L'Araniko Chuli et la traversée du Dolpo au Mustang
1ère partie : de Jomosom à Chharka
à l'automne 2009




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Les différentes parties de ce dossier Araniko 2009 :

Dernière modification, le samedi 2 janvier 2010.


Une carte de l'ensemble du parcours, de Chharka à Lo.

Et un grand merci à Denis Flaven pour la partie cartographie et les photos...



Jocelyn Chavy, le premier jour à Kathmandu, nous avons déjà une longue histoire en commun. Il est aussi reporter-photographe à trekmag et un article sur notre voyage sortira dès son retour en France.
Voici le point de départ obligé de toutes mes itinérances himalayennes, Bouddhanath et un petit thé matinal devant la grande stupa sur la terrasse de l'hôtel. Depuis maintenant plus de 10 ans, l'hôtel Padma est mon camp de base à Kathmandu.
J'y suis bien, presque chez moi. Et tant pis (ou tant mieux...) si ce n'est pas un **** et si nous sommes loin de Thamel.


Le Denis un peu décalqué par le décalage horaire... Et Bishal, qui fait pour la première fois les courses dans un grand supermarché.


Pour Joce et Rod c'est pas mieux...
Mais la visite de Kathmandu qui commence par le supermarché du coin, c'est pas vraiment banal.
Je voulais vérifier s'il était possible d'acheter toute la nourriture d'altitude sur place sans se casser la tête avec du fret ou des surcharges de bagages. Au final, la réponse n'est pas très positive...


Sans commentaire !

Kagbeni et un peu d'acclimatation...
Tout le monde considère Kagbeni comme la porte du Mustang. C'est faux...
Kagbeni, c'est déjà le Mustang !!!
Et on y retrouve toutes les composantes culturelles du Upper Mustang.
Kag fait partie du territoire des 12 villages (Bara Gaon) et mérite beaucoup plus qu'un rapide détour à la descente du Thorong La sur le tour des Annapurna.
C'est le lieu idéal pour un petit séjour, pour s'immerger au plus près de la vie des gens. C'est le plaisir immense de faire un pas de côté pour un tourisme résidentiel loin de la pression des itinéraires formatés pour randonneur itinérant pressé. Voilà, c'est dit, même si parfois je suis aussi ce même randonneur itinérant pressé.
Mais le tourisme résidentiel, j'adore ça... : se poser, voir, essayer de comprendre..., mieux regarder et peut être, revenir.



Un clin d'oeil entre ancien et moderne...


Et, à 100 m de distance, une ferveur immense, incroyable...

sago
A Kag, les « Sago Namgo » (porte du ciel, porte de la terre) sont suspendues à l’entrée de nombreuses maisons.
C'est aussi le titre du livre de peintures de Robert Powell "Earth Door, Sky Door", un livre incontournable à retrouver dans le chapitre documentation. Voir aussi la page "Sacred Landscapes"... un premier pas sur la trace du sacré.


Mon camp de base incontournable à Kagbeni.
Si vous passez par là, faites absolument le détour... et posez-vous sur la véranda du toit.

©Denis
Ambiance tranquille pour un petit déjeûner au soleil.


ça m'énerve ces groupes des grandes agences qui campent dans la cour des hôtels.
La raison en est uniquement économique... Mais moi, je trouve que cela manque de classe de la part de Terdav et des autres.
Et surtout cela ne va pas vraiment dans le sens d'un tourisme durable ou responsable (pourtant tellement à la mode...).
D'après vous, dans quelle poche va l'argent ainsi économisé ?


Le proprio de Red House Lodge...Tenjin Serap Thakuri.
Il a pris un peu de son temps pour nous faire voir les lieux de culte des déités locales, cachés au milieu de la vie quotidienne.
De quoi alimenter encore longtemps le chapitre des "Sacred Landscapes".


Un lieu très surprenant, à la fois chorten et lieu de culte. A l'intérieur, il y a un petit autel dédié à Padmasambawa.


Et voici Jowo Chögyal, "the Lord of place" associé à l'eau, dans le bas du village.
Je n'avais pas réussi à le trouver lors de mon dernier passage à Kag.
Normal, les nouvelles habitations l'entourent complètement et il est protégé par un enclos. Mais la tradition est respectée, durant les pujas en son honneur, principalement pour les moissons, en ouvrant la porte de l'enclos la connexion peut être conservée avec la Gompa.


