Dernière
infos... A l'automne 2004, je prépare une nouvelle
expé dans la même vallée de Phu, sur un
sommet encore plus à droite de cette photo, sur
l'arête Ouest du Nemjung, 7140 m.
Un sommet superbe

Cette expédition a été
réalisée en automne 2002 avec Terres d'Aventure.
Voici la mise
à jour du 15 janvier 2004 pour les expéditions
de l'automne 2003
Si en 2002 nous étions seul
sur la montagne, en 2004 ce sont 6 groupes qui se sont succédés
sur la montagne durant l'automne.
Certains regrettent la présence des autres expés
en renvoyant la responsabilité à ce site et
aux informations trop précises communiquées
!!! (ce n'est bien sûr pas mon
avis, car je pense que la présence d'autres groupes
sur la même montagne augmente radicalement la réussite
et la sécurité de tous, mais effectivement au
détriment de l'isolement... et que pour les gens de
Phu, c'est aussi une vraie source de revenus inconnues jusqu'alors...
et puis, pour qui veut vraiment être seul la place ne
manque pas au Népal).
Mais, la fréquentation apporte aussi d'autres nuissances
et la dernière expé sur les lieux a fait état
de camps d'altitude pas très propres ! Par contre,
il est un peu rapide d'attribuer ce fait aux seuls expés
encadrées (qui cette année étaient d'ailleurs
les plus petites équipes )...
Des précisions d'Alain Thomas :
"Nous
étions l'avant dernière expé de la saison
sur cette montagne et nous confirmons l'état dans lequel
nous avons trouvé les camps d'altitude (on peut comprendre
que les cacas soient restés sur place, mais pas le
reste !). Nous avons même trouvé des sacs poubelles
jetés dans les crevasses à proximité
des camps. Manque de reflexe, nous n'avons pas fais de photos."
Le taux de réussite a été
assez élevé cette année, malgré
un vent violent en altitude qui a rendu l'ascension plus dure
physiquement, avec des gelures, un mort par avalanche entre
C1 et C2, et une évacuation par élico pour oedème
pulmolaire.
La difficulté a été
confirmée entre F et PD, en insistant sur la notion
d'engagement, c'était le propos de la cotation
proposée V/F+ neige.
Les camps de base et d'altitude
sont maintenant un peu plus précis... en
fait il y a deux solutions, à chacun de choisir
celle qui lui conviens le mieux. Soit assez haut et moins
de problème de neige, soit plus bas et une meilleure
récup.
Par contre cette année, les
conditions de la montagne étaient très différentes
de l'ascension de 2002.
"les conditions étaient
bonnes, neige dure, beau temps mais beaucoup de vent".
- "Personne n'a fait de camp
au col, juste avant le sommet, la neige étant dure".
- "L'itinéraire entre
C1 et C2 était différent, en passant plus
au centre du glacier. Une pente à 35° sur 200
m méritait une corde fixe pour rejoindre l'arête
qui mène au C2".
- "Les pentes sommitales étaient
en glace, suite à des avalanches de plaques... la
progression se faisant sur corde fixes (100m) dans des pentes
à 45° max avec des petits bouts en glace".
Une idée des horaires
par Fabien Ibarra :
- CB 5200/C1 5700 = 2 à
3 h
- C1/C2 6335 = 2 à 4h
- C2/C3 6345 = 45 mm
- C3/sommet = 6 à 8 h.
|
Et ceux de nos amis belges par Alain Thomas
:
- CB 4860/C1 5550 = 3h à3h 30
- C1/C2 = 5h 30
- C2/C3 = 1 h
- C3/sommet = 7h, retour 3 h
- "Je pense qu'il est plus judicieux
de placer le C2 un peu plus bas, à un grand
col vers 6200m/4h depuis le C1, pour mieux équilibrer
les efforts, C2 à C3, c'est un peu court"
|
Je remercie chaleureusement les différents
"Chefs d'expé" qui m'ont communiqués
leurs informations,
Et dans le numéro de
vertical de janvier/février 2004, n°40,
vous retrouverez un très bel article sur l'Himlung
grâce aux photos d'Hugues de Varax, compagnon
de route de nombreuses expés.
