"Langtang
Ri Story"

Le Langtang Ri, une grande montagne...
Le lien sur la
présentation du projet...
Avec mes remerciements les plus chaleureux pour le médecin de SOS MAM de l'IFREMMONT, qui grâce à sa consultation à la hauteur et ces conseils m'a permit de continuer mon (notre) chemin vers le sommet... malgré l'épisode Solupred !

Et le Gurkarpo Ri...
moins haut mais plus facilement accessible.




Certains voudraient faire croire que
cette expé était subventionnée.
Mais c'est que des menteries...

La carte de l'Alpenverein au
1/50 000, avec le col entre le Langshisa Ri et le Gurkarpo
Ri... C'est le camp 2 et le début de notre ascension.
Pas de doute, cette expédition au Langtang Ri 2007
restera gravée dans ma mémoire comme une expérience
infiniment douloureuse.
Même après 20 ans d’expéditions
en Himalaya rien n’est vraiment simple et acquis. Cet
huis clos d’un mois dans des conditions difficiles a,
pour nous, déboucher sur une situation relationnelle
inextricable, quasi insoluble. Même avec toute l’énergie
positive possible, toute la bonne volonté du monde.
A contrario, les quelques jours d’ascension, libéré
des miasmes d’une relation conflictuelle, sont apparus
comme de purs instants de bonheur. Où toute l’expérience
acquise pouvait s’exprimer.
Que du bonheur, pour une ascension relativement simple et
une montagne particulièrement esthétique.
Merci à mes compagnons de voyage pour ces instants
inestimables.

Kathmandu, première
étape : Top départ !
Tout le monde est à l'arrivée à l'aéroport
de Kathmandu avec tous les bagages...Tout va bien.
Pour se mettre dans l'ambiance des lieux, dîner aux
chandelles sur la terrasse de l'hôtel Padma en face
de la grande stupa. Les habitués
des lieux apprécieront.
Par contre, la suite s'annonce rude avec un départ
très matinal, 6 h, pour une grande journée de
bus très éprouvante. A cause des intempéries
de ces derniers jours, la route est passablement dégradée,
avec un grand éboulement avant Dunche. Une expérience
très intéressante pour mieux comprendre la réalité
et les modes d'organisation à la népalaise !
Une bonne entrée en matière pour Marc dont c'est
le 1er voyage au Népal.
Kathmandu - Syabru : 12 heures pour
160 km...
Le voyage en bus fut effectivement éprouvant. Toute
la première partie a été superbe en quittant
la vallée et dans la descente vers Trisuli. La vie
au Népal était partout présente avec
beaucoup de couleurs et des instantanés du quotidien
surprenants.
Puis, le bus s'est arrêté et il a fallu traverser
à pied le glissement de terrain pour retrouver un autre
bus de l'autre côté. Entre-temps, les bus locaux
sont aussi arrivés et tout le monde s'est entassé
dans les 3 véhicules disponibles.
Bien plus tard, le bus est enfin parti, chargé à
son maximum (et même plus ?) tanguant comme un bateau
ivre à chaque cahot de la route.
Nous étions tous morts de trouille dans notre corbillard
ambulant.
Pour conjurer le sort, une blague parmi tant d'autres : "Il
vaudrait peut être mieux être accroché
sur le toit avec les 25 népalais, au moins si le bus
plonge dans la rivière, on peut sauter avant... "
Le trajet s'est continué ainsi jusqu'à la nuit.
Enfin quelques lumières et un lodge confortable au
bout de la route. OUF !!!
La vallée du Langtang...

1er jour de marche à remonter la vallée de la
Langtang Khola dans une ambiance très « djungle
».
Après plusieurs thés, les effets secondaires
se font sentir dans le registre délire : "Cécilia
serait à Genève dans une clinique avec Johnny"
depuis, le bruit court dans la vallée... Bref, le moral
est au beau fixe

