L'himlung Himal, 7 126 m., Népal


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En automne 2003, cette expé sera reconduite dans le cadre de Terres d'Aventure, avec comme guide Fabien Ibarra et comme agence népalaise Great Himalayan Adventure. Pour avoir plus d'infos, contactez directement Marc Lubin à Terres d'Aventure au 05 61 88 36 26 ou 05 34 31 72 63.

La préparation
Il y a longtemps que je souhaitais organiser une expé dans cette vallée mystérieuse de Naar et Phu qui avait été un peu dévoilée pour le Kang Guru grâce à Jean Pierre Frachon et Atalante. A partir de 96, j’ai cherché des informations sur les autres sommets de la vallée par des contacts avec l’équipe du CAF au Nemlung. Au début, le positionnement des sommets était vraiment imprécis avec des erreurs importantes de nom. La très belle réussite de l’expé du CAF Grenoble Oisans sur l’Himlung, a permis de clarifier tout cela, puis Jean Annequin et Ludovic Challeat ont complété l’exploration en réussissant le Ratna Chuli.
Enfin, pour 2002 tout est prêt, le sommet est présenté dans la brochure de Terres d’Aventure et sur le site « expé, mode d’emploi »…
Pour lire la présentation et la fiche technique initiale (cliquez sur le lien).

Mais, il restait encore beaucoup à découvrir, car l’ascension du CAF c’est déroulé au printemps avec un choix de logistique réduit (pas de sherpa d’altitude) et une durée importante au camp de base, (30 jours contre seulement 10 pour nous !!!). Le problème d’organisation et de gestion n’est vraiment pas le même.


Cette expé se voulait très accessible, idéale comme 1ere approche du monde de l’altitude et des 7000 à cause de son niveau technique a priori facile.
Pour cela, j’avais décidé d’augmenter la partie préparation en France avec un we prolongé dans les Alpes pour avoir le temps de bien aborder les aspects pratiques de l’organisation, mais aussi pour être ensemble en montagne et vivre la réalité d’un camp d’altitude sur neige.
Nous y avons donc consacré quatre jours sur le glacier de la Girose à La Grave. Quatre jours vraiment très intéressants et riches, avec en particulier des couchers de soleil somptueux.
Une très bonne idée qui a permit au groupe de se connaître avant le départ et de mieux fonctionner.
Bien évidemment, c’est aussi un effort supplémentaire demandé aux participants qui bouscule les habitudes consuméristes (surtout dans le cadre d’une grande agence !).


Sur le glacier de la Girose avec les nouvelles tentes Ferrino.


L'équipe
Elle est particulièrement hétérogène tant par l’expérience de l’altitude et des voyages que pour la technique en alpinisme. Mais cela ne posera pas de problème particulier, grâce à la préparation importante et une logistique Béton, spécial Terdav.
Nous sommes donc un groupe de 10 personnes avec 4 sherpas d’altitude.
Il y a Juliette, chouchoutée comme la seule Dame de l’expé, mais terrassé par une grosse fièvre persistante au mauvais moment.
Frédéric, passionné de volcans et de randonnée dont c’est la 1ere expé. (son site vaut le détour, http://rando.auvergne.free.fr)
Brice, « vieux » routard de l’altitude avec un passage au Shisha et une gestion de l’effort au top !
Richard, avec une énergie à revendre, très motivé par un plan CB/sommet, puis par C2 /sommet mais très heureux d’arrivé enfin au sommet depuis C4 ! Superbe en train de dessiner adossé à un mur entouré de gamins éblouis et silencieux.
Pierre, le « doc » et compagnon de Juliette, de retour d’un an au Népal comme médecin de l’ambassade de France. La 1ere grosse expé, beaucoup de chose a découvrir et a apprendre, débordant d’ enthousiasme avec le sommet comme récompense.
Jean Paul aussi solide que discret, pour une 1ere expérience du Népal et des expés.
Hugues, de retour à Phu après le Kang Guru. Beaucoup d’effort pour arriver au petit sommet entre C3 et C4, à cause d’une angine particulièrement tenace et impressionnante. Il toussait même plus que moi !
Pierre Yves, qui a fait le maximum malgré l’handicap de l’âge. L’effort à fournir était vraiment trop important.
Greg, une grosse expérience issue de beaucoup de succès ensemble dans les Andes et en Himalaya, avec une bonne gestion du temps et de la vie en altitude.
Et bien sûr, l’équipe de sherpas d’altitude :

Ram, notre super Sirdar lors de la Puja, c'est la fête !

