"The Cho Oyu Experience"
Les déplacements dans le cadre d'une progression douce...




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Dernière mise à jour le 30 juillet 2011



Le camp 3 à 7600 m, dernier camp avant le sommet du Cho Oyu , avec une vue plongeante sur le Camp de Base Avancé.
Pour nous, ce sera le camp 5 !!!

Réflexions pour la préparation de l'expédition de l'automne 2012

Dans le cadre du projet « The Cho Oyu experience », l' expédition de 2011 a permis de faire un état des lieux des réalités d’une ascension du Cho Oyu au printemps, avant la mousson.
En particulier, cette 1ère étape a montré qu’il était possible d’utiliser « la progression douce » sur cette montagne.
La connaissance du terrain me permet maintenant d’améliorer les choix de déplacements, en particulier pour rejoindre le camp de base avancé, puis pour les étapes CBA/C1 et C1/C2.
Voici une stratégie globale à mi-chemin entre une progression en « dent de scie » conventionnelle et une « progression douce » sans retour au camp de base.

La deuxième étape du projet « The Cho Oyu Experience », l’expédition de l’automne 2012, permettra de mettre en œuvre et de valider cette progression.
Pour mieux visualiser les déplacements, n'hésitez pas à étudier le topo précis du Cho Oyu.

Pour rejoindre le Camp de Base.

  • Le point de départ est toujours le Camp de Base Chinois, où il est judicieux de dormir pour faciliter l’organisation de la logistique et en particulier le transport des bagages par les yacks.

  • La première journée est classique du Camp de Base Chinois au Camp Intermédiaire. Mais plutôt que d’effectuer une journée de marche sur la route, nous utiliserons un véhicule pour rejoindre directement ce camp, avec du repos l’après midi en « acclimatation passive » ou éventuellement (pour ceux qui ne peuvent pas faire autrement) une petite randonnée en « acclimatation active » dans les environs.
    Les tentes auberges tibétaines rendront ce séjour en altitude plus confortable. L’objectif étant de ne pas faire trop d’efforts superflus.

  • Puis, nous allons couper l’étape Camp Intermédiaire/Camp de Base Avancé par une nuit au Middle Camp.
    En 2011, nous avions effectué ce trajet en une longue journée, avec des efforts importants qui ont certainement eu des répercutions ultérieurs sur nos états mentaux et physiques.
    Nous utiliserons donc Middle Camp, un emplacement de camp rarement utilisé, pour nous permettre de réduire notre effort avec une nuit supplémentaire à une altitude inférieure. Il restera a résoudre le problème d’intendance avec l’équipe des Yakmen et la CTMA, habitués a monter le plus rapidement possible à l’ABC. Une négociation qui se résumera certainement à un coût supplémentaire à régler sur place.

  • La dernière journée sera très courte, environ 2 h de marche sur un bon sentier. Ce qui nous permettra de nous installer sans stress, avec une grande partie de la journée disponible pour améliorer notre confort de vie.
    Altitude Durée de l'effort dénivellée montée
J - 1 Camp de Base Chinois xx m    
J 1 Montée au camp Intermédiaire xx m rien ou petite rando  
J 2 Montée à Middle Camp xx m 4 à 5 h  
J 3 Montée au Camp de Base Avancé 5750 m 2 h  

 

De l’ABC au Camp 1.
C’est une étape classique et plutôt éprouvante physiquement : moraines, glacier noir, puis au final une forte montée avec un sentier raide et peu agréable.
Les temps de parcours aller/retour en progression conventionelle (entre 7 et 10 h) dépendent directement de l’acclimatation, de la forme des alpinistes et du poids du sac transporté.
Dans le cadre d’une progression douce, nous réduirons cet effort en faisant étape au Deposit Camp juste au pied de la Killer slope et surtout sans faire trop d’aller retour ABC/C1.
Le portage du matériel sera entièrement confié aux porteurs Tibétains.

    Altitude Durée de l'effort dénivellée montée
J 1 Aller-retour et installation du Camp Deposit 5750 m 5 h 250 m
J 2 Montée et nuit au Camp Deposit 6000 m 3 h 250 m
J 3 Montée et nuit au Camp 1 6400 m 3 h 400 m


Du Camp 1 au Camp 2
Nous voici dans le domaine glaciaire de haute montagne pour une longue étape qui présente aussi le seul passage en glace un peu difficile de la voie d’ascension. Heureusement, un plateau à mi distance fera un très bon camp intermédiaire : c’est Plateau Camp. Les journées seront ainsi idéalement découpées avec des efforts très raisonnables, le top pour une « progression douce ».

Pour la suite.
Les étapes C2/C3 et C3/sommet sont classiques.
S’il n’est pas judicieux de faire un camp supplémentaire au-dessus de C3, par contre, il est conseillé de dormir une nuit au C3 de retour du sommet.

Plus surprenant encore.
Dans la mesure du possible : météo, temps disponible, une journée de repos au camp 3, avant le sommet, est un facteur de réussite supplémentaire.
Même si cela bouscule largement les convictions de la plupart des himalayiste…
Lire à ce sujet l’article de Hugo Nespoulet, Samuel Vergès et Patrick Levy sur le sommeil.


Pas de doute, il faut travailler l'aménagement intérieur quand on part pour longtemps... !

 

Stratégie de déplacement.