«A partir de Lama Hôtel, la pluie s'installe doucement
et il va pleuvoir toute la journée, ambiance Gore-Tex
et capes de pluie !
Arrivés à Langtang Village, nous retrouvons
Karma et toute sa famille à Eco Guest House.
Nous y serons bien accueillis avec un bon poêle dans
la dinning room.
C'est aussi le plaisir de retrouver des gens connus, un tissu
de relations construit au fil du temps et des précédents
voyages.
Bien sûr il ne faut pas se leurrer sur la nature de
la relation mais il est très agréable d'être
attendu, de mieux connaître les gens, de rentrer un
peu plus intimement dans la vie locale. Chez Karma, nous faisons
aussi office de facteur en lui apportant une lettre de la
part d'Albert.
Plus tard à Kyangjin nous irons dans le tout petit
lodge d'une famille tibétaine. Le soir, tout se dégage;
la neige a blanchi les sommets. »
Séance kata pour tout le groupe avec toute la famille
réunie.
Car c'est Dasaing et les 4 enfants sont rentrés à
la maison pour un mois de vacance.
Le seul de l'année !
 |
Une expédition au Népal est
impossible sans les porteurs.
Qu'ils soient porteurs d'altitude ou simple porteurs de
vallée.
Se préocuper de leurs conditions de travail est
indispensable pour la réussite de nos aventures
mais c'est aussi un regard plus humain pour accompagner,
encourager nos compagnons de route.
Et inutile de croire que l'agence népalaise prendra
soins d'eux, malgré les beaux discours des big
boss qui eux sont à Kathmandu, bien loin du terrain. |

Mundu, petit hameau au dessus de Langtang Village à
l'écart de la route touristique d'où venaient
la plupart de nos porteurs du Langtang.
Nous y serons bien acceuilli lors d'un prochain voyage...
Le Gangja Chuli ou Naya
Kanga.
C'est un des NMA peak de la vallée. En voici le versant
nord, bien peu fréquenté.
C'est photos devraient d'ailleurs rejoindre un autre partie
du site... "Les
sommets du Népal" comme complément
d'informations.
Mais avez-vous remarqué le petit dôme blanc à
droite de la photo... il me semble que c'est aussi une possibilité
de traversée versant Helambu.
A suivre donc.
Welcome in Kyangjin !!!
Une pancarte de bien sinistre augure.
Puisque le représentant local de la NMA, Thiley Lama,
prendra Temba en otage lors de son retour à Kyangjin
pour lui extorquer 1000 $ en espèce. Des méthodes
digne de la période la plus noire de l'opposition maoïste.
Et une bonne raison de boycoter le grand lodge blanc, la Yeti
Guest House, dont il est le propriétaire.
Une architecture typique du Langtang...
Et un curieux mélange de modernité
et de mode de vie ancestrale...


Et oui, ne sommes-nous pas un peu en
Helvetie...?

"Pas si facile d'écrire
sur notre cheminement : l'arrivée du soleil a coïncidé
avec l'apparition des sommets enneigés que nous grimpons
ci et là à distance, un thé à
la main. Au départ de Kyangjin nous avons quitté
dans le même temps les nuits en lodge, la civilisation
et la beauté charismatique des tibétaines de
la vallée... Nous avons donc commencé notre
retraite expéditionnaire, la caravane est formée
et nous remontons tranquillement la Langtang Khola pour atteindre
Langshisha où nous installerons notre 1er camp, drapeaux
de prière au vent. Première nuit en tente, première
discussion sur les avantages de la "gourde-pipi",
très appréciée le lendemain matin au
fond du duvet.
Nous n'avons pas atteint les 5000 m que nous nous prenons
déjà 40° d'amplitude entre le jour et la
nuit. L'éloignement se fait petit à petit sentir,
au fur et à mesure de notre avancée et les petits
soucis physiques font leur entrée... La journée
de repos à Pemthang était une bonne occasion
de se reposer, de se laver et d'admirer les géants
de neige et de glace qui nous entourent. »
Pierre-Olivier
La haute vallée du
Langtang, après Kyagjin...

Des cailloux qui démangent nos
envies de grimpeurs...Le Langtang c'est aussi des falaises
superbes.
C'est un peu loin quand même...
Numthang.
Une photo carto, pour indiquer le chemin de descente qui vient
du Yala ou du Tsergo Ri et qui permet de faire une boucle
au départ de Kyangjin.
Langshisa Kharha
Un havre de tranquilité à l'intersection de
deux vallées glaciaire.

L'Urgyenmang, 6151 m.

Et le Pemthang Karpo Ri, à priori
non autorisé...
Le Langshisa Ri... 6427
m
Un autre NMA Peak encore peu connu et qui vaut vraiment
le déplacement.

Un sommet plein de mystères...

Et la carte népalo-finlandaise
Lantan 2885-15, avec notre itinéraire jusqu'au col.

Le versant Est du Langshisa Ri au dessus
de notre camp 2... avec quelques lignes intéressantes.

Une photo spéciale cartographie...
C'est une vue depuis l'arête des Rapiettes vers le glacier
et le camp de base du Dorje Lhakpa.
Le col de notre camp 2 est donc accessible depuisce versant,
ça passe rive gauche du glacier sans trop de problèmes.
Le Lingshing Kanshurn,
6078 m
Un sommet entre le Dorje Lhakpa et l'Urgyenmang.