Un tas de cailloux blancs en bordure du chemin ?
Mais non, c'est en emplacement sacré, l'un des "Lords of the place" de Kag, Chubtor, une déité locale qui protège le village.


Et c'est Tenjin Serap Thakuri aussi qui est à l'initiative de ce sentier, construit uniquement pour les touristes, pour leur permettre d'accéder à une view tower en haut de la montagne. Pour nous, c'est l'occasion de vérifier si son idée est pertinente tout en nous acclimatant.


Conclusion... La vue est superbe, et c'est vraiment une très bonne idée.
Il faudrait juste continuer le sentier sur la bosse suivante de l'arête pour pouvoir faire une boucle et rejoindre ainsi le petit village de Tini.


Le petit abri, au sommet.
Il y a même des vitres aux fenêtres pour permettre de profiter de la vue tout en étant protégé du vent.
Un abri à comparer avec celui construit près de Syangboche par l'ACAP !,
Il y a une photo dans le compte rendu "de Lo à Jomosom".


Deux images d'une même modernité...

Luprak ou Lapra...
J'avais vraiment envie d'aller à Luprak, de faire le détour par ce petit village qui a la particularité d'être un village Gurung et de religion Bön. Charles Ramble a beaucoup étudié et écrit sur ce village, sur les traditions et le mode de vie des villageois.
Pour nous, c'est aussi une manière de conjuger acclimatation et culture, et de préparer le projet du printemps prochain avec Tirawa "Sur les traces du sacré...".


Un village bien caché, dans un repli de terrain, à deux pas d'une autoroute.


En arrivant à Luprak depuis Kagbeni.

luprak
Toujours dans le registre des "Sacred landscapes", le chorten dans le bas du village.
Mais regardez juste derrière, il y a une grande pierre avec des traces blanches, elle a forcement une signification religieuse.
Et voilà... un autre chapitre s'ouvre sur Luprak "sur les traces du sacré..."


Luprak est un très beau village qui mérite largement un détour mais aussi peut être de s'y arréter pour loger chez l'habitant.



Dans cette Gompa Bön très particulière.

De Phalyak à Chharka
Nous sommes partis très tôt ce matin de Phalyak. A la frontale !
Il faut dire qu'avec Jocelyn nous avons vraiment un compte à régler avec cette étape que nous avons fait deux fois en 2005 sans arriver à traverser ce foutu col à presque 4300 m. Les porteurs ne voulaient pas aller plus loin, trop de neige !
Retour à la case départ, directement à Kagbeni le même soir, pour y remonter le lendemain matin.
Mais en cet automne 2009, notre équipe népalaise est particulièrement solide, ça va bien se passer !

 


Denis au passage du premier col avec en arrière plan le Nilgiri et le Tilicho.


Au loin, le sommet de l'Annapurna I à 8000 m émerge au-dessus de la Grande Barrière, avec à sa droite le Tilicho.
Une photo prise au retour entre Syangboche et Samar
©Denis


La petite équipe des "Strong Porteurs" nous a déjà rattrapés.
Malgré la taille des sacs, ils ne sont pas très chargés et ils avancent comme des avions, plus vite que nous.

Quelques mots sur les conditions de travail de ces porteurs.

  • Chaque charge à été calibrée à (au max) 20 kg et ils y ajoutent leurs affaires personnelles.
  • Il y a une tente mess qui leur est spécialement destinée avec un petit matelas pour dormir.
  • Leur nourriture est prévue par l'équipe et c'est Lama qui est le "Special Nepali Cook".
  • Leur salaire est de 500 roupies par jour, jour de repos compris et nourriture incluse.