Vous pouvez également
commander ce n° en appelant le 03 44 62 52 03 et
peut être aussi sur www.glenatpresse.com |
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Et voici les
informations initiales de l'automne 2002, légèrement
modifiées, bonne lecture...
La préparation
Il y a longtemps que je souhaitais organiser une expé
dans cette vallée mystérieuse de Naar et Phu
qui avait été un peu dévoilée
pour le Kang Guru grâce à Jean Pierre Frachon
et Atalante. A partir de 96, j’ai cherché des
informations sur les autres sommets de la vallée par
des contacts avec l’équipe du CAF au Nemlung.
Au début, le positionnement des sommets était
vraiment imprécis avec des erreurs importantes de nom.
La belle réussite de l’expé du CAF
Grenoble Oisans sur l’Himlung, a permis de clarifier
tout cela, puis Jean Annequin et Ludovic Challeat ont complété
l’exploration en réussissant le Ratna Chuli.
Enfin, pour 2002 tout est prêt, le sommet est
présenté dans la brochure de Terres d’Aventure
et sur le site « expé, mode d’emploi »…
Pour lire la présentation
et la fiche technique initiale
(cliquez sur le lien).
Mais, il restait encore beaucoup à découvrir,
car l’ascension du CAF c’est déroulé
au printemps avec un choix de logistique réduit (pas
de sherpa d’altitude), une durée importante au
camp de base, (30 jours contre seulement 10 pour nous !!!),
et pas beaucoup d'infos communiquées !!!
Le problème d’organisation et de gestion n’était
vraiment pas le même.
Cette expé se voulait très accessible, idéale
comme 1ere approche du monde de l’altitude
et des 7000 à cause de son niveau technique a priori
facile.
Pour cela, j’avais décidé d’augmenter
la partie préparation en France avec un we prolongé
dans les Alpes pour avoir le temps de bien aborder les aspects
pratiques de l’organisation, mais aussi pour être
ensemble en montagne et vivre la réalité d’un
camp d’altitude sur neige.
Nous y avons donc consacré quatre jours sur le glacier
de la Girose à La Grave. Quatre jours vraiment très
intéressants et riches, avec en particulier des couchers
de soleil somptueux.
Une très bonne idée qui a permit au groupe de
se connaître avant le départ et de mieux fonctionner.
Bien évidemment, c’est aussi un effort supplémentaire
demandé aux participants qui bouscule les habitudes
consuméristes (surtout dans le cadre d’une grande
agence !).
Sur le glacier de la Girose
avec les nouvelles tentes Ferrino.
L'équipe
Elle est particulièrement hétérogène
tant par l’expérience de l’altitude et
des voyages que pour la technique en alpinisme. Mais cela
ne posera pas de problème particulier, grâce
à la préparation importante et une logistique
Béton, spécial Terdav.
Nous sommes donc un groupe de 10 personnes avec 4 sherpas
d’altitude.
Il y a Juliette, chouchoutée comme
la seule Dame de l’expé, mais terrassé
par une grosse fièvre persistante au mauvais moment.
Frédéric, passionné
de volcans et de randonnée dont c’est la 1ere
expé. (son site vaut le détour, http://rando.auvergne.free.fr)
Brice, « vieux » routard de l’altitude
avec un passage au Shisha et une gestion de l’effort
au top !
Richard, avec une énergie à
revendre, très motivé par un plan CB/sommet,
puis par C2 /sommet mais très heureux d’arrivé
enfin au sommet depuis C4 ! Superbe en train de dessiner adossé
à un mur entouré de gamins éblouis et
silencieux.
Pierre, le « doc » et compagnon
de Juliette, de retour d’un an au Népal comme
médecin de l’ambassade de France. La 1ere grosse
expé, beaucoup de chose a découvrir et a apprendre,
débordant d’ enthousiasme avec le sommet comme
récompense.
Jean Paul aussi solide que discret, pour
une 1ere expérience du Népal et des expés.
Hugues, de retour à Phu après
le Kang Guru. Beaucoup d’effort pour arriver au petit
sommet entre C3 et C4, à cause d’une angine particulièrement
tenace et impressionnante. Il toussait même plus que
moi !
Pierre Yves, qui a fait le maximum malgré
l’handicap de l’âge. L’effort à
fournir était vraiment trop important.