On y reconnait l'arête
Est de L'Urgyenmang qui est accessible par de grandes pentes
de neige versant Panch Pokari.

Le camp de base et le camp 1 du Dorje
Lhakpa.
Notre camp de base...
« Depuis Kyangjin, les deux journées de marche
pour rejoindre Pemthang Karpo ont été idylliques
: grand beau temps et des montagnes de plus en plus présentes.
Nous voici maintenant au pied du glacier de Langtang qui est
complètement recouvert de pierres et particulièrement
mouvementé. Demain samedi sera une journée de
repos pour tout le groupe, pendant que j'accompagnerai les
porteurs pour un premier dépôt de matériel
sur le glacier. La neige récente qui recouvre la caillasse
m'inquiète un peu et je préfère reconnaître
le chemin avant d'engager toute l'équipe de cuisine
et les porteurs.
La gestion des porteurs reste également un problème
et un simple aller-retour est beaucoup plus facile, surtout
que le bulletin météo n'est pas vraiment optimiste
avec de la neige pour l'après-midi. Bizarre car le
ciel est merveilleusement limpide...
Et dans deux jours, nous allons basculer dans un monde complètement
minéral et rude. »

"Dis Christian, c'est quoi déjà
le vrai nom du Morimoto Base Camp...?"
La tente mess, un confort très
apprécié, même si nous ne l'utiliserons
que quelques jours.
Aujourd'hui, c'est jour de fête
!
Les chaussures de montagne Asolo sont arrivées de Kathmandu.
C'est le grand déballage et une bonne nouvelle. C'est
cadeau ! Merci Monsieur Asolo.
Un vrai pourboire ou plutôt un complément de
salaire bien mérité. Et en retour, tous les
porteurs du Langtang seront très coopératifs.
Changement d'objectif...

Voila, nous n'irons pas plus loin !
C'est trop loin, nous n'avançons pas et c'est trop
galère avec la neige récente qui complique encore
la progression.
Nous n'avons aucune chance d'aller au sommet.
Faire demi tour, changer d'objectif et ne pas perdre de temps.
C'est ce que nous venons de décider avec Chhotemba.
Une décision difficile car nous sommes bien seul pour
la prendre.
Mais c'est aussi mon boulot de prendre des décisions...
L a suite allait me montrer que rien n'est simple, et que
tout allait se compliquer à l'extrême même
en expliquant le mieux possible les raisons de cette décision.
La suite... pas vraiment cool, car il faut remonter tout le
glacier après le virage, quasi à l'aplomb du
sommet.

Tout le monde arrive doucement. Avec la neige, c'est pas facile...
La bande des porteurs du Langtang.
Ils ont effectués un portage avec des charges assez
légères pour normalement faciliter le déplacement
de tout le camp prévu le lendemain.
Mais ils ne sont pas mécontent du changement d'objectif.
Un dhal bath les attend au camp...
Nous avons donc beaucoup discuté avec Chhotemba et
Bishal...
Faut-il ou non faire demi-tour ?
Combien allons-nous mettre de temps pour rejoindre le camp
de base, tout au fond du glacier ?
Y a-t-il un sens a vouloir faire absolument ce qui a été
décidé bien longtemps auparavant ? Si les conditions
ne sont pas réunies.. et avec aucune chance de réussir,
ni de réaliser le parcours dans de bonnes conditions
(ou dumoins des conditions acceptables).
Et la nécessité d'un changement d'objectif c'est
imposé clairement.
Allez, back to home...

Avec Bishal, nous suivons les porteurs
du Langtang, qui malgré leur charges passent dans des
endroits pas très cool.
Mais, pas de doute, c'est plus court !!!

Comme pour appuyer ma décision, il se met à
neiger en début d'après midi.
Mais la première explication c'est plutôt bien
passé. Il nous faut faire le deuil du Langtang Ri.
Je ne savais pas encore que le lendemain matin, au petit déjeuner,
les hostilités allaient vraiment commencer avec X et
Y.
Vers le Gurkarpo Ri...
"Le deuil du Langtang Ri réalisé, avec
plus ou moins de facilité, nos regards se tournent
à l'Est vers ce petit bout de sommet que l'on aperçoit
au loin derrière le glacier qui nous fait face. Comme
pour mieux refermer le projet initial et mieux comprendre
ce qui nous attendait, il nous faut avant-tout traverser le
glacier du Langtang et son dédale de pierres : 2h30
pour traverser ce kilomètre de montagnes russes aux
pierres instables. Nous tentons de trouver le meilleur chemin
possible et sommes très heureux de pouvoir enfin trouver
la neige. Nous installons dans un premier temps une tente
déposit au sommet du "Mont-Blanc"... 4810
m... avant de retourner à notre CB de Pemthang Karpo.
Pierre-Olivier

