Le Tukuche peak, 6920 m
Népal
Automne 2003




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En montant au Tilicho Lake, Dhaula et Tukuche se profilent à l'horizon.

Le déroulement de notre expé...

Cette expédition a été organisé dans le cadre de « Montagnes de la Terre », l’agence de la fédération des Clubs Alpins Français, et avec le soutien de la commission alpinisme du CAF.
L’objectif étant de proposer une expédition différente de celle des agences de voyage françaises (les TO) et plus en phase avec une philosophie associative d’implication et de formation des participants.

Le projet.
Voici les pages initiales de présentation du projet, il y avait même des photos et une fiche technique.

L'équipe.
Nous nous retrouverons à 5 personnes pour cette expé. Ce qui est vraiment un petit groupe...
Trois personnes de Grenoble, skieurs de rando avertis, Fred, Benoît & François.
Et Philipe, montagnard expérimenté du sud.

La Préparation.
Elle a été particulièrement longue et bien structurée, en débutant dès le mois de janvier, puis en continuant jusqu’au départ avec des rendez-vous réguliers et un travail en petit groupe pour choisir l’agence.
Le fait que 3 personnes se connaissent avant le départ et habitent le même lieu a encore augmenté cette préparation.
Cela a certainement été un facteur facilitant la cohésion du groupe face aux difficultés comme l’attente à Pokara ou la modification du programme d’acclimatation.
Mais, il n’est pas toujours facile de trouver ou de mettre en place la préparation adaptée à chaque projet.


Une image surprenante, prise par Hugues de Varax depuis la vallée de Naar, du sommet du Kanguru.
Le Tukuche est bien petit entre le Tilicho Peak et le Dhaulagiri.
Par contre on voit bien l'arête de la voie normale, à droite, et les deux sommets.

Dans le vif du sujet.
Comme c’était ma première expé de l’automne, nous avons donc voyagé tous ensemble depuis Paris.
1ère difficulté à Paris, où comme d’habitude, nous avons des excédents de bagage, un peu de bricolage et beaucoup d’angoisse… Ouf.
Mais les contrôles par les compagnies aériennes deviennent de plus en plus strictes et il sera très difficile voir impossible, à l’avenir, de voyager avec trop de bagages.
Forcement des galères pour les départs futurs, avec l’obligation de bien cadrer ce sujet.

Et voici KTM.

damned… Nepal Band dans toute la ville et circulation interdite dans toute la vallée (traduisez par grève générale). C’est plutôt moyen comme accueil, surtout que l’agence n’est pas au rendez-vous !!! ce qui normalement n’arrive jamais, car les agences népalaises sont plutôt très pro et fiables.
Bon… heureusement, je connais suffisamment les lieux et avec quelques mots de népali, nous réussissons a nous faire transporter à notre hôtel... bien sûr, à un prix exorbitant !


Peu de voitures, pas de bruit ni d’embouteillage… une vision surprenante et très agréable de KTM, malgré la présence militaire et une certaine tension dans l’air.
L’hôtel Padma est un havre de paix, au cœur du lieu saint de la grande stupa de Bhodhanath.
Un atterrissage en douceur, avec, à la fois suffisamment de confort et une proximité véritable avec la vie bouddhiste du Népal.
La suite s’enchaîne tranquillement… une journée pour faire les derniers achats de nourriture, visiter la ville et terminer les formalités avec l’agence.
Bonne surprise, Surke, le jeune sirdar, parle vraiment bien le français.

Le lendemain, pendant que Fred, Benoît, Christian, Philipe et toute l’équipe partent en bus pour Pokhara, je file au ministère pour le briefing et la paperasse traditionnels, avant de sauter dans un avion et retrouver tout le monde sur les bords du lac.
Un moyen intéressant d’économiser une journée dans un planning serré…


Demain, il ne nous reste plus qu’à prendre le vol pour Jomosom pour nous retrouver en pleine montagne et à pied d’œuvre.

Première étape… rejoindre Jomosom et s’acclimater.
Trois jours d’attente à Pokhara, avec des aller-retour entre l’aéroport et l’hôtel, sans savoir quand un avion va pouvoir décoller… une situation peu confortable pour un groupe ! Surtout quand le choix est ouvert.

  • Faut-il attendre ?
  • Partir directement en trek ?
  • Payer un hélico ?

La stabilité du groupe, la patience des uns et des autres sont alors mis à rude épreuve

Dans ce cas précis, quand la machine se grippe, une agence népalaise fiable et compétente devient alors indispensable et les différences de qualité apparaissent clairement. La notre pour cette expé (Churen Himal) a bien assuré.

