Partir en Expédition, c'est s'embarquer
vers une destination lointaine, c'est quitter les certitudes
de nos vies d'alpiniste, de nos vies d'ici . Il faut prendre
le temps d'explorer d'autres formes de pratique, prendre aussi
le temps de grandir avant d'aborder les géants de l'Himalaya...
Le choix du sommet, comme la constitution
d'une équipe solidaire sont les clefs les plus importantes
d'une expé. Et, l'adéquation entre les deux
n'est pas chose facile !
La connaissance la plus précise possible du sommet
envisagé et la nature de l'équipe constituée,
permettront de choisir le style d'ascension le plus adapté.
Et de ce choix découlera les moyens nécessaires
à rassembler.
Tout est possible, en fonction des compétences
techniques réunies dans le groupe, des choix d'étique
et des moyens financiers,... avec ou sans porteur d'altitude,
avec ou sans corde fixe, en technique alpine ou légère,
à deux, seul ou en groupe...
L'autonomie ou l'économie de
moyens à tout prix, ne me semble pas forcement un gage
de qualité et n'est pas possible ni souhaitable partout
et tout le temps. A chacun donc de faire
le bon choix.
Au Népal, il y a quatre sortes de sommets :
1) Les petites bosses :
qui parfois dépassent 5000 m. Ce sont de
superbes belvédères qui font la joie des randonneurs,
comme le Kala Patar, 5545 m, ou le Gokyo Ri, 5450 m, dans
le massif de l'Everest.
2) Les trekking peaks
:
au nombre de 18, dont l'ascension nécessite un permis.
Leur altitude est comprise entre 5587 m., pour le Mardi Himal,
et 6654 m. pour le Mera peak.
Ils sont gérés par la Népal Mountaineering
association, la NMA, une sorte de cousin himalayen de nos
Clubs Alpins. Les formalités et le coût des royalties
sont très limités.
3) Les sommets :
soumis à autorisation, du plus petit le Dhampus
6012 m. , au plus haut, Sagarmatha 8848 m. Ils sont directement
sous la responsabilité du Ministère du Tourisme
et de l'Aviation Civil du Népal.
- 22 ne sont autorisés que dans le cadre d'une expédition
mixte ( joint expédition ) comprenant au moins 3
membres népalais.
- 4 seront ouvert quand ils seront gravis par une expédition
népalaise et une joint expédition. ( c'est
pas très clair, mais c'est la formulation officielle
).
- 98 sommets sont autorisés sans restriction.
Attention , début 2002, la réglementation a
changée avec de nouveaux sommets ouverts... voir "la
liste complète".
Une idée du prix des royalties,... pour se faire peur.
| altitude
du sommet |
royalties
par expédition pour 7 grimpeurs maximum |
royalties par personne au delà
de 7 grimpeurs
|
|
+ de 8000 m
|
10 000 $
|
1 500 $
|
|
de 7501 m. à 8000 m.
|
4 000 $
|
500 $
|
|
de 7001 m. à 7500 m.
|
3 000 $
|
400 $
|
|
de 6501 m. à 7000 m.
|
2 000 $
|
300 $
|
|
- de 6500 m.
|
1 500 $
|
200 $
|
l'Everest est un cas à part avec un coût de royalties de
50 000 $ pour 7 personnes.
4) Tous les autres sommets sont interdits
Pour une première approche du monde de l'altitude,
la catégorie des trekking peaks est particulièrement adaptée,
quelque soit le niveau technique recherché. Bien sûr, les
haut sommets représentent une autre dimension , merveilleuse
et mythique, et beaucoup sont plus abordables qu'il n'y paraît.
Mais le coût des royalties et la complexité administrative
d'organisation sont des freins importants, peut être autant
que la pénurie d'informations.
Les pages " Topo d 'expé " de ce site, surtout si elles s'enrichissent
au fil des années de nouveaux sommets, sont autant d'invitations
aux voyages.
L'ENSA, et sa bibliothèque, comme le centre de documentation
du CAF sont aussi de vraies mines d'or.
