
En montant au Tilicho Lake, Dhaula et
Tukuche se profilent à l'horizon.

Le déroulement de notre
expé...
Cette expédition a été
organisé dans le cadre de «
Montagnes de la Terre », l’agence
de la fédération
des Clubs Alpins Français, et avec
le soutien de la commission alpinisme du CAF.
L’objectif étant de proposer une expédition
différente de celle des agences de voyage françaises
(les TO) et plus en phase avec une philosophie associative
d’implication et de formation des participants.
Le projet.
Voici les pages initiales de présentation
du projet, il y avait même des
photos et une
fiche technique.
L'équipe.
Nous nous retrouverons à 5 personnes pour cette
expé. Ce qui est vraiment un petit groupe...
Trois personnes de Grenoble, skieurs de rando avertis, Fred,
Benoît & François.
Et Philipe, montagnard expérimenté du sud.
La Préparation.
Elle a été particulièrement longue
et bien structurée, en débutant dès le
mois de janvier, puis en continuant jusqu’au départ
avec des rendez-vous réguliers et un travail en petit
groupe pour choisir l’agence.
Le fait que 3 personnes se connaissent avant le départ
et habitent le même lieu a encore augmenté cette
préparation.
Cela a certainement été un facteur facilitant
la cohésion du groupe face aux difficultés comme
l’attente à Pokara ou la modification du programme
d’acclimatation.
Mais, il n’est pas toujours facile de trouver ou de
mettre en place la préparation adaptée à
chaque projet.

Une image surprenante, prise par Hugues
de Varax depuis la vallée de Naar, du sommet du Kanguru.
Le Tukuche est bien petit entre
le Tilicho Peak et le Dhaulagiri.
Par contre on voit bien l'arête de la voie normale,
à droite, et les deux sommets.
Dans le vif du sujet.
Comme c’était ma première expé
de l’automne, nous avons donc voyagé tous ensemble
depuis Paris.
1ère difficulté à Paris, où comme
d’habitude, nous avons des excédents de bagage,
un peu de bricolage et beaucoup d’angoisse… Ouf.
Mais les contrôles par les compagnies aériennes
deviennent de plus en plus strictes et il sera très
difficile voir impossible, à l’avenir, de voyager
avec trop de bagages.
Forcement des galères pour les
départs futurs, avec l’obligation de bien cadrer
ce sujet.
Et voici KTM.
damned… Nepal Band dans toute la ville
et circulation interdite dans toute la vallée (traduisez
par grève générale). C’est
plutôt moyen comme accueil, surtout que l’agence
n’est pas au rendez-vous !!! ce qui normalement
n’arrive jamais, car les agences népalaises sont
plutôt très pro et fiables.
Bon… heureusement, je connais suffisamment les lieux
et avec quelques mots de népali, nous réussissons
a nous faire transporter à notre hôtel... bien
sûr, à un prix exorbitant !
Peu de voitures, pas de bruit ni d’embouteillage…
une vision surprenante et très agréable de KTM,
malgré la présence militaire et une certaine
tension dans l’air.
L’hôtel Padma est un havre de
paix, au cœur du lieu saint de la grande stupa de Bhodhanath.
Un atterrissage en douceur, avec, à la fois suffisamment
de confort et une proximité véritable avec la
vie bouddhiste du Népal.
La suite s’enchaîne tranquillement… une
journée pour faire les derniers achats de nourriture,
visiter la ville et terminer les formalités avec l’agence.
Bonne surprise, Surke, le jeune sirdar, parle
vraiment bien le français.
Le lendemain, pendant que Fred, Benoît, Christian, Philipe
et toute l’équipe partent en bus pour Pokhara,
je file au ministère pour le briefing et la paperasse
traditionnels, avant de sauter dans un avion et retrouver
tout le monde sur les bords du lac.
Un moyen intéressant d’économiser une
journée dans un planning serré…
Demain, il ne nous reste plus qu’à prendre le
vol pour Jomosom pour nous retrouver en pleine montagne et
à pied d’œuvre.
