Altitude & progression...
Une réflexion en cours.


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Le Shisapangma... lieu d'expérimentation. Y'a pire !

Sur les grands sommets himalayens, de 7000 à 8000, le style de progression le plus classiqueutilisé, reste majoritairement aujourd’hui la technique himalayenne : tous les camps sont installés par une équipe de porteurs d’altitude avec de multiples retours au camp de base.
Pourtant, il me semble que cette progression est génératrice de traumatismes importants, physiques et psychologiques, et qu’il est possible de proposer d’autres stratégies de progression en altitude.

Les problèmes posés par la technique himalayenne sont liés aux changements importants de lieux et à la lourdeur de l’ensemble.
En particulier :

  • La différence d’altitude est importante, 800 à 1000 m entre chaque camp, ce qui représente un effort long, coûteux en énergie, avec des difficultés de récupération à l’arrivée à la tente. On arrive fatigué, alors qu’il ne faudrait pas se fatiguer pour faciliter la vie en altitude et la qualité de nos séjours là-haut.
  • Avec souvent des difficultés pour s’alimenter et s’hydrater en cours de route.
  • Avec des changements important d’environnement qui peuvent provoquer un réel stress, par exemple : en passant du camp de base au camp I ou d’une phase de repos à un effort important.
  • Avec des temps d’attente au camp de base généralement confortable, pouvant provoquer une érosion de la motivation, et une tension dans les rapports humains.
  • Au camp de base, un éloignement de la montagne avec une difficulté à bien apprécier les conditions en altitude et l’impossibilité de profiter des périodes de temps instable ou moyen.
  • Des camps qui sont abandonnés durant quelques jours quand l’équipe descends au camp de base, avec parfois des surprises : dépôt de nourriture pillée par les corbeaux, squatter par d’autres alpinistes peu soignés ou bousculés par les intempéries.
  • Beaucoup de matériel à transporter, plusieurs jeux de tentes, nécessitant soit une équipe de porteurs d’altitude soit des efforts important et beaucoup plus de temps.
  • Un éparpillement des participants entre les différents camps, se qui peux poser des problèmes de gestion du groupe (sécurité, prise de décision, relations humaines).

Une autre forme de progression est possible, elle a déjà été utilisée avec succès à plusieurs reprises, en particulier au Shisapangma. Jean Pierre Bernard, un guide du Chablais à été le pionnier dans ce domaine.

Une logique d’économie et de lenteur pour laisser au corps le temps de s’accommoder à l’altitude dans toutes ces dimensions, tant physiologique que psychologique. L’idée est de vivre un voyage en altitude dans la durée, sereinement et avec le plus de plaisir possible. Un déplacement en douceur, tous ensemble, et en transportant le camp au fur et a mesure, sans retour au camp de base…
Les étapes entre chaque camp sont donc très courtes, environ 300 à 400 m de dénivelée, permettant de faire plusieurs aller/retour dans la journée.
Avec une attention particulière au matériel, à l’alimentation et à tout ce qui contribue à un réel « confort » en altitude.
Concrètement, cela revient à installer un camp supplémentaire entre deux camps classique. Et de consacrer au moins deux jours pour déménager d’un camp à l’autre. Ces journées pouvant être organisées avec deux aller/retour pour transporter le matériel nécessaire (avec des sacs pas trop lourds, environ 12 kg) ou un seul déplacement pour changer définitivement de lieux.

Paulo,
décembre 2006

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