Les trekking peaks du Népal :
Créés en 1978, ces " petits " sommets ont hérités d'un
nom particulièrement mal adapté à leurs réalitées. S'il sont
soumis à autorisation, cette contrainte à été simplifiée au
maximum et les coût de royalties sont très minimes. Ces royalties
alimentent d'ailleurs les caisses de la NMA, qui parmi bien
d'autres initiatives, met en place des formations aux métiers
de la montagne pour les népalais.
Les formalités sont simples, mais obligent à utiliser les
services d'une agence népalaise pour :
- le règlement de royalties , 350 $ pour 4 personnes, puis
40 $ en plus par personnes de 5 à 8, et enfin 25 $ par pers.
en plus de 9 à 12.
- l'engagement d'un " Sirdar ", ayant suivi les stages
de formation et enregistré à la MNA.
- les assurances pour toute l'équipe et pour les porteurs
d'altitude au dessus du camp de base.
- un compte rendu succinct au retour. L'autorisation est
valable un mois avec une extension possible de 15 jours.
Le temps d'ascension se calcule à partir du camp de base.
Elle est donnée pour un groupe jusqu'à 12 personnes.
Mais pour choisir un sommet, encore faut-il avoir un minimum
d'informations. Le livre de Bill O'Connor, " The trekking
peaks of Népal ", aux éditions The Crowood Press , reste la
référence incontournable.
Mais certaines informations sont peu précises, a vérifier,
surtout pour les sommets les moins classiques.
Voici des tableaux regroupant tous les sommets par difficulté,
avec le nombre de camp nécessaire au dessus du camp de base
:
| Nom
du sommet |
Altitude
|
région
|
difficulté
|
nbr
de camp |
| HIUNCHULI
|
6441 m.
|
Annapurna
|
D/TD |
2 ou 3 camps
|
| SINGU CHULI
|
6501 m.
|
Annapurna
|
D/TD |
2 camps
|
| PISANG |
6091 m.
|
Annapurna
|
PD/AD |
du CB |
| CHULU EST
|
6584 m.
|
Annapurna
|
PD |
du CB ou
1 camp |
| CHULU WEST
|
6419 m.
|
Annapurna
|
PD |
depuis le
CB |
| PARCHAMO
|
6187 m.
|
Rolwaling
|
F/PD |
du CB |
| RAMDUNG
|
5925 m.
|
Rolwaling
|
F |
du CB |
| IMJA TSE
|
6160 m.
|
Khumbu |
AD |
du CB ou
du CBA |
| LOBUCHE
|
6119 m.
|
Khumbu |
PD/AD |
1 ou 2 camps
|
| MERA PEAK
|
6654 m.
|
Khumbu |
F |
1 camp |
| KUSUM KANGURU
|
6367 m.
|
Khumbu |
D/TD |
2 camps
|
| KWANGDE
|
6011 m.
|
Khumbu |
AD/D |
1 ou 2 camps
|
| Nom
du sommet |
altitude |
région |
difficulté |
nbr
de camp |
| POKALDE
|
5806
m. |
Khumbu
|
PD
|
du
CB |
| KONGMA
TSE |
5849
m. |
Khumbu
|
PD
|
du
CB |
| NAYA
KANGA |
5844
m. |
Langtang
|
PD
|
du
CB |
| MARDI
HIMAL |
5587
m. |
Annapurna
|
F
|
du
CB |
| THARPU
CHULI |
5663
m. |
Annapurna
|
PD
|
du
CBA |
| PALDOR
PEAK |
5896
m. |
Ganesh
Himal |
PD
|
1
camp |
- Le nombre de camps nécessaires à l'ascension
est un élément important à prendre
en compte pour définir la complexité d'organisation.
- La région de localisation et le type de marche
d'approche, (fréquenté ou non, équiper
de lodges ou non), sont aussi des critères important
de cette complexité.
- Au delà des voies normales, qui sont souvent très
intéressantes dans leur niveau de difficulté,
les informations sur les autres voies ou sur les autres
versants de la montagne sont très limités.
Par exemple, qui connaît l'arête nord de l'Island
peak, une course d'arête somptueuse, sur le sommet
le plus fréquenté du Khumbu.
Que de chose encore à explorer...
