Le Thansunjiti 6084 m, et le Jomson Himal 6335m.
Automne 2003...




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Voici le compte rendu et les informations sur les sommets du massif du Damodar, entre Manang, le Mustang et le Tibet, dans la Haute Vallée de Naar.

 

Voici le début de la vallée de la Dho Khola, aussi appelé Labse Khola, durant la 1ere journée de trek après Naar, et il nous faudra redescendre vers la rivière pour trouver un camp.
Nous ne le savons pas encore, mais nous allons gravir les deux sommets bien visibles... Celui de droite, c'est le Jomson Himal, 6335 m, et l'autre, "notre" petit Thansunjiti, 6084 m.

En introduction, voici le texte en alexandrins qu'Yves Exbrayat nous a fait la surprise de composer pour la présentation des photos du Jocelyn à La Maison de la Montagne, en février 2004. Un très beau cadeau !

"Une expédition organisée par Paulo
En matière de montagne c'est un peu le gros lot
tellement le plaisir d'explorer l'inconnu
est si fort qu'on en est pas encore revenus
après un vol extrême dans un coucou local
et un atterrissage géré tant bien que mal
Au Népal, tout au nord, à deux pas du Mustang
l'errance a démarré à partir de Manang
et puis la troupe en a bavé dans le Kang la
et a fait des trempettes dans la Lapse Kola
Hugues en slip kangourou affrontait la rivière
alors que Niels en forme sautait de pierre en pierre

Très lourdement chargés, kitchen-boys et porteurs
menaçaient de rentrer et d'aller voir ailleurs
si un trek plus classique plus peinard et plus doux
leur serait proposé la-bas à Katmandou
mais Babou le sirdar bien que terrorisé
les a tous convaincus que paulo maîtrisait
alors, tronche en biais et les frêres raccourci
Ratna, Migma, Becam et tous les autres aussi
ont repris leur ballot pour aller installer
un super camp de base au fond d'une vallée.

Dans le confort douillet des balajou hôtel
repos, repas, c'est bon même si on se les gèle
puis est venu le temps de titiller les cimes
Thansunjiti d'abord et Jomoson en prime
fini pâtes, riz, momo, et pizza kerosène
vive les lyophilisés et le manque d'oxygène
Tout le monde à 6000 malgré l'adversité
le Jocelyn qui peinait, le stephane qui pestait
et dans un bel élan de solidarité
Fred et Camille ensemble s'aidaient dans la montée.

l'aventure fut si belle qu'on n'a pas résisté
à faire une conférence pour vous la raconter
c'est jocelyn qui s'y colle mais on va l'épauler
pour vous faire partager la vie des lost vallées
et moi j'y reviendrai avant d'être trop agé
si mon Paulo veut bien s'encombrer d'un bagé
"

La préparation
Elle a été relativement simple et rapide..., nous nous sommes retrouvé un week end à La Grave pour faire connaissance et caler tous les détails de l'organisation.
Puis, après quelques échanges de mails, rendez-vous à Kathmandu...

Une page du site présentait l'ascension et le projet.

l'équipe
8 personnes, c’est déjà un vrai groupe, sans être trop nombreux, avec des expériences de montagne très variées et des personnes venant d’horizons très variés.
Avec aussi des femmes, pour apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes.


Frédérique Gaume, une montagnarde de la Y’haute et une volonté d’enfer. 1er grand voyage et 1ere expé … le choc total !
La voici au sommet du Jomsum Himal, ça décoiffe ...

Camille Jaquet, Baroudeuse et trekkeuse, pour une 1ere expérience de Népal et d’alpinisme lointain. Redoutable, quand elle se met en position de boxeuse !

En passant un petit pont, juste avant Ngawal, avant le Kang La...

