La traversée des 3 cols, du Khumbu au Makalu

automne 2006...




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Cette page est dédiée à mes compagnons de voyage, qui m'ont permis de vivre cette très belle aventure.



Sur le plateau du Baruntse, en fin de journée.


Mais aussi, le paysage serein du Solu Khumbu

« TOUT PEUT ARRIVER »... avec le vol de Lukla. !!!

Mais, je ne pensais pas que cette petite phrase sibylline dite à notre 1er briefing à l'hôtel allait devenir aussi criante de vérité et s'appliquer à l'ensemble de notre voyage.

Car tout nous est arriver ou presque et, dans le confort de l'hôtel Hyatt, si loin du Makalu, je ne crois pas que cette phrase pouvait illustrer la réalité de ce qui nous attendait.

  • Nous nous sommes posé à Phaplu au lieu de Lukla.
  • Nous avons fait un trek sans notre équipe népalaise et sans Sirdar.
  • A Kote, nous nous sommes aquité un droit de passage maoïste, qui ressemble de plus en plus à du racket.
  • Alain a même réussi a planquer un MAM sérieux  jusqu'au camp de base du Baruntse, où nous avons organisé une évacuation par hélicoptère. Super le téléphone satellite !
  • Marie-Christine aura sa journée de moins bien en traversant le West Col, l'endroit idéal !
  • Nous dormirons même a l'endroit le plus haut et le plus engagé de l'itinéraire, juste entre les deux cols !
  • Daniel c'est fait des bosses partout mais sans rien se casser, OUF.
  • Dans un lodge du bout du monde, Luc a joué le joli coeur avec une belle et jeune Sherpani, et nous avons réussi à le rapatrier d'extrême justesse !
  • L'appareil photo d'Hervé c'est envole de sa tente à Tashigaon. Pas cool !
  • Nous avons dormi sur une véranda à Num car l'étape était trop longue pour les porteurs et la dernière montée redoutable.
  • Véronique a été tellement secouée dans les jeeps pour Tumlintal qu'elle en est tombée malade.
  • Et pour finir en beauté, Luc a retrouvé un string rose dans son sac !

Mais tout c'est bien passé et nous avons vécu une très belle aventure !!!


Toute l'équipe au Tragsindho La, pour un petit thé au soleil, la vie est belle.


Dans le Solu Khumbu, un habitat dispersé et une campagne très cultivée. C'est un étage climatique où il fait bon vivre.



Toujours de l'ambiance mais dans un environement nettement plus rustique.
Il pleut et le lodge a quelques gouttières !

De Phaplu à Lukla
Nous avons commencé notre périple sur les chapeaux de roues !
Tout était pourtant bien calé et les bagages bien ordonnées. Mais le ciel en a décidé différemment.
Nous embarquons au petit matin à la volée, laissant même Temba notre Sirdar sur le tarmac de l'aéroport. Il fallait gagner du poids pour un vol qui s'annonçait mouvementé !
A la place de Lukla, notre petit coucou c'est posé à Phaplu... mauvais temps sur les hauteurs, atterrissage impossible à Lukla.
Nous attendrons jusqu'en début d'après-midi avant de décider définitivement de partir en trek directement depuis Phaplu à la découverte du Solo Khumbu.
Heureusement, nous avons tous nos affaires de trek, mais aucune personne du staff. Il nous faudra donc nous débrouiller avec mon népalais rudimentaire et nous trouverons bien, en chemin, des lodges pour nous accueillir.
Prem, un ami sirdar d'Adventure 6000, nous recrute quelques porteurs et vogue la galère.
En avant pour une immersion rustique dans le Solu Khumbu.
Un Solu qui se remet doucement de la récession touristique liée à la quasi fermeture de la route Jiri/Lukla pour cause de présence maoïste. Ce fut un trek bien particulier, où nous n'avons croisé aucun touriste et qui nous a permit d'inaugurer notre nouveau statut de nomade et de construire un vrai groupe en partance vers les hautes vallées.


Le travail dans les champs près de Phaplu.