Si vous avez des informations sur ces sommets, photos des
voies et texte d'explication, n'hésitez pas à
me contacter, pour enrichir cette première présentation
paulo.grobel@wanadoo.fr
Un article paru dans Vertical de janvier 99 :
"Pour une autre perception des trekking
peaks....." Paulo Grobel
"Automne 97, un retour du Népal très
classique, avec un passage obligé dans la salle de
transit de l'aérogare de Delhi. Une paire d'heures
à tuer au milieu de la nuit... Beaucoup de groupes
très différents et une ambiance décontractée.
Tout le monde rentre à la maison.
Les uns somnolent en vrac entre des fauteuils inconfortables,
d'autres discutent tranquillement accoudés à
un bar minable. Une phrase banale arrive à percer
ma somnolence.
"Un sommet nul, je te dis ! Tu te rends compte,
15 jours de marche d'approche pour tout juste un jour de
cramponnage ! ça vaut vraiment pas le coup ! ".
Pas de doute, il parle bien du Népal et plus
particulièrement de l'Island Peak. Son interlocuteur,
avec beaucoup de calme, tente de lui expliquer la différence
entre une marche d'approche dans les alpes et un trekking
au Népal, la complexité de la notion de trekking
peak. Mais comment peut-on se tromper à ce point
?
Alors que ce terme de trekking peak définit clairement
le type de sommet et l'activité. Des sommets faciles,
pas trop élevés, entre 5 500 et 6 500 m, que
l'on peut faire dans le cadre d'un trekking, sans formalité
excessive ni coût exorbitant. Et l'Island peak correspond
à cette définition."
Mais dans la réalité, tout est plus compliqué,
car sur les 18 sommets de la liste, très peu (moins
de la moitié), correspondent à cette définition
de sommet facile et accessible. Les autres sont généralement
trop difficiles et s'adressent plutôt à des alpinistes.
Et c'est carrément génial. C'est la porte ouverte
à une multitude d'aventures au cur des Himalayas.
C'est la possibilité de découvrir et d'apprivoiser
la haute altitude progressivement, à un prix raisonnable
et sans casse-tête administratif. Car tout est possible
sur ces petites montagnes, dans le style, en style alpin pur
et dur, léger et engagé, ou plus traditionnel
avec corde fixe et équipe de porteur d'altitude; dans
la taille du groupe, en solo, en couple, à deux ou
trois, en groupe important de potes ou d'un rassemblement
d'un club; dans le type d'alpinisme, séjour d'alpinisme,
enchaînement ou objectif unique; et dans la difficulté,
de la course très facile à l'ouverture d'itinéraire
grandiose.
Mais comment choisir le sommet de sa prochaine expédition,
quand on n'en connaît aucun ? Ou trouvez les informations
?
Dans votre revue préférée?, vous y trouverez
bien peu d'articles sur le sujet, et la partie information
pratique est souvent très réduite.
Dans les catalogues des grands T O ? Partout les mêmes
grands classiques, Island peak et Mera, plus rarement Naya
Kanga et Parchamo.
N'y a-t-il que ces seuls sommets fréquentables ?
Bien sûr que non, les possibilités de choix
d'un groupe d'alpinistes sont heureusement plus ouvertes que
celles d'une agence de voyage.
Comment choisir,
et surtout comment ne pas se tromper ?
Tout d'abord, la présentation des différents
sommets possibles vous aidera à choisir :
Khumbu Himal :
- Island Peak, (Imja Tse), 6 160 m : le
plus classique et le plus fréquenté, simple
d'approche et peu engagé, mais beaucoup plus difficile
qu'on ne le dit, AD neige. Souvent réalisé
dans le cadre d'un trekking au camp de base de l'Everest.
Une référence incontournable.
Son arête nord doit être superbe, D.
- Mera Peak, 6 654 m : le plus haut sommet,
course de neige facile (F) mais engagée, dans une
région sans lodge. Boucle possible en passant le
Mingbo La, mais très éprouvante pour l'équipe
locale.
- Lobuje East, 6 119 m : simple d'approche
et peu engagé, un très beau sommet principalement
en neige, PD jusqu'à l'antécime, AD+ jusqu'au
vrai sommet. Mériterait de devenir classique.
L'arête Est, en rocher, D, est une course d'envergure.