Ram Kumar,
le Sirdar, hyper pro et compagnon de route du Dhaula.
Phurba, toujours un peu brut de décoffrage mais avec une vraie connivence issue de plus de 4 expés ensemble,
Nima de Thame, encore plus costaud que discret,
et Gyalzen, trop secret mais très présent pour le dernier round capital.


Le compte-rendu
Dès l’arrivée, le ton est donné… nous serons efficace.
Je passe directement de l’avion au ministère du tourisme pour les dernières formalités et dès le lendemain nous sommes à Besi Sahar avec armes et bagages et une équipe de plus de 50 porteurs !!! En avant …

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Koto, la bifurcation vers la vallée... Une vraie vallée étroite et sauvage. Daramshala, un abri pour les porteurs et les locaux. 1h30 avant Meta. A Meta, la vallée souvre enfin. En face, le sentier pour Naar.


Autant la 1ere partie du trek en lodge jusqu’à Koto a été simple et sereine permettant à toute l’équipe de prendre son rythme de croisière. Autant la montée vers Phu et la journée au village font partie des moments fantastiques de cette expé !
La journée de repos à Phu ( initialement pour l’acclimatation !) a été d’une intensité et d’une richesse exceptionnelles.

 

Un village extraordinaire qui vaut à lui seul le voyage.
Et, je ne rêve que d'une chose, y revenir et y rester quelques jours.
Qu'en penses-tu Jean Pierre ? (Frachon, ndlr)

C'est un peu le projet de l'Amotsang de cette automne 2002...


L’installation du camp de base ne pose pas de soucis, l’équipe est au point sous la direction du cook, l’adorable « Missieu » Tula.
Catastrophe, Juliette souffre le martyr sur son cheval pour montée au camp de base. Faut-il organiser une évacuation élico !


Camp de base, les choses sérieuses commencent… pour continuer, il faut suivre le fil de la moraine juste en face du camp.


1ere étape, tout le monde donnent un coup de main pour acheminer le matériel au C1...
Grosse surprise, cette année il y a énormément de neige.

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Une vue depuis notre camp 1sur le lac où je suggère de mettre le nouveau camp de base.
C'est un petit lac, à 2 pas du glacier.
Et l'inverse... Une image prise depuis le petit lac en direction du camp 1 de cette année. Sur un replat de caillou, juste au niveau du plat du glacier...
Notre camp 1.


Au départ le 1er jour au dessus de notre camp , mais où est le camp II ?


Une petite équipe de pointe se met en place, Richard, Pierre, Jean Paul et moi, avec Phurba et Nima.
Mais par où passer pour rejoindre le camp 2 dans cette zone de séracs.

Il y a tellement de neige que je sors la pelle pour faire le trace dans un petit ressaut, plus loin Nima joue au bulldozer pour installer 50 m de corde fixe.

 


En partant installer le camp 2, la trace est très profonde et il a fallut trouver le bon passage...


Le camp 2 est installé à un grand col avec des crevasses gigantesque. La vue est splendide, mais le temps est toujours couvert l’après midi avec de petites chutes de neige.
Du camp 2 au camp 3 la trace se fait en raquette…
« Faut voir Phurba pour la 1ere fois raquettes aux pieds !!!»
.