Première étape… rejoindre
Jomosom et s’acclimater.
Trois jours d’attente à Pokhara, avec
des aller-retour entre l’aéroport et l’hôtel,
sans savoir quand un avion va pouvoir décoller…
une situation peu confortable pour un groupe ! Surtout quand
le choix est ouvert.
- Faut-il attendre ?
- Partir directement en trek ?
- Payer un hélico ?
La stabilité du groupe, la patience des uns et des
autres sont alors mis à rude épreuve
Dans ce cas précis, quand la machine se grippe, une
agence népalaise fiable et compétente devient
alors indispensable et les différences de qualité
apparaissent clairement. La notre pour
cette expé (Churen Himal) a bien assuré.
Après beaucoup de discussion et en mettant toutes les
hypothèses à plat, nous avons choisi d’attendre
un vol pour Jomoson, au lieu de partir à pied pour
Marpha.
L’objectif étant d’être
le plus possible en montagne et à une altitude suffisante
pour une réelle acclimatation.
Le trek de Beni à Marpha n’offre pas cette possibilité
car il se déroule à des altitudes trop faibles.Et
puis, sous la pluie, c'est pas top non plus !
Un jour, enfin, nous voici à Marpha.
D’un coup de baguette magique nous avons changé
de monde, nous voici en pleine montagne entourés de
sommets prestigieux, le Tilicho étincelle de neige
fraîche.
Toute la journée, les vols se succèderont pour
évacuer tous les trekkeurs bloqués à
Jomoson.
Info pratique… A
Marpha, plusieurs lodges sont très fréquentables.
En descendant : New Dhaulagiri Lodge, Hôtel Sunrise,
Paradise. Et un peu avant le village, Trans-Himalayan Hôtel,
plus grand et plus haut de gamme.
Au Sunrise, mon adresse habituelle, il y
a maintenant des chambres avec salle de bain et toilette,
au prix exorbitant de 200 roupies (3€ !).
C’est très intéressant de vivre cette
évolution concrète de « la mise en tourisme
» d’un lieu, au fil des années.
Bien sûr, nous avons modifié l'ensemble de notre
programme, en choisissant de nous acclimater en montant au
Lac de Tilicho, plutôt que de rejoindre
directement notre camp de base.
A midi, le lendemain, de passage à Thimigaon, l’équipe
de cuisine s’est installée dans une maison privée
pour préparer le déjeuner… et nous voici
« chez l’habitant », au premier
stade de l’évolution de l’offre d’accueil
touristique.
Une très bonne adresse… Des
chambres sont prévues pour bientôt et la patronne
s’appelle Cheli Takali, sa maison se trouve dans
le haut du village, un peu à droite de la Gompa.
Depuis Thimigaon, il est possible de faire une très
belle randonnée vers le lac de Dhumba et la Gompa situé
sur un promontoire au dessus de la Khali Gandaki, par exemple
pour une journée d’acclimatation.
En début d’après midi, nous nous sommes
arrêté à Paktang, puis le lendemain à
Numu.
Voir le chapitre sur l’acclimatation au Tilicho
Lake…
Le 3eme jour était consacré à de l’acclimatation
active avec un aller retour au lac, mais le mauvais temps
(neige et brouillard) a réduit la journée. Dommage…
La descente à Marpha fut rapide, en une matinée,
et le retour à la civilisation très apprécié
: lodge, douches chaudes et bières. Mais catastrophe,
pas d’Internet !
Deuxième étape… rejoindre
le camp de base avec toutes nos affaires !
L’itinéraire est simple et connu, il suffit de
traverser le Dhamphus pass à 5244 m. Mais le problème
à résoudre n’est pas forcement évident,
car le camp de base est très haut, environ 5000 m,
et pour pouvoir continuer notre ascension, il nous faut être
bien acclimaté.
Nous décidons donc de traverser le col en trois jours
et de rallonger avec une journée de repos à
Yak Kharka, si nécessaire.