Deux styles de lodge, l'un dans le Solu, et l'autre un peu plus haut dans le Khumbu.

 


Une pancarte un peu hallucinante, car pour rejoindre l'Arun, il nous faudra presque 15 jours !


Un lieu très agréable, la gompa de Tragsindho...


Et la porte vers le Mera, directement au col. Une halte s'impose...


Avec une invitation pour découvrir d'autre visage du Solu Kumbu... et un sommet imposant le Numbur.

 

Lukla to Kare
De Lukla pour franchir le 1er col, la marche est haute, + de 1700 m de dénivelée avec un passage à 4600 m. C'est d'ailleurs la principale difficulté pour rejoindre la vallée de l'Hinku et le camp de base du Mera.
Avec une question clefs... "Quel itinéraire choisir ?"
Un itinéraire qui soit à la fois agréable et permettant une acclimatation progressive.
Notre hors d'oeuvre dans le Solu Khumbu, nous y avait plutôt bien préparé...

 


Ambiance pluvieuse ce soir au camp à Chautanga, juste au dessus de Lukla.


"Et Luc, il avance pas ce guide, on'se casse ?"


Pas vraiment beaucoup de place à Kharki Teng au dessus de Chautanga. le 1er col est juste au dessus.


Bishal, toujours aussi adorable... mais c'est pas facile d'être Rai dans une équipe Sherpa.


Au Zatrwa La, il y a même une petite lodge, tenu par une jeune fille Rai qui a la pêche. Le lieu est quand même sacrément isolé et rustique.


A Tuli Kharka ou encore Chetrabu, un lodge a été construit entre la saison du printemps et celle d'automne.
Les choses changent très vite, cela va modifier radicalement nos manières de faire.
Et je n'ai pas hésité une seconde... tous au lodge plutôt qu'en tentes, car nous sommes dans le début de notre acclimatation.


Un lieu surprenant, une petite gompa perdu au milieu de nul part.


A Tangnag, où nous aurions bien aimé dormir dans un lodge, toujours pour mieux s'acclimater.
Mais, ils étaient tellement rustiques que nous avons préférés la tente.


Notre camp de Kharé avec vue sur le Mera Peak.
Nous ferons une journée de repos à cet endroit et en profiterons pour vérifier l'ensemble du matériel.


Le Mera.. .aux douces lueurs du soir.


...Et Vero est bien pensive, ce matin, au dessus de Kharé.

 

Quelques mots de mon carnet de route.
« Khare...
Tous les groupes vont jeter l'ancre dans une baie accueillante, où les petites maisons des hôtels pour porteurs se sont agglutinées. Les tentes des différents groupes forment de petites taches de couleurs vives... il y a surtout beaucoup du monde.
De notre cote, nous avons échoués juste en face, sur une île déserte, une petite prairie d'herbe rase pas très loin du torrent. Un havre de paix, aux pieds des montagnes immenses, pour un face a face sans artifice.
Une question restait en suspend.
Quand était-il judicieux de faire relâche, pour une journée de repos salutaire ?
Tout le monde souhaitait plutôt continuer notre cheminement vers les hautes terres en profitant des vents favorables : la forme étant au rendez-vous.
Mais contre toute attente, a cause de mille détails et au risque de bousculer certains, le "Skipper d'altitude" a décidé de profiter de l'instant, de prendre le risque de s'abandonner à la quiétude des lieux, de ce lieux unique.
Demain sera une journée au port, remplie de ces milles petits riens qui précèdent les grands départs.
 »


Du sommet du Mera, avec le Chamlang et le Makalu.
La petite croix indique notre prochain objectif, le West Col.

L'ascension du Mera


Sur le plat du glacier, en route vers le Mera La, il fait grand beau et tout va bien.


Pour montée au camp d'altitude, pas de souci pour la trace, sauf que plus haut, c'est une trace Sherpa "dré dan'le pentu".
Et tout le monde se balade les mains dans les poches... Surprenant !


Dis Fred, t'a vraiment l'air d'un géant !!!