C'est un peu galère, mais c'est
juste 3 h d'effort !
Rien à voir avec les 3 ou 4 jours nécessaire
pour rejoindre le Langtang Ri

Le plaisir d'être en haute montagne...
!
« A l’insu
de notre plein gré… ? »
Mais oui, car nous ne savions rien sur ce sommet du Gurkarpo
Ri. A part qu’il était à portée
de mains. Je ne savais pas que c’était un sommet
vierge, et je n’avais aucune informations sur les expéditions
précédentes. Pire, je ne savais même pas
si c’était un sommet autorisé ou non,
et je n’avais pas de carte précise des lieux.
Nous avons donc tout inventé.
En premier lieu, il a fallu construire la décision
de gravir ce sommet et pas un autre. Et c’est la météo,
ou plutôt les prévisions météorologiques
qui ont fondées le choix du Gurkarpo Ri à la
place du Pemthang Karpo Ri (Dôme Blanc).
Un très fort vent d’ouest était annoncé
en altitude : 50km/h à 6000 m, 60km/h à 6500m,
et 75 km/h à 7000 m, ça décoiffe ! Avec
en plus les températures négatives liées
à l’altitude.
Dans ces conditions, l’arête ouest du Gurkarpo
Ri avec ces replats idéalement situés pour les
camps d’altitude était un itinéraire possible
en versant nord-ouest.
C’était forcement mieux que la longue arête
sud du Pemthang Karpo Ri, même si elle semblait plus
facile. Ou encore que le Langshisa Ri… trop petit 64
et surtout trop technique. J’ai donc choisi ce Gurkarpo
Ri en y appliquant la technique qui actuellement me convient
le mieux : un voyage en altitude sans retour au camp de base.
Surtout que nous n’avions pas de camp de base !
Nous avions 10 jours d’autonomie disponible en haute
montagne. A nous de les vivre le mieux possible en réalisant
ce qui était possible de faire.
Et nous avons même joué les prolongations pour
mieux caler notre progression avec la météo
et notre acclimatation, avec un petit sommet en hors d’œuvre
et une journée de repos en altitude avant le sommet.
Normalement, tout le monde aurait dut aller au sommet…
sans exception. Mais la vie a des soubresauts difficilement
contrôlables et pour reprendre la phrase célèbre
de Bernard Muller « Les expés, c’est
pas la plage ! ».
Même si une attention particulière peut y être
apportée pour vivre le mieux possible cette immersion
en haute altitude et y éprouver un maximum de plaisir.
Mais cela se construit, bien avant le camp de base et tout
au long de l’ascension.
Le Camp 1...

Les porteurs du Langtang viennent de
rejoindre notre camp 1.
Ils sont partis léger du camp de base pour effectuer
un portage de nos affaires d'alpinistes vers le camp 2 puis
ils retournerons à Kyangjin pour revenir dans 12 jours.
Je suis un peu devant à faire la trace avec un enjeux
important..., faire une belle trace, facile à suivre
pour tous et si possible en évitant les crevasses.
Et surtout, en montant le plus haut possible sur le glacier
en direction du col.
La neige récente ne facilite
pas la progression, mais pour l'instant nous sommes encore
sur le glacier noir recouvert de cailloux.

Tout va bien et le parcours est vraiment
plaisant jusqu'au point de déposit à moins d'une
heure du col. Mission accompli...
Jean-François et Christian, un
binôme solide. Nous partons définitivement vers
le sommet..., rendez-vous ici 10 jours plus tard.
Un peu plus haut, avec Pierre-Olivier
et Marc
Chhotemba reprend la trace, avec une
neige de plus en plus profonde...
Le col et le camp 2...
« Nous voici tous installés au C2, à un
grand col glaciaire. En face de nous, de l'autre côté
de la vallée : le Dorje Lhakpa scintille de ses arêtes
immaculées. A quelques encablures de neige de notre
tente, notre Gurkarpo Ri ressemble à un Obergabelhorn
de presque 6900 m. Bien qu'un peu moins élevé
que le Langtang Ri, il est surtout très esthétique.
Forcément, d'un point de vue administratif nous sommes
dans la plus complète illégalité mais
comme l'officier de liaison est resté à Kyangjin
pour rentrer sur KTM, nous verrons plus tard.
L'équipe de cuisine est aussi rentrée à
la maison car nous sommes partis pour 10 jours en autonomie
complète sur le glacier. »

Et c'est l'arrivée au col, avec
des cordées mixtes, ici avec Sunar.

