Le materiel pour la cascade de glace...

 

L’hiver et plus particulièrement la cascade de glace sont de merveilleux laboratoire pour tester le matériel et les vêtement dans les conditions les plus sévères.
Au cœur de l’hiver, bien vivre un séjour de glace en Oisans ou d'alpinisme en Ecosse construit un autre regard, une reflexion nouvelle sur le matériel et le temps qu’il fait dehors.
Une vision beaucoup plus sereine pour la pratique de l’alpinisme en été ou en Himalaya.

En cascade et en hiver, il peut faire froid, et parfois même très froid, avec de l'attente importante aux relais ou en bas de la cascade.
Il faudra être à l’aise sur la glace, sans être gêné par trop de vêtement ni par des vêtements trop serrés.

Pour rendre le choix encore plus complexe, l’activité cascade est très variée avec des intensités d’effort très différentes : la marche d’approche, l’escalade, l’attente aux relais… et le temps peut aussi changer radicalement en cours de route !
Il peut faire plutôt doux ou au contraire très froid mais sec, avec du vent et des « spindrifts », avec des embruns ou pire, la douche… un vrai plaisir !

Mais entrons directement dans le vif du sujet en étudiant précisément le matériel que j’utilise durant tout l’hiver.

Avec le soutien de...

Et les lunettes ADIDAS...

 

 

Les chaussures :
Elles doivent répondre à de multiples contraintes souvent contradictoires :
le confort et la sécurité, en étant à la fois chaudes et étanches, confortables et adaptées à la marche…
La technicité, pour les gestes précis de l'escalade donc en étant très ajusté, légère et éventuellement asymétrique…
Des chaussures avec des assemblages de matériaux modernes sont apparues récemment sur le marché.

 
Les nouvelles Cholatse ont remplacées les "ASOLO SUMMIT", avec un chaussant plutôt étroit.
 
Les hivers précédent, j’utilisais parfois les "ASOLO ASF 8000", ce sont aussi mes chaussures d’expé. Un choix privilégiant le confort, la chaleur et la polyvalence, à l'usage elles sont solides, légères et suffisamment technique dans les cascades classiques.

Les sous vêtements :
Mon principal soucis est d’avoir chaud durant les temps d’attente et surtout d'avoir chaud aux endroits exposées du corps, comme le bas du dos. L'empillement des couches reste la meilleur solution, avec comme "première couche" un sous vêtement technique.

Parfois, je met un "babygros", une combinaison en fourrure polaire, plutôt fine et souple, la "Clima" ou la "Burystrech" de Petzl, très apréciés des spéléos.
Attention aux positionnèrent des fermetures Eclair pour aller aux toilettes, il faut une ouverture en arc de cercle au dessus des fesses … Ne souriez pas, c’est important !

 

Chaussettes :
un élément souvent négligé
J’essaye toujours d’utiliser les meilleurs marques et les plus chaudes, des Torlo.



la Burystrech
 

Guêtres ou « stop tout » : indispensables. Systématiquement, j’ajoute de petites guêtres pour améliorer l’étanchéité de la liaison chaussures / pantalon. Car, malgré les guêtres intégrés aux pantalons (ou au « sur-pantalon »), elles ne sont pas suffisantes.
Mais avec le modèle Cholatse de chez Asolo, la petite guêtre est intégrée à la chaussure et c'est encore mieux !




les GoreTex Gaiter

 

Pour le bas … le pantalon
Je complète avec une salopette doublé, à la fois pour protéger le dos et pour avoir plus chaud.
J'aime bien le modèle "Meije Bib" de Salewa, bien sûr ce n'est pas du Goretex et il n'est pas complètement imperméable mais le prix n'est pas le même non plus !
Quand le conditions sont plus humides, j’utilise un sur pantalon Gore Tex 3 couches comme le "VEY" .

Le Meije Bib de Salewa
le VEY de Salewa

 

La veste Darpak.
Pour la saison 2008 et 2009, je vais tester en cascade et en Ecosse, la pertinence des membranes Powertex.
Ce qui est intéressant sur ces produits, c'est qu'ils offrent une protection aux intempéries quasi-identique à celle du Gore Tex. Ils résitent à un schmerber de 20 000 avec une respirabilité de 15 000. C'est un peu du jargon technique, mais cela signifie que c'est une bonne protection.
Et rien ne vaut un test en Ecosse pour le valider !
Il s'agit d'un 3 couches (donc plus résistant dans le temps), mais surtout il est complètement bi-stretch (donc très confortable).
Aujourd'hui Gore Tex n'a pas vraiment de produit équivalent et en tout cas certainement pas à ce niveau de prix.
C'est donc un très bon rapport qualité/prix.

