Au Spiti, randonnées et ascensions,
le Paralungbi et le Lama Kyent...

Automne 2005...

Encore en travaux !
Il manque des photos, et les infos pratiques, navré.



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Une page du site présentait ce projet... réalisé en août/septembre 2005.

 

l'équipe


Nous étions une équipe particulièrement légère. Seulement trois personnes, avec Mary & Michel, compagnons de multiple voyages...
Ici, au sommet du Lama Kyent, 1er 6000 pour Mary, Champagne !!!


Et puis il ne faudrait pas oublier toute l'équipe de Rimo Expéditions.
Une agence de Leh particulièrement efficace et peut être la seule à "bien" connaître ces contrées un peu lointaines.
Un grand merci à Yangdu et Modup...

Le compte rendu

Un jour, peu après le départ il faut poser les 1er mots d’un récit et construire enfin le fil conducteur d’un voyage,
un voyage forcement initiatique, comme la 1ere pierre d’un “chez soi” accueillant…

Cool, la vie !!!


Adossé a la réserve de fourrage qui sèche sur le toit de notre maison de village de Lalhung, bousculé par le vent qui fait claquer la multitude de couleurs des bannières tibétaines, j’ai maintenant l’impression que nous avons vraiment largués les amarres pour aborder “ la terre du milieu”, la mythique province du Spiti, entre Inde et Tibet.

En deux jours, nous sommes passés de la folie de la mégalopole indienne à la sérenite d’un village himalayen. Par la magie des frontières climatiques, en passant deux cols, le Rothang La et le Kumsung La, nous voici au delà de la mousson.

A Tabo, une oasis de verdure, les paysannes ramassent des champs entiers de petits pois ( les plus sucrés de l’Himalaya !), et un Lama nous fait visiter le monastère en révisant avec nous son Français chaotique et surréaliste…
De notre cote, nous avons bien du mal à reconnaître, Maitreya, Cakyamuni, Padmasambhava, Vairocana ou Avalokitecvara !
Heureusement, les visites de monastères vont se succéder, Tabo, Dankhar, Khi…pour notre plus grand plaisir.




A Lalhung, loin au dessus de la Spiti River, , les travaux des champs battent leurs pleins et les villageoises rassemblent des gerbes d’orge dorées sur les aires de battages.
Sur le toit de ma maison, je goûte infiniment ces instant, à être la, tout simplement.
Demain, nous rejoindrons toute notre équipe à Kibber : les horsmans qui sont venus à pied de Darsha avec leurs 11 chevaux, et le cuisinier népalais qui arrive directement de Leh en camion avec des fruits et des légumes pour 15 jours de trek et d’ascension.

 


Dans la descente, une ambiance unique...

 

Le col…
La journée s’annoncait belle et sereine …
Le col est déjà derrière nous, il fait grand beau et aujourd’hui c’est presque une journée de repos, il nous suffit de descendre tranquillement la vallée pour 3 h de marche dans le lit de la rivière qui s’est élargi en une promesse d’immensité.



Et pourtant rien ne se passera comme prévu !!!
A l’heure du thé, dans un camp pourtant confortable, nous savons que nous ne sommes pas dans la bonne vallée qui devrait nous conduire a notre camp de base et au pied du Paralungbi.
Nous pensions qu’il suffisait de descendre la vallée principale de la Pare Chu jusqu’à la prochaine confluence pour y installer le camp. Surprise, la vallée qui s’ouvre à notre droite est double et même triple… Quel embranchement choisir ?
Mul Dorje, le cuisinier népalais qui a accompagne l’équipe anglaise en 2001, ne se souvient de rien !
Sans carte avec simplement un descriptif un peu vague, nous sommes bel et bien perdus, sans trop savoir où se trouve notre montagne.
De plus, une 1ere vallée, non prévue au programme, s’est déjà invité à notre droite, à notre descente du col.
L’après-midi s’achève en reconnaissances multiples pour essayer de comprendre la topographie des lieux et pour décider de la suite du voyage.
Bonne nouvelle… aucune des deux vallées n’est la bonne. Par contre, une autre vallée s’ouvre 2 h en aval qui correspondrait un peu aux souvenirs de Dorje.
Nous verrons bien demain !

