La Putha Hiunchuli, 7 246 m
printemps 2008...




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Depuis le camp de base, la belle pente de neige terminale.
Rien de bien compliqué techniquement, par contre l'engagement est bien présent et la complexité d'organisation modifient la cotation d'ensemble.

Nous sommes la 37ème expédition sur ce sommet et la 7ème française.
Les français sont les plus nombreux sur ce sommet, par ce versant Nord-Est et usqu'à maintenant à l'automne.
C'est une conséquence directe de l'organisation d'expéditions encadrées par des guides dans le cadre des agences. La Putha Hiunchuli est un sommet estampillé "Allibert" car c'est précisément Philippe Allibert et Jeff Tripart avec un groupe de clients qui l'ont "découvert" ou plutôt fait connaître dans le microcosme français.
George Derick y a encadré deux expéditions en 2000 puis en 2007. Jean Annequin a signé le chapitre du sommet dans le livre "Sommet du Népal". Merci à tous les deux pour leur soutien.
Un article a été également publié dans Montagnes Magazine sous la plume de Philippe Descamps (n°246, avril 2001).

En terme de fréquentation, les Français sont suivis de près par les Japonais puis par les Allemands.
Il y a eut peu d'expés au printemps : 8 contre 26 à l'automne.
Notre livre, "Sommets du Népal", va-t-il changer la fréquentation de ce sommet ?

Et avec tous nos remerciements à Sonam Sherpa et à toute l'équipe de Thamserku Trekking à Kathmandu.


A Kathmandu, avec Miss Hawley.



"Monsieur Damilano, soyez précis... vous êtes passez à droite ou à gauche du petit sérac suspendu... ?"

Mais je rêve...
il est en train de gribouiller mon bouquin !

 

Sur la terrasse de l'Hôtel Padma à Khathmandu, un moment d'antologie : François explique à Miss Hawley ses ascensions en Himalaya, réalisées sans autorisation lors de précédentes expéditions.
Avec une infinie précision et patience, Miss Hawley, une Lady Anglaise d'un autre âge, prends note de tous les détails. Miss Hawley est LAmémoire de l'alpinisme en Himalaya.
Ces instants magiques inspireront un nouveau détour de François vers des sommets vierges à la fin de notre ascension de la Putha Hiunchuli... ce sera notre clin d'oeil et nos remerciements à cette Grande Dame de l'Himalaya.
Rendez-vous sur la page... "A peak for Miss Hawley".


Tout est prêt à l'entrée de notre nouvelle maison de Kathmandu.

Avec Temba, nous avons passé l'après-midi à calibrer les charges. Un objectif : 25 kg max... par charge.
C'est la première fois que nous arrivons à être aussi précis dans la gestion du poids. Seules contraintes : du temps avant le départ et des conditionnement adéquats.
"Se dépouiller de tout le superflu" : une belle formule au coeur de mes préoccupations actuelles (et même dans ma vie quotidienne...).

Être ensemble au sommet
Tous ensemble
Un instant magique
Intensement rare
Profondément exceptionnel.

« la progression douce en Himalaya »
Le déroulement de cette expédition exprime le bonheur d’être là-haut. Il exprime aussi tous ces petits riens qui conduisent au succès de l'entreprise. Tous ces détails insignifiants sur l’instant mais qui impactent directement l’avenir, plus tard, tout là-haut.
Cette réussite permet de mieux comprendre, de mieux apprécier, toutes les composantes de cette démarche : « aller tout doucement, tous ensemble vers le sommet ».
Cette expérience m’a comblé, m’a ouvert d’autres portes de réflexion pour mes prochaines expéditions himalayennes.
Merci encore à tous mes compagnons de ce grand voyage en altitude.

Tout s’enchaîne sans problème :
Les vols pour Nepalganj puis Juphal, pourtant infiniment aléatoires, seront au rendez-vous. Les premiers jours de trek de Dunai à Kakot se déroulent à merveille.


Petit matin blême à Nepalganj.
Tout va bien, il fait grand beau. L'aventure commence...


Petit déjeuner décontracté à l'arrivée à Juphal.
Laurence et Anne, Agnès, & François.
Dominique

Le trek en image.




Très loin au dessus de Juphal, un beau sommet se dévoile dans la brume matinale...




Toutes les nuances du vert, en ce début de printemps.


Séance photo avec Maître François, pour donner un peu de relief à un bout de paysage.



Petite angoisse technique pour François et Jean-René à l'étape de midi.
Et si le chargeur solaire ne fonctionnait pas... ?