 

 

Pour le haut…
Par dessus la première couche de sous vêtement technique, je porte un pull en fourrure polaire, plutôt épais avec parfois un sous pull plus fin.

J’ajoute systématiquement une veste polaire Windstopper.

A l’inverse de beaucoup de monde, j’utilise très peu ma veste Salewa en Gore Tex, "La Protector Goretex Jacket" bien qu’elle soit toujours dans mon sac à dos bien protégée dans un petit sac.
Je la réserve pour des conditions vraiment difficiles: du vent, de la neige, des embruns. En fait, je privilégie plutôt l’aisance en escalade, et la veste Gore Tex, malgré la souplesse des nouveaux modèles, est souvent une gêne dans les mouvements.
Autre argument, une veste Gore Tex s’use très vite si elle est portée systématiquement et son prix est beaucoup plus important que celui d’une veste Windstopper.

Dans le sac, quand il fait vraiment très froid, je garde parfois en réserve une petite veste en duvet et maintenant en Primaloft (une matière synthétique), (c'est une doudounette dans mon jargon).
Voici la Salewa "Primovest", trop top.

 

Un modèle de veste classique, la Protector, en Goretex 2 couches.
Proficiency de Salewa
Salewa "Primovest"

Autour du cou : la dernière liaison importante...
J’ai toujours un petit foulard, venant du Népal… une petite touche de couleur.
Mais surtout, je porte quasi systématiquement un "Neck Warmer" Salewa en fourrure polaire pour éviter que la neige ou de petits glaçons ne se faufilent sous les vêtements, ce qui est particulièrement agréable !

les gants : le plus compliqué...
Pendant de nombreuse années, le problème des gants semblait insoluble.
Car, ils doivent à la fois être chauds, étanches, techniques, protecteurs pour les phalanges, résistants pour la manipulation de la corde, précis et légers pour la préhension des mousquetons et des piolets.
Bref, une vraie galère pour les fabricants mais qui proposent maintenant de petites merveilles pour des gants très techniques, mais aussi très dispendieux comme disent nos coussins canadiens.

Pour moi, qui les utilise quotidiennement, la solidité est une qualité importante.
J'ai choisi d'en utilisé plusieurs en changeant de modèles en cours de route, avec pour chacun un usage bien spécifique, ce qui m'évite également d'user trop rapidement mes gants techniques.
Au relais et pour toutes les manips de corde, j’utilise des gants basiques, plutôt solides, agréables à porter, suffisamment chauds et pas trop chers.
Chez Salewa, Les "Inferno Glove" ou les "Inborne Glove".

En grimpant, si les conditions sont correctes, c’est à dire ni trop froid ni humide, j’utilise souvent les mêmes.
Je garde mes très bons gants (techniques et chauds) pour les conditions difficiles et uniquement pour l’escalade. Au relais, je les range de nouveau dans le devant de ma veste.
Il en existe plusieurs modèles avec ou sans gant intérieur. Par exemple les "Infinite Glove".

Dans le sac et donc souvent avec moi, je prend en plus une paire de moufles très chaudes, que je peux éventuellement prêter au relais à mon compagnon de cordée en cas d’onglée ou de matériel peu adapté. Ce sont les "Inferno Mitt".

 

Les "Spectre Glove"
Les" Icepole Finger Glove"
les "Icepole Mitten"

 

ARVA, pelle et sonde :
Si le port de l’ARVA n’est pas systématique en cascade et dépend de la marche d’approche et des conditions nivo-météo, par contre il est indispensable d’avoir une pelle dans son sac (par exemple, pour faire une plate forme dans la pente en bas de la cascade).
J’utilise et je prête maintenant une vraie pelle (en acier) avec une sonde intégrée.
C'est le modèle "Pelle-sonde Tour" de Back Country Access et un ARVA "Tracker" .


.

Le casque : obligatoire, bien sûr.
Depuis l’hiver 2002 et après un accident spectaculaire d'un glaçon sur la lèvre de Christina, je suis vraiment persuadé de l’intérêt d’une visière en cascade de glace. Un glaçon, même minuscule peut faire des ravages dramatiques en touchant une lèvre ou pire un œil.
Et les glaçons, c’est courant en cascades, surtout avec l'augmentation de la fréquentation !

Maintenant, je n’utilise et ne prête que des casques PETZL avec des visières …"Elios +Vizion" .

Cette année, Salewa a sorti le Krypton, avec une visière mais surtout très polyvalent pour le VTT et le Canyon.
Ce qui ne nous empêche pas de nous lever de bonne heure pour être toujours les premières cordées dans la cascade, ou parfois les dernières quand tous le monde est redescendu .