Deux jours plus tard, nous voici enfin au camp de base.
De beaux sommets glaciaires nous entourent, presque à portée de mains, mais où se cache notre Paralungbi ?
Nous relisons encore une fois le document des anglais, que nous connaissons d’ailleurs par cœur, sans plus de succès.
Le lendemain sera donc consacre a prendre contact avec les lieux :
Michel, Pema et Dorje, s’engagent dans la vallée de droite pour vérifier l’accès au camp d’altitude de 2001.
Mary, reste au camp pour soigner une des mules et pour se reposer.
De mon cote, je monte sur un belvédère juste au dessus du camp. Puis dans la foulée, je continue par l’arête pour rejoindre les grands sommets et traverser l’ensemble du cirque glaciaire. Une journée un peu plus longue que prévue, avec à la clef une belle traversée d’arête, mais toujours pas de Paralungbi en vue. Par contre, la vallée de Lingti, explorée par Harish Kapadia est bien de l’autre coté des montagnes.
Pour demain, il nous reste à décider dans quelle vallée nous allons poser notre camp d’altitude.
Toute l’équipe fonctionne bien maintenant, en moins de trois heures, notre camp d’altitude est installé. Nous voici en pleine montagne à plus de 5500 m.
Le terrain semblait un peu compliqué pour les mules et nous avons donc organisé un portage avec l’équipe.
Pas de doute, nous sommes bien au camp d’altitude des anglais, nous y avons même retrouvé des poubelles, avec une date de fabrication (mai 2003) sur un sachet de lyof !
Pour l’instant, le temps se couvre inexorablement et j’attends Michel et Mary dans le confort de ma petite tente. Puis pour faciliter notre prochaine ascension, j’ai envie de repérer un peu mieux la rimaye et de faire la trace pour atteindre le grand col au dessus du camp.


A l'arrivée au col, le passage difficile est maintenant derriere nous,plus de souci pour notre sommet..., ça va bien se passer !
Nous savons enfin que le Paralungbi est bien la grosse bosse de cailloux en arrière plan.
Et d'un commun accord avec Michel, nous décidons d'aller voir ailleurs... "on est pas venu si loin pour crapahuter dans des éboulis à la c...".
Demain, départ tranquille pour un très beau sommet de neige juste au dessus du camp, c’est certainement le Lama Kyent ou peut être le Paralungbi lui-même ! Ce sera le sommet de Mary, son 1er 6000 !



Dans la lumière du petit matin, sur ce glacier sans nom, au son cristallin des pénitents qui s’effondrent sous nos pas, notre cheminement avec Michel est des plus simple. Même plus haut dans la pente, la trace est maintenant profonde et la rimaye passe sans problème.



C’est la troisième fois que je remonte ce col, mais aujourd’hui il a une saveur particulière, Nous allons littéralement “basculer” de l’autre cote, vers un immense glacier qui s’écoule vers le Nord-Ouest, vers la vallée de la Pare Chu.
C’est, du moins, ce que nous espérons, comme nous espérons pouvoir rejoindre sans encombre le glacier en contre-bas. Nous avons une corde et une broche, nos crampons et une grande journée devant nous…
Arriverons-nous à rejoindre la vallée principale et le camp ou Mary et toute l’équipe nous attendent ce soir, forcement un peu tard ?
Durant cette 1ere montée, nous profitons sereinement de l’ambiance particulière de ces montagnes aux confins de l’Himalaya, tout semble si facile. Deux heures plus tard, après le passage du col, nous n’osons pas trop regarder les systèmes de barres que nous venons de descendre et qui nous ont permis de passer d’un glacier a l’autre.


En fait, nous pensions que la descente de la 1ère vallée glaciaire serait une simple formalité,
mais nous nous sommes vite retrouvé au milieu de vires d'éboulis entre des barres impressionnantes et bien loin du glacier ...


Avec beaucoup de chance, un peu de flair et d’expérience, nous sommes maintenant sur un grand glacier débonnaire et c’est le principal.
L’immense fleuve de glace me laissera le souvenir d’une déambulation décontractée en admirant, stupéfait, les innombrables sommets des alentours. Nous n’avions pas du tout imaginé une telle ambiance de haute montagne, et puis il y a tellement de courses a faire, à rêver sur de si belles montagnes.
Notre prochaine incertitude concerne la langue terminale du glacier, mais c’est surtout la traversée du torrent glaciaire qui nous laissera un souvenir cuisant et glacial.



Quelle galère, ces traversées de torrent à gué.
Une remarque d’Harish Kapadia lors de sa remontée de la Lingti River prend alors toute son importance.
“In the unknown trans-himalayan areas these river crossings are a challenging aspect of the trip, and assume as much importance as climbing a peak”, in a return to Lingti
Puis tout devient simple, en descendant la vallée nous retrouvons un camp de base et ces inévitable poubelles ! ( une véritable catastrophe dans toute la région), puis un bon sentier de mules. Comme prévu, nous rejoignons la Pare Chu Valley à notre 1er camp après le col. Nous sommes maintenant en terrain connu mais il est presque 5h du soir et il nous reste encore 3 ou 4 h de marche.
La journée sera longue et les dernières heures s’allongent encore au fur et à mesure que nos énergies diminuent inexorablement.
Qu’il est doux de s’installer enfin dans la tente mess, “Dinner is ready” !

 



Le Tso Moriri, dans sa grandeur, nous a accueilli royalement.

Tout a débuté à la sortie de la vallée, Mary nous a joué le rôle de la princesse en passant le gué tant redouté sur une mule, puis ce fut le plaisir d’un déjeuner sur l’herbe dans une oasis de verdure, d’un vert pomme que nous avions oublié depuis longtemps.