Après beaucoup de discussion et en mettant toutes les hypothèses à plat, nous avons choisi d’attendre un vol pour Jomoson, au lieu de partir à pied pour Marpha.
L’objectif étant d’être le plus possible en montagne et à une altitude suffisante pour une réelle acclimatation.
Le trek de Beni à Marpha n’offre pas cette possibilité car il se déroule à des altitudes trop faibles.Et puis, sous la pluie, c'est pas top non plus !

Un jour, enfin, nous voici à Marpha.
D’un coup de baguette magique nous avons changé de monde, nous voici en pleine montagne entourés de sommets prestigieux, le Tilicho étincelle de neige fraîche.
Toute la journée, les vols se succèderont pour évacuer tous les trekkeurs bloqués à Jomoson.

Info pratique… A Marpha, plusieurs lodges sont très fréquentables. En descendant : New Dhaulagiri Lodge, Hôtel Sunrise, Paradise. Et un peu avant le village, Trans-Himalayan Hôtel, plus grand et plus haut de gamme.
Au Sunrise, mon adresse habituelle, il y a maintenant des chambres avec salle de bain et toilette, au prix exorbitant de 200 roupies (3€ !).
C’est très intéressant de vivre cette évolution concrète de « la mise en tourisme » d’un lieu, au fil des années.

Bien sûr, nous avons modifié l'ensemble de notre programme, en choisissant de nous acclimater en montant au Lac de Tilicho, plutôt que de rejoindre directement notre camp de base.
A midi, le lendemain, de passage à Thimigaon, l’équipe de cuisine s’est installée dans une maison privée pour préparer le déjeuner… et nous voici « chez l’habitant », au premier stade de l’évolution de l’offre d’accueil touristique.

Une très bonne adresse… Des chambres sont prévues pour bientôt et la patronne s’appelle Cheli Takali, sa maison se trouve dans le haut du village, un peu à droite de la Gompa.
Depuis Thimigaon, il est possible de faire une très belle randonnée vers le lac de Dhumba et la Gompa situé sur un promontoire au dessus de la Khali Gandaki, par exemple pour une journée d’acclimatation.

En début d’après midi, nous nous sommes arrêté à Paktang, puis le lendemain à Numu.
Voir le chapitre sur l’acclimatation au Tilicho Lake…
Le 3eme jour était consacré à de l’acclimatation active avec un aller retour au lac, mais le mauvais temps (neige et brouillard) a réduit la journée. Dommage…
La descente à Marpha fut rapide, en une matinée, et le retour à la civilisation très apprécié : lodge, douches chaudes et bières. Mais catastrophe, pas d’Internet !

Deuxième étape… rejoindre le camp de base avec toutes nos affaires !
L’itinéraire est simple et connu, il suffit de traverser le Dhamphus pass à 5244 m. Mais le problème à résoudre n’est pas forcement évident, car le camp de base est très haut, environ 5000 m, et pour pouvoir continuer notre ascension, il nous faut être bien acclimaté.
Nous décidons donc de traverser le col en trois jours et de rallonger avec une journée de repos à Yak Kharka, si nécessaire.
La 1ere journée jusqu’à Alubari, très courte, est superbe.
Avec la rencontre de Géologues canadiens de l’Université de Kingston en Ontario, avec qui nous partagerons quelques bons moments.
Catastrophe, la matinée du 3eme jour, nous nous réveillons sous la neige !
Comment allons-nous traverser le col, avec les mules et les porteurs?
Une journée épique nous attend, pleine d’incertitudes. Puis, contre toute attente, nous voici en fin de journée au camp de base, porteurs et mules ont réussi a passer sans encombre… Ouf !

Troisième étape… faire l’ascension du Tukuche Peak.
Nous avions bien hiérarchiser nos projets avant le départ.

  • Commencer par l’ascension du Tukuche Peak en aller retour,
  • puis construire la traversée,
  • et enfin, explorer cette fameuse Hidden Valley qui nous tend les bras.

Nous sommes donc efficaces pour cette ascension, qui ne nous pose pas de problème majeur. Bien sûr, nous n’avons pas d’information sur l’emplacement des camps, ( mais je sais faire sans, d'habitude…) !


Nous laissons de côté le Dhampus Peak ou Thapa Peak 6012 m, sans grand intérêt à nos yeux et pas très esthétique, pour nous concentrer sur le Tukuche. Le Thapa Pass, c'est le grand champ de neige en bas de la photo, et le Dhampus Peak se gravi par l'arête de gauche par des pentes d'éboulis + ou - recouvertes de neige.


