L'Araniko Chuli et la traversée du Dolpo au Mustang

2ème partie :
de Chharka à Lo Manthang, avec les ascensions effectuées

Printemps 2009




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Les différentes parties de ce dossier Araniko 2009 :

Dernière modification, le dimanche 3 janvier 2010.
Et un petit bricolage Google par Denis Flaven. Bon voyage !


A Chharka, village du bout du monde...

Un mur de mani, à l'entrée du village de Chharka.
Quel est donc ce voyageur qui, avant le départ, a laissé ainsi les subtiles traces de son passage,
le beurre et la Khata en offrande aux Dieux ?
Traces d'espoir ou d'angoisse ?
De ferveur assurement.


A Chharka, c'est la fin des moissons
Tout le village s'active
Les touristes passent et regardent...






... une tente tibétaine, à l'écart du village.


Puis, il nous faut repartir, vers la montagne, vers Lo Manthang.


L'équipe de cuisine au grand complet.

  • Tsering le chef cook avec sa gourde en bandouillère
  • Lama à sa droite, du village de Walung et qui sera porteur d'altitude au Ratna. Un peu brut de décoffrage, c'est "King Kong number two", son anglais est rudimentaire mais nous nous connaissons bien et il fait partie des porteurs d'altitude permanents de l'équipe, même s'il est plutôt "old style".
  • puis à gauche Dane, aide cook, qui restera avec moi pour les 3 expés de mon automne himalayen.
  • Karma Magyar, discret et un peu sauvage, mais qui gravira dans ce trek trois échelons de la hiérarchie. Au début, il était simple porteur et le voici intégré à la cuisine, puis il traversera avec nous sur Lo, pour terminer comme porteur proche quand nous serons sans équipe népalaise et en lodge pour la redescente du Mustang.
  • Norbu, en veste rouge, aussi du village de Walung, très jeune et vraiment sympa. Il sera forcement un jour intégré à l'équipe des porteurs d'altitude.
  • Et Pasang, le demi-frère de Temba, toujours du village de Walung. Il était déjà avec moi au Manaslu. Au Ratna et au Pokarkang, il sera porteur d'altitude, il faut juste qu'il apprenne l'anglais pour pouvoir continuer à progresser.


... et la petite équipe des "Strong Porteurs".

porteurs
... qui forcement ne se mélangent pas !


Un peu de carto... à la bifurcation des vallées.
A droite, le pont sur l'autre rive conduit à Gok, Sangda et Jomosom mais aussi à Mukot. A gauche c'est le sentier vers Ghami et Lo Mantang par le Kekyap La. C'est aussi l'un des itinéraires pour le Tibet.


Rod, tranquille, forestier et naturaliste, qui scrute les moindres détails de la nature, parfois en d'immenses détours.


Le premier verrou de la vallée. Le sentier est très large et facile à suivre pour les mules.





Le premier camp après Chharka, avec une petite averse de fin d'après-midi. Nous sommes à Khyoklun Sumna, presque à la confluence avec la Khyoklun Khola qui permet également d'accéder à la vallée de Ghami par un col à 5722 m.


Jilke et son aide muletier, tous deux de Chele au Mustang.
C'est le deuxième voyage que nous faisons ensemble et il s'éclate vraiment à visiter et à découvrir des endroits qu'il ne connait pas. Pour le Bhrikuti et l'exploration du Nord Mustang au printemps 2010, Jilke sera un personnage clef de l'organisation.