Craquantes.., les choupinettes !


Taklakot sur son petit promontoire.
Nous sommes aussi à la croisée du chemin qui viens de Beni.


Juste un peu plus haut, le printemps n'est pas encore présent.
Mais 15 jours plus tard tout aura changé...


Qui connait le nom de ces montagnes ?
Une découverte interressante, alors que tout le monde pense qu'il n'y a pas de sommets à gravir dans le Dolpo...
Rendez-vous en été 2009 pour un nouveau projet d'alpinisme !


Aujourd'hui, je suispartis de bon matin avec Temba. Une longue journée en perspective.
Objectif : rejoindre directement Kakot pour arriver une journée avant le groupe, discuter avec les villageois et anticiper la préparation du portage vers le camp de base.


Le sentier s'élève en balcon au-dessus de la Thuli Bheri River.
L'ambiance est superbe, en équilibre entre deux mondes. Le Dolpo, minéral et tibétain, s'approche doucement.


Drôle d'ambiance à Laisicap, des maisons relativement récentes ont été détruites.
Temba se renseigne...
Il semblerait que celà soit un conflit d'intérêt entre villageois et réfugiés tibétains, une histoire d'installation illégale.
Quel gachis.


Dans la vallée de la Bharbung Khola.
Aucun groupe de trekkeurs : nous sommes en dehors des itinéraires classiques du Dolpo.


Encore un dernier virage et nous serons à Kakot.
Le jour décline doucement et nous cheminons avec Pasang qui rammene ses yacks au village.



Sur la "Grand Route" de Kakot.
Le sentier est très bien entretenu, la marche est agréable.
Tout est en phase pour favoriser une progression douce...

A Kakot...
Arrivé un jour avant le groupe, je me suis installé dans le village, en posant simplement ma petite tente sur le toit d'une maison.
Ces instants vécus cette soirée m'ont convaincu de la nécessité de nous rapprocher des habitants de Kakot. Avec Temba, nous avons trouvé plusieurs familles pour acceuillir nos tentes sur le toit de leur maison.
Pour les repas, nous descendrons simplement au camping du bas du village où seront installées l'équipe de cuisine et notre grande tente mess.


Notre salle à manger !


Et nos tentes, bien à l'abri, au coeur du village.



Notre famille... d'acceuil.



Au coin du feu pour un instant privilégié.
Le cahier a été remplacé par une planchette recouverte de cendre blanche. Le crayon est un bout de bois un peu carbonisé. La petite tasse de thé salé est de rigueur...


Sous le regard attentif de Grand Maman, la petite dernière de la maison s'applique à son écriture.

Journée de repos à Kakot.
Au cœur de la nuit, le dernier chien du village s’est tu. Enfin… À croire qu’il n’aboie que la nuit ou qu’il a peur du noir.
Un silence immense s’installe, presque minéral.
Six heures du mat, le soleil envahi déjà le village recroquevillé à l’abri d’une falaise. La vie s’éveille et reprends son cours. Une femme, bien campée sur le toit de sa maison, interpelle sa voisine d’une voix forte aux sonorités rocailleuses. C’est Radio Kakot !
La "copine" de François à repris son métier a tisser. Cela finit de nous réveiller.
Sur le toit des maisons, les poules entourent les tentes en caquetant, une douce fumée s’élève du trou de la cheminée. Le thé tibétain est prêt, il est temps de sortir du duvet.
Aujourd’hui tout le monde se repose et vaque à ces petites occupations personnelles. Une grande lessive générale est prévue au bord de la rivière avant le déjeuner.
Avec Anne, nous partons repérer le chemin du lendemain pour rejoindre les alpages de Panzi. Une belle journée de randonnée entre alpages et forêts de conifères pour nous ouvrir les portes de l’altitude.
De leur côté, Temba et Chhotemba sont partis de bon matin avec deux yackmen pour préparer le chemin des yacks. Pour l’instant, tout semble se mettre en place doucement.
Mais la suite nous prouvera le contraire…



Bien à l'abri du vent sur le toit de leur maison.
Un lieu de vie particulièrement agréable dans un environnement très rude.

