Le Bhrikuti, 6361m
printemps 2005...



> fermer la fenêtre



Une image de Lindsay Abbotts, durant l'expédition anglaise du printemps 2008.



La déesse Bhrikuti...

 

Dans le Grand Himalaya du Népal, il existe une vallée et des villages presque hors du temps. C'est la vallée de Naar et Phu.
Visiter cette vallée perdue, aux confins du Tibet, est une expérience unique et exceptionnelle.

D’alpinistes, nous nous transformerons en explorateurs…, poursuivant notre route depuis Phu, le dernier village, en suivant d’anciens sentiers jusqu’aux glaciers, nous découvrirons des sommets inconnus, comme suspendues entre deux mondes.

Les sommets, que je vous propose de gravir ne seront ni forcement difficiles, ni forcement très hauts (entre 6300 et 6700 m), mais pour la plupart se sont des sommets vierges où tout sera à découvrir et à inventer.
Un peu comme un jeu d’enfants, découvrant émerveillés un monde nouveau et plein de mystères.
C’est aussi un luxe rare, le parfum enivrant de l’exploration et de l’aventure…Un alpinisme très British !

Loin au dessus de Phu, le premier chorten sur le sentier de Nagoru. Au loin, de gauche à droite, le Bhrikuti et le Lagula Himal.

 

Une page du site présentait ce projet...

La préparation
Pour une expédition au printemps, il était particulièrement difficile de faire plusieurs rencontres avant le départ.
Par contre, nous avons réussi à nous retrouver tous les trois à Lyon pour se connaître un peu, bien expliquer le projet et finaliser l'organisation de l'envoi du fret.
Nous avons aussi beaucoup échangé par mail...

l'équipe
Nous étions une équipe particulièrement légère. Seulement trois personnes !


Denis & Bikram en montant au Bhrikuti.

Denis Flaven, un habitué de l'Himalaya, avec qui j'étais déjà parti au Lobuche Peak. Un pro d'internet qui a trouver pleins de cartes et d'infos sur la toile.

On the top du Bhrikuti...


Luc-Emmanuel De Hults, venu de sa lointaine Belgique, qui a tout découvert d'un seul coup. Le Népal, l'Himalaya, les expés et mêmes les pentes de neige un peu trop pentues. Heureusement, avec aussi un humour d'enfer.


Avec un petit clin d'oeil pour Chandra qui pose devant le Selibun...

Et une réflexion plus générale...
Il n'est vraiment pas facile de proposer et d'assurer le départ de ce type d'aventure dans le cadre professionel de mon métier de guide, car nous sommes forcement très loin des critères de rentabilité.
Mais pourquoi un tel désintérêt...?

  • Cette altitude des sommets (entre 6300 et 6800) ne rentre pas dans les schémas rigides de la plupart des amateurs de haute altitude.
    "C'est 7000 ou rien !"
  • La saison du printemps ne correspond pas non plus aux habitudes des alpinistes français.
    "L'himalaya, c'est uniquement en automne.
    "
    Et pourtant quelle saison superbe, il fait doux, la nature est très belle, la neige est idéale et il n'y a presque personne (à part à l'Everest !).
  • Et surtout, ce sont des sommets qui n'existent pas dans notre culture, dans notre mémoire collective...
    "Comment, au retour, raconter et devenir un héros, en parlant de sommets inconnus ?"

Et c'est vraiment dommage, car ce jeu alpinistique est tellement passionnant..., tellement d'aventures sont possible.

Le compte rendu

Sur les traces de l'expédition De Hults 1957...

Connaissez-vous Albert De Hults ?
Probablement que non… Comme nous d’ailleurs, avant d’écouter, ébahis, ces aventures racontées par son petit-fils himself, Luc-Emmanuel De Hults !!!
Chasseur émérite de grands fauves d’Afrique, Albert était un ami personnel de sa Majesté le Roi du Népal Mahendra Bir Bikram Shah.
Et c’est pourquoi, à la recherche du léopard des neiges, il a pu s’aventurer dans les années 50 dans ces régions particulièrement inaccessibles.
Un glacier porte d’ailleurs son nom, ainsi qu’un beau col glaciaire à 6000 m qui donne accès à la vallée du Mustang par le grand glacier du Kumjungar Himal.
C’est donc sur les pas de son grand-père que nous avons accompagné Luc-Emmanuel en gravissant au passage le Bhrikuti Sail, un beau sommet de 6361 m, marquant la frontière avec le Tibet.