Le ciel nous tombe sur le tête !!!
Une grande traversée comme Mustang Phu ou Dolpo Mustang consiste souvent en plusieurs portes qu’il faut réussir à ouvrir et en d’autres qu’il faut franchir avant qu’elles ne se referment.
Illustration en direct…
En cette fin d’après-midi, grâce au téléphone satellitaire, j’ai rendez-vous avec mon ange gardien météo. Je raccroche un peu perplexe, les prévisions sont vraiment mauvaises. Dans 4 jours, un cyclone venant du golfe du Bengale abordera l’ensemble du Népal avec des précipitations très abondantes et donc de la neige en montagne. Même les régions les plus au Nord comme le Dolpo seront touchées.
C’est vraiment la catastrophe car nous abordons justement la partie ascension de notre voyage et, dans quelques jours nous serons au cœur des montagnes. L’engagement sera très important et nous aurons de tout côté des cols à plus de 5000 m pour rejoindre la vallée.
C’est un peu la prise de tête, car les décisions ne sont pas simples à prendre même si elles s’imposent d’elles-mêmes. Il nous faut d’urgence protéger l’équipe népalaise et organiser son  retour, avec toutes les mules.
Forcement, nous devrons réduire notre programme d’alpinisme pour être le plus rapidement possible proche du dernier col au-dessus de Lo, le Kekyap La. C’est notre unique porte de sortie !
Nous avons juste le temps nécessaire pour faire un sommet puis pour descendre la vallée. Peut-être même arriverons-nous à franchir le col avant les premières neiges ?
Nous nous réorganisons complètement : l’équipe népalaise doit franchir la Passe de Ghami au plus vite pour se mettre à l’abri et descendre directement à Ghami, et de notre côté, nous nous allégerons au maximum en partant avec une équipe de porteurs réduite, expérimentée et bien équipée.
Il nous reste trois jours de beau avant l’arrivée de la neige !
C’est ainsi que le lendemain nous avons poussé un peu l’étape pour rejoindre le camp de base Ouest de l’Araniko. Dans la foulée, je repère l’approche du sommet en allant me balader jusqu’à la frontière du Tibet, au Chanagor La, et je décide qu’il vaut mieux l’aborder depuis l’autre versant, à priori plus glaciaire. Nous traverserons donc le col immédiatement.

Au final, tout s’est bien passé, l’arrivée du mauvais temps s’est décalée de deux jours et nous sommes arrivés à Lo Manthang avant lui.
Bien plus tard, nous apprendrons que les autres groupes que nous avions croisés à Kagbeni et qui partaient sur Mustang Phu ont subi de plein fouet la neige en altitude. En particulier, le groupe de Terres d’Aventure, qui a dû faire demi-tour et organiser une évacuation en hélico en abandonnant beaucoup de matériel derrière lui.

Conclusion, je ne remercierai jamais assez mon ange gardien Météo, mais aussi mes compagnons de route pour avoir accepté de renoncer aux autres sommets.
Maintenant, j’aurais bien du mal à partir sans un accès à des prévisions météorologiques fiables, que se soit pour un trek engagé ou l’ascension d’un sommet, petit ou grand.


vallée
Le camp vu du haut, dans la tache au soleil en bas de la vallée.


Denis Flaven, compagnon de longue date en Himalaya et dans les Alpes.
Expert en bricolage informatique et très impliqué dans les randos avec des handicapés avec Handi Cap Evasion.


Une ambiance particulièrement décontractée... sans trop savoir où nous allons. le Rod est quelque part de l'autre côté de la vallée...


Nous voici déjà un peu plus haut que la bifurcation avec la Pass de Ghami. C'est la vallée qui part à gauche en arrière plan.


L'équipe est maintenant devant nous et nous allons au pied de la petite montagne pointue tout au fond.


L'espace est immense, désertique et de plus en plus minéral. Nous sommes dans de grands alpages pour les yaks, qui seront très fréquentés en été durant la mousson.


Le Paulochon au milieu de nulle part. Pas vraiment stressé !


Nous sommes à la recherche de notre camp pour la nuit, et c'est l'eau qui pose problème. Mais Temba et Gyalzen sont partis devant pour repérer un endroit au pied du Chanagor La...
A gauche, les sommets enneigés, à 6060 et 6022 m, n'ont pas de nom, et n'ont probablement jamais été gravis.