Le camp, le lendemain de notre installation.
Y'a de la place...
Il est temps de redescendre au camp
1, la trace est faite et un peu de matériel a été
déposé. L'ambiance est superbe...
C'est pas facile de marcher encordé
en portant une tente !!!
Petite anecdote de terrain : avant notre arrivée, Temba
et Chhotemba avaient déjà monté la tente
déposit pile au col.
Mais le vent annoncé me fait craindre le pire. Je décide
donc de déplacer le camp un peu en contre-bas.
Camp 2... et le plaisir d'être
confortablement installer dans notre grande tente.
Un vrai palace... qui servira de temps en temps à nous
retrouver tous ensemble pour décider de l'organisation
du lendemain.
L'arête des Rapiettes...
Tout va beaucoup mieux : pour moi le
moral est revenu même si j'ai une crève d'enfer.
Le temps est toujours aussi beau. C'est vraiment fantastique,
pas un nuage à l'horizon. Il faut juste que cela dure
encore quelques jours car nous sommes maintenant dans la partie
terminale de notre ascension.
Il nous faut organiser l'installation des 2 prochains camps,
l'équipement des parties raides entre C3 et C4, puis
de C4 à l'arête.
Norbu a réussi à nous envoyer un hélico
avec 4 rolls de corde... 800 m et 25 pieux à neige.
Plus de souci maintenant pour le matériel. Il ne reste
plus maintenant qu'à les installer…
C'était presque magique car vers midi alors que nous
montions vers le C3, nous avons entendu une rumeur lointaine...
Est-ce bien lui ?
Nous nous sommes assis sur nos sacs pour assister au spectacle.
Le bruit s'est amplifié; le voici, très haut
à droite de Langshisha Ri. Il s'est rapproché
doucement puis a contourné la montagne pour disparaître
derrière une arête.
Mince alors, il est parti.
C'était peut-être juste un vol touristique ou
pire du ministère pour vérifier ce que nous
faisons. Mais non, le voici qui revient bien dans l'axe du
col et qui largue 4 paquets pas très loin de nos tentes.
Le calme revient, tout est fini.
Voici un « drop » exceptionnel (une
1ère, dira plus tard Miss Hawley en éclatant
de rire !) qui va faciliter notre
progression, nous donner plus de souplesse et surtout rassurer
certains et détendre nos relations.
Mais, ça fait quand même un peu cher le mètre
de corde à 3 800 EUR le vol de l'hélico !

Dès l'arrivée au col,
ce petit sommet est apparu comme une évidence. Une
invitation à une belle journée d'alpinisme.
Derrière, Jeff l'aura reconnu, c'est le Dorje Lhakpa,
que nous avons réussi ensemble, il ya déjà
quelques années.
Pour parfaire notre acclimatation, nous
avons donc fait le 1er ressaut, "l'arête des Rapiettes"
(c'est une blague de Jeff, et cela veut dire "lézard"
en corrézien). Puis sur le replat à gauche de
l'arête, nous installerons 2 jours plus tard notre camp
3, à presque 5900 m. pour y dormir tous une première
nuit. Avec Cho Temba en fin d'après-midi, nous irons
faire un bout de trace et installer une 1ère corde
fixe pour passer la rimaye car la suite est un peu plus raide
(45°) : une belle pente régulière, peut-être
400m, qui aboutit à un plateau, toujours à gauche
de l'arête : ce sera notre camp 4 vers 6200 m.
De là, une journée devrait suffire pour atteindre
le sommet, avec des pentes de neige un peu plus raides (45/50°
) jusqu'à un col sur l'arête Ouest, qu'il nous
suffira de suivre.
Une journée exceptionnelle...
Nous partons tout les deux avec Chhotemba vers la petite pointe
de neige à 5886 m. C'est le premier ressaut de l'arête
et un ligne superbe. Cela nous permetra de tracer l'approche
pour la pente qui mene au camp 3, sur le grand replat. C'est
aussi un moyen d'aborder ce couloir par le haut, car les conditions
nivologiques m'inquiètent un peu.

Chhotemba au début de l'arête. c'est aussi une
première pour lui, car il n'a jamais fait de course
alpine en cordée de deux.
La partie finale de l'arête...
C'est pas trop raide mais pour cette course d'initiation nous
avons évolué vraiment en réversible.
Avec, pour chaque relais, la pose d'un ancrage solide et une
véritable expérience d'assurage.
Une très belle journée où j'ai pris beaucoup
de plaisir à me consacrer entièrement à
Chhotemba. Et c'est vraiment rare car je suis souvent bien
peu disponible pour l'équipe népalaise.
 