Hugues de Varax, dangereux récidiviste des expés. Au moins 5 ou 6 aventures ensemble… Mais comment fait-il pour me supporter depuis tant d’années ?. Il fait aussi de très belles photos (voir l’article de l’Himlung dans le dernier Vertical).
Niels Martin, la cheville ouvrière des rencontres expé de La Grave. 1ere expé et 1er voyage au Népal. C’est quand même mieux de participer ?
Yves Exbrayat, Monsieur le Directeur de la Maison de la Montagne de Grenoble et double Summiter… ! Mazette… pas mal pour « Bagé » et une 1ere expé au Népal !

Jocelin Chavy, notre super photographe et compagnon de route du Singu Chuli, il y a déjà une éternité. Y’a pas photos, j’ai quand même fait quelques progrès… Non ?
La prochaine fois, il prendra une valise de Diamox et un Ratna, bien sûr !

En montant au Kang La... Tout va bien !

Stéphane Rouge, grand voyageur devant l’éternel, en route pour quatre mois en Asie et au Tibet. Ouf !
Et moi, plutôt Zen, en ce mois de novembre, de retour de l'expé au Tukuche et enthousiasmé par cette superbe aventure. Que cette région est belle et en plus, j’adore les plans «exploration». J’aurais du vivre un siècle plus tôt !

Le compte rendu
Comme c’est bizarre la notion de réussite…
Au ministère du tourisme népalais, pour le débriefing de fin d’expé, j’ai coché le mot "unsuccesfull".
Evidemment, nous n’avions pas réussi à atteindre le sommet de l’Amotsang, et pourtant que de réussites.
Versant montagne…, tout le monde a atteint le sommet du Thansunjiti (dont nous ignorions jusqu’à l’existence) et l’altitude 6000.
Puis certains ont réussi un sommet voisin de l’Amotsang, un peu plus technique, le Jomson Himal, 6335 m.
Versant trekking…, une petite équipe a exploré les alpages au dessus de Phu en inaugurant un superbe itinéraire par la « Very Lost Valley », pour relier Naar et Phu par le haut.
Nous avons aussi remonté toute la haute vallée de Naar, jusqu’au col du Teri La, l’ancienne route pour le Mustang.

Mais plus que tout, les instants vécus à Naar ou à Phu, ces deux villages exceptionnels, quasi hors du temps et du monde, représentent une expérience unique.

Mais comment expliquer aux fonctionnaires du ministère qu’il n’y a pas vraiment de différence entre l’un ou l’autre sommet et que tout l’intérêt de cette expédition résidait justement dans la notion d’exploration, de ne pas savoir et de découvrir un sommet et tout un massif. L’intérêt était de partir le plus loin possible des lieux connus, à la recherche d’un sommet dont nous ignorions tout, de la voie d’ascension et de sa difficulté, de ses accès et de la position du camp de base.
Un luxe rare, mais aussi beaucoup de questions que tous les participants ont accepté sereinement (ou presque !).
Car forcement nous étions seuls, immensément seuls, perdus dans un océan de sommets inconnus et sans noms.

La carte des lieux, une des plus précises actuellement disponible.

En ouvrant la page liée, je vous l'ai laissé avec une bonne définition pour pouvoir l'imprimer et l'utiliser.

Attention, par contre, elle est très lourde.