L'Araniko Chuli, 6034 m
Pour moi, l’Araniko restera ce souvenir désopilant de la tête déconfite de Miss Hawley quand je lui ai expliqué que nous n’avions pas été au sommet de l’Araniko simplement parce que c’était un vulgaire tas de cailloux.
Mais que pour autant, nous avions fait un superbe voyage.
Pour la petite histoire, ce même automne 2009, une équipe d'Espagnols sous la houlette de Jesus Calleja et avec comme agence Thamserku Trekking viendra dans les parages juste après nous. Comme nous, ils ne graviront pas l'Araniko et se retrouveront au sommet de l'Anige Chuli, qu'ils baptiseront Pico Cuatro, une référence à une chaîne de télévision espagnole sponsor principal et support médiatique de J Calleja.
Il est très interessant de voir comment est traitée médiatiquement l'ascension d'un sommet minuscule de l'Himalaya.


Notre itinéraire au passage du col. Le tracé rouge est un sentier muletier fréquenté et bien visible.
Ce col pourrait s'appeler Nakhkhem La, car c'est le nom de la vallée qui vient de chharka.
Mais, il faudrait aussi demander aux habitants de Chharka. Peut-être a-t-il un nom local ?



L'Araniko Chuli, versant Sud. Pas de doute, c'est un tas de cailloux.

araniko
Une autre photo de l'Araniko, le versant Ouest, au Tibet. Que des cailloux !
En fin d'après-midi, j'ai traversé le Chanagor La 5665 m, pour regarder un peu en direction du Tibet, s'il n'y avait pas un passage intéressant."... Bof, pas vraiment génial."
En 2002, l'alpiniste Japonais Onishi a certainement emprunté l'arête de droite, l'arête Sud-Ouest.


Toujours les deux sommets à 6060 et 6022.
C'est vraiment la montagne à faire dans le coin. Il est aussi possible de rejoindre la vallée de Ghami par le col à gauche, à environ 5800 mais sans les mules...


Notre camp de base... très provisoire puisque nous ne nous y sommes même pas arrêtés.
Dans l'après-midi, une fois que l'équipe de Strong Porteurs nous aura accompagnés de l'autre côté du col et sera revenue, Temba et Jilke vont tout démonter pour redescendre au pied de la Passe de Ghami, pour pouvoir la traverser au plus vite avant l'arrivée du mauvais temps. Deux jours plus tard, ils seront à Ghami après quelques mésaventures à cause d'un sentier très peu fréquenté, mais heureusement avant la pluie.
Au départ, Temba n'était pas vraiment rassuré, lâché en pleine nature dans un endroit que personne ne connait et avec la responsabilité de toute l'équipe. A priori, il s'en est bien sorti, mais je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé entre eux...

Ils sont parfois surprenants ces Népalais.
De retour à Kathmandu, temba m'as donné les photos en tirage papier qu'il avait pris durant la descente de la vallée de Ghami.
Quelle bonne surprise...
Car il y a quelques années je lui avais donné mon appareil photo argentique.





De l'autre côté, entre les deux cols... du Nakhkhem La au Kekyap La.
Nous commencerons par traverser le mauvais col, mais en toute connaissance de cause, car nous cherchons un chemin vers l'Araniko. Je n'ai pas encore complètement abandonné l'idée de gravir ce sommet par son versant Nord, à priori glaciaire. Mais c'est aussi en traversant ce col que Rod s'est senti un peu malade avec un début de bronchite. Un élément qui va aussi changer notre programme. Pas question de rester si haut plus longtemps, il faut descendre...


Une ambiance sublime en traversant le col des lacs (car il y en a un de chaque versant)... Le Dhui Tal La ?
A droite, l'Anige Chuli... Et la chaîne des Panch Himal, puisqu'il y a cinq sommets. Sur l'autre versant, il y a un grand glacier plat, le Naktang Glacier.


Notre camp, entre Anige Chuli et Typhoon Peak.


Petite discussion sur l'organisation de la descente. Une carte est dessinée sur le sol et l'équipe est réduite au maximum. Il y a Gyalzen qui restera avec nous pour l'ascension des sommets, Norbu en rouge, Lama et Pasang, Kharma debout et un peu en retrait.