Comme prévu, nous nous sommes retrouvés tous les trois directement à Phu.
Trois personnes, c’est bien peu pour une expé, nous sommes loin des schémas classiques ou des caricatures des expés dite “commerciales”… Mais tellement en phase avec mes rêves d’Himalaya.
Je venais de passer quelques jours immergés au cœur de la vie de Phu, hébergé dans une famille, dans le haut du village.
Thé salé et tsampa à tous les menus !!!
Pas très fan de douche et de confort, cette expérience a pourtant été pour moi particulièrement radicale et impressionnante.
Quelle vie difficile, si loin de tout, tellement hors du monde. Une vie de labeur extrême à plus de 4000 m d’altitude.


L'intérieur de la maison de Sonam, rustique mais très bien tenu et propre malgré un sol en terre battue, une photo de "touriste" exotique, mais pour moi beaucoup de souvenirs très forts dans cette petite pièce toute simple... Un luxe recent, le tuyau du foyer, une véritable révolution !!!

Sonam et Bikram, devant la porte de la maison au centre de Phu, juste avant le départ...
Et surtout un grand Merci à Sonam pour son accueil.

Avec Denis et Emmanuel, après une journée de repos bien méritée, nous avons continué ensemble notre chemin au-delà de Phu.
Il est difficile d’imaginer aller encore plus loin que le bout du monde, et pourtant c’est possible et c’est tout à fait l’impression que nous avons eue !
Aller encore plus loin, au commencement de tout, par delà les cols et les vallées, par là où étaient venus les 1er habitants de Phu.
Par une belle matinée ensoleillée, le chemin pour Nogaru Kharka nous a entraîné vers un autre monde, les chortens semblaient d’un autre temps et le sentier se faisait de plus en plus discret, comme abandonné depuis longtemps.

Mais où allions-nous ?
Visiblement, l’inquiétude gagnait même le petit groupe de nos porteurs.
Il nous a donc fallu rassurer et ménager l’équipe, nos étapes se sont faites plus courtes pour nous laisser le temps d’explorer chaque après midi la suite de notre itinéraire.
T rois jours plus tard, aux environs de 5000 m, nous voici au bout de la vallée, dans un champ de pierres relativement plat mais avec de l’eau a proximité, le Bhrikuti n’est plus très loin.
Ce sera donc notre camp de base, avec une superbe vue sur les grands sommets du Peri et du Damodar Himal.
En particulier, le Gyajikang est particulièrement impressionnant.

Une journée de mauvais temps nous oblige à rester au camp et nous permet de peaufiner encore notre connaissance des lieux.

Un camp d’altitude est installé au plus près du glacier descendant du versant sud du Bhrikuti, sur la crête d’une moraine vers les 5400 m.


Le lendemain, au petit jour, c’est le grand départ pour le sommet…, avec simplement une corde et quelques broches en cas.
Pas de doute, nous sommes bien en technique alpine !
Malheureusement, Emmanuel se laisse impressionner par une traversée un peu exposée, dommage ! Mais effectivement, la pente se redresse et le vide se fait plus présent.
Nous continuons donc tous les trois, avec Denis et Bikram, grignotant tranquillement l’importante dénivelée. Proche de l’arête, un pas dans une crevasse, nous rappelle que nous sommes quand même sur un glacier, et nous ferons donc la fin du parcours encordé.

10h 30, le sommet, enfin !
La vue est impressionnante, d’un côté la foultitude des sommets et des glaciers enneigés du Népal, de l’autre l’immensité du désert tibétain. Plus trace de neige, mais à perte de vue, un enchevêtrement de collines désolées. Nous sommes à la frontière entre deux mondes, blanc et noir, alpin et désertique.
En quelques pas, nous jouons à saute-frontières, un pied au Tibet, puis l’autre au Mustang ou au Népal.
Aucune âme qui vive à des km, aucune trace de vie… mais où sont les hommes ?
La descente sera une formalité, toujours encordé un peu long, malgré la pente encore raide.

Il est déjà temps de penser à la suite…, car nous ne sommes pas venus si loin pour laisser notre graine d'aventurier moisir dans un camp d'altitude !
Le lendemain, en avant pour la suite de notre aventure... Aller le plus loin possible, au bout du monde.
Nous irons donc au Col De Hults, un peu en pèlerinage... notre camp d'altitude sera superbe et serein et le parcours du glacier, une belle excursion !
Au col, à plus de 6000, toute la vallée de Phu est devant nous et sur l’autre versant, d'autres sommets enneigés sont autant d'invitation au voyage.
Il nous faudra donc forcement revenir un jour, pour continuer la trace de nos pas dans la neige, descendre vers ce camp près de cette moraine latérale, enfin apercevoir et saluer le Kumjungar Himal, le seigneur des lieux.

