Le Nemjung, 7140m
automne 2004...
encore en travaux !!!


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Une page du site présentait le projet initial.

La préparation
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Suite

Le compte rendu
Décembre 2004.
Dans l’avion de retour qui me ramène à la maison après ces trois expés de mon automne népalais, je me demandais bien comment j’allais écrire les premières lignes du compte rendu de cette expédition au Nemjung.
Plongé dans la lecture du n° 47 de Vertical, un superbe numéro avec Buoux, la Marmolada et l’Api Himal, c’est l’édito de Claude Gardien qui provoquera le déclic ; où il écrit que l’alpinisme ou l’escalade ne sont pas fait que de succès.
« Qui perd gagne… »...
Et j’ajouterais que les succès comme les échecs ont souvent plusieurs versants et que certains s’embrassent parfois de teintes flamboyantes.

Le Nemjung m’apparu alors sous un angle différent, comme une superbe tentative, une belle aventure humaine, riche d’émotions et de souvenirs.
Bien sûr nous étions partis pour effectuer la 1ère ascension de cette très belle arête Sud (même si pour moi, cette notion de 1ère n’a pas beaucoup d’importance par rapport à toute la dimension humaine d’une expédition, toute la richesse et la complexité de mon rôle de guide).

Mais, en montant au camp 2, sous les rafales de neige, le doute était bien présent…
« Pourquoi s’engager dans un itinéraire nouveau et plus technique, donc forcement plus complexe, alors que juste en face la voie normale de l’Himlung nous offrait son arête accueillante ? »
Au dessus de nous, la beauté et la force du Nemjung était une réponse suffisante.

De nouveau Claude, ajoute une petite touche…
« Une belle tentative, menée du mieux que l’on peut, vaut bien des succès acquis sans l’art et la manière. »
Et c’est bien la qualité, le sens des choses faites qui actuellement m’importent le plus.
Nous avons fait du mieux que nous avons pu, le plus sereinement possible.
Avec François, nous avons même atteint une qualité de relation et de collaboration extrêmement rare dans notre métier. Une forme de transcendance, quand 1+1 font 3… qu’il est bien difficile d’exprimer.

Bien sûr, il y a eu des erreurs, des décisions pas forcement judicieuses, mais il y a eu surtout beaucoup de profondeur, de plaisir dans nos relations… une cohésion de groupe chaleureuse et une proximité bien réelle.
Mais les conditions particulières de cette saison, avec une neige profonde, du froid intense et un mauvais temps persistant, ont transformé notre vie en altitude en un véritable combat quotidien.
Faire et refaire la trace, installer les camps sous la neige ou simplement vivre et supporter des températures polaires, tous fut difficile !
Pour tous les participants qui abordaient l’Himalaya et la haute altitude pour la 1ère fois, la rencontre fut brutale et forcement déstabilisante. Ce n’était certainement pas cette vision des expéditions, cette expérience extrême et dure, que nous souhaitions faire découvrir et partager à nos compagnons de voyage.
Chapeau à tout le monde d’avoir tenu le choc et surtout d’être revenu sur terre intact, sain et sauf, sans aucune gelure ni problème physique.
Et il ne nous reste plus qu’a retourner là-haut… au Nemjung ou vers d’Autres Ailleurs

L’Himalaya et les expéditions c’est parfois aussi cela, un choc frontale avec une nature, un milieu radicalement hostile et inhumain. Mais aussi et surtout un lieu propice a des « expériences » hors nature qui nous font grandir… forcement.


Le topo
Notre

Cotations & difficulté :
Il n'est pas très sérieux de donner une cotation quand une voie n'a jamais été réalisé ! Je vous propose donc une simple évaluation à prendre avec beaucoup de précautions.
Il me semble que je coterais cette arête V/AD en neige, en cotations Himalaya. Elle est un peu similaire au Dorje Lakhpa avec une arête beaucoup plus longue mais moins raide.

C'est l'accès au camp I qui me semble le plus complexe à gérer, il n'est pas facile de choisir le meilleur itinéraire surtout que l'ice fall du glacier va forcement beaucoup se modifier au fil des annnées.
Puis, il y a les problèmes de nivologie en cas de chutes de neige importantse dans la courte montée au col de notre camp 2.

Par contre la suite me semble plus simple, à part la logistique importante nécessaire pour installer des cordes fixes ou l'engagement important en technique alpine. A priori un camp 3 est nécessaire quelque part sur l'arête... !

Bon voyage...

 

Cette ascension a été réalisée dans le cadre d'une expédition
organisée par « Montagnes de la Terre », l’agence de la fédération des clubs alpins français.

 

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