Denis à la montée de L'Anige Chuli.
Au fond de la vallée, le Snow Leopard Lake, en clin d'oeil à Norbu qui, vert de trouille y a croisé "a real tiger".
L'équipe va s'installer dans l'après midi sur les rives du lac, et remontera nous récupérer le lendemain.


En montant vers le Typhoon Peak, une vue sur notre camp, minuscule entre les deux lacs.
Le sentier qui vient de Chharka en traversant le Nakhkhem La est bien visible au pied de l'Anige Chuli.


L'itinéraire de notre ascension de l'Anige Chuli, 6026 m.
Ce sommet n'a pas de nom sur la carte, et en cherchant dans la base de données de l'Himalayan Data Base, je n'ai pas réussi à savoir si Onishi lui avait donné un nom. Car au sommet, il y avait un cairn indiquant que quelqu'un était venu là avant nous.
Et je n'imagine pas un tibétain construire un cairn sur un sommet, çà c'est un truc d'alpiniste...
Le nom d'Anige Chuli, nous a semblé pertinent en écho à l'Araniko qui nous avait permis de nous retrouver ici. Anige est simplement l'un des noms de l'artiste népalais Araniko. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi ce nom se retrouve sur ce sommet et noté sur la carte.


Frank et Jocelyn dans la pente de l'Anige Chuli. La neige est bonne mais la pente est déjà un peu raide, un bon 40°.


Frank, Denis, Jocelyn et Gyazen... et le temps se bouche doucement.


Jocelyn et Gyalzen. En contre bas, le Nakhkhem La à 5687 m.
Les deux petits lacs ne sont pas indiqués sur la carte "Araniko Chuli 2983-11". Il est possible d'y installer un camp, car il y a de l'eau et un peu de place.


Au sommet de l'Anige Chuli, 6026 m.
Pour Frank, son 1er 6000, et pour le Joce même pas mal à la tête, un exploit !
Et puis, une pensée émue pour le Rod qui se repose au camp. Demain il faudra descendre au plus vite...

sac
Comme à la parade...
Au camp des lacs, une petite séquence photo avec nos sacs à dos. Eux aussi reviennent du sommet, contents !

Ascension du Typhoon Peak, 6 060 m
Ce nom est un clin d'oeil à Tamotsu Onishi car c'est son adresse E-mail et c'est aussi ce que nous a annoncé notre Ange-gardien.
Mais ce matin, il fait encore beau et cette ascension sera une belle journée d'alpinisme... en compagnie de Frank et Gyalzen.
Jocelyn et Denis ont préféré descendre et accompagner Rodolphe vers le bas. Car le plus dur reste à faire : rentrer à la maison !



Dans les blocs de l'approche.



Gyalzen et Frank



Nous voici au col, entre les deux versants et pour la première fois nous admirons notre petit Araniko Chuli, tout à droite.
OUI, c'est bien par ce versant Nord qu'il faut lui rendre visite, en remontant un grand glacier.


Une vue plus complète de l'Araniko avec l'emplacement d'un camp d'altitude, au milieu du glacier mais bien au sec.
Le col juste en face donne accès au Tibet avec une grande vallée.


Tout au bout, le Kekyap Tal et la vallée des Kyangs qui ramène à Lo avec une bifurcation vers le Nakhkhem La et la vallée du Snow Leopard Lake.


Le lac et une surprenante allée de pénitents sur la droite du glacier.



Frank devant L'Araniko.

lac
Une photo topo pour préparer un prochain voyage.
On y voit le cheminement au-delà de l'allée des pénitents avec l'arrivée sur un grand replat sans crevasse.
C'est par là qu'il faudra passer !


Voici une photo hautement symbolique.
Pour Gyalzen, c'est la première fois qu'il passe en tête sur un sommet qu'il ne connait pas... Nous ne sommes pas encordés car le glacier est en glace avec une fine pellicule de neige.


L'immense plaisir de la réussite.
Subtilement renforcé par ces gestes simples de la construction d'un cairn et l'offrande d'une Kata.