Au fil des jours…
Sous le regard de la grande stupa de Bodhanath, sur la terrasse de l’hôtel Padma, nous nous sommes retrouvés d’emblée plongés au cœur du Népal, dans toute sa dimension bouddhiste.
J’adore cette arrivée choc.
Etre directement immergé dans la ferveur locale, et vivre ainsi les différents rythmes du lieu… de la cohue silencieuse du petit matin, à l’ouverture des premières boutiques de souvenirs, jusqu’aux mille lumières des lampes à beurre, le soir venu.
Le lendemain est consacré aux derniers achats, aux formalités d’organisation et pour certains à une 1ere découverte de Kathmandu.
Le décalage d’un jour de notre vol pour Manang, nous permet d’improviser une randonnée au cœur des rizières et du travail des moissons, entre Dhulikel et Panauti, avec retour en bus local. Un tout autre Népal.
Puis le vol charter de Yeti Airlines a comblé toutes nos attentes.
C’est vraiment le vol de montagne le plus extraordinaire du Népal, et certains se souviendront longtemps de cet atterrissage tout au fond de la vallée de la Marsyandi.
Il est vraiment dommage que ce vol ne soit pas plus populaire parmi les trekkeurs et les alpinistes, et qu’une liaison régulière ne soit pas mise en place. Qu'en penses-tu Tsering Sherpa ?
Car, l’altitude d’arrivée n’est pas supérieure à celle de Lukla, mais par contre les nombreuses randonnées possibles dans les environs de Braga et de Manang permettent une acclimatation adaptée et très agréable, pour qui veut bien prendre le temps.
Nous avions décidé de rejoindre Naar directement par le col du Kang La, certes un peu haut perché, 5320 m, mais qui nous permettait de faire une véritable boucle très esthétique. Une bonne acclimatation était donc indispensable, et, avec l’expérience des années précédentes, tout s’est bien passé.

  • Le 1er jour : à 10 h à Hongde, après un thé népalais pour nous remettre de l’atterrissage un peu sport de notre petit avion, nous avons simplement remonté la vallée pendant 1h30, jusqu’à Braga, notre camp de base. Avec une « acclimatation passive » l’après midi.
  • Le 2eme jour : « acclimatation light », avec une ballade tranquille jusqu’à Manang, au Lac et à la Gompa de Braga. L’après midi, discussions à bâtons rompus sur l’hypoxie et l’acclimatation.
  • Le 3eme jour : « acclimatation active », avec une randonnée montante au Chiso Tal, au dessus de Braga. Le paysage est magnifique avec juste en face les grands sommets des Annapurnas. D’un petit col au dessus du lac, nous repérons un accès au camp de base des Chulus East et Fare East, par un sentier de yacks (une information utile pour d’autres aventures).
  • Le 4eme jour : « acclimatation light » le matin, « passive » l’après midi, C’est presque une journée de repos car le sentier est quasi à plat jusqu’au petit village de Chulu, puis monte un peu jusqu’au plateau de Ngawal. L’itinéraire est superbe et les villages un peu à l’écart sont typiques de cette région aride, protéger de la mousson par le Grand Himalaya. A Ngawal, nous retrouvons toute l’équipe pour camper près du village. Damned, Catherine nous a donné des « Fucking Balaju Hôtel » !!!
  • Le 5eme jour : « acclimatation active » le matin pour rejoindre le Hight Camp du Kang La, ( 28°40.521N 84°06.614E, 4446 m ), puis repos l’après midi. C’est notre 1ere nuit au dessus de 4000.
  • Le 6eme jour : nous arrivons à Naar, après avoir passé sans souci le Kang La. Ouf… Mais que c’est beau !
Deux vues de la montée au Kang La...
En cliquant sur les images vous pouvez aussi les agrandir.

A Naar, c’est la période du battage de l’orge et tous les villageois se retrouvent sur les aires de battage dans le haut du village. Comme nous restons deux jours sur place, nous sommes vite repérés et un peu adoptés… Camille va s’encanailler dans une fête sur le toit d’une maison, Jos s’en donne à cœur joie avec son appareil.
Le lendemain matin, changement de décor, il a neigé toute la nuit et tout est blanc…, ça tombe bien, car justement nous n’avions pas l’intention de bouger.
Puis, il nous faudra deux jours et demi pour rejoindre le camp de base, quelque part dans la haute vallée de la Dho Khola.

Un 1er sommet en vue, mais comment s'appelle-t-il ?
Et, faut-il remonter cette vallée étroite ?
Ambiance le long de la rivière...
Le jeu consiste a être sur la bonne rive sans se mouiller les pieds !
Loin au dessus de la rivière, "Bajé" durant la descente. C'est beaucoup plus facile quand on connait le chemin !