PETZL Elios +Vizion

le Krypton de Salewa

Quelques mots sur l'intérêt d'une visière ou d'une paire de lunette complémentaire.

La situation la plus complexe... illustré par Vincent.
La visière protège efficacement des projections d'eau ou des petits glaçons.


Deux exemples de visière sur deux casques Petzl.
Avec deux utilisations complémentaires : " en casquette" pour protéger le visage mais sans perturber la vision pour moi, beaucoup plus enveloppante et "complète" pour Sandra...


Séance essai de masque et lunette ADIDAS dans le confort de la petite maison des Hières.
Des lunettes très claires et lumineuses sont très utiles pour ceux qui ne supporte pas une visière.


Voici le modèle ZEPHIR chez ADIDAS

 


Et sur le terrain, avec la complicité de Xavier...

En conclusion : des outils indispensables en hiver et cascades, mais aussi en Ecosse quand les conditions sont vraiment rudes !



Quelque part sur le Ben, par un temps exécrable... Pluie, vent et brouillard.
Masque obligatoire, ici un Yodai de chez ADIDAS.
"Sphérique et le meilleur du marché" comme dit François dans Skippers... à chaque fois que je revois la scène, je suis mort de rire...


La différence entre un BON masque et un produit milieu ou bas de gamme (forcémment moins cher)
est réelle (buée, confort...).
Ce qu'il faut surtout retenir c'est que ce choix impacte directement sur la sécurité.


Et enfin un lien vers la gamme des lunettes ADIDAS,
trop peu connu dans le petit monde de la montagne.


Les crampons :
Toujours chez Charlet Moser, les "M10"
et maintenant les nouveaux "Dartwin", beaucoup plus léger. Mais surtout avec un mode de fixation très original, le Side Lock.

Le nouveau Sarken, beaucoup plus léger et plutôt typé "alpinisme".
Les crabes M10. Attention, ça piquent !
Les nouveaux Dart sont à découvrir...
les nouveaux "Dartwin"

 

Les piolets :
Depuis mes début sur la glace vers la fin des année 70, j’utilise des piolets Charlet Moser, et j’ai vécu toutes les évolutions des piolets et des crampons, mais aussi de cette vénérable maison du Pulsar au Quark, jusqu'au XXX, du manche droit à la courbure actuelle.
Grâce à cette évolution, l’escalade en glace n’a plus rien à voir avec ces temps héroïques et aujourd’hui, j’apprécie particulièrement le "Quark", pour sa facilité d’ancrage et sa légèreté.

Depuis 2001 déjà, je n’utilise plus de dragonne, pour une approche différente de la gestuelle et de l’enseignement, en espérant que d’autres engins verront le jour, encore plus adaptés et ergonomiques. Et c'est le cas aujourd'hui avec le nouveau Nomic
Pour les stages de cascade que j'organise, piolets et crampons, casque et baudrier sont gracieusement mis à disposition grâce à Petzl.


Le Quark en version piolet, plus agréable que le Quark marteau...depuis longtemps sans dragonne.
Le Nomic
Des engins que vous aurez peu de chance de voir sur nos glaçons, mais qui sont des références dans les pays germaniques !
Des Morpheus...

 

Le sac à dos :
J’ai souvent un petit sac, du style "Salewa Peuterey 40", certain jour je prends aussi mon gros sac d'expé pour y bourrer sans souci tout le matériel


Un détail important pour réussir à boire durant une journée de cascade, vous avez même le choix de la taille !

 

Frontale :
Aucune hésitation, la petite "Tikka" de Petzl ne quitte pas mon sac à dos, une véritable révolution par sa technique LED et son poids vraiment mini... 70 g


 

Petit matériel :
Il faut citer les "Nitro 2" ou 3 de Petzl Charlet, les sangles-express absorbeur d'énergie.
Vraiment indispensable en cascade.

Les broches : la petite pour l'Ecosse et la grande pour les grandes cascades classiques.
Quel plaisir maintenant quand se souviens des 1ère broche noir de chez Charler, à visser au piolet !

Mais aussi, le "porte broche" à installer sur le baudrier, et le "Multihook" pour faire les Abalakov. Et un petit outil indispensable, la turbine

Les crabes M10. Attention, ça piquent !
Les nouveaux Dart sont à découvrir...
Le Multihook et la turbine

 

 

Pour l'assurage du premier comme du (ou des) seconds, j'utilise beaucoup la nouvelle plaquette Salewa "Guide". L'idée est interessante, car c'est à la fois un 8 avec une plaquette.
C'est donc un outil multifonction, relativement simple et peu encombrant

 

 

Raquettes ou ski ?
Sans hésitation les raquettes… pour éviter de grimper en cascade avec les chaussures de ski de randonnée et parce qu’il n’est pas si évident que cela de skier avec un gros sac et de petits skis d’approche.
En Oisans, il est assez rare de les utiliser, car les approches sont courtes et souvent bien tracées. J'apprécie particulièrement le modèle "Expert" chez Inook.