Greg, une grosse expérience issue
de beaucoup de succès ensemble dans les Andes et en
Himalaya, avec une bonne gestion du temps et de la vie en
altitude.
Et bien sûr, l’équipe de sherpas d’altitude
:

Ram, notre super Sirdar
lors de la Puja, c'est la fête ! |
Ram Kumar,
le Sirdar, hyper pro et compagnon de route du Dhaula.
Phurba, toujours un peu brut de décoffrage
mais avec une vraie connivence issue de plus de 4 expés
ensemble,
Nima de Thame, encore plus costaud
que discret,
et Gyalzen, trop secret mais très
présent pour le dernier round capital. |
Le compte-rendu
Dès l’arrivée, le ton est donné…
nous serons efficace.
Je passe directement de l’avion au ministère
du tourisme pour les dernières formalités et
dès le lendemain nous sommes à Besi Sahar avec
armes et bagages et une équipe de plus de 50 porteurs
!!! En avant …
En cliquant sur les images, vous pouvez ouvrir
les photos en grand avec un commentaire.
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| Koto, la bifurcation vers la vallée... |
Une vraie vallée étroite
et sauvage. |
Daramshala, un abri pour les porteurs
et les locaux. 1h30 avant Meta. |
A Meta, la vallée souvre enfin.
En face, le sentier pour Naar. |
Autant la 1ere partie du trek en lodge jusqu’à
Koto a été simple et sereine permettant à
toute l’équipe de prendre son rythme de croisière.
Autant la montée vers Phu et la journée au village
font partie des moments fantastiques de cette expé
!
La journée de repos à Phu ( initialement
pour l’acclimatation !) a été d’une
intensité et d’une richesse exceptionnelles.
Un village extraordinaire
qui vaut à lui seul le voyage.
Et, je ne rêve que d'une chose, y revenir et y
rester quelques jours.
Qu'en penses-tu Jean Pierre ? (Frachon, ndlr)
C'est un peu le projet
du Bhrikuti de ce printemps 2004... |
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L’installation du camp de base ne pose pas de soucis,
l’équipe est au point sous la direction du cook,
l’adorable « Missieu » Tula.
Catastrophe, Juliette souffre le martyr sur son cheval pour
montée au camp de base. Faut-il organiser une évacuation
élico ?
Camp de base, les choses sérieuses
commencent… pour continuer, il faut suivre le fil de
la moraine juste en face du camp.

1ere étape, tout le monde donnent un coup de main pour
acheminer le matériel au C1...
Grosse surprise, cette année il y a énormément
de neige.
En cliquant sur les images, vous pouvez ouvrir
les photos en grand avec un commentaire.
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Une vue depuis notre camp 1sur le lac
où je suggère de mettre le nouveau camp
de base.
C'est un petit lac, à 2 pas du glacier. |
Et l'inverse... Une image prise depuis
le petit lac en direction du camp 1 de cette année. |
Sur un replat de caillou, juste au niveau
du plat du glacier...
Notre camp 1. |
Au départ le
1er jour au dessus de notre camp , mais où est le camp
II ?
Une petite équipe de pointe se met en place, Richard,
Pierre, Jean Paul et moi, avec Phurba et Nima.
Mais par où passer pour rejoindre le camp 2 dans cette
zone de séracs.
Il y a tellement de neige que je sors la pelle pour faire
le trace dans un petit ressaut, plus loin Nima joue au bulldozer
pour installer 50 m de corde fixe.

En partant installer le camp 2, la trace
est très profonde et il a fallut trouver le bon passage...
Le camp 2 est installé à un grand col avec des
crevasses gigantesque. La vue est splendide, mais le temps
est toujours couvert l’après midi avec de petites
chutes de neige.
Du camp 2 au camp 3 la trace se fait en raquette…
« Faut voir Phurba pour la 1ere fois raquettes aux pieds
!!!».
J’ai beaucoup de travail de formation avec les Sherpas
pour leur expliquer la manière de faire une belle trace
agréable et facile à suivre. Car pour un sherpa
une trace c’est généralement «
to dré dans le pentu », logique… c’est
le plus court !
La neige est très profonde et la trace est souvent
exténuante. Les raquettes font merveille.