Comblé, nous faisons demi-tour.

Voici déjà notre petite tente Salewa, un coup de radio à Bikram et le tour est joué.
Toujours aussi efficace, l'équipe de porteurs de Chandra Tamang récupèrera nos affaires, nous facilitant grandement la descente.
Surtout, ne pas oublier... nous sommes dans une expé "plaisir" !!!

Nous en profiterons même pour repérer un parcours direct sur le glacier, à éviter définitivement, malgré les quelques cairns laissés par l'équipe qui s'est aventurée avant nous en ces lieux perdus.
Mais qui étaient-ils ?
Où allaient-ils ?
Ces cairns dataient-ils de l'expédition De Hults de 1957 ? Mystères…

Puis le fil de notre descente se déroule tranquillement.
Une grande journée pour rejoindre Phu et dire au revoir à tout le monde..., bien sûr, nous reviendrons, forcement !

Puis, voici Meta et ces replats d'herbes accueillants d'où l'équipe continuera directement pour Koto/Besisahar et Kathmandu, alors que simplement accompagné de Chandra nous remonterons à Naar pour compléter notre visite de la vallée.

Quelle différence avec Phu : il y a du soleil, de la chaleur et les champs d'orge commencent déjà à verdir !
Grande Puja à la Gompa, pour nous, une journée à être là tout simplement... avant de reprendre notre route vers la vallée et le confort.

Nous voici bientôt tous sous la douche.
Il existe des plaisirs tellement simples comme sentir l'eau chaude couler sur la peau .
Des mauvaises langues rappelleront que cela fait plus d'un mois et demi pour moi sans douche…, ah bon ?
Puis, il y aura Temang pour la vue, Jagat car il faut bien s'arrêter et Bulbule, juste avant le bus.

15 h, Kathmandu et Padma, nous voici déjà de retour à la grande Stupa.
Nous voici chez nous…
Mais, c'est à Dwarika's que nous changerons encore une fois d'ambiance, pour clore en beauté notre mois d'errance aux confins du monde.

Merci encore a mes compagnons de voyage pour m'avoir supporté avec autant de patience et de bonne humeur.
C'était vraiment bien !!!
En un mot, Exceptionnel !

Le voyage en image.


C'est notre jour de rendez-vous avec Denis et Emmanuel.
J'ai déménagé dans le bas du village pour camper avec le groupe sur le toit de la maison de Kharsang, il y a aussi plus de place pour accueillir toute l'équipe népalaise.

Notre première étape nous permet de rejoindre le dernier hameau de la vallée, maintenant en ruine.
Environ 4h depuis Phu.

En face, le Pokarkang, un "petit" sommet très interessant... avec beaucoup d'itinéraire nouveau à découvrir.


Un des nombreux chortens qui balisent notre sentier.

Juste après Nagoru la vallée se fait encore plus désolé. Un sentier et un pont permettent de rejoindre des bergeries sur le replat de l'autre côté de la rivière. C'est aussi l'accès au camp de base du Pokarkang.

Toujours sur la même rive, le sentier est superbe et bien tracé...
Nous allons rejoindre la confluence des deux rivières, puis remonter celle de gauche.

En face le Lagula et à droite le Chaco. Encore des sommets qui n'attendent que votre visite !

 


Ambiance sereine pour ce petit déjeuner en pleine montagne, sous le regard du Gyajikang.

Au dessus de la confluence, un camp improvisé au bord de la rivière. Nous n'avons pas voulu poussé plus loin, pour nous laisser le temps de trouver un bon emplacement pour notre camp de base.
Le lendemain matin, 2 h suffiront pour rejoindre notre champ de cailloux !


L'ascension du Bhrikuti.

Du camp de base, nous irons intaller notre camp d'altitude sur une moraine, juste sous le Bhrikuti.Grâce à Chandra et à deux autres porteurs, l'installation se fera en douceur.

le lendemain c'est le grand départ pour le sommet.


Denis bien à l'aise sur ces crampons. La pente n'est jamais extrême, "mais, faut pas s'en mettre une" !