Le lendemain, c'est au tour de Pierre-Olivier
et de Marc de se payer une journée de RTT. Ils seront
suivi par Jeff et Christian. Le temps est splendide et les
conditions optimales pour réaliser la course corde
tendue ou sans corde... De l'alpinisme comme dans les Alpes.
« Tout va bien. Si si !
C'est vrai : notre pilosité fonctionne normalement
au vu de nos barbes respectives. Jeff et Christian ont su
dépasser leur addiction à la "Rara Noddle
Soup" et on s'est fait hier un goûter au nutella
à 5500m grâce aux vivres surprises ajoutées
par Norbu aux cordes fixes. Quant à notre sommet de
RTT, réalisé avec Jeff, Christian et Marco par
l'arête des Rapiettes, nous avons apprécié
le plaisir d'une journée d'alpinisme en guise d'acclimatation
sur une arête splendide. Pour une première course
ensemble avec Marco, nous avons fait très fort. Quant
à Jeff et Christian, ils demanderaient bien à
l'Hélico passé quelques instants plus tôt
en contre-bas de ramener cette arête un peu technique
dans les alpes. Le soleil brille toujours pour notre plus
grande joie. Que cela dure !
Paulo a retrouvé ses couleurs et nous avons évolué
aujourd'hui au son du "tourbillon de la vie".
Pierre-Olivier.
Même Marc se met à l’écriture
!!!
"Depuis le début de notre
expédition, pas un jour ne s'est écoulé
sans une bonne tranche de rigolade due à l'une des
blagues de nos Rapiettes (Jeff
et Christian). Pas une journée
ne s'est écoulée sans un émerveillement
devant la vie et les paysages du Langtang.
Bien sûr, j'assiste en spectateur impuissant mais ô
combien ému au déchirement qui touche une partie
du groupe. Mais une journée de chevauchée de
notre arête des Rapiettes avec Pierrol, Christian et
Jeff a vite fait d'occulter ces mauvais moments.
Aujourd'hui encore j'ai pu compter sur le soutien de mes compagnons
dans un moment physiquement très difficile. Enfin,
je conclurai avec une note personnelle, une citation : "I
wonder if I had not come a long way only to find that what
I really sought was something I left behind" (Thomas
F. Hornbein, Everest, the West Ridge).
Marco.
Pour monter au camp 3...

Un vrai terrain glaciaire mais plutôt
facile.
Nous allons remonter ce couloir de neige
pas trop difficile. La première partie sans corde en
profitant de la neige accumulée et durciespar le vent.
Puis, au milieu, une grande crevasse
nous obligera a nous encorder. Nous y installerons plus tard
une corde fixe...
 
Pour certain, la montée est un
peu dure... et Chhotemba se mettra une boite mémorable
dans le couloir sous le regard inquiet de Jeff et Christian.
Ce sont eux qui ont eu le plus la trouille...
Un premier regard sur la suite des opération.
pas de souci la rimaye se passera bien...

Nom de dieu, c'est quoi cette corde...

Le lendemain, tout se passe pour me
mieux pour équiper la pente. La neige est bonne et
la pente d'une raideur confortable...

Avec Pierre-Olivier, Marco et Chhotemba, nous montons ensemble

Le camp 3 semble bien minuscule et la
pente se creuse de plus en plus.
Jean No... On pourrait presque descendre à ski ? Non
?
Bon..., il est temps de rentrer. Il
est presque 17 h. Le camp 3 est déjà dans l'ombre
glaciale de la nuit himalayenne.
Mais grâce aux cordes, dans moins d'une heure nous serons
tous à l'abri dans nos tentes.

Par contre, nous avons changé
de tente, et nous sommes maintenant à trois dans une
tente base Salewa. C'est pourtant bien une tente pour trois,
mais je l'utilise le plus souvent pour 2 personnes.
Un peu plus de rigueur et d'organisation sont nécessaire.
Mais quel changement par rapport à notre tente du camp
2, prévu pour 6 personnes... un vrai palace à
3 !!!
On continue dans le registre des tentes...
Avec notre petite tente déposit, une altitude de Salewa.
Elle ne sert que pour déposer du matériel, surtout
au début de l'installation d'un camp et pour éviter
d'encombrer les tentes personelles.

Le lendemain alors que nous allons dormir
au camp 4. Chhotemba et Zamgbu sont devant malgré de
gros sacs.
Heureusement, la journée n'est pas très longue
et les traces super.
Avant-dernière longueur, avec
les grosses marches c'est de plus en plus facile...
Depuis le camp 4...