« Tiens, un petit craquement et une fissure qui
apparaît loin au-dessus !!!, les problèmes d’avalanches
existent aussi en Himalaya, et les strates fragiles sont ici
gigantesques. »
|
Au camp 3, nous découvrons la suite
de l’arête et la pyramide du sommet, joli
morceau.
La vue est merveilleuse et le camp idéalement situé.
Nous voici proche du sommet et le temps passe inexorablement.
La fatigue commence aussi à se faire sentir, Pierre
et Richard sont depuis plus de 5 jours avec moi en altitude.
Dans les camps inférieurs, tout le monde est en
marche, les contacts radios permettent de conseiller et
d’encourager les uns et les autres.
Chacun a choisi un déroulement avec des étapes
personnelles. Greg, nous rejoindra directement au C3,
Brice, Jean Paul et Hugues, avec un jour de décalage.
Pour la 1ere tentative, j’ai reconnu le début
de l’itinéraire depuis le petit sommet et
nous partons de bonnes heures, Richard, Pierre, Greg et
moi, avec Phurba et Nima. |
Avant d'arriver à notre camp
4, l'étape du jour n'est pas très longue, mais
au retour... ça monte !
L’arête est légèrement descendante
jusqu’au col puis se redresse en de grandes pentes jusqu’au
sommet. Les pentes de neige de l’arête sont un
peu raides et nécessite une bonne aisance en cramponnage.
Plus haut la neige est vraiment très/trop profonde,
tout le monde a un peu froid au pied et reste très
attentif. Mais le sommet se couvre déjà de brumes
et notre progression et particulièrement pénible.
Qu’il est difficile de faire demi-tour et surtout de
le faire comprendre et accepter, quand on est à –
de 300 m du sommet après autant d’efforts. Le
retour sera particulièrement difficile avec en particulier
une lente remonter de l’arête pour repasser la
petite pointe.

Une vue plongeante sur l'arête
entre le camp 2 et 3... un itinéraire exceptionnel
!
Au camp 3, heureusement, Fred prend en charge Richard et Pierre
exténués. Retour à la case départ…,
pas si facile à gérer cet Himlung !
Je change donc de stratégie en déplaçant
le point de départ, et en installant un camp 4 juste
au pied de l’arête terminale, la distance et la
dénivelée seront ainsi moins importantes. Séance
de motivation au petit matin, car il nous faut repartir et
installer le camp avec Gyalzen. Pendant ce temps, Nima et
Phurba sont déjà en train d’organiser
la descente.
Au camp 4, les tentes sont grandes et confortables,
le sommet semble beaucoup plus proche. Jean Paul est un peu
malade et fatigué, (normal, il vient du camp de
base en deux jours !). Le lendemain, Fred ne partira
pas, panne de motivation et je n’ai pas réussi
à être assez présent pour le rassurer
et l’encourager, dommage. Par contre, il prendra en
charge Jean Paul pour revenir au Camp 3 (chapeau et merci
encore !). Nous voici en route pour le sommet, il y a Pierre,
Richard, Greg, Brice et moi. La montée ne pose pas
de problèmes particuliers, nous sommes en terrain connu
et nous arrivons quasi ensemble au sommet avec un spectacle
époustouflant sur le Manaslu. (Pas de doute, j’irais
là-bas un jour !).

En direction du Manaslu, avec aussi
beaucoup de sommets inconnus... pas de doute, il faisait beau
ce jour là...
Au retour, nous décidons de redormir au camp 4, la
fatigue est bien réelle et la remontée au camp
3 loin d’être anodine.. Le lendemain nous descendrons
directement au camp de base en démontant tous les camps
avec une aide fantastique de toute l’équipe.
Même l’équipe de cuisine vient à
notre rencontre, pour nous offrir du thé et nous décharger
de nos sacs. Pour certains d’entre nous, cela représente
10 jours en altitude, une véritable tranche de vie
et des efforts vraiment important.
Voici le
schéma de cette ascension !

Thula, le cuisinier, viens à
notre rencontre en tong avec la bouilloire de thé...
Rham, le sirdar, et Phurba sont content, ce soir tous le monde
se retrouvera au camp de base.
L’ascension est terminée, il nous faut
maintenant réapprendre à vivre ensemble, avec
les échecs et les succès des uns et des autres.