- Pokalde, 5 806 m : un sommet mineur,
éventuellement à combiner avec une autre ascension.
PD neige puis rocher.
- Kusum Kanguru, 6 367 m : le plus difficile
techniquement, TD ou plus, mais peu engagé et simple
d'approche.
- Kwangde, 6 011 m : un groupe de sommets
très intéressant aux multiples possibilités,
soit les faces nord très technique en face de Namche,
soit versant sud, dans une vallée complètement
isolée un alpinisme d'exploration avec plusieurs
voies possibles, AD et plus.
- Kongma Tse, 5 849 m : bof ?
Annapurna Himal :
- Pisang, 6 091 m : un beau sommet à
faire dans le cadre du tour des Annapurnas, PD+/AD neige,
peu engagé et simple d'accès.
- Chulu West, 6 419 m : le plus fréquenté
des Chulu, belle course de neige PD.
- Chulu East, 6 584 m : beau sommet, PD
neige, peu engagé. Il y a certainement d'autres possibilités
plus difficiles que les voies normales de ces deux sommets.
Encore un problème d'information.
- Mardi Himal, 5 587 m : un sommet min
uscule et facile, au pied du Machhapuchhare, en dehors des
sentiers battus donc assez engagé. Peut être
plus interessant qu'il n'y parait.
- Tharpu Chuli (Tent Peak), 5 663 m : un
très beau sommet, panorama somptueux au cur
du sanctuaire, injustement délaissé à
cause de son altitude modeste, 5 500 m., a faire dans le
cadre d'un trek à l'Annapurna Base Camp. Approche
simple et court, PD+ en neige, peu d'engagement. Idéal
comme sommet de trek.
- Singu chuli (Fluted Peak), 6 501 m :
le grand frère du Tharpu, mais la pointure au-dessus.
Un sommet d'alpinisme superbe, AD/D en neige, engagé.
Une belle aventure !
- Hiunchuli, 6 441 m : un sommet difficile
et engagé. Mais une montagne complexe, sans ligne
vraiment évidente et esthétique.
Rolwaling :
- Ramdung, 5 925 m : un beau sommet facile
en neige, pour découvrir la région. Engagement
important. L'archétype du sommet de trek.
- Parchamo, 6 187 m : accessible soit par
le Khumbu soit par la Rolwaling, sommet facile en neige,
peu engagé. Les deux sommets peuvent se combiner
pour une visite plus complète de la vallée
et un circuit en boucle.
Langtang Himal :
- Naya Kanga, 5 844 m : un beau sommet
en neige et glace (PD), peu engagé, idéal
dans le cadre d'un trek dans le Lamgtang. Les différent
cols permettant de traverser sur l'Helambu sont tous superbes
et de difficulté variée.
Ganesh Himal :
- Paldor Peak, 5 896 m : une région
isolée, plusieurs sommets possibles, des voies de
toutes difficultés, une arête au nom mythique,
the Tilman's ridge... et l'évocation de Ganesh, le
Dieu bienfaisant à tête d'éléphant.
Puis les questions indispensables : quelle est la taille
de votre groupe, les capacités réelles, l'expérience
et les motivations des uns et des autres, le temps disponible
et le budget que vous pouvez y consacrer ? Quel style d'ascension
aller vous adopter ? Qui est le leader et que peut-il se passer
en cas d'accident ?
Procurez-vous ensuite "The trekking peaks of
Népal" de Bill O'Connor, la bible des
trekking peak,(en anglais), et organisez une réunion
de préparation avec vos amis.
Si ça tourne au pugilat, si votre petit(e) ami(e)
confond le Népal et les Seychelles, ou si vous n'êtes
disponible qu'en juillet/août, il est encore temps de
changer de métier, de petit(e) ami(e) ou plus simplement
de projet.
Si vous avez réussi à échapper à
la facilité des grands classiques, l'aventure commence.
Mais pour mieux connaître ces trekking peak un petit
retour en arrière s'impose pour analyser la fréquentation
actuelle.