Pour plus d'informations sur le Mera, voir la page « topo »...


L'autre versant du Mera, depuis la descente de Tuli Kharka.

Nous avons eu de la chance !
La chance d'un temps splendide le jour du sommet. Grand beau temps et pas de vent... un vrai « Summit Day ».
La chance aussi d'être seul, au camp d'altitude et durant toute notre ascension.
Ce fut vraiment une journée exceptionnelle et nous avons tous atteins le sommet.

A l'inverse de la quasi totalité des groupe qui « font » le Mera, notre équipe de cuisine n'est pas montée au camp d'altitude à 5800 m.
J'ai préféré la préserver un peu, notre route vers le Makalu est encore longue et exigeante.
Mais aussi je pense que la vie en altitude (s'installer au camp, faire de l'eau, préparer son repas) est une composante importante du plaisir d'être en expédition.

Nous avons tous atteins le sommet en petites cordées de deux, pour continuer à explorer cette notion de cordée en Himalaya.
Et cela c'est plutôt bien passée !
Avec beaucoup de solidarité et de plaisir malgré la tache à accomplir, à la fois complexe et exigeante. Phurba Sherpa, un jeune porteurs d'altitude, et Mingma, un kitchen boy, nous ont même rejoins depuis le camp de base pour effectuer l'ascension de leur 1er sommet... encordé ensemble, bien sur.


La vue depuis le sommet est grandiose. Sagarmatha paraît tellement proche.

 

Un peu de réflexion...
Du côté de la progression alpinistique, il est intéressant de remarquer que les « usages » s'accommodent parfois remarquablement bien des contraintes d'organisation et de sécurité !?... en étant totalement incohérent.

Cette ascension du Mera se compose de 3 parties sur glacier bien identifiables :

  1. De la langue glaciaire jusqu'au Mera La
  2. Du Mera La jusqu'au camp d'altitude à 5800 m
  3. Du camp d'altitude jusqu'au sommet.

Ces différentes parties sont identiques d'un point de vue sécuritaire, car elles se déroulent toutes les trois sur un glacier enneigé, faiblement crevassé.
En Europe, l'encordement serait systématique pour tous, dans les 3 parties, sans se poser aucune question.

Au Mera, tout le monde évolue sans être encordé du début du glacier jusqu'au camp d'altitude. Et il est courant de croiser des porteurs, namlo en bandoulière, sans aucun équipement... presque les mains dans les poches.


Puis, pour la dernière partie de l'ascension, plus besoin de porteurs, ni d'équipes de cuisine, nous voici sur le terrain des "Vrais" Alpinistes (?) L'encordement se systématise, même s'il est caricatural (encordements fantaisistes, cordées mille-pattes, matériel pléthorique).
Au sommet, la dernière difficulté est résolue par l'utilisation d'une corde fixe.


Depuis le camp d'altitude, qui me dira encore que les glaciers ne sont pas crevassés au Népal et sur cette voie normale du Mera !


Au sommet, toujours un bon moment, surtout quand tout le monde à réussi.
Avec Marie Christine et Marie Thé.

Dans un autre registre...
Je ne pense pas qu'il soit judicieux d'associer l'ascension du Mera et « la traversée des 3 cols ».
Ce sont deux projets trop différents dans leurs conceptions et qui peuvent même avoir des répercutions importantes l'un sur l'autre (dans la gestion du temps, de la fatigue, dans leur dimension psychologique...). Mais notre programme était ainsi fait et j'ai juste essayé de choisir le déroulement le plus adapté possible à notre groupe, aux conditions... car il y avait plusieurs possibilités, plusieurs stratégies possibles.


En remontant la vallée de l'Harun, les plages de sable du Seto Pokari à 5072 m.


Une journée splendide avec de grandes montagnes et un sentier très agréable. C'est les vacances...


Mais tout n'est pas idyllique...


Et la suite nous réservera quelques difficultés, plutôt fraiches !


Un des camps de base du Baruntsé, juste au bord du lac à 5435 m... c'est haut.