La voie d’ascension est bien visible du camp de base et seul un dernier ressaut très haut nous inquiète un peu.
Nous installons le premier camp, puis le deuxième… pas de trace, nous sommes seuls sur la montagne.
Le camp 2 est déjà haut perché et la vue sur le Dolpo et le Tibet s’ouvre de plus en plus, avec une ambiance très particulière sur les beaux sommets du petit massif du Muktu Himal.
Départ pour le sommet…
Damned, Philippe a froid aux mains, et impossible de les réchauffer !
Discussion au petit matin, il prend la sage décision d’arrêter ce jour pour mieux repartir le lendemain, avec moi..., comme la voie sera connue cela sera d’autant plus facile.
Nous continuons donc à 6, nos deux jeunes népalais, Fred, Benoît, Christian et moi.
Un peu plus haut, un grand col serait idéal pour le camp 2.
Nous sommes au pied de l’arête, la trace est profonde mais sans plus et il fait un temps superbe.
Un vrai Summit Day !

1ere pente raide sans soucis, 2eme raidillon, le plus jeune népalais trouve ça un peu raide et préfère rentrer au camp ( normal, c’est sa 1ere journée en haute altitude et avec des crampons !).
Dommage pour Surke, le sirdar, qui devra descendre avec lui pour l’assurer.
Surveillance du coin de l’œil, alors que nous continuons notre chemin…
Assurage optimal à la descente avec un encordement court, Surke est vraiment au point techniquement. Chapeau, car c’est très rare.


Voici le col entre les deux sommets, le ressaut est déjà dernière nous. Je choisis d’aller au sommet Ouest, plus facile, car la trace a été rude et nous sommes tous un peu fatigués.


Nous voici en face du Dhaulagiri, le sommet est une jolie arête très effilée, un très beau moment.
Je ramasse quelques cailloux pour nos amis géologues et il nous faut déjà redescendre au camp 2 retrouver Philippe et les deux népalais. Une formalité, malgré la fatigue qui se fait sentir.

Demain, j’accompagnerai Philippe et Surke, le sirdar, à l’autre sommet, pour que notre réussite soit totale, tandis que Fred, Benoît et Christian redescendront tranquillement en profitant d’une dernière nuit en altitude.

Mais rien ne marchera comme prévu !
Déjà en fin d’après midi, Surke a trop mal à la tête et doit redescendre. Philippe passe une très mauvaise nuit et n’est pas en état de partir le lendemain matin.
Quelle poisse !

Le lendemain, démontage complet des camps et descente pour tout le monde.
En une journée, tout est terminé !
Le camp de base, pourtant à plus de 5000 m, nous semble d’un confort extraordinaire.

Repos et rangement, il nous reste quatre jours, qu’allons-nous décider pour terminer en beauté cette aventure himalayenne ?
Grand débriefing et remue-méninges sous la tente mess pour trouver un programme adapté à chacun.
Comme personne n’a envie de repartir pour un camp d’altitude, nous optons pour un autre sommet en aller retour depuis le camp de base, se sera le Tashikang, dans le bas de la Hidden Valley.


Philippe et Benoît, plus durement touchés par l’altitude se reposeront en allant au Col des Français ,
admirer une dernière fois le Dhaulagiri.


Puis nous garderons une journée de sécurité pour organiser notre descente sur Sangda.
Au final, Fred et François feront un avant sommet du Tashi Kang à 6199 m, pendant que j’irais au sommet principal, 6386 en traversant les arêtes et en redescendant par la voie normale.
J’ai un peu besoin d’espace et de solitude !
Dans ce recoin du Sandachhe Himal, c’est un très beau sommet d’expédition, ouvert par le ministère du tourisme, mais d’altitude inférieur à 6500 m et donc sans officier de liaison, ce qui permet d’avoir un vrai permis et de pouvoir explorer les autres sommets du Sandachhe ou du Muktu Himal.

Avant dernière étape de notre expé…, trouver une voie de sortie par la Hidden Valley !
Nos informations sont bien maigres.
D’après le sirdar de Laurent, Pasang : « You have to cross two rivers and then, climb up, high and step up, to find a pass... no problem for you ! »
Oui, bien sûr...

Je vais passer une soirée au camp des canadiens qui cartographient le bas de la vallée et le lendemain toute l’équipe est réunie.
Philippe trop malade a préféré descendre directement sur Marpha.
Nous serons donc 4, juste avec nos sacs à dos, des tentes légères et des réchauds. Aucun népalais ne nous accompagne car l’équipe passera le col de Dhampus et nous nous retrouverons tous à Jomosom, dans 4 jours.
C’est une expérience rare !!!
Quatre occidentaux perdu au fin fond du Népal, à la recherche d’un hypothétique sentier pour rejoindre un village du bout du monde, Sangda.
Mais surtout sans véritable autorisation pour voyager entre Dolpo et Mustang.