Les Panch Himal avec, à droite et sa pente à l'ombre, l'Anige Chuli.
Derrière, on devine une multitude de sommets dans la vallée de Ghami.

Heureux qui comme Paulo a fait un beau voyage...
J'étais venu en ces contrées lointaines pour voir ces montagnes inconnues et sans nom, pour comprendre un peu mieux le relief, l'organisation des vallées et les passages ancestraux empruntés par les commercants et les bergers.
Je reviens comblé de ce voyage, la besace pleine d'éclats de rire et de complicités et de nouveaux projets forcement exceptionnels. Surtout qu'ils ont encore le temps de grandir !


Et puis, il nous faut redescendre, vite démonter le camp et charger les sacs.
Le temps se gâte... !


La vallée du Snow Leopard Lake.


Et un emplacement de camping idéal, avec un coin d'herbes plat. Le seul !



Ambiance très étrange. Il neige à gros flocons, il faut continuer à descendre pour rejoindre la confluence de la vallée de la Ghyun Khola.


A la confluence, une rencontre surprenante, un immense troupeau de Khyangs, l'âne sauvage du Tibet.


Le grain est passé, nous nous sommes juste mouillés les pieds au passage de la Ghyun Khola.


L'équipe au grand complet. Ce matin il fait encore beau en direction du Tibet au Nord....


... à l'Est, du côté du Népal et de Lo Manthang, l'ambiance est bien différente et les nuages sont déjà menaçants.
Mais nous savons que la journée sera belle, ce soir nous serons à Lo Manthang.


Des bergeries qui indiquent une intense vie estivale. Il y a donc forcement un chemin jusque dans la vallée.


Jocelyn et la grande vallée d'où nous venons. Nos sacs sont compacts mais bien chargés, entre 15 et 18 kg !


Jocelyn en pleine séance photo pour un test grandeur nature sur un sac à dos light.
Avec un article à retrouver sur le site de Trekmag.



Et une photo spécialement prise pour Anthoni, le webmaster de Trekmag.
"Tu te souviens, Tonio, quand, sur ton ordi de la rédac, en bricolant Goggle Earth nous cherchions un signe de vie dans cette grande vallée à l'Ouest de Lo. Tu avais repéré des kharkas juste avant que la vallée ne plonge vers Ghar Gompa.
Les voici !


Et voici le col, le Kekyap La, où nous avions eu tant de mal à apercevoir la ligne d'un sentier.
Normal vu le terrain, et pourtant même les mules, les chevaux ou les yacks passent par là.



Nous arrivons au sommet du col en même temps que la tempête de neige.



C'est le dernier col, et j'accroche au mât la Kata, offerte par Tsiring, qui m'a accompagné durant tout notre périple.


Et puis, tout se calme, une éclaircie est la bienvenue pour nous faciliter la descente.

La descente sur Lo
Je me souviendrai longtemps de notre descente sur Lo Manthang.
Les nuages de mauvais temps à l’horizon comme en pays de Mordor, les éclairages flamboyants d’un temps après l’orage, la plaine infinie et plate qui vient doucement à notre rencontre.
Encore très loin, Lo, une oasis minuscule de vert, de blanc et de rouge. Une autre trinité pour nous rappeler que nous sommes les bienvenus au pays de Rigsum Gönpo.
Ces émotions me transportent quelques années auparavant, alors que du dernier Chorten de Nagoru, très haut, nous avions aperçu Phu et les champs d'Ubi et de Gomren pour la première fois.
Nous étions infiniment heureux, comblés. Nous avions réussi la première traversée Mustang Phu.
Venir d’en haut, par une autre porte en un lieu qui semble au bout du monde, quel luxe dans nos itinérances himalayennes !


Et voici la carte du Kekyap La, avec le tracé GPS du sentier suivi.
Puis, dans les alpages au-dessus de Lo, la trace en pointillé indique qu'il n'y a plus vraiment de sentier, mais le terrain est très facile. L'emplacement "Camping place" est le seul lieu avec de l'eau permettant d'établir un camp en partant de Lo.