 


A l’heure de la digestion, sans fin nous avons traversé le Désert des Tartares, un horizon de cailloux désespérant de platitude agrémenté par le galop de quelques ânes sauvages du Tibet.
Nous marchions vers nul part quand, dans les brumes de chaleur une lueur bleutée est apparue sur notre droite.
“Un mirage…?” qui imperceptiblement a grandi au fil de nos pas, pour devenir cette étendue d’eau improbable au cœur du désert de pierre du Chang Tang.
De nouveau, la douceur de l’herbe nous a accueilli à Kyangdam, pour un camp somptueux.
Il est des lieux exceptionnels, à nul autres pareils et le Tso Moriri nous a laissé sans voix, assis sur ces berges, pour une longue contemplation.
Le lendemain, “Monsieur” s’est montré d’humeur changeante… après une petite étape sur son rivage pour encore s’imprégner de la magie des lieux, et à faire trempette dans une baignoire gigantesque à plus de 4500 m d’altitude, la douceur de cet après midi ne laissait en rien prévoir le vent et la pluie qui allaient bousculer nos tentes le soir venu.

Au petit matin, la neige descendra même jusqu’à mi-pente, il est temps de rentrer !!!


L'ambiance est grise et froide, un rien tristounette... heureusement, cet après midi nous seront à Leh !


Korzok, un bout du monde maintenant très accessible, avec des infrastructures touristiques très impressionantes..,
ça fait bizarre après plus de 3 semaines de solitude. Mais en plein été, le mélange des styles doit être caricatural.

Le voyage en image.

Entre Kibber et le col, une très belle randonnée.

La montée au col... une formalité !



Un grand sentier dans les éboulis... y'a du passage !

Le passage du col et la descente le long de la rivière :



Le versant Nord, côté Ladakh, est complètement différent du versant Spiti et vraiment glaciaire... très surprenant surtout avec des mules pour un col aussi important et très classique .


Petit déjeuner relax au premier camp après le col.
Avec Michel, mais bien plus tard, nous repasserons par là en venant de la vallée de gauche...


La descente n'est pas toujours descendante... le sentier remonte parfois à flanc, mais en restant toujours sur la même rive.


Nous sommes déjà bien bas dans la vallée.
Le col est tout au fond à plus de 3 jours de marche à la montée.
Nous savons maintenant que la vallée d'accès au Paralungbi, n'est pas celle qui part immédiatement sur la gauche, mais juste celle d'après !
vous arrivez à suivre ! ?

 


Plus nous descendons, plus la vallée s'elargit et plus la rivière prend ces aises, le passage du gué final n'en sera que plus simple.


Le dernier camp avant de traverser la rivière...

Notre escapade exploratoire avec Michel...


Depuis le sommet du Lama Kyent,
d'un côté, il y a le sommet du Paralungbi, et sa vallée qui débouche sur la Pare Chu à hauteur de notre 1ère exploration, "la fausse vallée" .


Et de l'autre, en direction du Spiti, il y a un grand glacier mystérieux... Mais où débouche-t-il ? Et comment le rejoindre...?


Une vue un peu plus précise des vires que nous avons empruntées. Et nous sommes très heureux d'être sur le glacier...


Nous voici sur le grand glacier du bas, tout au fond le col doit deboucher sur la vallée du Spiti...et les montagnes du fond sont splendides...
Mais la journée est loin d'être terminée !


Le bas du grand glacier, très facile à aborder. Nous trouverons un camp de base, avec eau courante et poubelle, à un quart d'heure plus bas.

 


Une autre vallée transversale avant de déboucher dans celle de la Pare Chu.
Il y a même un sentier qui conduit au glacier avec un camp de base en contrebas... mais quel est le nom de ces montagnes, mystère !

Un lac de toutes les couleurs...

Du côté du Mentok.


Juste au dessus de Korzok, le camp de base devrait être dans ces grands plats. Mais aussi certainement plusieurs voies d'ascension possible, des traversées et des enchainements...


Et peut être le Mentok II, le plus à gauche ?

L'équipe ...


Les muletiers, qui venaient de Dharcha.


Et toute l'équipe népalaise, les deux kitchen boys, le cuisinier, Mul Dorje, et Pema le guide de trekking. Tous de la région du Makalu.

 

 

Le topo
La traversée du col de Parang la.

Du côté de la technique.
Le camp de base.



La voie d'ascension.

 

Les cartes et les topos.

 

Bon voyage...
Paulo, novembre 2005


Ces informations vous ont aidées à construire votre prochain voyage ?
A votre retour, vous pouvez aussi les compléter, les modifier en m'envoyant vos remarques et commentaires par mail.
Merci d'avance.
Paulo

Et bien sûr, un dernier petit clin d'oeil à mes partenaires habituels

 

 

 

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