Les pentes les plus raides sont maintenant derrière nous, nous allons bientôt rejoindre l'arête.
Nous progressons tranquillement, la neige est idéale et il fait un temps superbe.

En face un peu à gauche, vous aurez reconnu le Pokarkang et tout au fond le Nemjung !


La fin du parcours est encore plus simple, c'est un grand dôme de neige.
Au sommet, la vue sur le Mustang et le Tibet nous attend.

Une image pour bien comprendre la topographie du massif du Damodar Himal et retrouver les sommets avec la carte;

Au centre, le plus haut sommet c'est le Khumjungar Himal.


De l'autre côté, voici le sommet du Lagula Himal 6899 m, juste à la frontière avec le Tibet.

Ce n'est pas un sommet autorisé, mais c'est quand même un très beau projet.

Depuis le sommet du Bhrikuti, personne ne viendra vous demander des comptes si vous installez un camp d'altitude pour continuer votre voyage...

 

 

Vers le De Hults Pass...


Une vue plus précise des différents sommets du Damodar Himal.
Nous allons remonter la grande banquette glaciaire pour atteindre très facilement le De Hults Pass.
Les deux sommets sans nom à gauche du col sont également très accessibles, ils permettent de rejoindre le Selibun 6328 m, c'est la belle pente de neige en avant plan du Khumjungar 6759 m.

En partant du camp de base, nous avons remonté un peu le glacier, puis très vite nous avons préféré remonter sur la moraine latérale.
C'est vraiment le chemin le plus agréable... plutôt que de suivre le fond de la vallée.

Une petite pause en vue du De Hults Pass.
Même pas fatigué après le Bhrikuti !

Nous allons installer notre camp le plus loin possible, sur le bord de la moraine, rive gauche.

Et c'est aussi un emplacement plutôt confortable, propice à l'installation d'un camp de base avancé pour explorer l'autre versant du col et rejoindre le pied du Khamjungar Himal.

De très bons souvenirs dans cette montée au col qui ressemble à une superbe randonnée glaciaire. Nous sommes maintenant plus serein, et Emmanuel a rendez-vous avec l'histoire...

C'est Denis qui terminera tranquillement cette montée, impatient de voir de l'autre côté du col, le Mustang et les autres sommets...

Nous ne savons pas encore si nous allons terminer la journée par un des sommets à gauche du col. Mais au final, nous rentrerons directement au camp de base.


En montant au col, au loin... le Nemjung et l'Himlung.

Et un détour vers Naar...

Il suffit de passer le pont...

Déjà, H. W. Tilman, parle de cette forteresse en ruine lors de son passage en 1950 en route vers le Kang Guru dans son livre "Nepal Himalaya".
Un coup de chapeau pour ces balbutiements de l'alpinisme dans la vallée de Naar Phu.


Après une bonne montée, voici les premiers replats de Naar... l'ambiance est extraordinaire, avec une multitude de chortens de toutes tailles et vraiment très anciens.

En face, comme une invitation, la blancheur du Kang Guru.


La quiétude de Naar.
Du soleil, des champs plats immenses et déja verts... quelle différence avec Phu.


Une journée de repos, à simplement "être là"...
boire un thé dans les profondeurs d'une maison, déambuler dans le village, déguster un polar au soleil...

 

Les autres sommets de la vallée, pour revenir un jour...


La face nord du Pisang, un simple trekking Peak, mais aussi des itinéraires à découvrir...
comme ce glacier suspendu en centre de la face, ou l'arête de droite venant du col, qui lui, traverse sur Gyaru assez facilement.



Le Kang Guru, un presque 7000.
Un prochain objectif, un jour..., car j'ai repéré un autre accès pour un camp de base plus confortable et une voie originale.
Le jeu de l'alpinisme n'a pas de fin !!!

Une page est consacré à la présentation générale des différents sommets de cette vallée exceptionnelle.