C'est la N.M.A., Nepal Mountaineering Association, qui gère
toutes les demandes de permis pour les trekking peaks. Elle
a publié des chiffres sur la fréquentation de
ces petits sommets, entre 1991 et 1996, sur le nombre de permis
délivrés et le nombre de grimpeurs. Mais, il
est très difficile d'avoir des informations plus précises,
bureaucratie oblige et peu d équipes renvoient leur
dossier de fin d'expédition. Ces chiffres sont éloquents,
car la hiérarchie entre les différents sommets
n'a pas changée depuis 1990. C'est toujours l'Island
peak qui est en tête !
En 96, sur les 3033 grimpeurs qui ont gravi l'un des 18 trekking
peaks autorisés, 1050 ont choisis l'Island Peak, soit
plus d'un tiers. Le deuxième sommet le plus fréquenté,
le Mera Peak, 6 476 m, (c'est aussi le plus haut), a reçu
la visite de moitié moins d'alpinistes, exactement
553. Le Lobuche, un autre beau sommet du Khumbu, mais qui
s'adresse plus à des alpinistes, seulement 150 personnes.
Le Singu chuli, beaucoup plus difficile n'a intéressé
que 55 grimpeurs. Mais parmi ceux-ci combien sont réellement
allé au sommet ? Quant au sommet le plus technique,
le Kusum Kanguru, 6 369 m., malgré la facilité
de son approche, (seulement deux jours depuis Lukhla), il
n'a été tenté que par 8 équipes,
soit 27 personnes. Le petit dernier de la liste, le Mardi
Himal, 5 555m., au pied du Machhapuchhare, lui, n'a vu passer
que deux groupes, soit 5 personnes.
Ce déséquilibre de fréquentation est
encore plus frappant quand on considère la localisation
géographique des trekking peaks. Bien sûr, l'écrasante
majorité a choisie le Khumbu, 1 982 personnes,
La vallée du Rolwaling,, en deuxième position,
est un cas à part, car un permit de sommet est l'unique
moyen de découvrir cette région très
protégé, à l'est du Khumbu. 513 personnes
pour le Ramdung, 5 925 m. et le Pachermo, 6 187 m..
Le massif des Annapurnas, la région la plus fréquentée
par les randonneurs attire paradoxalement peu d'alpinistes,
seulement 357 personnes pour 7 sommets différents.
Les vallées du Langtang et du Ganesh Himal, très
proche de Kathmandu, font vraiment figure de parent pauvre
avec respectivement, 126 personnes au Naya Kanga, 5 844 m.,
et 55 personnes au Paldor, 5 928 m.
Pourquoi tant de sommets sont-ils autorisés dans la
même région, 8 pour le Kumbhu et 7 pour l'Annapurna.
Pour mémoire, 2 pour le Rolwaling, et un seul pour
les autres, Langtang et Ganesh. On peut aussi s'étonner
du peu de régions différentes ouvertes aux alpinismes,
alors que le système des permis permet un contrôle
et une régulation précise du nombre de touristes
dans une vallée.
Pourquoi n'y a-t-il aucun sommet, à l'est, entre la
vallée de l'Arun et le Kangchendjunga, ou à
l'ouest, dans les régions du Kanjiroba, du Saipal,
ou même du Dhaulagiri
Problème stratégique, confiscation du pouvoir
par les ethnies les plus favorisées, mais aussi méconnaissance
totale du territoire nationale et absence de politique de
développement touristique...les raisons sont certainement
multiples, sans perdre de vue que le Népal reste aussi
l'un des pays les plus pauvres du monde.
S'il est pour nous difficile d'intervenir efficacement pour
changer un certain nombre de choses, par contre nous pouvons
investir différemment ces sommets proposés et
sortir un peu des sentiers trop fréquenté. L'alpinisme
d'expédition, celui de nos rêves d'enfant, est
plus abordable qu'il n'y parait...
Il faut simplement apprendre un autre milieu, une autre relation
avec les gens et la montagne. Prendre son temps, sans la dictature
de notre système métrique. Bien sûr, un
jour, il faudra aller plus haut, mais alors tout sera plus
simple.
Pour ma part, je pense vraiment que le développement
de l'himalaysme passe par une nouvelle fréquentation
de ces petits sommets. Pour cela il faut qu'un maximum d'information
circule, topos, photos, fiches techniques et road book, par
le biais de nos revues préférées.

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