
Le Trashi Labtsa est loin d’être
un simple passage entre deux vallées comme peut l’être
le Thorong Pass ou même le Mera La.
C’est un col très élevé, à
plus de 5700 m, avec de grands glaciers, des pentes de neige
ou de glace à équiper, un passage de rocher
à assurer et de vrais problèmes d’itinéraire.
Globalement la difficulté technique correspond à
celle d’une randonnée glaciaire ou à un
itinéraire alpin.
Des alpinistes, à l’aise en haute montagne dans
un niveau F ou des randonneurs entraînés et bien
encadrés y sont à leur place.
Par contre, le passage de toute l’équipe népalaise
nécessite une vraie attention, avec, pour les porteurs
un équipement de qualité et un encadrement précis
dans tous les passages techniques et exposés qui ne
peut pas, qui ne doit pas, être simplement déléguée
au Sirdar ou à ses assistants.
Les deux ou trois nuits de bivouacs en altitude et sur glacier
sont également à prendre en compte pour le matériel
fourni aux porteurx : tentes et matelas, réchauds et
kérosène.
Logistique et manières de
faire.
La majorité des groupes de randonneurs ou d’alpiniste
traversent le col avec une équipe népalaise
complète (cuisine et porteur), ce qui représente
souvent un nombre de personnes très important et de
grandes difficultés pour les porteurs.
- Avec l’obligation d’équiper les passages
techniques et d’assurer tout le monde.
- Mais aussi de se préoccuper de l’équipement
de chacun, de leur nourriture et d’un « abri»
pour la nuit.
Malgré la complexité de l’itinéraire,
il est possible d’envisager la traversée du col
en autonomie, soit avec une équipe népalaise
légère, soit sans équipe et sans porteur.
Ou encore, en venant de Thamé, un système intermédiaire
avec des porteurs jusqu’au col pour faciliter la montée
(ils ne dorment ainsi aucune nuit en bivouac), puis en autonomie
pour la descente à Na et Beding, où d’autres
porteurs peuvent alors être embauchés.
Dans tous les cas, une expérience réelle
d’alpiniste est indispensable, et le sens Thamé/Na
préférable.
Concrètement, cela représente trois bivouacs
en autonomie, depuis Tengpo, le dernier lodge
versant Thamé, jusqu’à Chukyima,
le nouveau petit lodge avant Na à hauteur du lac. Le
passage du col se faisant en une journée à partir
de Ngole.
Avec comme matériel technique minimal :
- des bâtons et une paire de crampons légers
par personne.
- Une petite corde de 20 à 30 m, une broche et un
mousqueton, une sangle, un piolet pour le groupe.
Le sens de la traversée.
Le plus souvent, cet itinéraire est décrit
et pratiqué de la Rolwaling au Khumbu. Une forme
d’usage…
Pourtant le col est beaucoup facile à traverser dans
l’autre sens, de Lukla à Beding.
Voici quelques arguments :
- L’accès aérien est en début
de voyage.
- L’altitude d’acclimatation est immédiatement
atteinte.
- Il est plus facile de s’acclimater dans le Khumbu,
plus de confort, sentier plus fréquenté, intérêt
touristique….
- Les porteurs recrutés à Lukla ont l’habitude
de passer le col et sont souvent mieux équipés.
- Le passage du col est plus rapide, puis tout le reste
n’est que de la descente.
- Le col étant passé, tout le monde est plus
disponible pour profiter des paysages et de l’intérêt
culturel de cette région du Gauri Sankar.
- De Singati ou Bharabise, le retour pour Kathmandu est
simple et rapide.
La saison.
Sans aucun doute, l’automne reste la saison la plus
simple pour franchir le col.
Il n’y a presque plus de neige en altitude et le temps
est généralement dégagé et stable.
Par contre, il fait plus froid et des chutes de neige sont
possibles à partir d’octobre pouvant rendre la
traversée très éprouvante, voir impossible.
Au printemps, la neige partout présente, généralement
de Tengpo jusqu’au Tso Rolpa, renforce le caractère
haute montagne des lieux. Les difficultés sont alors
différentes, pas ou peu de traces et des problèmes
d’itinéraire, une trace difficile à faire,
surtout l’après midi, et un engagement plus important
avec une équipe importante.
Paulo, juillet 2006
 
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