Nous le savions depuis le début…
L’accès de Kakot au camp de base est la partie la plus complexe de cette expédition à la Putha Hiunchuli.
Le terrain est complexe car la haute vallée de la Kag Khola est protégée par des gorges infranchissables. L’accès au camp de base se fait donc par le haut, par un chemin détourné avec un premier col pour rejoindre une vallée parallèle et les alpages de Panzi. Puis, un deuxième col permet de revenir au-dessus des gorges en traversant de grandes pentes herbeuses et raides.
Pour les deux premières journées, de Kakot à Panzi puis à l’ancien camp de base des Allemands, le portage s’effectue à dos de yacks. La troisième journée, du camp des Allemands au camp de base, nécessite des porteurs car le terrain est trop escarpé.
Ce sont surtout les porteurs et les yackmen de Kakot qui posent un réel problème.
Les discussions durent une éternité et ne sont ni simples ni cordiales. Les rapports sont très tendus avec peu de compréhension mutuelle.
Bref, on a un peu l’impression d’avoir affaire à des bandits et surtout d’être particulièrement vulnérable, dépendant du bon vouloir de ces messieurs.

Car les villageois de Kakot ont instauré un usage bien particulière.
Aucun portage au-delà du village ne peut être effectué par les habitants des basses vallées du Dolpo, sauf si les porteurs ont été embauchés directement à Kathmandu.
Le portage du matériel d’une expédition vers la Putha Hiunchuli est donc obligatoirement entre les mains des villageois.
Cette forme de protectionnisme leur garanti des gains non négligeables en complément de leurs activités agricoles. Et c’est plutôt bien.
Pour les alpinistes, cela pourrait être un réel avantage… Les yackmen de Kakot connaissent bien les lieux et le portage fait partie de leur vie. Mais c’est loin d’être simple pour nous, car ces règles sont un peu obscures et changent souvent.
Voici ce que nous avons compris en ce printemps 2008 :

  • La charge globale à transporter est pesée puis répartie entre les familles de Kakot.
  • Une charge correspond à 20 kg. Première difficulté : il faut des charges équilibrées, toutes de 20 kg !
  • Elle est payé 700 roupies par jour jusqu’au camp de base.
  • Les deux premiers jour, le portage s’effectue sur les yacks qui portent 20 kg... mais répartie de chaque côté ! Deuxième difficulté : il fallait fractionnées chaques charges… Mais personnes ne nous l'avais dit.
  • Le troisième jour, les charges sont portées à dos d’hommes... reconstituées à 20 kg.

Les deux premiers jours, avec les yacks, il y a autant de villageois que de charges ! Et ça fait beaucoup de bruit, beaucoup de cris, beaucoup de palabres.

Le départ de Kakot est particulièrement laborieux et nous avons été obligé d’installer un camp en vrac bien avant d’avoir rejoins celui de Panzi. Une journée éprouvante pour les nerfs… Pour nous, ce qui a été difficile à supporter, c’est de voir nos affaires mélangées sans précaution, et sans en comprendre la raison.

Il serait possible de vivre cette montée au camp de base sans trop de stress, en comprenant mieux cette réalité et en s’y adaptant.


La montée vers le camp de base
Cette montée au camp de base reste la partie la plus complexe de l'organisation d'une expédition à la Putha Hiunchuli, car elle impacte directement sur la qualité de l'acclimatation à un moment où nous sommes particulièrement fragile.


Depuis Kakot, l'itinéraire de la première journée pour rejoindre les alpage de Panzi.

La première flèche du bas de l'image indique le pont sur la Bharbung Khola. Puis le sentier rejoins un petit plateau cultivé en bas des pentes. il faut alors rejoindre une croupe boisée sur la droite (hors image) à proximité d'un col.
Tout en haut, un sentier très bien marqué traverse l'ensemble des pentes herbeuses. La première flèche bleue indique le col utilisé par les yacks qui redescendent de l'autre côté sur presque 200 m.
La deuxième flèche indique le deuxième col qui permet aux piétons ayant suivis la crête de basculer plus facilement sur Panzi en rejoignant l'itinéraire des yacks. C'est aussi l'une des prochaines photos avec Anne.
la troisième flèche indique la fin de la crête qui se transforme en une large croupe d'herbe. Il est aussi possible de rejoindre Panzi en continuant sur cette crête jusqu'à un autre col et en descendant directement sur l'alpage.


Depuis le col d'Annette, une image de l'autre versant de la crête avec l'itinéraire utilisé par les yacks.

Les yack remonte directement le fond du vallon qu'il ont atteins en traversant le premier col puis traversent horizontalement pour basculer dans le vallon suivant.
la flèche rouge du haut de l'image indique le dernier col qu'il faut franchir pour rejoindre les grandes pentes et les alpages versant Kag Khola.


Avec Anne, juste au dernier col qui permet de basculer sur l'itinéraire de Panzi.
L'objectif de la journée est atteint.
Nous connaissons les chemins d'accès au camp de base et nous avons passé une très belle journée en altitude.