Mais déjà, les villageois de Phu sont là,
arrivant en petits groupes avec leurs chevaux…, le camp
de base se démonte, tout est rangé, chargé.
Et voici Phu, village exceptionnel.
Une grande séance de débriefing de tout le
vécu accumulé en ces 10 jours est salutaire,
le trek de retour peut commencer.
Le lendemain matin, pour charger les affaires, la pagaille
est désopilante. Il y a beaucoup de monde au camp,
tous les chevaux et leurs propriétaires bien sûr,
mais aussi femmes et enfants, ça discutent, crient,
palabrent, et 3 h plus tard, enfin, Ram peut se détendre
un peu… tous les bagages seront ce soir à Meta
!
Puis le trek de retour se déroule sans soucis jusqu’à
Besi Sahar, pour retrouver Kathmandu et le jardin du Shanker.
Mon avis personnel sur le déroulement de
cette expé et ce que j’ai appris...
Bien que relativement facile techniquement, cette expé
c’est avéré très difficile à
encadrer et m’a nécessité une énergie
très importante pour enfin réussir le sommet.
Quatre camps pour un 7000 facile, c’est pas banal et
c’est aussi le nombre de camps pour l’Everest
! Mais aussi, le manque d’infos adaptées à
la saison, et les conditions d’enneigement particulièrement
abondant cette année nous ont beaucoup complexifié
la tache.
Bien sûr, je regrette que Jean Paul et Fred se soient
arrêté si près du but. Mais c’est
aussi toute la difficulté de la gestion de l’effort
personnel pour rester motiver jusqu’au bout, imperméable
aux situations difficiles moralement.
En tant que chef d’expé, j’ai également
mesuré toute la complexité de ma tache.
Comment être, à la fois :
- devant pour choisir l’itinéraire et les emplacement
de camp
Souvent faire la trace
- Diriger l’équipe de sherpas mais aussi les
conseiller en leur apportant une formation minimale.
- Motiver la petite équipe de pointe, tout en ayant
également un rôle de formateur (en rendant
visible les problèmes à résoudre et
les choix, en donnant les raisons de certaines prises de
décision).
- M’économiser pour rester lucide et avoir
suffisamment de recul pour prendre les justes décisions,
avec les participants.
- Tout en restant en contact avec le reste du groupe, en
organisant leur progression, et en les soutenant dans leur
ascension.
- Avoir une présence à la fois pour l’ensemble
du groupe, mais aussi très individualisée
pour chaque personne.
Bien évidemment, c’est trop pour une seule
personne, et cette année, le manque d’autonomie
des sherpas sur l’itinéraire, m’a obligé
à être en 1ere ligne, au détriment du
reste du groupe. Situation rendue encore plus difficile par
la durée limitée du temps disponible pour l’ascension.
Mais aussi, mon positionnement en tant que formateur (pour
le petit groupe qui avait exprimé ce souhait d’autonomie
) m’a rendu peu disponible pour soutenir efficacement
les personnes ayant simplement besoin d’être accompagné.
Il n’est pas facile de passer d’un rôle
à l’autre, de modifier la tonalité ou
le contenu du message ou d’un comportement.
Pour ce type d’expédition avec un groupe
déjà important, je pense qu’un deuxième
guide permettrait de résoudre une grande partie de
ces problèmes. Mais forcement d’autres problèmes
apparaîtront, car le travail en équipe ne s’improvise
pas surtout entre deux personnes formatées au leadership
unique comme le sont les guides de haute montagne.
Pour ma part, je vais m’orienter plutôt
vers la constitution d’une équipe mixte, avec
des sherpas que je connais et que j’apprécie,
pour les accompagner vers une vraie compétence de guide
« à l’européenne ».
Le topo
L’Himlung Himal est un sommet très abordable
techniquement, mais relativement engagée à
cause de l’arête assez longue au-dessus de 6000m.,
avec une redescente vers le dernier camp III.
Une gestion des camps optimiser peut en faire une grande
et belle aventure avec des chances de réussite importante
(et à priori supérieur à celle du
Kang Guru ou du Ratna).