Juste trois tentes, perdues entre ciel
et terre...
Mais nous aurions du les placer 100 m plus à droite,
nous aurions gagné plus d'une heure de soleil le matin.
Damned...

Le Shisapangma, de l'autre côté
de la frontière.
La dernière partie
de l'ascension et le sommet...

Une nouvelle journée d'équipement
par un temps radieux... nous venons juste de passer la rimaye
et les conditions sont optimum.

Un peu plus tard et nous voici beaucoup
plus haut, il ne reste plus que deux longueurs avant le col.
60 m c'est long...

Avec Chhotemba et Zangdu, sur les crêtes
de neige.
Pour le reste de l'équipe, c'est jour de repos pour
profiter au mieux de l'altitude et de ces instants exceptionnels.
Le départ au petit matin, il
est 8h et des poussières.
Rien ne presse car nous avons décidé de partir
le plus tard possible pour que le soleil nous rattrape dans
le début de la montée.
Surtout se protéger du froid le plus possible, car
nous savons que là-haut à partir du col le vent
sera encore plus violent.

Le soleil arrive enfin et nous avons
déjà bien progressé.
Tout en bas, Chhotemba et Jangbu ont pliés leur tente
pour redescendre au camp 2 en récupérant la
tente déposit au passage.

Le Dorje Lhakpa et une surprenante arête
Est.
Depuis le sommet de l'arête, la
suite de l'itinéraire est une bonne surprise... juste
un petit passage à 40° au dessus de la rimaye,
ça va bien se passer !

Les derniers pas...
Jeff, Pierre-Olivier et Marco au sommet...
Fait pas très chaud, mais le vent est encore supportable.

Petite discution au sommet, mais que
peuvent-ils bien se raconter...?

Depuis le sommet, une image rare vers
le massif du Jugal Himal,
avec le Dorle Pahad ou Longpogan, 6979 m et à droite
le sommet plat du Bhairav Takura, 6799 m.
Un prochain projet dans un recoin du massif totalement ignoré.
A la descente...
 
Malgré l'euphorie du sommet et
la fatigue... il faut rester concentré, jusqu'au bout
!

L e temps est toujours aussi superbe
et nous avons le temps de descendre tranquillement.
Surtout ne pas se bousculer, car nous dormons ce soir de nouveau
au camp 4.
Summit or not summit…
Par Pierre-Olivier
"Pour expliquer un acte, on dit en psychologie sociale
que les individus utilisent soit des facteurs internes (c'est-à-dire
liés à la personne) soit des facteurs externes
(liés à l'environnement extérieur). Trop
souvent le fait d'aller au sommet est perçu par des
facteurs internes à l'alpiniste. C'est oublier tous
les éléments externes, humains ou autres, qui
ont également permis la concrétisation de cet
objectif : les porteurs d'altitude, la voie déjà
tracée par le guide, une météo clémente,
un terrain qui passe de l'inconnu au faisable, etc.
Et celui qui n'est pas allé au sommet, en quoi est-ce
un échec ?
Car, celui qui s'est arrêté au col à 6600m
ce jeudi participe pleinement des facteurs externes de l'arrivée
au sommet : un ergonome blagueur qui 1) a toujours le mot
pour rire et nous mettre ainsi dans de bonnes conditions mentales,
et 2) qui a permis d'apaiser temporairement les tensions relationnelles
présentes dans le groupe. Ainsi l'erreur fondamentale
de questionnement : Au lieu de demander à l'alpiniste
s'il est allé au sommet sur la base conceptuelle de
l' "échec/réussite", il est plus en
phase avec la réalité de lui demander à
son retour quelle expérience il a vécu.
Bien sûr, il est facile de tenir un tel discours quand
on est allé soi-même au sommet, bien sûr
l'ergonome aurait voulu s'y trouvé aussi, pourtant
ce qui nous unit et ce qui restera beaucoup plus en mémoire,
est bien l'expérience autarcique de ces deux semaines
passées en haute altitude à l'abri de toute
civilisation, perdus dans les montagnes du Langtang. Ce qui
se raconte aux proches au retour ce n'est pas le sommet, bien
que la question nous est posée, mais les petits "riens"
qui nous ont émus, angoissés, amusés,
bref les moments vécus qui nous ont marqués
et qui composent justement cette expérience ressentie
: un trajet chaotique en bus, une rencontre agréable,
un violent maux de tête, le bol de tsampa partagé
dans une bergerie locale, le foie gras dégusté
à telle altitude ou une magnifique arête grimpée
en guise de journée de repos.
Car, et nos dames le confirmeront, nous ne nous sommes pas
absentés qu'un seul jour, le jour du sommet, mais bien
partis plusieurs semaines. Laps de temps durant lequel nous
avons tous évolué personnellement et socialement."