Les deux jeunes yackmen qui étaient avec Temba nous ont rejoins en courant.
Un peu Wild les gaillards...
On voit bien la grande traversée des alpages et la descente finale sur la croupe boisée pour rejoindre les premiers champs cultivés


Avec le Guy, loin au dessus des alpages...


Pas de souci. Tout est dans la boite...


Un petit passage exposé qui conduit à la crête.
Le sentier est très bien tracé car c'est celui qu'utilise les villageois pour rejoindre leurs alpages de l'autre côté de la crête..


Catherine sur la crête, très haut au dessus du village. Tranquille...
Pour retrouver le village sans sortir la loupe, il faut prendre comme repère l'étendue plate en forme de croissant de l'autre côté de la rivière. C'est le lieu qui a été choisi pour reconstruire le nouveau village. Puis il faut descendre un peu la vallée en traversant un ruisseau, le village est callé directement sous la première falaise à l'ombre.


Une vue complète de la crête. Le chemin tricote d'un versant à l'autre, le plus souvent sur le fil.
Il est toujours très bien marqué et confortable.


Guy et Dominique, à la descente, sur les alpages de la crête.


A la montée, en descendant du deuxième col vers le camp des Allemands.



Un passage impressionnant et exposé juste après le camp des Allemands.
Le sentier se faufile entre des dalles escarpées. Les porteurs de Kakot sont passés en courant, par contre l'équipe de cuisine a un peu plus de mal. Notre honneur est sauf !!!


Un terrain escarpé avec juste quelques traces de sentier.
Gare au mauvais temps, car je n'ose imaginer la situation avec juste 15 à 20 cm de neige.
Plus c'est forcement la cata !



Je ferme la marche avec Guy.
Le camp de base n'est plus très loin, juste de l'autre côté de cet éperon.
Nous avons vraiment l'impression de nous enfoncer de plus en plus au coeur des montagnes.


Au retour : la grande traversée des alpages, le col est déjà un peu dans les nuages.


Le camps de base avec la grande tente mess SALEWA.
Un confort appréciable et indispensable mais que nous n'utiliserons seulement deux jours.



Le pesage des sacs.
Un élément important de "la progression douce".Objectif, pas plus de 12 kg pour cette 1ère montée en altitude.
Et c'est vraiment difficile... surtout pour certains !




Les "bandits de Kakot" avec Temba et Chhotemba... et notre peson fétiche et moderne.

Ce sont les dix porteurs qui resterons un jour de plus au camp de base pour transporter nos affaires jusqu'au camp 1.
Ils n'ont encore jamais dépassés le camp de base et sont particulièrement excités par l'aventure. Le lendemain, ils mettront moins de deux heures pour y déposer leurs charges !!!
Des charges toutes calibrées à 20 kg, et pour un salaire honorable... 700 roupies.
Pour nous, c'est une organisation optimale qui nous évite deux jours de portage sur un terrain peu confortable et très fatiguant, au plus mauvais moment de notre acclimatation.
Nous ne ferons donc pas d'aller et retour fastidieux sur les moraines de ce glacier noir, car nous monterons directement dormir à ce camp 1 en partant définitivement du camp de base.


Les deux guidos en goguette...


Maitre Néron Rimpotché, roi du GPS : Guy Perazio System


La tente mess, un endroit tranquille et confortable.


C'est pas mal la vie... Il est 8 h du matin et nous sommes prêt.


Du côté de l'équipe aussi, le départ se prépare...


...avec un petit déjeuné costaud.


Bon, il faut que je fasse mon sac. Y'a forcement des trucs en trop pour respecter la consigne...
"se dépouiller du superflu !


Un camp de base bien étrange ?


Ho la la, ce regard coquin...

 

Le Grand Voyage
1er mai
Un petit-déjeuner au soleil face à notre montagne clôture en beauté ce court séjour au camp de base.
C’est le grand départ ! Avec le sentiment étrange de larguer définitivement les amarres.
Nos sacs sont prêts, les tentes sont démontées et nous allons quitter ce lieu pour n’y revenir que dans dix jours.
Demain, l’équipe de cuisine descendra de son côté dans la vallée. Nous serons seul sur la montagne, grignotant chaque jour un peu plus d’altitude en direction du sommet.

Pour certain, cette échappée sans retour est perturbante, pour d'autres très exitante.