J’ai beaucoup de travail de formation avec les Sherpas pour leur expliquer la manière de faire une belle trace agréable et facile à suivre. Car pour un sherpa une trace c’est généralement « to dré dans le pentu », logique… c’est le plus court !
La neige est très profonde et la trace est souvent exténuante. Les raquettes font merveille.
« Tiens, un petit craquement et une fissure qui apparaît loin au-dessus !!!, les problèmes d’avalanches existent aussi en Himalaya, et les strates fragiles sont ici gigantesques. »

Au camp 3, nous découvrons la suite de l’arête et la pyramide du sommet, joli morceau.
La vue est merveilleuse et le camp idéalement situé.
Nous voici proche du sommet et le temps passe inexorablement.
La fatigue commence aussi à se faire sentir, Pierre et Richard sont depuis plus de 5 jours avec moi en altitude.
Dans les camps inférieurs, tout le monde est en marche, les contacts radios permettent de conseiller et d’encourager les uns et les autres.
Chacun a choisi un déroulement avec des étapes personnelles. Greg, nous rejoindra directement au C3, Brice, Jean Paul et Hugues, avec un jour de décalage.
Pour la 1ere tentative, j’ai reconnu le début de l’itinéraire depuis le petit sommet et nous partons de bonnes heures, Richard, Pierre, Greg et moi, avec Phurba et Nima.


Avant d'arriver à notre camp 4, l'étape du jour n'est pas très longue, mais au retour... ça monte !


L’arête est légèrement descendante jusqu’au col puis se redresse en de grandes pentes jusqu’au sommet. Les pentes de neige de l’arête sont un peu raides et nécessite une bonne aisance en cramponnage. Plus haut la neige est vraiment très/trop profonde, tout le monde a un peu froid au pied et reste très attentif. Mais le sommet se couvre déjà de brumes et notre progression et particulièrement pénible. Qu’il est difficile de faire demi-tour et surtout de le faire comprendre et accepter, quand on est à – de 300 m du sommet après autant d’efforts. Le retour sera particulièrement difficile avec en particulier une lente remonter de l’arête pour repasser la petite pointe.


Une vue plongeante sur l'arête entre le camp 2 et 3... un itinéraire exceptionnel !


Au camp 3, heureusement, Fred prend en charge Richard et Pierre exténués. Retour à la case départ…, pas si facile à gérer cet Himlung !
Je change donc de stratégie en déplaçant le point de départ, et en installant un camp 4 juste au pied de l’arête terminale, la distance et la dénivelée seront ainsi moins importantes. Séance de motivation au petit matin, car il nous faut repartir et installer le camp avec Gyalzen. Pendant ce temps, Nima et Phurba sont déjà en train d’organiser la descente.

Au camp 4, les tentes sont grandes et confortables, le sommet semble beaucoup plus proche. Jean Paul est un peu malade et fatigué, (normal, il vient du camp de base en deux jours !). Le lendemain, Fred ne partira pas, panne de motivation et je n’ai pas réussi à être assez présent pour le rassurer et l’encourager, dommage. Par contre, il prendra en charge Jean Paul pour revenir au Camp 3 (chapeau et merci encore !). Nous voici en route pour le sommet, il y a Pierre, Richard, Greg, Brice et moi. La montée ne pose pas de problèmes particuliers, nous sommes en terrain connu et nous arrivons quasi ensemble au sommet avec un spectacle époustouflant sur le Manaslu. (Pas de doute, j’irais là-bas un jour !).


En direction du Manaslu, avec aussi beaucoup de sommets inconnus... pas de doute, il faisait beau ce jour là...


Au retour, nous décidons de redormir au camp 4, la fatigue est bien réelle et la remontée au camp 3 loin d’être anodine.. Le lendemain nous descendrons directement au camp de base en démontant tous les camps avec une aide fantastique de toute l’équipe. Même l’équipe de cuisine vient à notre rencontre, pour nous offrir du thé et nous décharger de nos sacs. Pour certains d’entre nous, cela représente 10 jours en altitude, une véritable tranche de vie et des efforts vraiment important.
Voici le schéma de cette ascension !


Thula, le cuisinier, viens à notre rencontre en tong avec la bouilloire de thé... Rham, le sirdar, et Phurba sont content, ce soir tous le monde se retrouvera au camp de base.