Il est d’ailleurs conseillé de faire un camp
de base le plus près possible du glacier pour réduire
la durée et le nombre de camps nécessaire…,
concrètement très près d'un petit lac.
Dont voici une vue du
dessus... Il y a de l'eau à profusion et l'altitude
est proche des 4850 m (à vérifier).

C’est donc un sommet réservé à
des amateurs ayant déjà une bonne expérience
de l’Himalaya et des grands sommets (c’est
ce qui est dit par le grade d’engagement élevé,
V). Bien acclimaté, c’est un superbe objectif
à tenter en technique alpine !!!
Dans le cadre, d’une expédition encadrée,
la gestion de l’ascension demande, pour le guide, une
bonne expérience de ce type d’entreprise. Pour
les participants/clients, une très bonne forme physique
est obligatoire ainsi qu’une réelle
aisance et autonomie dans des pentes à 35/45° en
neige.
L’ascension de la voie normale, peut être
cotée V/F+, en neige (en cotation Himalaya).
-
La marche d’approche…
L’idéal, pour moi, reste le vol direct
depuis Kathmandu pour l’aérodrome de Manang,
(Humde).
Cela permet :
1. De faire une vraie boucle, sans
l’aller/retour Besi Sahar/Koto.
2. L’acclimatation commence directement
dans les bonnes altitudes, mais attention au découpage
des premières étapes.
3. Le passage du Kang La, bien qu’élevé,
se passe relativement facilement (avec un camp d’altitude
au-dessus de Ngawal) et permet d’accéder
à Naar, ce qui est forcement un grand moment.
4. Depuis Naar, il est possible d’atteindre
Phu par le haut, ce qui complète encore l’acclimatation.
- Cela nécessite une très bonne agence
capable de gérer l’acheminement des bagages
d’expé vers Phu, d’affréter
un avion et de prévoir une équipe légère
de cuisine à partir de Ngawal. Cette solution n’est
possible que pour un groupe important, avec un départ
après la 1ere semaine d’octobre.
(Plus tôt en saison l'aérodrome d'Humde
est encore fermé !)
Bien sûr, il est également possible de descendre
de Humde, avec un point de rendez-vous avec l’équipe
à Koto, ce qui limite l’aller/retour à
une seule journée et diminue les contraintes et
les aléas d’organisation…,
et bien sûr, le plus classique en débutant
par les 1ères étapes du tour des Annapurnas
depuis Besi Sahar.
-
Depuis Koto, 2530 m, Phu,
3900 m, s’atteint en deux jours et demi. La 1ere
étape pour Meta,
3450/3500 m, nécessite un départ matinal
surtout pour l’équipe népalaise
(il est plus simple de dormir en lodge à Koto).
Il existe une maison en bon état environ 1h30
avant Meta, Dharamsala,
3150 m mais la place pour camper est limitée
et donc difficile avec plusieurs groupes.
De Meta à Kayang 3750m., l’étape
est normale, simple et vraiment belle. Kayang/Phu correspond
à une bonne demi-journée, avec une arrivée
exceptionnelle dans le haut de la vallée et au
village. Le sentier est parfois impressionnant car taillé
dans la falaise au-dessus de la rivière, mais
jamais vraiment délicat ou dangereux.
Kayang est un village d’hiver, avec des champs
cultivés et beaucoup de place pour camper.
Une journée de repos à Phu est vivement
conseillée déjà pour l’acclimatation,
mais aussi pour simplement visiter le village et le
monastère, monter sur les hauteurs au-dessus
de Phu, ou se reposer.
-
L’accès au camp de base...
et aux camps d'altitude.
Il faut bien sûr, faire une différence
entre les saisons, avant ou après la mousson.
Voici notre expérience de l’automne 2002
:
-
De Phu, traverser la rivière et suivre
le sentier rive gauche qui remonte l’ancienne
moraine frontale du glacier de Pang. Le sentier, traverse
le sommet de cette moraine, (gros blocs et passages
chaotiques), pour rejoindre un grand vallon de la rive
droite de la vallée, coincé entre la moraine
et les pentes. Le vallon s’élargie en un
bel alpage plat avec des bergeries. Le sentier bifurque
alors vers la droite pour remonter des pentes d’herbes
en direction d’une pointe avec un glacier. Vers
4650/4700 m soit environ 4 à 5 h de Pu, on arrive
vers l’emplacement d’un camp (cuisine, autel
et drapeaux de prière).