Une image vraiment surprenante. De notre camp de base, il ne reste plus que les toilettes !
Tout est rangé et l''équipe népalaise se prépare à descendre en vallée.
Nous quittons définitivement notre port d'attache pour n'y revenir que dans dix jours... une éternité ? ou seulement un instant ?



La rivière et le lac gelé seront les grandes surprises de notre accès à la montagne.
Ils nous offrirons un cheminement particulièrement agréable et facile.


Jean-René et Catherine...


Un peu plus loin, le terrain devient plus classique. Mais le cheminement restera malgré tout plutôt simple.
Et surtout, nous ne le ferons qu'une seule fois à la montée.
Un avantage inestimable de la progression continue... Plus d'aller retour fastidieux et éreintant.



Au retour, le jeu est un peu différent. Surtout que nous arrivons directement du camp 4.


Le camp 1, encore sur la terre ferme...



C'est du sérieux, la nourriture d'altitude.


Chez nous, c'est plus décontracte... mais avec Guy on préfère la copa plutôt que des lyophilisés !

 

Vers le sommet
À 5700 m, sur un éperon à deux pas du glacier, notre camp d’altitude est idéalement installé.
De la neige pour faire de l’eau, quelques dalles plates pour prendre le soleil, des drapeaux de prières pour la décoration. Nous avons respecté au mieux les recommandations du Professeur Jean Paul Richalet : la différence d’altitude entre nos deux camps ne dépasse pas les 300 m de dénivelée.
300 m, c’est vraiment pas beaucoup !
Que va dire François de cette étape ridicule. Les blagues fusent déjà… «  C’est un peu comme remonter La Verte des Houches ! »
Et c’est ainsi que ce camp 2 deviendra le camp des Houches.
Mais cela a rendu l’étape encore plus facile pour Dominique qui se remet lentement d’une diarrhée pénalisante.
Depuis notre départ du camp de base, la météo est d’une régularité affligeante : beau temps le matin, puis arrivée des cumulus en début d’après-midi et averses de neige pour le reste de la journée.
Nouvelle surprise. Notre progression douce nous permet de digérer facilement ces contretemps… L’après-midi est consacré à des siestes gigantesques et bienvenues.
Néron Rinpotché, alias Guy, est devenu un maître en la matière.
Notre réalité himalayenne : nous reposer, boire, discuter et raconter des conneries dans le confort de la tente.
Le temps passé à se reposer est très impressionnant, comme si le corps avait réellement besoin de ces temps de repos. Curieusement, cela ne perturbe pas notre capacité à (bien) dormir la nuit. C’est peut-être ce qui explique notre bonne acclimatation générale, car personne n’a (pour l’instant) de symptômes persistants de MAM, pas de mal de tête, pas de mal-être chronique.


Avec François, en fin d'après midi nous sommes parti faire un bout de trace en direction du camp 3.
Les mains dans les poches... ou presque.


le camp des Houches au petit matin. C'est le camp 2...


Avec Temba et Chho, nous avons le temps de discuter et d'organiser le lendemain.


Au dessus du camp des Houches.
Aujourd'hui, nous allons installer et faire un petit portage à notre camp 3. Le camp des Nénuphares...
Et surprise, nous ne sommes plus seul sur la montagne. Deux américains sont en train de nous rejoindre. Mais nous ne les croiserons pratiquement jamais, nos techniques de progression n'étant pas les mêmes.


Dans la combe qui rejoins le replat de l'arête du camp 3...
Il suffit de marcher. Tout doucement. C'est la suite de la Verte des Houches.



Chho la braisse... et Temba. Pour eux aussi le peson a été nécessaire pour calibrer le sac.
Avec interdiction absolue de porter une charge trop importante.
Comme nous, ils sont en route pour le sommet. Comme nous, ils souffrent de MAM et d' oeudème.
Et comme nous, ils peuvent en mourir !!!
Là aussi, les implications de la progression douce sont importantes, presque une révolution.


Agnès ouvre le chemin.
Faire la trace, être devant, partager les taches : cela participe aussi du plaisir d'être en montagne.
Ce "faire ensemble" qui m'enchante.


Dans les déserts d'altitude, il faut aussi se protéger du soleil...



Catherine & Guy. François et Dominique.
Ensemble et encordé... Une pratique très rare en Himalaya et sur les plus grands sommets.


De retour d'un petit aller retour du camp 2 au camp 3.


Agnès, dans le vent du camp 3.


Tout le monde se prépare pour partir du camp 3.
Pas de réveil aux aurores, nous avons le temps et il fait grand beau.