La 1ere journée jusqu’à Alubari, très
courte, est superbe.
Avec la rencontre de Géologues canadiens de l’Université
de Kingston en Ontario, avec qui nous partagerons quelques
bons moments.
Catastrophe, la matinée du 3eme jour, nous nous réveillons
sous la neige !
Comment allons-nous traverser le col, avec les mules et les
porteurs?
Une journée épique nous attend, pleine d’incertitudes.
Puis, contre toute attente, nous voici en fin de journée
au camp de base, porteurs et mules ont réussi a passer
sans encombre… Ouf !
Troisième étape… faire l’ascension
du Tukuche Peak.
Nous avions bien hiérarchiser nos projets avant le
départ.
- Commencer par l’ascension du Tukuche Peak en aller
retour,
- puis construire la traversée,
- et enfin, explorer cette fameuse Hidden Valley qui nous
tend les bras.
Nous sommes donc efficaces pour cette ascension, qui ne
nous pose pas de problème majeur. Bien sûr,
nous n’avons pas d’information sur l’emplacement
des camps, ( mais je sais faire sans,
d'habitude…) !

Nous laissons de côté le
Dhampus Peak ou Thapa Peak 6012 m, sans grand intérêt
à nos yeux et pas très esthétique, pour
nous concentrer sur le Tukuche. Le Thapa Pass, c'est le grand
champ de neige en bas de la photo, et le Dhampus Peak se gravi
par l'arête de gauche par des pentes d'éboulis
+ ou - recouvertes de neige.
La voie d’ascension est bien visible du camp de base
et seul un dernier ressaut très haut nous inquiète
un peu.
Nous installons le premier camp, puis le deuxième…
pas de trace, nous sommes seuls sur la montagne.
Le camp 2 est déjà haut perché et la
vue sur le Dolpo et le Tibet s’ouvre de plus en plus,
avec une ambiance très particulière sur les
beaux sommets du petit massif du Muktu Himal.
Départ pour le sommet…
Damned, Philippe a froid aux mains, et impossible de les
réchauffer !
Discussion au petit matin, il prend la sage décision
d’arrêter ce jour pour mieux repartir le lendemain,
avec moi..., comme la voie sera connue cela sera d’autant
plus facile.
Nous continuons donc à 6, nos deux jeunes népalais,
Fred, Benoît, Christian et moi.
Un peu plus haut, un grand col serait
idéal pour le camp 2.
Nous sommes au pied de l’arête, la trace est profonde
mais sans plus et il fait un temps superbe.
Un vrai Summit Day !
1ere pente raide sans soucis, 2eme raidillon, le plus jeune
népalais trouve ça un peu raide et préfère
rentrer au camp ( normal, c’est sa 1ere journée
en haute altitude et avec des crampons !).
Dommage pour Surke, le sirdar, qui devra descendre avec lui
pour l’assurer.
Surveillance du coin de l’œil,
alors que nous continuons notre chemin…
Assurage optimal à la descente avec un encordement
court, Surke est vraiment au point techniquement. Chapeau,
car c’est très rare.

Voici le col entre les deux sommets,
le ressaut est déjà dernière nous. Je
choisis d’aller au sommet Ouest, plus facile, car la
trace a été rude et nous sommes tous un peu
fatigués.
Nous voici en face du Dhaulagiri, le sommet est une jolie
arête très effilée, un très beau
moment.
Je ramasse quelques cailloux pour nos amis géologues
et il nous faut déjà redescendre au camp 2 retrouver
Philippe et les deux népalais. Une formalité,
malgré la fatigue qui se fait sentir.
Demain, j’accompagnerai Philippe et Surke, le sirdar,
à l’autre sommet, pour que notre réussite
soit totale, tandis que Fred, Benoît et Christian redescendront
tranquillement en profitant d’une dernière nuit
en altitude.
Mais rien ne marchera comme prévu !
Déjà en fin d’après midi, Surke
a trop mal à la tête et doit redescendre. Philippe
passe une très mauvaise nuit et n’est pas en
état de partir le lendemain matin.