Mais Salewa va commercialiser dès l'année prochaine une gamme raquette.... Affaire à suivre



L'Expert de chez Inook et deux modèles Salewa

 

Les bâtons de ski : Indispensable
Car la marche d’approche peu être un peu difficile et la neige profonde… des bâtons télescopiques sont maintenant devenus classique, bien qu’ils soient un peu plus fragiles.

 

 

 

Les cordes...
j'utilise exclusivement des cordes "à double" BEAL.

La Ice Line, en 8.1
C'est la plus légère des cordes à double.
Sa force de choc extrêmement basse soulage les points d’ancrage aléatoires en cascades ou sur les grandes voies en mixte.
POINTS FORTS :
• Le poids et la fluidité d’une corde jumelée avec en plus les avantages d’une corde à double
• Force de choc ultrabasse.

La finesse de la corde confère à cette dernière une fluidité exceptionnelle, mais aussi une technique d’assurage spécifique qu’il convient d’adopter.
C’est en Golden Dry que cette corde exceptionnelle prendra toute sa dimension.
Utilisée en 2 brins de 60m, elle permet d’aller "chercher" les relais, et de descendre de grand rappel en toute tranquillité.

La Cobra, en 8.6
La grande classique des terrains d’aventure.Légère et fluide pour être à l’aise dans les grandes voies, les falaises et les cascades de glace. Technique et robuste pour soutenir les efforts les plus difficiles.
POINTS FORTS :
• Excellent compromis résistance, légèreté.
• Force de choc basse et nombre de chutes élevé

C’est la corde polyvalente par excellence, si vous ne deviez posséder qu’une seule corde à double, c’est la Cobra qu’il faudrait avoir. Elle a une force de choc basse (5,1 kN) pour soulager les points d’ancrage et une gaine suffisamment épaisse pour endurer les rochers les plus agressifs, le tout pour seulement 48 g et un nombre de chutes record = 16.

Longueur :
Au fil des ans, la longueur des cordes en cascade c’est singulièrement allongée, pour se stabiliser actuellement à 60 m.
Initialement, l’idée était de pouvoir couper le bout de corde à 2/3 m de l’encordement, intempestivement dégradé par les coups de crampons du grimpeur de tête. Mais à l’usage, je n’ai jamais été obligé de le faire, la corde ayant souvent d’autres impacts de blocs de glace sur la longueur.
C’est souvent à la descente que cette grande longueur est particulièrement utile.
Par exemple..., pour descendre du Pylône en un seul rappel, plutôt que de penduler pour récupérer R1 où il y a souvent du monde. Mais aussi dans le grand rappel de Symphonie d’automne, qui ne passe pas à 50 m en début de saison.

Le traitement Golden Dry
:
Un traitement hydrophobe est obligatoire pour une corde de cascade.
Toutes les gaines des cordes dynamiques Beal sont recouvertes et donc protégées par un traitement moléculaire à haute température durable D.R.Y. (Durable Resistant Yarn)*.Cette innovation rend les cordes plus résistantes à L'ABRASION, aux diverses agressions que sont les chutes, les échauffements, la poussière, l'humidité, et améliore de façon notable leur longévité.
D.R.Y. COVER est une protection de chaque filament composant la gaine par un enrobage chimique. Cet enrobage n'est pas simplement déposé sur le fil puisqu'il est polymérisé à chaud, formant une véritable coquille protectrice composée de molécules polymérisées.
De plus, pour assurer sa permanence, cet enrobage est fixé sur les molécules de polyamide par des liaisons chimiques.D.R.Y. COVER est un traitement hydrophobe de la gaine mais il ne suffit pas pour rendre toute la corde DRY. Pour cela l'âme doit être traitée.

En plus des performances de DRY COVER, BEAL traite également de façon durable l’âme de la corde grâce à un procédé exclusif.
Sur chaque fil entrant dans la composition des câblés de l’âme, une solution fluorée est déposée en continu, puis polymérisée et fixée à chaud sur le polyamide. Protéger la corde de l’absorption de l’eau, c’est éviter toute surcharge de poids ou risque de gel lors de courses de neige ou de glace, et c’est surtout retarder considérablement l’usure de la corde.
C'est le traitements GOLDEN DRY.


Alpinisme | Ski Rando | Cascade | Expés | Contactez-nous