L’itinéraire commence par une descente « cash » vers la rivière, avec un très bon sentier jusqu’à un pont tout neuf. Puis, tout change, le sentier devient plus étroit et remonte franchement jusqu’aux chalets d’alpage de Chhubche (un très bel endroit).


Pas d’eau dans les environs et donc pas de « lunch place », il faut continuer.

Après bien des traversées, le sentier daigne enfin rejoindre la rivière. Stop, c’est le camp du soir près d’une kharka, que nous baptisons illico « Bouse camp » tellement il y a de bousses de yacks.
Les porteurs commencent à faire grise mine… mais où va-t-on ? Personne n’en sait rien !
L’étape suivante nous oblige a plusieurs bains de pieds dans l’eau froide, avec toujours beaucoup d’incertitudes sur le sentier à suivre. Faut-il longer la rivière ou passer plus haut sur les sentiers d’alpage.
C’est l’impro totale, nous nous amusons comme des petits fous mais les porteurs sont de plus en plus inquiets.
Le lendemain, la suite de l’itinéraire ne s’annonce pas du tout réjouissante avec de longues sections en traversée, loin au dessus de la rivière, avec un sentier enneigé et exposé.

C’est à notre tour d’être inquiet pour les porteurs en échafaudant mille solutions.
Mais tout se passe bien et nous voici arrivés au terme du voyage, un emplacement vierge qui sera notre camp de base.

Juste avant le camp de base... l'ambiance change tout a coup et la vallée s'ouvre largement. Nous sommes au bout du monde !

Dans la Haute Vallée de Naar et de la Dho Khola, nous voici enfin au camp de base, pas de trace de passage. C'est plutôt agréable !
A droite, c'est le Khumjungar 6759 m, le sommet principal du massif et accessible depuis ce camp de base. A gauche, en avant plan, c'est un sommet sans nom à 6130 m, il faudrait aller explorer l'autre face...

Le cadre est superbe, de l’herbe, la rivière juste à côté et de belles montagnes au fond de la vallée.
Le Horseman de Naar nous confirme le nom, c’est bien le Khumjungar, 6759 m, et le Teri La est juste au dessus.

Comme d’hab., journée de repos au camp de base, chacun s’installe au mieux et vaque à ses occupations. Le lendemain, je pars avec Migma faire un repérage dans la vallée juste en face pour essayer de choisir le bon sommet à gravir, pour nous. Certains montent au Teri La, 5595 m, pour voir le Mustang et d’autres se reposent.
Le soir tout se décide, nous irons vers le Jomson Himal (dommage pour le Khumjungar Himal, vraiment trop beau ! mais un peu plus complexe).
Avec en 1ere partie l’ascension d’un sommet sans nom d’environ 6000m. Ce sera le Thansunjiti, 6084 m, du nom de l’alpage au pied.
Un camp est installé à l’endroit repéré la veille, sans trop de difficulté grâce à l’aide d’une petite équipe de porteurs… nous sommes au cœur des montagnes et c’est superbe.
L’ascension du Thansunjiti ne nous pose pas trop de soucis. Bien sûr, il faut mettre un pied devant l’autre et 6084 mètres c’est quand même haut !!!


Une petite arête de neige en route vers le sommet... Un vrai plaisir d'alpinistes, cheminer en plein ciel...
Il fait beau et nous sommes au coeur des montagnes.


Quelques images de notre ascension du Thansunjiti, vous pouvez cliquer sur les vignettes pour les agrandir....

Mais l’intitulé de cette expé était bien « 1ere découverte de l’Himalaya » et le contrat est remplie puisque tout le monde est arrivé au sommet.