Initialement, ils étaient sensés nous accompagner (avec quelques sherpa de l'équipe proche) pour la traversée entre les deux cols pour arriver à Lo. Mais, avec l'annonce du mauvais temps, j'ai eu peur de me faire coincer au milieu par la neige avec des porteurs, certes costaux et peu chargés, mais peu habitués à la haute montagne en conditions difficiles. Ils sont donc redescendus avec Temba directement sur Ghami avec les muletiers, la cuisine et les mules. Et ce sont les Népalais de l'équipe proche qui nous ont accompagnés.
Bref, on aurait pu s'en passer... Et j'aurais pu ainsi mieux gérer mon budget.
Ce qui a fait dire à Denis, avec qui j'étais au Bhrikuti en 2005 :"Ben moi, j'aime bien les expés du Paulochon qui sont des fiascos financiers !!!"


L'ambiance particulière d'un chemin en balcon.


Les grandes traversées au-dessus de Sangda.
Attention à ne pas sous-estimer la longueur de l'étape et l'altitude, déja importante.
Acclimatation préalable obligatoire.


L'arrivée au-dessus de Sangda, une oasis de verdure dans un univers infiniment minéral.
Au fond à gauche, notre prochain col, la porte pour le Dolpo.

©Denis
Avec Rod, sur le toit d'une maison de Sandga, ambiance tranquille pour le "djusse" de l'après-midi.


Le petit-déjeuner à Sangda.
Toute la fine équipe : Rodolphe, Frank, Gyalzen, Jocelyn et Denis. Derrière, les bras croisés, "Papy la gale" et son fils, de rudes gaillards du village. Ils sont aussi les seuls au village, car tout le monde est à Gok pour terminer la moisson de l'orge.
Aujourd'hui, nous avons le temps, avec juste une demi-journée de marche jusqu'à Gok, le village d'hiver de Sangda.


sangda
Au loin, dans le flou d'un petit matin, les montagnes du Damodar Himal, avec le Khumjungar, son plus haut sommet.
C'est l'un de mes massifs préférés au Népal.
Et, il y a encore tellement de choses à y vivre, comme ce prochain "sur les traces du sacré" au printemps 2010.


Deux visions de Gok, village caméléon.


Le Jocelyn en plein travail.
Pas pire... Aujourd'hui la lumière est splendide.


Le col qu'il nous faudra passer demain. Le Kewa La à 5119 m
Mais où allons nous installer notre camp de ce soir ?



La carte avec le tracé du sentier, d'après le GPS de Denis.
Les noms des cols sont exacts car demandés à des locaux in situ...


Nous voici à l'intersection des sentiers pour le Dolpo.
A gauche, dans les pentes d'herbe puis sur le replat de l'arête, très haut, c'est le chemin vers Marpha et le French Pass.
C'est un endroit bien particulier, riche de significations et de souvenirs.
La première fois, en 2000 nous revenions de la Hidden Valley avec le petit groupe du Tukuche Peak. Nous venions de "découvrir" un nouvel itinéraire particulièrement secret et engagé. Que du bonheur !
La deuxième fois, c'était avec Chhotemba et nous étions sur le chemin du retour du Dolpo après la belle expé à la Putha Hiunchuli, une belle aventure très intimiste et très light !
Et la troisième, c'était lors d'une visite à Gok, car je voulais comprendre les réalités de vie de ce village d'hiver de Sangda qui est à la fois plus haut en altitude et au Nord (?) mais tellement bien placé !

©Denis
La Dolpo High Way... un très beau sentier, parfois un brin escarpé.



Comme dans "Himalaya, l'enfance d'un chef", il ne manque que la musique.

©Denis
Une photo toute tranquille et improbable.
Jocelyn et l'un des yacks drivers de Gok. Que peuvent-ils bien se dire ?


En contre-jour, dans la douce lumière du soir, notre camp entre Gok et le Kewa La.


En route vers le premier col, le Kewa La, nous sommes sur la Dolpo Highway comme dit Jocelyn.



Rod et le fond de la vallée, avec la Lhanhimar Khola.
Initialement, j'avais prévu de dormir près de la rivière pour couper en deux cette étape qui me semblait bien trop longue. Mais Jilke, le muletier nous a dit que ce n'était pas possible. "No grass..." et donc qu'il fallait absolument aller plus loin, en traversant l'autre col, le Niwa La à 5540 m. Et puis, Denis et Joce n'étaient pas vraiment partants pour dormir si haut, ils craignaient une mauvaise nuit et des problèmes de MAM.
En fait, il y avait de l'herbe pour les mules et je reste persuadé que d'y dormir est une bonne option. A condition de faire très attention à l'effort fourni à la montée et de bien se reposer l'après-midi.
L'enchaînement des deux cols n'est pas à conseiller à n'importe quel groupe de trekkeurs !
Pendant toute la durée de notre voyage, mes compagnons vont me brancher sur ma conception un peu particulière de "la progression douce".