-
Voici le camp que nous avons utilisé
en 2002.
Il pose des problèmes d’approvisionnement
d’eau pour la cuisine mais aussi d’altitude
car, malgré le confort de l’herbe, il est
beaucoup trop bas.
-
Je conseille donc de continuer et
de remonter une moraine jusqu’à son sommet
(cairn), puis de redescendre légèrement
dans le vallon creusé par le torrent du glacier.
C'est l'emplacement du camp de Terdav en 2003.
Altitude 5200m, ce qui est haut mais encore acceptable
pour un camp de base. Il est peut être judicieux
dans la phase d'acclimatation de faire un Camp 1 provisoire
au dessus du replat
avec un petit lac, a l'emplacement de notre C1 de
2002, au début du glacier.
Le camp I, est à installer au
col bien marquer au-dessus de la barre de séracs.
La progression est assez simple sur le glacier pour
éviter la chute de séracs par sa rive
gauche jusqu’à un 1er plateau, puis toujours
rive gauche par des pentes plus raides et un petit ressaut
on atteint le col avec des crevasses bien visibles (50
m de corde fixe, facultative).
- En cliquant sur les images, vous pouvez
ouvrir les photos en grand avec un commentaire.
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| En route pour le camp 1... |
Iil faut trouver un passage jusqu'au
col. |
En fait, plus facile qu'il n'y
parait ! |
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Le camp II, 6200 m, se place sur la
grande bosse qui marque le début de l’arête.
Du camp I, par un court cheminement, nous avons contourné
un sérac avec 50 m un peu + raide (35°
max., petit bout de corde), on aboutit à
un grand plateau. Une selle à droite permet de
revenir sur l’arête très large, puis
par une longue pente jusqu’au sommet de la bosse
(attention à la nivologie). Très beau
camp avec de nouveau une vue superbe, environ 6200 m.
Enfin, le sommet est visible !
Le camp III, 6100 m, se situe vraiment
au col, au pied de la face. Pour l’atteindre,
il faut traverser un petit sommet puis suivre l’arête
d’abord très large (avec une selle
très tentante pour un camp), puis plus raide
en traversée. Il faut vraiment aller
au dernier col, où, malgré les
apparences, l’installation d’un camp n’est
pas trop difficile. Une journée splendide et
pas trop longue, idéal pour se reposer avant
l’ascension du lendemain.Il peut être important
d’envisager la situation de retour en cas de brouillard
ou d’absence de trace, en prévoyant un
balisage avec des fanions ou l’utilisation du
GPS. Si la neige n’est pas trop profonde ou avec
une trace et en étant très en forme, le
sommet peut s’envisager à partir du camp
II.
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Pour le sommet, c’est très
simple, il suffit de monter dans les pentes à
droite de l’arête, progression sans difficulté
sur des pentes à 35/40°… 4 à
5 h.
Ne pas oublier que le
retour comporte une remontée !!!
-
En cliquant sur les images, vous pouvez
ouvrir les photos en grand avec un commentaire.
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| Greg au premier plan, vers le
dernier camp. |
L'arête vue du dessus...
c'est long ! |
Enfin, le Manaslu depuis le
sommet. |
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Technique de progression.
Nous nous sommes encordés pour faire la trace
entre le camp de base et le col du camp II. Puis, nous
avons toujours évolué sans corde mais
en petit groupe. J’ai également assuré
une personne à la descente du sommet, pour une
courte section un peu plus impressionnante. Les deux
portions de corde fixe, très courtes, ont été
installées plutôt pour le confort et pour
faciliter l’évolution des petits groupes
autonomes, et pour la descente avec les sacs chargés.
Les autres voies…
Un accès depuis la vallée de la Dudh Khola,
du tour du Manaslu est possible. C'est certainement
un très beau projet !
Une traversée en direction du Ratna, ou depuis
cette vallée, devrait être possible, "attention
aux séracs" (dixit Olivier Soudieux).
L’arête sud du sommet peut également
s’envisager à partir du camp III. Ce
sont bien sûr, toutes des 1er ascensions à
découvrir.
- Paulo, janvier 2003.
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