Fred nous a tous bluffé avec sa volonté d’acier alors quelle a vomis tripes et boyaux tout le long du chemin et à l’inverse Stéphane a juste eu besoin d’être motivé un peu au bon moment. Et « Bagé » est super content… déjà Summiter et en ayant fait la trace avec Jos et Niels.
A la descente, chacun ressent la fatigue et les effets de l’altitude a des degrés divers, c’est dur de voir qu’on est pas tous égaux devant une simple bosse !
Réveil en douceur le lendemain matin… Et maintenant, qu’est ce qu’on fait ?
Et voici un exercice de haute voltige en gestion de groupe et de projet.
Faire en sorte que chacun trouve son compte dans une organisation collective, alors que les motivations, la forme ou les capacités techniques et physiques sont à des antipodes.
Une bonne mise à plat, un peu de doigté et de bonne volonté, et vers midi tout est organisé.
Jos, Niels et Camille partiront avec « le Ratna » + un porteur "Ganja Man", pour un autre voyage, en autonomie. Découvrir la liaison avec les alpages de Phu, puis passer du temps chez l’habitant et descendre la vallée jusqu’à Koto, lieu du rendez-vous avec l’ensemble du groupe. Le topo de leur itinéraire est sur une page spéciale : " de Naar à Phu"

Fred, Stéphane, Hugues, Yves et moi, avec Migma, nous irons sur le Jomson Himal (6581m d’après les cartes Nepa Maps, mais 6335 sur les nouvelles cartes finlandaises !).
Le nom local serait Hoolong Himal.

Pour cela, nous déplacerons le camp d’altitude pour le mettre au col 5642 m. Puis, le sommet dans la poche, nous redescendrons au camp de base pour tout ranger et retourner à Naar puis à Koto.
Ainsi fut fait !!!
De notre côté, l’ascension du sommet a été une belle aventure. Une 1ere ascension diront certains, mais est-ce bien important dans une région où tous les sommets sont vierges ?
Nous avons passé une belle journée en altitude, à la rencontre de l’Amotsang que nous avons enfin reconnu, juste en face de nous. Que de sommets superbes dans ce massif du Damodar… et que de projets en perspective.
Le Jomson n’était pas à l’altitude indiqué, juste de la bonne difficulté entre PD et AD, un peu technique mais pas trop (mais fallait quand même pas se mettre une boite dans les pentes !)

Une petite série de l'ascension... vous pouvez cliquer sur les vignettes pour les agrandir....

Puis, la descente de la vallée c’est déroulée avec une relative facilitée. Tout le monde étaient en forme, aucun problème de santé. L’équipe népalaise était vraiment contente de quitter le camp de base !


Dzompa Lama
, de Naar.


Avec ces deux copines, elle descendait à Koto faire des courses en discutant tranquillement. Ce qui signifie 4 jours d'effort !
Une grande journée de descente, une journée pour faire le marché et retrouver des amis... puis deux jours pour remonter au village, lourdement chargées.
Et dans la vallée, un mode de vie très particulier, les enfants à Kathmandu, Besi Sahar ou Ngawal, dans des écoles plus performantes que celle du village... et le mari partit déjà depuis 4 ans dans un des pays du Golfe !!!


1ere bières pour Camille, Niels et Jocelyn, dans notre lodge habituel de Koto.
Le Ratna doit déjà être sous la douche !


Juste après Koto… toute les équipes se retrouvent.
1ere soirée en lodge et échanges d’expériences. Quel confort aussi !
La descente se poursuit par la 1ere partie du tour des Annapurnas. Les étapes sont plutôt cool car nous sommes en lodges tous les soirs. Après le trajet en bus, arrivée directe et tardive au cœur de Bhaktapur. Tout le staff de l’hôtel Badgaon Guest House nous attend.
De nouveau quel choc.
Une journée tranquille à Bhaktapur qui commence par un petit déjeuner à la terrasse sur le toit de l’hôtel, avec vue directe sur les temples. Il ne nous reste plus qu’à passer une fin d’après midi à Dwarika’s (une adresse somptueuse) pour le débriefing de l’expé et un super repas népalais.
Puis, c’est l’heure du retour, et pour moi un nouveau départ vers un autre Népal… celui de la jungle, des éléphants et des rhinocéros dans le Bardia National Park près de Nepalganj.