L’ascension est terminée
, il nous faut maintenant réapprendre à vivre ensemble, avec les échecs et les succès des uns et des autres.
Mais déjà, les villageois de Phu sont là, arrivant en petits groupes avec leurs chevaux…, le camp de base se démonte, tout est rangé, chargé. Et voici Phu, village exceptionnel.
Une grande séance de débriefing de tout le vécu accumulé en ces 10 jours est salutaire, le trek de retour peut commencer.
Le lendemain matin, pour charger les affaires, la pagaille est désopilante. Il y a beaucoup de monde au camp, tous les chevaux et leurs propriétaires bien sûr, mais aussi femmes et enfants, ça discutent, crient, palabrent, et 3 h plus tard, enfin, Ram peut se détendre un peu… tous les bagages seront ce soir à Meta !

Puis le trek de retour se déroule sans soucis jusqu’à Besi Sahar, pour retrouver Kathmandu et le jardin du Shanker.

Mon avis personnel sur le déroulement de cette expé et ce que j’ai appris...
Bien que relativement facile techniquement, cette expé c’est avéré très difficile à encadrer et m’a nécessité une énergie très importante pour enfin réussir le sommet.
Quatre camps pour un 7000 facile, c’est pas banal et c’est aussi le nombre de camps pour l’Everest ! Mais aussi, le manque d’infos adaptées à la saison, et les conditions d’enneigement particulièrement abondant cette année nous ont beaucoup complexifié la tache.
Bien sûr, je regrette que Jean Paul et Fred se soient arrêté si près du but. Mais c’est aussi toute la difficulté de la gestion de l’effort personnel pour rester motiver jusqu’au bout, imperméable aux situations difficiles moralement.
En tant que chef d’expé, j’ai également mesuré toute la complexité de ma tache.
Comment être, à la fois :

  • devant pour choisir l’itinéraire et les emplacement de camp
    Souvent faire la trace
  • Diriger l’équipe de sherpas mais aussi les conseiller en leur apportant une formation minimale.
  • Motiver la petite équipe de pointe, tout en ayant également un rôle de formateur (en rendant visible les problèmes à résoudre et les choix, en donnant les raisons de certaines prises de décision).
  • M’économiser pour rester lucide et avoir suffisamment de recul pour prendre les justes décisions, avec les participants.
  • Tout en restant en contact avec le reste du groupe, en organisant leur progression, et en les soutenant dans leur ascension.
  • Avoir une présence à la fois pour l’ensemble du groupe, mais aussi très individualisée pour chaque personne.

 

Bien évidemment, c’est trop pour une seule personne, et cette année, le manque d’autonomie des sherpas sur l’itinéraire, m’a obligé à être en 1ere ligne, au détriment du reste du groupe. Situation rendue encore plus difficile par la durée limitée du temps disponible pour l’ascension.
Mais aussi, mon positionnement en tant que formateur (pour le petit groupe qui avait exprimé ce souhait d’autonomie ) m’a rendu peu disponible pour soutenir efficacement les personnes ayant simplement besoin d’être accompagné. Il n’est pas facile de passer d’un rôle à l’autre, de modifier la tonalité ou le contenu du message ou d’un comportement.
Pour ce type d’expédition avec un groupe déjà important, je pense qu’un deuxième guide permettrait de résoudre une grande partie de ces problèmes. Mais forcement d’autres problèmes apparaîtront, car le travail en équipe ne s’improvise pas surtout entre deux personnes formatées au leadership unique comme le sont les guides de haute montagne.
Pour ma part, je vais m’orienter plutôt vers la constitution d’une équipe mixte, avec des sherpas que je connais et que j’apprécie, pour les accompagner vers une vraie compétence de guide « à l’européenne ».


Le topo
L’Himlung Himal est un sommet très abordable techniquement, mais relativement engagée à cause de l’arête assez longue au-dessus de 6000m., avec une redescente vers le dernier camp III.

