l'enlever ce stopper)
Après une autre longueur, on arrive en vue du Gap. Paulo nous ré-explique comment faire un beau relais. (et en profite pour en faire un solide). Tant mieux car la traverséée jusqu'au gap est un peu impressionnante : je sers les fesses. ceci dit, ce relais ne doit pas être au goût de tout le monde : une demoiselle écossaise en profite pour nous doubler sans ménagement.
Au Gap : magnifique vue sur la sortie de Glover's Chimney.
Aïe, Alex doit aussi être content de trouver le relais, c'est en tout cas le signe qu'on va laisser la corde tendue pour un autre moment et tirer des longueurs. Et bien vite nous voici au sommet.
Merci à Alex pour la cordée que nous avons formée."


Philippe en tête à la sortie du 1er passage en rocher.
Nous avons juste superposé les cordées pour être plus efficace et rassurer un peu.

 

 


Bien plus haut...


 

 

Un petit clin d'oeil à mes partenaires


Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas



Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos et les baudriers light.

 

 

 

 


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