Ma tente au camp de base du Baruntse depuis lequel nous ferons encore un camp au pied du West Col afin de
tenter de passer les 2 cols dans la même journée, limitant ainsi le temps du séjour en altitude.
Mais rien ne se passera comme prévu !


Dans l'approche du West Col, tout le monde arrive tranquillement pour nous laisser le temps d'équiper la pente. On devine deux petits points à mi parcours, dans le triangle de neige du West Col.

Et voici le compte rendu d'une petite expé au Baruntse... mais au printemps. très instructif !!!

Vers le Camp de Base du Baruntse
Normalement, la remontée de la vallée se fait tout en douceur avec deux étapes très agréables, loin de tout.
Mais nous avons frôlé la catastrophe !!!
Avec un MAM et une évacuation en hélico à + de 54000 m.
Nous voici au camp de base du Baruntse et Alain a un MAM sévère.
Je n'ai rien vu venir, ou plutôt je n'ai pas compris que sa fatigue pouvait être la conséquence d'une difficulté a s'acclimater et non pas de son ascension du Mera.

Mais comment peut-on avoir un MAM avec si peu de symptômes ?
Ultérieurement, il nous a semblé que sa prise de Diamox, dès le départ, a certainement cachée une acclimatation difficile ou incomplète.Ce qui alimente également le débat contradictoire sur le Diamox et plaide pour une acclimatation naturelle. C'est le choix que je préfère !

Dans les Alpes, je déteste faire appel au secours...
Mais là, pas d'état d'âme : c'est la vie qui est en jeu ! Les hélicos existent au Népal, c'est même un vrai business avec des rouagesà la népalaises, nous sommes tous assuré pour cela. Et j'ai même dans mon sac à dos un téléphone satellite !



Le Sherpani Col, que nous ne franchirons pas, lui préférant l'East Col.
L 'ambiance du haut glacier du Barun est vraiment magnifique avec de multiple ascensions possible, sans trop de difficulté.


Un East Col pourtant largement plus raide, puisqu'il nous faudra y installer des cordes fixes !
La flèche indique la possibilité de descendre facilement en rappel. Les ancrages sont d'ailleurs en place.


Un porteur dans la monté du West Col. C'est quand même un peu raide, et c'est pas vraiment le moment de s'en mettre une.
Heureusement que les porteurs sont plutôt agiles et débrouillards, mais ça craint vraiment.

« La grande traversée » : West Col, East Col vers le Camp de Base du Makalu

Quelques mots de mon carnet de route.
Entre les deux cols : « Les états d'âme d'un guide de haute montagne en Himalaya... ».
Il est presque minuit et enfin tout est calme dans ce camp à plus de 6000 m, au milieu de nul part.
Un camp entre deux cols himalayens, trop haut, trop enneigé, trop loin de tout. Sur ce plateau du Barun, une sourde angoisse me broie la poitrine et m'empêche de dormir.
J'ai peur !
Peur du réveil demain matin.
Peur pour les porteurs qui dorment beaucoup trop haut dans des conditions bien trop difficiles pour eux. C'est pure folie que d'être ici, aussi fragile, aussi démunis.
Les conditions sont trop dures.
Dans la tente d'à cote, je surveille les moindres bruits suspects.
J'ai peur pour Marie-Christine, qui justement aujourd'hui était très fatiguée... et pour Marie-Thé qui a trop donnée dans la montée du col.
Pourvu que tout ce passe bien demain.
Que c'est dures toutes ces réalités de l'altitude.
Ce matin, au pied du West Col, c'est pourtant moi qui ai entraîné tout le monde vers le haut... et je suis le roi des imbéciles !
Maintenant, il nous faut absolument passer le deuxième col et redescendre le plus bas possible. Si possible faire la jonction avec l'autre équipe de porteurs car la cuisine va bientôt être à cours de kérozene et de nourriture.
Que la nuit est longue..., j'aimerais être déjà demain matin avec un soleil radieux au réveil et toute la belle énergie des départs impatients.