Une gestion des camps optimiser peut en faire une grande et belle aventure avec des chances de réussite importante (et à priori supérieur à celle du Kang Guru ou du Ratna).
Il est d’ailleurs conseillé de faire un camp de base le plus près possible du glacier pour réduire la durée et le nombre de camps nécessaire…, concrètement très près d'un petit lac.

Dont voici une vue du dessus... Il y a de l'eau à profusion et l'altitude est proche des 4850 m (à vérifier).


C’est donc un sommet réservé à des amateurs ayant déjà une bonne expérience de l’Himalaya et des grands sommets (c’est ce qui est dit par le grade d’engagement élevé, V). Bien acclimaté, c’est un superbe objectif à tenter en technique alpine !!!
Dans le cadre, d’une expédition encadrée, la gestion de l’ascension demande, pour le guide, une bonne expérience de ce type d’entreprise. Pour les participants/clients, une très bonne forme physique est obligatoire ainsi qu’une réelle aisance et autonomie dans des pentes à 35/40° en neige.
L’ascension de la voie normale, peut être cotée V/F+, en neige (en cotation Himalaya).

    • La marche d’approche…
      L’idéal, pour moi, reste le vol direct depuis Kathmandu pour l’aérodrome de Manang, (Humde).
      Cela permet :
      1. De faire une vraie boucle, sans l’aller/retour Besi Sahar/Koto.
      2. L’acclimatation commence directement dans les bonnes altitudes, mais attention au découpage des premières étapes.
      3. Le passage du Kang La, bien qu’élevé, se passe relativement facilement (avec un camp d’altitude au-dessus de Ngawal) et permet d’accéder à Naar, ce qui est forcement un grand moment.
      4. Depuis Naar, il est possible d’atteindre Phu par le haut, ce qui complète encore l’acclimatation.

    • Cela nécessite une très bonne agence capable de gérer l’acheminement des bagages d’expé vers Phu, d’affréter un avion et de prévoir une équipe légère de cuisine à partir de Ngawal. Cette solution n’est possible que pour un groupe important, avec un départ après la 1ere semaine d’octobre.
      (Plus tôt en saison l'aérodrome d'Humde est encore fermé !)
      Bien sûr, il est également possible de descendre de Humde, avec un point de rendez-vous avec l’équipe à Koto, ce qui limite l’aller/retour à une seule journée et diminue les contraintes et les aléas d’organisation…,
      et bien sûr, le plus classique en débutant par les 1ères étapes du tour des Annapurnas depuis Besi Sahar.

    • Depuis Koto, 2530 m, Phu, 3900 m, s’atteint en deux jours et demi. La 1ere étape pour Meta, 3450/3500 m, nécessite un départ matinal surtout pour l’équipe népalaise (il est plus simple de dormir en lodge à Koto). Il existe une maison en bon état environ 1h30 avant Meta, Dharamsala, 3150 m mais la place pour camper est limitée et donc difficile avec plusieurs groupes.
      De Meta à Kayang 3750m., l’étape est normale, simple et vraiment belle. Kayang/Phu correspond à une bonne demi-journée, avec une arrivée exceptionnelle dans le haut de la vallée et au village. Le sentier est parfois impressionnant car taillé dans la falaise au-dessus de la rivière, mais jamais vraiment délicat ou dangereux.
      Kayang est un village d’hiver, avec des champs cultivés et beaucoup de place pour camper.
      Une journée de repos à Phu est vivement conseillée déjà pour l’acclimatation, mais aussi pour simplement visiter le village et le monastère, monter sur les hauteurs au-dessus de Phu, ou se reposer.


    • L’accès au camp de base... et aux camps d'altitude.
      Il faut bien sûr, faire une différence entre les saisons, avant ou après la mousson. Voici notre expérience de l’automne 2002 :

    • De Phu, traverser la rivière et suivre le sentier rive gauche qui remonte l’ancienne moraine frontale du glacier de Pang. Le sentier, traverse le sommet de cette moraine, (gros blocs et passages chaotiques), pour rejoindre un grand vallon de la rive droite de la vallée, coincé entre la moraine et les pentes. Le vallon s’élargie en un bel alpage plat avec des bergeries. Le sentier bifurque alors vers la droite pour remonter des pentes d’herbes en direction d’une pointe avec un glacier. Vers 4650/4700 m soit environ 4 à 5 h de Pu, on arrive vers l’emplacement d’un camp (cuisine, autel et drapeaux de prière).