Le lendemain, en fin d'après
midi, nous quittons définitivement le col avec un brin
de nostalgie.
Nous avons vécu presque 10 jours en ces hauts lieux,
immergés en pleine montagne.

Notre descente se termine en douceur
au camp 1, nous venons de tout là-haut.
Et après un long repos gastronomique au col nous avons
décidé de descendre le plus bas possible.
Du sommet, il ne nous faudra que 3 jours pour rejoindre Kyangjin
!!!
J'aime bien ce portrait de Christian,
à la limite du brouillard dans notre dernière
descente sur le glacier.
Les derniers adieux du Gurkarpo Ri,
comme un feu d'artifice.
La dernière journée...
ce soir nous serons à Kyangjin les pieds sous la table
pour un dal bath d'enfer !
Toujours aussi bordélique ce
glacier...
Et un dernier regard vers le sommet
que nous venons de gravir...

Pemthang Karpo, notre camp de base,
mais sans neige ni eau.
Attention donc en fin d'automne, car il faut aller la chercher
à presque 15 mn au torrent principale du glacier.
Ce matin, les porteurs du Langtang sont
partis de cette bergerie, Kijungphu Kharka. Et nous y passerons
un moment de chaleureuse convivialité à déguster
une noodle soup et de la Tsampa.
Souvenir, souvenir...
Il y a bien longtemps, lors de mon tout premier séjour
au Népal nous avions installé notre tente dans
cette kharka...
La légende de Langshisa...
Le dernier jour...

Encore des katas, avec des adieux bien sympatiques à
Rimche.
Rimche de loin...
Pour cette dernière journée de randonnée
le temps n'est pas très beau, bruine et brouillard.
C'est dommage car nous allons descendre par le chemin en balcon
vers Sherpagaon.
Une photo surprenante quand le brouillard
se déchire.
C'est la route au dessus de Syabrubensi qui mène à
la mine de Lari et à Samdang, le point de départ
pour la voie normale du Paldor.
Chhotemba, promu Sirdar... A l'entrée
du village de Khangjung, notre étape de midi.
Une expédition
labelisée Mountain Wilderness ???
A kyangjin, nous voici en train de trier nous même nos
poubelles sous le regard ahuri des porteurs du Langtang.
Au final, nous aurons trois sacs : le papier à bruler
sur place, les cartouche de gaz avec les conserves et tout
le plastique à descendre à Kathmandu.
Karma nous a même dit qu'il n'avait jamais vu de camp
d'altitude aussi propre, mais c'était peut être
pour nous faire plaisir...

Merci à Pierre-Olivier et à
Marc pour ce compte rendu à 6 mains...
Pas de doute, on sait d'où il
est le Jeff !!!
Nous avons retrouvé avec un immense
plaisir l'atmosphère sereine et cordiale de Boudhanath
et de l'Hôtel Padma.
Du côté du sommet, nous avons donc réussi
le 1er novembre, la 1ère ascension du Gurkarpo Ri,
6892 m. Une nouvelle voie en versant nord-ouest de l'arête
ouest : "Some more rice...?" V/D en neige.
Et bien sûr, l'arête des rapiettes, III/PD+
Le Gurkarpo Ri fut une très belle ascension sans difficulté
particulière pour Jeff, Marc, Pierre-Olivier et moi.
Christian, s'est malheureusement arrêté au débouché
de l'arête à cause d'une bronchite tenace. Chhotemba
avait mal à la tête le matin du sommet, j'ai
préféré qu'il redescende au camp 2 du
col, avec Jamgbu.
Les porteurs du Langtang
ont été exceptionnels d'efficacité. En
deux jours, toutes les affaires étaient rassemblées
à Kyangjin, puis ils sont descendus avec nous à
Syabrubensi.
Les porteurs se souviendront longtemps de cette expé,
tellemment ils ont été content des chaussures
de montagne que nous leurs avons données, grâce
à Yves, Julien et Fanny d'Asolo France.
Un petit plus dans la vie locale et pour moi l'envie de revenir
dans cette vallée particulière avec la certitude
d'y être bien acceuilli.
Et bien sûr,
un dernier petit clin d'oeil à mes partenaires habituels

avec : Triple
Zero pour
les duvets et les
lunettes Adidas

Et l'IFREMMONT


En route vers le camp 4...

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