J1 17/10 Départ de Paris   J17 2/11 Thansunjiti
J2 18/10 Arrivée à Ktm   J18 3/11 C1 bis
J3 19/10 Ktm   J19 4/11 Jomson Himal
J4 20/10 Ktm, rando Panauti   J20 5/11 C1 bis
J5 21/10 Vol Manang, Braga   J21 6/11 CB/démontage
J6 22/10 Braga   J22 7/11 Chamda Kharka
J7 23/10 Braga, rando   J23 8/11 Naar
J8 24/10 Ngawal   J24 9/11 Thanchok
J9 25/10 Hight Camp   J25 10/11 Tal
J10 26/10 Kang La, Naar   J26 11/11 Germou
J11 27/10 Naar   J27 12/11 Bhulbhule
J12 28/10 Bandi Kharka   J28 13/11 Bus Ktm
J13 29/10 Lungnap   J29 14/11 Bhaktapur
J14 30/10 CB, Khamjungar   J30 15/11 départ Ktm
J15 31/10 CB, breack   J31 16/11 arrivée Paris
J16 1/11 C1        

Soit : 8 jours de voyage, 14 jours de trek, 2 jours de repos, 6 jours d'alpinisme.

Le topo
Accès au camp 1.
En 2003, nous avons fait d’abord un camp sur l’épaulement glaciaire près d’un petit lac (Hugues,SVP... les coordonnée GPS ???), puis nous l’avons déplacé pour l’installer directement au col, 5642 m.
C’est cet emplacement qu’il faut choisir comme camp d’altitude (Coordonnée GPS ?), pour pouvoir faire à partir du même lieu, à la fois le Thansunjiti et le Jomson Himal. Il y a de la place pour plusieurs tentes juste derrière le col.
Du camp de base, rester très longtemps rive droite de la vallée( + agréable, entre la moraine et le versant ), traverser la rivière venant du Khumjungar et passer un petit col entre les moraines pour rejoindre la vallée glaciaire issus du Chhib Himal.
Monter sur l’épaulement rive gauche (court éboulis un peu chiant), puis suivre cet épaulement jusqu’au bout (facile et agréable), avec une petite montée avant le lac. Le col est en vue, avec une 1ere partie de moraine puis en neige (pas de crevasse), avec une dernière pente en cailloux.
Environ 4 h du camp de base.

Pour le Thansunjiti, 6084 m.
Rien de plus simple… du col, remonter des pentes de neige jusqu’à l’arête (max. 35°) puis l’arête Nord jusqu’au sommet. Un parcours très esthétique, facile, avec une ou deux crevasses aisément contournables. Nous ne nous sommes pas encordés, et je n’ai utilisé que mes bâtons télescopiques (le piolet est resté sur le sac).
Cotations : II/F, en neige (en cotation Himalaya)


Une vue tranquille du sommet... nous allons parcourir l'arête de gauche. Ce glacier est aussi accessible en remontant une vallée depuis le camp de "Lungre" ( sur la carte ), une journée avant le camp de base.
Avec un camp d'altitude près d'un petit lac aux environs de 5300 m.

Pour le Jomson Himal 6335 m.
Du col suivre l’arête Sud de la pointe 6120, très facile et plutôt agréable (terre et éboulis) jusqu’à prendre pied sur le glacier. Si toute cette arête est en neige, c’est peut être aussi bien !
Continuer les pentes de neige jusqu’à la bosse 6120, ou traverser vers la gauche pour rejoindre l’arête Ouest, un peu plus loin (pente de neige, 40/45°).
Suivre cette arête, assez large et horizontale, contourner une bosse cornichée et crevassée, plutôt versant gauche et atteindre le sommet par des pentes de neige sans souci.
Cotation : III/PD, en neige (en cotation Himalaya)


En montant au Thansunjiti, juste en face le Jomson Himal. L'arête Sud, de "caillou" est sur la gauche du personnage. Sur l'arête de neige, la bosse du milieu corespond a un passage un peu crevassé.