Quelle poisse !
Le lendemain, démontage complet des camps et descente
pour tout le monde.
En une journée, tout est terminé !
Le camp de base, pourtant à plus de 5000 m, nous semble
d’un confort extraordinaire.
Repos et rangement, il nous reste quatre jours, qu’allons-nous
décider pour terminer en beauté cette aventure
himalayenne ?
Grand débriefing et remue-méninges sous la tente
mess pour trouver un programme adapté à chacun.
Comme personne n’a envie de repartir pour un camp d’altitude,
nous optons pour un autre sommet en aller retour depuis le
camp de base, se sera le Tashikang,
dans le bas de la Hidden Valley.

Philippe et Benoît, plus durement
touchés par l’altitude se reposeront en allant
au Col des Français ,
admirer une dernière fois le Dhaulagiri.
Puis nous garderons une journée de sécurité
pour organiser notre descente sur Sangda.
Au final, Fred et François feront un avant
sommet du Tashi Kang à 6199 m, pendant que
j’irais au sommet principal, 6386 en traversant les
arêtes et en redescendant par la voie normale.
J’ai un peu besoin d’espace
et de solitude !
Dans ce recoin du Sandachhe Himal, c’est
un très beau sommet d’expédition, ouvert
par le ministère du tourisme, mais d’altitude
inférieur à 6500 m et donc sans officier de
liaison, ce qui permet d’avoir un vrai permis et de
pouvoir explorer les autres sommets du Sandachhe ou du Muktu
Himal.
Avant dernière étape de notre expé…,
trouver une voie de sortie par la Hidden Valley !
Nos informations sont bien maigres.
D’après le sirdar de Laurent, Pasang
: « You have to cross
two rivers and then, climb up, high and step up, to find a
pass... no problem for you ! »
Oui, bien sûr...
Je vais passer une soirée au camp des canadiens qui
cartographient le bas de la vallée et le lendemain
toute l’équipe est réunie.
Philippe trop malade a préféré descendre
directement sur Marpha.
Nous serons donc 4, juste avec nos sacs à dos, des
tentes légères et des réchauds. Aucun
népalais ne nous accompagne car l’équipe
passera le col de Dhampus et nous nous retrouverons tous à
Jomosom, dans 4 jours.
C’est une expérience rare !!!
Quatre occidentaux perdu au fin fond du Népal, à
la recherche d’un hypothétique sentier pour rejoindre
un village du bout du monde, Sangda.
Mais surtout sans véritable autorisation pour voyager
entre Dolpo et Mustang.
Il y a effectivement un sentier, qui passe haut au dessus
des gorges, un sentier à yacks (vu les bouses !) mais
certainement pas un sentier « à vaches »
!
Après s’être posé quelques questions,
sans vraiment d’inquiétude, 4h plus tard nous
voici sur une selle herbeuse en vue de la vallée de
Sangda.
Bingo, nous avons réussi !
Il nous faut maintenant descendre rejoindre la rivière.
Tout en bas !
Comment sera cette descente, y a-t-il un sentier ? Mystère
!
Nous nous laissons guidé par une vague sente, en restant
très attentif à ne pas perdre ce fil d’Ariane.
2000 m plus bas !, assis sur un caillou, un peu défait
mais heureux, nous contemplons notre descente et les gorges
d’où débouche le sentier du Dolpo.
Quel sentiment étrange, nous avons l’impression
que la Hidden Valley nous a laisser passer, nous a laisser
quitter un monde interdit et secret.
Il ne nous reste plus qu’à descendre tranquillement
le long de la rivière, les signes de vie sont de plus
en plus nombreux.
Puis, plutôt que de rejoindre Sangda à marche
forcée, nous installons un bivouac confortable sur
une banquette herbeuse en face du grand pont de la route du
Dolpo.
Sangda…, minuscule village accroché à
flan de montagne en dehors des routes touristiques, pas de
lodge, mais un hébergement chez l’habitant, une
« bhati » un peu rustique chez une «
didi » accueillante.