Et le lendemain...
Dans la nuit encombrée des milles étoiles tombant du ciel, la silhouette d'une bâtisse apparaît enfin dans le faisceau de nos frontales.
Quelques drapeaux de prières confirment notre arrivée au camp de base du Makalu.
Sous 10 cm de neige et avec la fatigue de la journée, la rusticité extrême des lieux nous semble particulièrement accueillante. L'étape a été rude et la neige qui c'est mise a tomber dès la mi-journée ne nous a pas facilitée les choses.
Nous n'avons entraperçu de la vallée du Makalu qu'une montagne dans sa rudesse la plus extrême... partout des pentes abruptes, des moraines gigantesques où le sentier a bien du mal à se faufiler, des avalanches monstrueuses à traverser, des sommets fantomatiques aux lignes fuyant vers des cieux engloutis par les brumes.
Et tout en bas, un glacier sculptée par les roches qui le recouvrent et qui encombre toute la vallée.
Il est 19 h, nous voici à la maison après une journée exceptionnelle. Nous avons réussi notre traversée, il ne nous reste plus qu'a récupérer notre équipe de porteurs et à descendre vers le Népal des hommes.


Dans la descente versant Makalu... nous avons failli louper une remontée qui donnait accès à de grandes pentes enneigées au dessus du glacier du Barun... il est déjà un peu tard et la journée est loin d'être terminé.


Le lendemain tout le monde se retrouve en une belle pagaille. Et ça fait du bien de prendre une journée de repos.
Tout le monde est vraiment heureux et soulagé.


le Chamlang a changé de physionomie, il est encore plus beau de ce versant.


Il suffit de passer le pont...
"Vas-y Marie-Thé, je t'assure" dit le guide ! N'importe quoi !


Une petite halte pour le repas de midi dans un lodge agréable et tout neuf.
Il semble, que de ce versant aussi, l'économie locale s'est remise en route,
et dans peu de temps l'ensemble du parcours pour accéder au camp de base du Makalu sera équipé d'auberges..

 

 

Du Makalu a Tumlintar

 


Tashigaon, le premier village Sherpa, "Makalu side", c'est super beau.


Tashigaon ko sherpani... Damned, Luc, c'est belle maman !


Entre Tashigaon et Num, la quiétude de la campagne népalaise. Par contre, les versant sont vraiment très raides.


Depuis Chichira, 1980 m, la grande barrière du Chamlang, 7320 m.
Peut être une prochaine expé, car c'est vraiment une montagne superbe avec une belle histoire principalement écrite par Doug Scott et ses illustres compagnons, et personne ne s'y bouscule !


Notre dernière descente, même si Tumlingtar est encore bien loin.


Mais une route est en construction...


Et nous prendrons donc la jeep.
Car, je déteste marcher sur une route avec des voitures...
Bon d'accord, on n'a croisé que deux bus locaux, mais le lendemain on prenait l'avion.

 

Quelques phrases à la volée...
« On se croirait en Suisse, tellement c'est beau ! »
« Aujourd'hui, nous quittons définitivement le Canada !? »

Au sujet des trois cols.
Cet itinéraire est tout, sauf un trekking !!!

Pour la personne en charge du voyage, qu'il soit pro ou amateur, les responsabilités et la difficulté à prendre les bonnes décisions seront bien supérieurs à celle d'une expédition, même sur un grand 7000.
Ce n'est donc pas un itinéraire a sous estimé et il serait plus juste de parler d'une "Haute Route" difficile et très engagée.
La compétence du Sirdar est très importante et souvent difficile à évaluer, car normalement c'est lui qui a la responsabilité de l'équipe locale. Et ce n'est pas forcement sa tasse de thé, encore agravé par des considérations ethniques et de statut pas très cool.
Ce qui "oblige" le groupe d'alpinistes a se préocuper aussi des porteurs et de l'équipe de cuisine.