Pour continuer l'exploration du sommet, il faudrait remonter la vallée très resserrée de la Jomson Khola, depuis Lungnap, en direction de deux lacs d'altitude. Il me semble que des voies sont possible sur de grands éperons soit sur le Jomson soit sur l'Amotsang. Mais se sont plutôt des voies techniques et délicates. D'autres sommets à droite de l'Amotsang, à 6015, 6100 et 6085 sont aussi très interessants et plus accessibles !

"De Naar à Phu", traversée par la very lost valley !
Une page spéciale est dédiée à cette superbe traversée, par Niels à la plume et le Jos derrière son appareil, le tout surveillé par Camille !


Et voici le vrai sommet de l'Amotsang Himal 6393 m, l'arête Ouest.
C 'est un très beau sommet... encore vierge !
L'Himlung est le sommet le plus à gauche de la photo.
Juste pour rire, comparez cette photo avec la carte initiale de la préparation !

Pour l'Amotsang 6393 m.
le vrai camp de base me semble plutôt être dans la Very Lost Valley, celle de la Lhoha Khola, avec un accès depuis Phu (c'est plus simple et il y a de vrais sentiers ).
Bien sûr, il existe une incertitude pour passer le verrou de la rivière, mais à l'automne cela ne devrait pas être insurmontable (quitte a se mouiller un peu les pieds !).
Puis, un camp d'altitude peut être installé en rive gauche du glacier près d'un petit lac ( environ 5650 m ).
De là, a vous de jouer !
Le jomson est facilement accessible, à priori PD max., et l'arête Ouest de l'Amotsang depuis le col à 6222 est de toute beauté, peut être un peu plus difficile, AD neige. A l'entrée de la vallée, le sommet à 6100 est aussi très beau, sans oublier le Pokarkan 6265 m, sur l'autre versant.

D’autres infos en vrac…
L'approche. Après plus de 5 séjours dans le coin, je pense que la meilleur approche consiste à utiliser l'avion de Kathmandu à Hungre, l'aéroport de Manang.
Puis, soit :

  • descendre à Koto en 2 jours cool, retrouver l'équipe et remonter la vallée de Naar & Phu, classiquement.
  • s'acclimater dans les environs de Manang pour passer le Kang La et descendre sur Naar.

Outre le dépaysement radical et garanti, ce vol permet de construire un itinéraire en boucle, sans être obligé de monter & redescendre la vallée de la Marsyandi.
L'idée de prendre l'avion au retour me séduit moins, car trop aléatoire. De plus...monter à pied les 1ere étapes du tour des Annapurnas n'apporte rien du point de vue de l'acclimatation et prend plus de temps.

A Braga, sur les 3 lodges en face de la Gompa…
le 1er (en montant) est le plus confortable et cosy, avec beaucoup de bois. Le “New Yack Hotel”.
Celui du milieu est une grande bâtisse sans âme. On peut l’oublier !
Le 3eme, « Himalayan Lodge » est le plus familiale et bordélique, mais suffisamment propre et confortable (Le grand père est Top !). C’est celui que je préfère et utilise.
Comme le 1er, c’est une bonne adresse.

A Khangsar, un village très calme et agréable pour une phase d’acclimatation vers le Col de Tilicho. Deux lodges sympas : «On Hight» et «Khangsar Guest House».

Bon voyage...

Dans ce n°43 de Vertical de mai 2004, un article de Jocelyn Chavy.
Les photos sont superbes...

Damodar Himal, Lost Valleys.

Vous pouvez également commander ce n° en appelant le 03 44 62 52 03 et sur www.glenatpresse.com


Ces informations vous ont aidées à construire votre expédition ?
A votre retour, vous pouvez aussi les compléter, les modifier en m'envoyant vos remarques et commentaires par mail.
Merci d'avance.
Paulo,

Bon voyage...

 

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