Il y a effectivement un sentier, qui passe haut au dessus des gorges, un sentier à yacks (vu les bouses !) mais certainement pas un sentier « à vaches » !
Après s’être posé quelques questions, sans vraiment d’inquiétude, 4h plus tard nous voici sur une selle herbeuse en vue de la vallée de Sangda.
Bingo, nous avons réussi !

Il nous faut maintenant descendre rejoindre la rivière.
Tout en bas !
Comment sera cette descente, y a-t-il un sentier ? Mystère !
Nous nous laissons guidé par une vague sente, en restant très attentif à ne pas perdre ce fil d’Ariane.
2000 m plus bas !, assis sur un caillou, un peu défait mais heureux, nous contemplons notre descente et les gorges d’où débouche le sentier du Dolpo.
Quel sentiment étrange, nous avons l’impression que la Hidden Valley nous a laisser passer, nous a laisser quitter un monde interdit et secret.
Il ne nous reste plus qu’à descendre tranquillement le long de la rivière, les signes de vie sont de plus en plus nombreux.
Puis, plutôt que de rejoindre Sangda à marche forcée, nous installons un bivouac confortable sur une banquette herbeuse en face du grand pont de la route du Dolpo.
Sangda…, minuscule village accroché à flan de montagne en dehors des routes touristiques, pas de lodge, mais un hébergement chez l’habitant, une « bhati » un peu rustique chez une « didi » accueillante.
Comme Naar & Phu, un lieu mythique du bout du monde.

Tout le village est un peu surpris d’apprendre que nous arrivons directement de la Haute Hidden Valley… surtout seul, sans « guide » ni équipe népalaise !
Nous y resterons toute l’après midi et la soirée pour nous imprégner de la vie quotidienne de ces gens d’en haut.
Rien ne presse pour rejoindre Jomosom et la civilisation.

Dernière étape… le retour !
Le lendemain, alors que je rejoins directement Jomoson, mes trois compagnons de route font un détour vers Kagbeni et Muktinath.
A Jomosom, le sirdar est enfin soulagé de nous retrouver tous en bonne santé.
Douches et bières à volonté, un hôtel près de l’aéroport nous permet de reprendre pied dans une autre réalité.
Le lendemain, deux sauts de puce en avion, pour Pokhara puis Kathmandu, et nous voici pour le repas de midi sur la terrasse de notre hôtel de Bhaktapur.
Le choc est total, c’est vraiment trop bien cet hôtel !

Un après midi de débriefing n’est pas de trop pour laisser s’exprimer tout le vécu de ce mois passé en huit clos.
Un moment très important et trop souvent escamoté pour ne pas aborder des sujets difficiles ou douloureux.

Puis, c’est le grand départ… nos routes se séparent.
Retour en France pour le petit groupe des quatre, pendant que je vais me ressourcer à la stupa de Bhodhanath, où j’ai rendez-vous plus tard avec l’équipe de l’Amotsang.

En guise de conclusion…
Une expédition humainement très difficile, mais où j’ai beaucoup appris.

Au niveau de la taille d’un groupe :
Un petit groupe reste très/trop fragile.
4 ou 5 personnes ce n’est vraiment pas beaucoup, pas assez !, surtout s’il existe des relations internes.
Un groupe plus grand, 8 à 10 personnes, facilite cette vie commune obligatoire et dilue les éventuelles frictions de personnalités.
Alors que ces grands groupes sont largement dévalorisés par l’ensemble du microcosme alpin !

Sur les relations humaines :
Plus que les aspects techniques d’alpinisme, elles prennent une importance capitale, trop souvent sous estimer !
Il n’est pas si simple de mettre en place, au sein du groupe, une qualité d’expression et d’écoute permettant d’éviter des tensions trop importantes, surtout dans la durée.
Même pour un guide et même avec plus de 15 ans d'expérience en expés et quelques compétences en péda & relations humaines, en clair même pour moi !

Au sujet de la technique alpine et sur ce projet de traversée :
Le sommet du Tukuche avait été choisi initialement pour un projet de traversée, en technique alpine.
Un projet relativement rare en Himalaya, même aujourd’hui.
Pourtant, que de projets à imaginer et à rêver en ouvrant cette porte… de grandes traversées d’arêtes ou de massifs, et arriver dans une vallée par le haut.
Sur le papier, le projet était séduisant et semblait réalisable, par contre dans la réalité, ce type d pratique ne s’adresse qu’a des personnes ayant une bonne expérience de l’Himalaya et des expéditions, avec un moral et une forme physique à la hauteur.
Réussir un sommet en aller retour, à une altitude déjà importante, n’est jamais simple ni gagné d’avance… en faire l’ascension en technique alpine et en plus en traversée, représente un autre monde !
C’est un projet radicalement différent, qui demande des compétences, des motivations et un matériel différents que notre équipe n’avait pas.