La saison idéale.
C'est un sujet délicat, tant il est directement météo dépendant !
Mais, vue l'engagement du parcours et la "nécessité" d'être accompagné par une équipe népalaise, il est très important de choisir la meilleur période possible.
Et c'est bien évidement celle du début de l'automne, le mois d'octobre. Et pas trop tard à cause du froid et de la neige.
Bien évidement, il doit être possible de réaliser le parcours au printemps, mais il me semble que l'enneigement important rendra l'itinéraire encore plus difficile. Et, la fréquentation étant plus limitée, cela augmente d'autant l'engagement.
Seul intérêt du printemps, il y fera moins froid.

Et pourquoi pas à ski et en autonomie sur 3 jours à partir du Camp des Japonais ? je suis vraiment sérieux !

le sens du parcours.
Encore un sujet complexe, car il faudrait avoir réalisé le parcours dans les deux sens et dans les même conditions pour être vraiment objectif.
Néanmoins, je pense que le sens Makalu/Khumbu est le plus simple à organiser et à gérer, c'est aussi le moins cher.

  • L'embauche d'une équipe de porteurs compétents et solides est plus simple versant Makalu.Les porteurs seront d'ailleurs le plus souvent des sherpas. Il faut donc que le sirdar soit aussi de l'ethnie Sherpa et si possible du Makalu.
  • Le tranfert de tous les bagages se fait facilement par la route jusqu'à Hile. Puis en Jeep au dessus de Tumlingtar. Ne surtout pas faire l'économie de cette dépense !
  • Le vol pour Tumlingtar est moins aléatoire que celui pour Lukla.
  • Toutes les pentes raides des trois cols se font à la descente et c'est donc forcement plus simple. Il faudrait peut être réactualiser le vrai Sherpani Col au lieu du East Col. Car le sherpani Col me semble plus facile.
  • Il n'y a plus la nécessité d'organiser une équipe de porteurs complémentaire, avec un rendez-vous obligatoire de l'autre côté et un surcoût important. La sortie par l'Amphu Labsa résout ce problème de ravitaillement.
    Les porteurs qui ont traversés les deux premiers cols ne sont d'ailleurs pas obligés de franchir l'Amphu Labsa, car ils peuvent descendre directement à Lukla par le Mera La. Il me semble qu'ils préféreront cette solution qui est aussi moins couteuse pour eux et plus rapide.
  • Pour nous, c'est plus simple de rejoindre une région confortable que l'inverse, surtout à la fin d'un itinéraire qui peut être éprouvant, physiquement et moralement. Et c'est génial, car à partir de Chukung, c'est le luxe total, douches chaudes et bière à volonté..., ça tombe bien, j'aime pas la bière et je déteste l'eau !

Damned, il ne reste pas beaucoup d'argument positif pour choisir l'autre sens de Lukla à Tumlingtar.
Peut être le debut du parcours... qui est plus simple versant Khumbu.
Encore faut-il faire le bon choix d'itinéraire... ! Rendez-vous à la page spéciale consacrée aux différentes approches du Mera.
La construction de la route jusqu'à Num, simplifiera d'ailleurs l'approche du Makalu Base Camp. Et les Sherpas du Makalu vont certainement améliorer rapidement les lodges de l'itinéraire.

Une idée en passant :
Pourquoi ne pas financer un beau lodge au camp de base du Makalu (pas celui des Français mais celui des trekkeurs), pour les touristes mais aussi pour les porteurs, en mémoire de Jean-Christophe.
Le coin est sublime et les bâtisses actuelles sont vraiment rustiques. Cela pourrait aussi être une dynamique communautaire au bénéfice des secours dans le coin.

Le topo des trois cols, du Khumbu au Makalu.
Rendez-vous dans la page spéciale Topo.

Techniquement, la cotation de la traversée du West Col et du East Col peut être évalué en cotation Himalaya à III/PD en neige parfois avec un peu de rocher.


Bon voyage...


Ces informations vous ont aidées à construire votre expédition ?
A votre retour, vous pouvez aussi les compléter, les modifier en m'envoyant vos remarques et commentaires par mail.
Merci d'avance.
Paulo, décembre 2006.

Et bien sûr, un dernier petit clin d'oeil à mes partenaires habituels



Et un dernier regard vers le West Col...


 

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