Le topo
Ce sommet fait partie de la liste des sommets soumis à autorisation et géré par le "Ministry of Culture, Tourism & Civil Aviation", c'est le n° 20.
Il fait partie des sommets ouvert uniquement à une "Joint expédition", comprenant au moins 3 alpinistes népalais.
Il faut donc un permis d'ascension qui coûte 1000 $ pour au maximum 7 personnes puis 200$ pour chaque participant supplémentaire jusqu'à 12 personnes, par contre, il me semble que les népalais sont vraiment des participants à part entière et donc sont comptabilisés dans la taille du groupe.
Mais surtout il n'y a pas besoin d'officier de liaison car le sommet à une altitude inférieur à 6500 m. (Décision du cabinet du 1er ministre en 2003, mais écrite nul part !)
Et c'est carrément génial, car une fois sur place, vous pouvez faire ce que vous voulez (en étant discret, bien sûr...) : continuer par le Col De Hults vers le Khumjungar Himal 6759 m, envisager le Selibun 6328 m, ou le Chhiv Himal, 6650 m, ou encore, une fois au sommet du Bhrikuti Sail, y installer un camp d'altitude et continuer vers le Lagula Himal 6899 m, un superbe sommet à la frontière avec le Tibet.
Autre bonne nouvelle, les "royalty" du permis d'expédition vous dispensent totalement des frais des permis de trek pour la région de Naar & Phu (90 $ par personne et par semaine).
Par contre, il vous faut régler les 2000 roupies par personne pour le permis de l'ACAP.

En terme de massif, je ne sais pas s'il faut considérer le Bhrikuti Sail dans le Peri Himal, car c'est un prolongement de l'arête venant du Chaco et du Lagula Himal, ou plutôt dans le Damodar Himal, car il est également frontalier et accessible depuis le Mustang.
Mais il me semble que le De Hults Pass correspond vraiment à une frontière géographique entre les deux massifs, ce qui est un argument en faveur du Peri Himal.

Du côté de la technique.
Le camp de base.
Le plus compliqué c'est quand même de rejoindre le camp de base. Mais, la carte avec le tracé de notre itinéraire devrait être suffisant.
Merci Denis....

Normalement depuis Phu, il faut deux jours pour rejoindre ce camp. Une demi étape pour Nagoru, puis une vraie grande journée. Au retour, un seul jour suffit.
C'est, d'après moi, le découpage idéal.

Le hameau en ruine de Nagoru avec le Pokarkang. Une site avec une ambiance très prenante... on a vraiment du mal à imaginer la vie ici, malgré les nombreuses maisons et les champs en terrasse.


Ce camp de base peu aussi être un point de départ vers le Pokarkang, le Selibun ou le Chaco.

Le camp d'altitude.
Nous avons suivi, depuis notre camp de base le bord du glacier pendant environ 1h, cairns (!) jusqu'à trouver un passage dans la moraine pour continuer sur une banquette d'une ancienne moraine latérale (un gros bloc bien identifiable) et pour rejoindre les replats au dessus du glacier.
Ceux ci sont formé par un enchevêtrement de bosses et de creux, des moraines de l'ancien glacier descendant du Chaco et du Lagula.
La moraine latérale où nous avions installé nos deux tentes est bien visible juste sous les pentes de neige et un petit couloir du Bhrikuti.

Il est peut être préférable de faire ce camp un peu plus haut, sur un plat (près de la petite bosse au centre de la photo) juste à gauche du petit couloir.

5450 m environ et 3 à 4 h du camp de base. Emplacement et vue superbe.



La voie d'ascension.


Elle suit au mieux le glacier qui descend de l'arête sommitale.
C'est un parcours en neige sur des pentes assez raides, 35 à 40°, exposées mais sans difficulté particulière.
Par contre, ce type de pentes ne se prêtent pas bien à l'installation de cordes fixes.
Elles nécessitent donc, pour chacun, d'être parfaitement à l'aise sur les crampons et la technique alpine est de rigueur.
Le glacier présente des crevasses et l'encordement me semble nécessaire, comme sur tous les glaciers et en contradiction avec les pratiques habituelles en Himalaya (qu'il faudra bien faire évoluer !).
La cotation peut être évalué à III/PD neige, en cotation Himalaya.


Denis et Bikram, en descendant du Bhrikuti.

Bon voyage...


Ces informations vous ont aidées à construire votre expédition ?
A votre retour, vous pouvez aussi les compléter, les modifier en m'envoyant vos remarques et commentaires par mail.
Merci d'avance.
Paulo, juin 2005.

Et bien sûr, un dernier clin d'oeil à mes partenaires habituels...

 


Et mes pensées s’envolent vers Bhrikuti, belle princesse népalaise, fille de l’empereur Amsuvarman, qui au VII siècle fut mariée au roi tibétain Song Tsen Gampo.
A la croisée de l’histoire et de la religion, elle restera dans toutes les mémoires sous le nom de la déesse Tara Verte pour avoir contribuer à l’expansion du Bouddhisme au Tibet.

 

> fermer la fenêtre