Agnès et Jean René, la cordée de choc au départ du camp 3. Il ne reste plus qu'une petite tente de dépot à ce camp.
Nous partons installer notre camp 4 et y dormir.
En arrière plan, le Kang Tokal.


Tous ensemble dans la grande tente, des instants trop rares.
Nous avons rangé l'apéro pour ne pas faire désordre.



Le plaisir d'écrire, même très haut...

Nous voici vers 6400 m à notre camp 4, le dernier avant le sommet.
L’installation des tentes a nécessité un travail de terrassement important, il n’y a pas vraiment de replat accueillant ici.
L’étape camp3/camp 4 a été classique d’une progression douce. Avant midi nous étions sur place et à 15 h tout le monde était confortablement installé. Mêmes les drapeaux de prières flottaient au vent !
Mais devinez qui occupe la place entre nos deux Dames de l’Himalaya ?
L’après-midi se déroule dans un calme agréable, il n’y a pas de vent et le soleil nous réchauffe par intermittence. La neige viendra plus tard. Nous avons aussi tous notre temps pour faire fondre de la neige et nous restaurer. Ce n’est même plus une corvée …
Demain, nous partirons tous ensemble vers le sommet. Les cordées s’organisent tranquillement, pas de stress.

La situation est exceptionnelle : nous sommes si bien ici, si haut que le regard se perd à l’horizon des montagnes bleutées du jour finissant.

 


Guy et Dominique en vue du camp 4. Nous commençons à être au-dessus des autres sommets du Dolpo.


Une vue différente et le sommet est encore bien loin...


L'installation du camp 4. "Faut que ça tienne..."


Au départ, le soleil vient juste d'éclairer nos tentes, c'est bon signe.


Dominique, prêt pour le départ et bien au chaud dans ma combinaison en duvet Triple Zero.
Joyeux anniversaire, Dom... même si c'était hier.


Partir doucement dans la lumière du petit matin... et simplement monter.

Une infinie patience…
Depuis ce camp 4 le sommet est tout proche, presque à portée de main. Pourtant il nous reste encore 880 m de dénivelée à parcourir.
Alors pourquoi faire un dernier saut de puce et installer un camp encore plus haut ?
Tous nos démons habituels resurgissent :
Toujours faire vite…
Ne pas prendre le temps de savourer cet instant unique d’être si haut, si près du ciel.
D’autres questions nous submergent.
Il nous faut réussir, alors pourquoi attendre un jour de plus.
Et si le mauvais temps survenait ?
Et si l’un de nous tombait malade ?
Il y a aussi l’effort de démonter les tentes puis de les remonter plus haut.
Partir de nouveau ailleurs, alors qu’ici nous sommes si bien installé !
Une infinie patience est nécessaire pour respecter ce déplacement lent que nous nous sommes imposé. Il faut se faire violence pour aller doucement et c’est difficile.
Presque contre-nature…
Nous ne ferons pas de camp supplémentaire.
Comme toutes les expéditions précédentes, nous partirons de ce camp à 6400 m pour une douloureuse et interminable journée de marche. Aucune difficulté technique, simplement une distance importante qui s’ajoute à l’altitude.

Maintenant, avec un peu de recul, je pense qu'un camp supplémentaire aurait été préférable, malgré la difficulté pour l'installer. Nous aurions encore mieux vécu et apprécié notre sommet.


Une petite halte au milieu de nul part.


Loin devant, Temba et Chhotemba font la trace. Puis les autres cordées se suivent tranquillement.
C'est une trace exceptionnelle pour des Sherpas, une véritable première : des lacets en zigzag très réguliers. Chapeau !!!
Un vrai plaisir à suivre malgré la distance importante.


Une image surprenante, notre cordée prise du haut !

Au sommet, forcemment.
Il manque juste François à notre photo de famille,
normal c'est lui qui est derrière l'appareil.

Etre ensemble au sommet
Tous ensemble
Un instant magique
Rare
Profondément exceptionnel.

Toute la journée, je cheminerais avec Catherine et Guy.
Nous cheminerons encordé et c’est ce qui nous permettra d’atteindre le sommet.
À contre courant de toute la pratique himalayenne actuelle, nous avons formé une véritable cordée. Nous avons troqué un individualiste forcené contre une vraie solidarité.
Ne souriez pas… Il n’est pas si facile de marcher encordé, d’être encordé ensemble … Quand l’autre ralenti ou au contraire veut accélérer, quand le petit-déjeuner ne passe pas et qu’Agnès se courbe en deux dans un hochet.
Avec Guy et Catherine, tous les trois, nous avons apprivoisé nos souffles, nous les avons accordés à nos pas, à notre rêve de sommet.
Ces instants difficiles sont les nôtres, ils seront gommés par l’arrivée au sommet où tout le monde nous attend.
Clic, clac. Tour d’horizon. Poignées de mains. Etreintes et embrassades. Larmes… un grand moment d’émotions.
L’objectif est atteint.
Mais lequel ?