©Denis
Un clin d'oeil de Denis pour me rappeler son mal de tête au passage des cols.
A lire aussi... la progression douce, une compil de texte.


Denis et Rod, en route vers le deuxième col.


Au Niwa La.
Et hop, un petit tour de plus pour honorer les Dieux...


Une vue vers le Nord, vers un col que Tamotsu Onishi a dû emprunter lors de son voyage en 2002.
Ce col permet de rejoindre directement la vallée de la Nakhkhem Khola et la Pass de Ghami sans passer par Chharka.


Une petite Khata en offrande...
Une belle manière de remercier les Dieux de nous accompagner en ces hauts lieux.


dolpo


La suite de la journée sera mémorable, à la poursuite de notre équipe.
Mais où sont-ils ? Où se sont-ils arrété ?
Temba me racontera qu'il a couru après Jilke toute l'après-midi. Lui, il était parti loin devant pour rejoindre directement Chharka dans la journée, avec ses potes de Sangda à cheval, qu'il a croisés en chemin. Au camp, j'étais furieux à cause de la longueur de l'étape mais au final nous avons dormi relativement bas en altitude et c'était bien aussi.
La journée d'après n'en a été que plus belle et tranquille. Et Jilke ne nous a pas quittés d'une semelle !!!

©Denis
Notre camp entre le Tuche La et Chharka.


Ce matin, je chemine avec Temba pour un long debreefing...
Nous avons réussi la première étape de notre périple, ce soir nous serons à Chharka.


Un clin d'oeil solaire pour une petite anecdote...

Temba sur son sac est en train de charger notre lampe à diode solaire.
Initialement, j’avais acheté ces lampes solaires pour éclairer la cuisine et améliorer ainsi les conditions de travail de l’équipe de cuisine, qui s’éclaire habituellement avec des lampes au kérosène.
Temba s’est gentiment moqué de moi en me demandant le prix de mes lampes ultra modernes et en le comparant avec le système qu’il avait choisi pour améliorer l’éclairage de la cuisine : un lumogaz avec une grande bouteille de gaz.
Pas moyen de lui expliquer que le coût du gaz plus le portage de la bouteille n’était pas négligeable et que le solaire était une solution pertinente d’économie d’énergie.
Nous avons donc utilisé mes lampes pour notre tente-mess durant tout l’automne et, à la maison de Kathmandu, elles servent d’éclairage d’appoint en cas de coupure d’électricité.
Mais bon, je reviendrai à la charge avec peut être d’autres équipements.

Avant mon départ, j’avais eu de très bons contacts avec EQWERGY, dans la banlieue de Lyon, qui commercialise d’innombrables solutions techniques d’économie d’énergie.




A quoi reconnaît-on des randonneurs un peu fourbus ?


Après la pose de midi et un bon Dal bath, toute la caravane repart.
Les mules et les muletiers, le cook et l'équipe de cuisine, puis le Rod. Nous suivons tranquillement, en dégustant chaque instant de cette fin d'étape.


Les "Strong Porteurs" avec leurs sacs rouges sont déjà loin devant.... Mais où est donc Chharka ?



Arrivée en roue libre avec Jocelyn, nous papotons tranquillement de nos vies, des voyages, du trek, du film de Valli...
Le paysage et l'ambiance sont superbes et nous sommes heureux d'être là, tout simplement.


Et nous voici enfin à Chharka !




Pour découvrir la suite du voyage :
De Chharka à Lo Manthang, avec la partie ascension.
Et la descente de Lo Manthang à Jomosom, un trek chez l'habitant !




Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.

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©Denis


©Denis


Damned, y'en a au moins un qui rigole...


Et pour conclure... voici le numéro 120 de décembre-janvier 2009 de Trek Magazine avec le reportage de Jocelyn.


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