Comme Naar & Phu, un lieu mythique du bout du monde.
Tout le village est un peu surpris d’apprendre que
nous arrivons directement de la Haute Hidden Valley…
surtout seul, sans « guide » ni équipe
népalaise !
Nous y resterons toute l’après midi et la soirée
pour nous imprégner de la vie quotidienne de ces gens
d’en haut.
Rien ne presse pour rejoindre Jomosom et la civilisation.
Dernière étape… le retour
!
Le lendemain, alors que je rejoins directement Jomoson, mes
trois compagnons de route font un détour vers Kagbeni
et Muktinath.
A Jomosom, le sirdar est enfin soulagé de nous retrouver
tous en bonne santé.
Douches et bières à volonté, un hôtel
près de l’aéroport nous permet de reprendre
pied dans une autre réalité.
Le lendemain, deux sauts de puce en avion, pour Pokhara puis
Kathmandu, et nous voici pour le repas de midi sur la terrasse
de notre hôtel de Bhaktapur.
Le choc est total, c’est vraiment
trop bien cet hôtel !
Un après midi de débriefing n’est pas
de trop pour laisser s’exprimer tout le vécu
de ce mois passé en huit clos.
Un moment très important et trop souvent escamoté
pour ne pas aborder des sujets difficiles ou douloureux.
Puis, c’est le grand départ… nos routes
se séparent.
Retour en France pour le petit groupe des quatre, pendant
que je vais me ressourcer à la stupa de Bhodhanath,
où j’ai rendez-vous plus tard avec l’équipe
de l’Amotsang.
En guise de conclusion…
Une expédition humainement très difficile, mais
où j’ai beaucoup appris.
Au niveau de la taille d’un groupe :
Un petit groupe reste très/trop fragile.
4 ou 5 personnes ce n’est vraiment pas beaucoup, pas
assez !, surtout s’il existe des relations internes.
Un groupe plus grand, 8 à 10 personnes, facilite cette
vie commune obligatoire et dilue les éventuelles frictions
de personnalités.
Alors que ces grands groupes sont largement
dévalorisés par l’ensemble du microcosme
alpin !
Sur les relations humaines :
Plus que les aspects techniques d’alpinisme, elles prennent
une importance capitale, trop souvent sous estimer
!
Il n’est pas si simple de mettre en place, au sein du
groupe, une qualité d’expression et d’écoute
permettant d’éviter des tensions trop importantes,
surtout dans la durée.
Même pour un guide et même
avec plus de 15 ans d'expérience en expés et
quelques compétences en péda & relations
humaines, en clair même pour moi !
Au sujet de la technique alpine et sur ce projet de traversée
:
Le sommet du Tukuche avait été choisi initialement
pour un projet de traversée, en technique alpine.
Un projet relativement rare en Himalaya, même aujourd’hui.
Pourtant, que de projets à imaginer et à rêver
en ouvrant cette porte… de grandes traversées
d’arêtes ou de massifs, et arriver dans une vallée
par le haut.
Sur le papier, le projet était séduisant et
semblait réalisable, par contre dans la réalité,
ce type d pratique ne s’adresse qu’a des personnes
ayant une bonne expérience de l’Himalaya et des
expéditions, avec un moral et une forme physique à
la hauteur.
Réussir un sommet en aller retour, à
une altitude déjà importante, n’est jamais
simple ni gagné d’avance… en faire l’ascension
en technique alpine et en plus en traversée, représente
un autre monde !
C’est un projet radicalement différent, qui demande
des compétences, des motivations et un matériel
différents que notre équipe n’avait pas.
Sur les agences népalaises, le processus de choix
et sur les comptétence de l'équipe, et des porteurs
d'altitude:
Pour cette expé, c’est le groupe qui a choisi
l’agence népalaise, avec un appel d’offre
auprès des agences francophones pré sélectionnées
de la rubrique « les clefs de l’Himalaya «.