Et un petit clin d'oeil à Arthur.
Doudou aussi est au sommet


Temba et Chho au sommet.


François, de retour du sommet. Content et soulagé... "Ouf, tout c'est bien passé".
Mais forcemment un peu fatigué, car l'ascension d'un 7000, même techniquement facile, n'est pas une mince affaire.
C'est malgré tout une aventure difficile et aléatoire.


Le lendemain, un autre matin lumineux.
"Tiens, c'est bizare... rien n'a bougé dans la tente d'à côté..."


Un réveil en douceur.
Profiter de l'instant, le faire durer le plus possible, comme un bonbon qui fond lentement dans la bouche.


Jean-René et Temba descendront les premiers.
Temba est fatigué ce matin : les efforts du sommet et surtout nous découvrons qu'il n'a rien mangé depuis 3 jours.
Le régime tsampa ne passe plus.
Il descendra sans plus attendre surveillé par Jean-René, et contre sa volonté d'aider au démontage du camp.
Une juste attention à nos compagnons népalais et la nécessité parfois d'être directif.


Notre descente sera express. Mais sans sacs monstrueux grâce à quelques subterfuges grobéliens.
Catherine, Guy et Dominique à l'arrivée à notre petite tente de dépot du camp 3.
La fatigue se fait sentir, mais ce soir nous serons au camp de base... les pieds sous la table pour fêter notre sommet.


C'est beaucoup plus simple comme cela... Les tentes et le matériel collectif seront transportés sans souci et sans trop d'efforts..


Bon ça marche... Il ne me reste plus qu'à m'encorder avec Chhotemba, et en avant...



D'autres sommets


Dans les cumulus d'un après-midi tourmenté, le ciel brusquement se déchire...
Et le Churen Himal apparait, merveilleusement inaccessible.


En montant au camp 4, cette arête prend une autre dimension.
Pas de doute... C'est une superbe voie d'ascension.


Le Kang Tokal au petit jour.
Et une petite séquence souvenir pour la première expédition française sur la Putha Hiunchuli à l'automne 1996. Une expé encadrée par Philippe Allibert et Jean-François Tripard, qui gravirons le Kang Tokal au retour de la Putha.
Jeff retournera d'ailleurs au sommet le lendemain avec deux vaillants grimpeurs !
Pour la petite histoire, Danièle & Olivier Fölmi étaient aussi du voyage, déja pour des photos, en visitant le Haut Dolpo et se faire caillasser par la population locale.
Welcome to Kakot !!!


Le même sommet, mais sous un angle différent.

Et voici le Peak Hawley...




La traversée des arêtes de Bionassay, mais à 6000 m... dixit François.


La flêche indique un petit point en train de montée vers un grand instant de bonheur.
De notre côté, nous quittons le camp de base pour rejoindre Kakot. François nous y rejoindra bien plus tard, au coeur de la nuit.

Galerie de portraits.


Les p'tits gars de la cuisine.
Notre style de progression leur aura beaucoup simplifié la vie. Plus besoin de se cailler pendant des jours au camp de base...
Merci la progression douce.








Chhotemba, monstre gentil mais monstre timide.
Nous avons bien essayé de le confier à Agnès, mais ça n'a pas marché ???


Agnès...


Dominique...


Arthur au retour...
"Damned, mais c'est mon papa-chéri qui m'a tchourave mon gel, je me demandais où il était passé"



Grande discussion sur le film.
Refaire le monde, notre occupation favorite de l'après-midi avec la sieste...


La tronche du Jean René...!


Le Guy, resplendissant après le sommet.
Alias Néron Rinpotché.



Jean-René et les drapeaux de prière que nous avons installé à chaques camps.
François adore ça... ?!


Miss Catherine, nous étions ensemble au Gyajikang. Et cette fois ensemble au sommet... trop top.


Temba et Chhotemba


Séquence délire de retour du sommet...
"Puisqu'on vous dit que le bon matériel c'est obligatoire... comme le pinard... "
Pour un clin d'oeil et nos remerciements à David & Martin d'ADIDAS



Néron Rinpotché et Jean René... "A table... c'est l'heure de l'apéro ! "


Tranches de vie durant l'après-midi... et petit casse-croûte pour garder le moral.
On est loin de l'image classique de la nourriture en expé.
C'est aussi tout l'intérêt de la progression douce... nous avons le temps de nous préparer de vrais repas et de n'être pas trop fatigués pour les apprécier.