    • Voici le camp que nous avons utilisé en 2002.
      Il pose des problèmes d’approvisionnement d’eau pour la cuisine mais aussi d’altitude car, malgré le confort de l’herbe, il est beaucoup trop bas.

    • Je conseille donc de continuer et de remonter une moraine jusqu’à son sommet (cairn), puis de redescendre légèrement dans le vallon creusé par le torrent du glacier et de remonter ce vallon jusqu’à déboucher sur un replat avec un petit lac, près du glacier et donc avec de l'eau en abondance
      Emplacement magnifique, mais à aménager, à environ 4850 m, ce qui est encore acceptable pour un camp de base.
      Le camp I, est à installer au col bien marquer au-dessus de la barre de séracs. La progression est assez simple sur le glacier pour éviter la chute de séracs par sa rive gauche jusqu’à un 1er plateau, puis toujours rive gauche par des pentes plus raides et un petit ressaut on atteint le col avec des crevasses bien visibles (50 m de corde fixe, facultative).

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    • En route pour le camp 1... Iil faut trouver un passage jusqu'au col. En fait, plus facile qu'il n'y parait !

    • Le camp II, 6200 m, se place sur la grande bosse qui marque le début de l’arête. Du camp I, par un court cheminement, nous avons contourné un sérac avec 50 m un peu + raide (35° max., petit bout de corde), on aboutit à un grand plateau. Une selle à droite permet de revenir sur l’arête très large, puis par une longue pente jusqu’au sommet de la bosse (attention à la nivologie). Très beau camp avec de nouveau une vue superbe, environ 6200 m. Enfin, le sommet est visible !
      Le camp III, 6100 m, se situe vraiment au col, au pied de la face. Pour l’atteindre, il faut traverser un petit sommet puis suivre l’arête d’abord très large (avec une selle très tentante pour un camp), puis plus raide en traversée. Il faut vraiment aller au dernier col, où, malgré les apparences, l’installation d’un camp n’est pas trop difficile. Une journée splendide et pas trop longue, idéal pour se reposer avant l’ascension du lendemain.Il peut être important d’envisager la situation de retour en cas de brouillard ou d’absence de trace, en prévoyant un balisage avec des fanions ou l’utilisation du GPS. Si la neige n’est pas trop profonde ou avec une trace et en étant très en forme, le sommet peut s’envisager à partir du camp II.

    • Pour le sommet, c’est très simple, il suffit de monter dans les pentes à droite de l’arête, progression sans difficulté sur des pentes à 35/40°… 4 à 5 h.
      Ne pas oublier que le retour comporte une remontée !!!

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    • Greg au premier plan, vers le dernier camp. L'arête vue du dessus... c'est long ! Enfin, le Manaslu depuis le sommet.
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      Technique de progression.
      Nous nous sommes encordés pour faire la trace entre le camp de base et le col du camp II. Puis, nous avons toujours évolué sans corde mais en petit groupe. J’ai également assuré une personne à la descente du sommet, pour une courte section un peu plus impressionnante. Les deux portions de corde fixe, très courtes, ont été installées plutôt pour le confort et pour faciliter l’évolution des petits groupes autonomes, et pour la descente avec les sacs chargés.

      Les autres voies…
      Un accès depuis la vallée de la Dudh Khola, du tour du Manaslu est possible. C'est certainement un très beau projet !
      Une traversée en direction du Ratna, ou depuis cette vallée, devrait être possible, "attention aux séracs" (dixit Olivier Soudieux).
      L’arête sud du sommet peut également s’envisager à partir du camp III. Ce sont bien sûr, toutes des 1er ascensions à découvrir.

    • Paulo, janvier 2003.
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