Sur les agences népalaises, le processus de choix et sur les comptétence de l'équipe, et des porteurs d'altitude:
Pour cette expé, c’est le groupe qui a choisi l’agence népalaise, avec un appel d’offre auprès des agences francophones pré sélectionnées de la rubrique « les clefs de l’Himalaya «.
Petit problème a résoudre… pour la marche d’approche, nous souhaitions passer par Sandga et remonter la Hidden Valley depuis le bas, ce qui permettait d’évaluer réellement la compétence des agences sur des problèmes complexes de permit et avec des itinéraires peu ou pas du tout connus.
Bien peu, ont su répondre correctement à cette demande, et même celle qui a été choisi au final, nous a largement roulé dans la farine sur ce « détail ».
Malgré tout, concrètement le choix d’une agence compétente est relativement simple et les prestations sont généralement de qualité homogène.

Mais il est très intéressant de faire, malgré tout, une consultation auprès des différentes agences pour se rendre compte de certaines différences.

Actuellement, le plus gros problème réside dans la confusion qu’il existe sur les compétences des gens du terrain, et sur les termes employés par les agences.
Je pense qu’il ne faudrait plus utiliser le mot de « Sherpa d’altitude ou Climbing Sherpa » et le remplacer par celui de « porteur d’altitude », le mot de Sherpa étant réservé pour désigner un peuple, une communauté, un pays.
Ce qui est plus respectueux, à la fois… pour les Sherpas et pour les autres ethnies qui effectuentt aussi ce travail.

Autre confusion..., il n’y a pas (encore) de guide de haute montagne » comme on peu définir cette fonction dans les Alpes et en Europe ( a part quelques très rares exceptions, 3 ou 4 au max…).
Avoir effectuer des portages au col sud de l’Everest ou même avoir été au sommet, ne suffit pas pour avoir des compétences de leader d’un groupe d’occidentaux sur un grand sommet !

C’est d’ailleurs le challenge de ces prochaines années, avec l’émergence d’une véritable formation, d’un diplôme, et la reconnaissance de ce diplôme par UIAGM.
En espérant que la confusion entretenue + ou – consciemment, par les agences (et par les touristes que nous sommes), ne complexifie pas trop cette entreprise.

Personnellement, je vais plutôt m’investir dans la formation d’une équipe népalaise avec qui je vais travailler régulièrement pour préparer ce futur proche, plutôt que de continuer un comparatif entre les différentes agences de KTM…

Sur les tentes d'altitude :
Nous avons évolué sur la montagne avec deux types de tentes :

  • des tentes « à vivre » de 3, au camp I , avec de la place en contrepartie d’un poids conséquent.
  • des tentes « light » de 2, plus légères, mais aussi beaucoup plus petites.

Nous avons utilisé les tentes « light » pour le camp II, dans le cadre de notre traversée du Tukuche ( et donc de technique alpine) ce qui a rendu plus difficile la vie en altitude pour mes compagnons moins expérimentés et explique leur peu d’entrain à « remettre le couvert » pour une autre ascension avec un camp d’altitude.

Un point important : le type de tentes détermine directement la qualité de vie en altitude et donc modifie les chances de réussite des uns et des autres. Plus l’expérience de l’équipe est limitée, plus de grandes tentes « à vivre » sont nécessaires, voire indispensables.

De manière générale, il faudrait valoriser beaucoup plus les tentes de 3 ou 4 personnes, (comme la Snonwbound 3 ou 4 de Ferrino), surtout dans un cadre pro.

Les tentes « light » devraient être réservées soit à des camps exigus, sur une arête ou dans la pente, soit pour une progression en technique alpine.
Et encore, il y a tente « light » et vraiment light !
Pour une ascension classique en aller/retour, des tentes à vivre sont donc préférables, surtout que la place ne manque pas, ni au camp I ni au camp II.

 

Une dernière image du Tukuche Peak avec la position des camps d'altitude. Retrouvez toutes les informations sur l'ascension dans la page topo...

Une dernière info... Pour l'automne 2004 & 2005, Terres d'aventure est la seule agence qui propose ce sommet avec un accès par la Hidden Valley.

 

 

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