C'est bizarre, François est souvent dans la tente des filles... qui d'ailleurs ne s'en plaignent pas !!!


Nos masques Adidas ne nous ont pratiquement pas quittés. Un confort indéniable quand il y a du vent.


Qu'il est fort ce François !!!
De mon côté, j'aimerais bien que SALEWA me fabrique des sacs de portage comme celui-ci, en un peu moins sofistiqués.
Cela faciliterait énormement notre organisation des charges.

Les cartes des lieux.
Comme souvent, il est préférable d'utiliser plusieurs types de carte.
Pour le trek et une vision d'ensemble :
la nouvelle "Upper et Lower DOLPA, chez Nepa Map au 1/125 000 qui utilise le nouveau fond finlandais.
"Round Dhaulagiri" de Shangri-La Map, aussi au 1/125 000 avec le nouveau fond finlandais. Très intéressante car elle montre bien les accès des deux versants.
Et pour les accro de carto, la série des cartes népalo-finlandaises.
DUNAI, 2882-04
CHHEDHUL GUMBA, 2883-01
GURJAKHANI-2883-05

Avec Guy, le roi du GPS, nous avons aussi prévu de préparer un tracé précis de l'itinéraire de montée au camp de base, d'après les données de son super GPS GARMIN.
A suivre donc car ça prends un peu de temps...


Les Miss, toute tranquille au camp de base. "Bon, c'est qui qui nous monte notre tente, ici c'est bien... ?"

Un déroulement quasi idéal
Tout a très bien fonctionné malgré beaucoup d'incertitudes et d'inconnus. Mais qu'il est agréable d'être à deux guides pour organiser et encadrer ce style d'aventure.
J'espère qu'un jour les futurs guides de haute montagne népalais (comme Chhotemba) me permettront aussi de vivre cette qualité d'encadrement professionnel.

J1…, Arrivée à Kathmandu
J2…, matinée à Kathmandu et vol Nepalganj
J3…, vol Juphal et trek pour Dunai, 2150 m
J4…, Trek Tarakot, Gan, 2370 m
J5…, Trek Musi Khola, 2875 m
J6…, Trek Kakot, 3252 m
J7…, repos à Kakot, 3252 m
J8…, départ pour le camp de base, camp « entre deux », 4160 m
J9…, German Base Camp, 4700 m
J10…, arrivée au camp de base, 4915 m
J11…, repos au camp de base, 4915 m
J12…, montée et nuit au camp 1, 5480 m
J13…, portage et installation du camp 2, nuit au camp 1, 5480 m
J14…, montée et nuit au camp 2 , 5750 m
J15…, portage et installation du camp 3, nuit au camp 2, 5750 m
J16…, montée et nuit au camp 3, 6085 m
J17…, montée et nuit au camp 4, 6360 m
J18…, sommet tous ensemble et nuit au camp 4, 6360 m
J19…, descente au camp de base, 4915 m
J20…, portage du camp 1 au camp de base pour certains, repos et nuit au camp de base, 4915 m
J21…, descente à Kakot, 3252 m
J22…, repos à Kakot
J23…, Trek Laisicap
J24…, Trek Dunai
J25…, Trek Juphal
J26…, vol Juphal/Nepalganj/Kathmandu
J27…, journée à Kathmandu
J28…, journée à Kathmandu
J29…, départ de Kathmandu
J30…, arrivée à Paris

Durant cette expé nous avons utilisé une méthode de progression douce, sans retour au camp de base.
Le résultat est bien au delà de nos espérances même si d'emblée notre objectif était d'être tous ensemble au sommet. Jean René et François ont filmé l'ensemble de l'ascension pour présenter un film sur cette "nouvelle" manière de faire. Il sera présenté dans le cadre de la semaine du film de montagne organisé par la Ville de Grenoble sous la houlette d'Yves Exbrayat, durant cet automne 2008.



La fin d'une expé ?


Ces informations vous ont aidées à construire votre prochain voyage ?
A votre retour, vous pouvez aussi les compléter, les modifier en m'envoyant vos remarques et commentaires par mail.
Merci d'avance.
Paulo

Et bien sûr, un dernier petit clin d'oeil à mes partenaires habituels

avec : Triple Zero pour les duvets et les lunettes Adidas

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Mais certainement pas la dernière... !

 

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