Souvent nous nous poserons ainsi, le cul dans l'herbe à regarder le paysage.
Sans rien dire... juste être là...




Les grands chortens très anciens à l'entrée du site de Samdrubling.
C'est aussi une idée de balade à la journée très intéressante à partir de Lo, à garder en mémoire pour construire un séjour rando et culture au Mustang.


Le site de la Gompa de Samdrubling.

La vallée de Samdrubling contient les ruines d'un temple abandonné. Samdrubling est situé à 4,8 kilomètres au nord-ouest de Lo Manthang. Son histoire est ancienne, puisque la tradition raconte que l'ermitage de Samdrubling fut fondé au XII ème siècle.
On pourrait traduire Samdrubling comme « espace d’épanouissement de la méditation ».

D'après la tradition, le monastère et l'ermitage de Samdrubling furent établis au XIIème siècle par le lama Rueghumpa (ou lama Ron-gom), disciple de Sachen Kunga Nvingpo (1092-1158, un des cinq fondateurs de l'ordre Sakya), qui y aurait séjourné plusieurs années.
Sa fondation est certainement liée à la présence d'une grotte de méditation ancienne, qui se situe sur le versant rive droite au sud, opposé à celui du temple. Cette grotte était un ermitage dédié à la divinité protectrice Mahakala. La façade extérieure de la grotte est peinte en blanc et cernée d'un encadrement de peinture rouge, signe de sa sacralité. La grotte servait toujours il y a vingt ans d'ermitage pour quelques religieuses, mais aujourd'hui elle est abandonnée.
Le monastère fut restauré, pendant la deuxième moitié du XVIIème siècle.

L'histoire de Samdrubling est intimement liée à celle du monastère de Choede.
Au 19 ème siècle, les moines de Samdrubling sont transférés à Choede. Le monastère abrite alors des nonnes et devient un monastère sous obédience Drukpa Kagyu (bouthanaise). Le monastère étant dirigé par un tulku réincarné. Ceci participant à la renommée du monastère.
L'abandon du monastère semble lié à la mort du dernier tulku en 1947. Samdrubling est alors pillé de ses statues et objets rituels par un certain lama Choden venu du nord qui les emporte dans son pays en prétendant avoir trouvé le nouveau tulku. Ce qui put être sauvé fut conservé au Choede de Lo Manthang.
Samdrubling devint alors un lieu d'offrande des cadavres aux vautours, les funérailles célestes.
Depuis 2004, l'administration du district du Mustang finance la restauration du temple. Les religieux de Choede ont en effet exprimé le désir de restaurer les ruines de Samdrubling, et d'y créer un centre de méditation, pour accueillir les religieux et tous ceux désirant y faire une retraite.
Des informations mises en forme par Etienne Principaud
d'après un travail de fin d'études d'architecture : "Réanimer un lieu sacré ; l'ermitage de Samdrubling", Mustang, Nord du Népal par Maïe Kitamura (école nationale supérieure d'architecture de Paris Belleville).


 




lo
Les premiers petits chortens au bord du ruiseau, Rizom Gömpo, bien sûr.



Lo, enfin...


Et voici la suite de ce voyage en images...


Documentation :
En complément de « Earth door, Sky door" de Robert Powel, Il faut absolument se procurer un livre exceptionnel, presque indispensable « Sacred landscape of the Himalaya » édité par Gutshow, Michaels, Ramble et Steinkellner , (ISBN13: 978-3-7001-3109-0) aux éditions Osterreichischen Akademie der Wissenschaften, à commander sur http://verlag.oeaw.ac.at.
Et aussi, mais c’est du lourd… « The navel of the demoness » de Charles Ramble aux éditions Oxford University Press, http://www.oup.com à trouver aussi à votre passage à Kathmandu à Vajra Book Shop dans Jyatha, http//www.vajrabooks.com.np.

Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.

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trekmag
Et pour conclure... voici le numéro 120 de décembre-janvier 2009 de Trek Magazine avec le reportage de Jocelyn.



Et le Joce himself !

 

 


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