Petit problème a résoudre… pour la marche
d’approche, nous souhaitions passer par Sandga et remonter
la Hidden Valley depuis le bas, ce qui permettait d’évaluer
réellement la compétence des agences sur des
problèmes complexes de permit et avec des itinéraires
peu ou pas du tout connus.
Bien peu, ont su répondre correctement à cette
demande, et même celle qui a été choisi
au final, nous a largement roulé dans la farine sur
ce « détail ».
Malgré tout, concrètement le choix d’une
agence compétente est relativement simple et les prestations
sont généralement de qualité homogène.
Mais il est très intéressant de faire, malgré
tout, une consultation auprès des différentes
agences pour se rendre compte de certaines différences.
Actuellement, le plus gros problème réside dans
la confusion qu’il existe sur les compétences
des gens du terrain, et sur les termes employés par
les agences.
Je pense qu’il ne faudrait plus utiliser le mot de
« Sherpa d’altitude ou Climbing Sherpa »
et le remplacer par celui de « porteur d’altitude
», le mot de Sherpa étant réservé
pour désigner un peuple, une communauté, un
pays.
Ce qui est plus respectueux, à la fois… pour
les Sherpas et pour les autres ethnies qui effectuentt aussi
ce travail.
Autre confusion..., il n’y a pas (encore)
de guide de haute montagne » comme on peu définir
cette fonction dans les Alpes et en Europe (
a part quelques très rares exceptions, 3 ou 4 au max…).
Avoir effectuer des portages au col
sud de l’Everest ou même avoir été
au sommet, ne suffit pas pour avoir des compétences
de leader d’un groupe d’occidentaux sur un grand
sommet !
C’est d’ailleurs le challenge de ces prochaines
années, avec l’émergence d’une véritable
formation, d’un diplôme, et la reconnaissance
de ce diplôme par UIAGM.
En espérant que la confusion entretenue + ou –
consciemment, par les agences (et par les touristes que
nous sommes), ne complexifie pas trop cette entreprise.
Personnellement, je vais plutôt m’investir
dans la formation d’une équipe népalaise
avec qui je vais travailler régulièrement pour
préparer ce futur proche, plutôt que de continuer
un comparatif entre les différentes agences de KTM…
Sur les tentes d'altitude :
Nous avons évolué sur la montagne avec deux
types de tentes :
- des tentes « à vivre »
de 3, au camp I , avec de la place en contrepartie d’un
poids conséquent.
- des tentes « light » de 2,
plus légères, mais aussi beaucoup plus petites.
Nous avons utilisé les tentes « light
» pour le camp II, dans le cadre de notre traversée
du Tukuche ( et donc de technique alpine) ce qui
a rendu plus difficile la vie en altitude pour
mes compagnons moins expérimentés et explique
leur peu d’entrain à « remettre le
couvert » pour une autre ascension avec un camp
d’altitude.
Un point important : le type
de tentes détermine directement la qualité de
vie en altitude et donc modifie les chances de réussite
des uns et des autres. Plus l’expérience
de l’équipe est limitée, plus de grandes
tentes « à vivre » sont nécessaires,
voire indispensables.
De manière générale, il faudrait valoriser
beaucoup plus les tentes de 3 ou 4 personnes, (comme
la Snonwbound 3 ou 4 de Ferrino), surtout dans un cadre
pro.
Les tentes « light » devraient être réservées
soit à des camps exigus, sur une arête ou dans
la pente, soit pour une progression en technique alpine.
Et encore, il y a tente « light
» et vraiment light !
Pour une ascension classique en aller/retour, des
tentes à vivre sont donc préférables,
surtout que la place ne manque pas, ni au camp I ni au camp
II.

Une dernière image
du Tukuche Peak avec la position des camps d'altitude. Retrouvez
toutes les informations sur l'ascension dans la
page topo...
Une dernière info... Pour l'automne
2004 & 2005, Terres
d'aventure est la seule agence qui propose
ce sommet avec un accès par la Hidden Valley.
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