  • En 2011, nous avons réalisé l’ascension en 19 jours et dans le plus pur style de "la progression douce", c a d sans retour au camp de base.
    C’est une durée importante pour un tel voyage en altitude et en autonomie complète. Cette immersion longue est forcément difficile (surtout psychologiquement).
    Il est peut-être judicieux et plus confortable de prévoir une ascension en deux parties, avec un temps de repos au camp de base.
    Un mixte entre les deux méthodes, « en dent-de-scie » et en « progression douce ».

  • En 2012, il s’agira donc d’aller installer le camp 1, d’y dormir et de faire le transport du matériel au Plateau Camp.
    Puis de redescendre au Camp de Base Avancé.
    Après un ou deux jours à l’ABC, ce sera le départ définitif pour ce grand voyage vers le sommet du Cho Oyu, en rejoignant directement le Camp 1, où nous attendent nos tentes.
    Le lendemain, l’étape C1/Plateau Camp permetta de rassembler équipe et matériel.

Il est ainsi possible de construire un planning prévisionnel qui donne une vision plus précise de cette ascension en « progression douce ».
C’est un graphique différent de celui de l’ascension de 2011et c'est peut être le point de départ d’une réflexion plus pertinente.

... Damned, il faut que je demande à Nemo de me faire un super graph, à son retour du Pic Lénine... en progression douce, bien sûr.

Le déroulement type d’une journée lors d’une ascension en « progression douce »

Sans déplacement des tentes
Avec déplacement du camp
Réveil entre 6 et 7 h
Réveil entre 6 et 7 h
7 h, arrivée du soleil sur la tente
7 h, arrivée du soleil sur la tente
Entre 7 et 8 h, petit déjeuner
Entre 7 et 8 h, petit déjeuner
De 8 à 9, préparation du sac et équipement
De 8 à 10, démontage des tente, préparation des sacs
9 h DEPART
10 h, DEPART
3 à 4 h de montée au camp suivant
3 à 4 h de montée au camp suivant
13 h, casse-croûte léger à l'arrivée
14 h, arrivée au camp
1h30 à 2 h de descente, 15 h retour au camp
De 14 à 15 h, montage des tentes
Entre 15 et 16 h, gouter
Entre 15 et 16 h, repas
... et de 16 à 19 h, repos
... et de 16 à 19 h, repos
Entre 19 et 20 h, repas du soir
Entre 19 et 20 h, repas du soir
Plus tard... tisane, lecture et sommeil
Plus tard... tisane, lecture et sommeil

Les journées s’écoulent ainsi tranquillement.
Il y a du temps pour bien faire les choses et les efforts sont calibrés, aussi bien pour le poids des sacs que pour la durée de la montée.
Les périodes de repos peuvent être du sommeil, de la lecture ou de l’écriture, écouter de la musique ou être là tout simplement. Un temps pour se dire et s’écouter, ou un temps pour un apéro dans la tente du guide avec parfois un briefing plus formel.
La fonte de la neige, l’activité la plus importante en altitude, se fait tranquillement durant la sieste. Là aussi, il y a tout le temps nécessaire de préparer l’eau. Il suffit d’avoir prévu plusieurs récipients/réserves d’eau de grande contenance.
L’organisation en micro-groupe, par tente de trois personnes, permet un véritablement roulement des taches. Par exemple, une seule personne s’occupe de l’eau et de la préparation des repas, pendant que les deux autres se reposent.
Un dernier détail… Il est nettement préférable que le temps soit beau et calme lors du démontage et remontage des tentes.


Et un petit clin d'oeil à Michel Moreau, pour nous avoir rappeler l'essentiel des choses...
Faites également un petit détour par le site des Inukshuiks

En archive...

Les réflexions pour la préparation de l'expédition du printemps 2011


Voici la courbe prévisonnelle de notre ascension.
Elle ressemble beaucoup à celle du Manaslu. En particulier pour la petite période d'acclimatation au 1er étage hypoxique celui des 4000 m.
©Nemo, alias Paul Vulin



Chez moi aux Hières, lors de la préparation du Cho Oyu 2011.

L’ascension du Cho Oyu en progression douce.
Un planning prévisionnel et une réflexion sur les différents déplacements possible.

Voici un travail que nous avons effectué avec tous les participants, lors de notre rencontre de préparation à La Grave en février 2011.
C’est un document qui détaille les différentes étapes d’une ascension en progression douce au Cho Oyu.
Ce n’est bien sûr qu’une réflexion sur un planning prévisionnel et il sera très intéressant au retour de mettre en parallèle le déroulement réelle de notre ascension.

L’identification des camps d’altitude et l’élaboration d’un schéma de progression prévisionnel sont une phase importante de la préparation d’une ascension en progression douce.
Ce planning permet d’avoir une meilleure vision du déroulement de l’expédition, de prévoir la nourriture et la gestion des équipes locales. Il permet aussi de mieux optimiser le déroulement et même de prévoir des jours de repos durant l’ascension.
Le temps est une composante très complexe à prendre en compte et surtout à bien vivre. Le temps horloge est compté et le temps météo vient souvent jouer les trouble fêtes.

Pour le Cho Oyu, en progression douce.
Nous avons prévu 6 camps d’altitude.

  • Camp de base : 5 750 m
  • Camp 1 : 6 000 m
  • Camp 2 : 6 450 m
  • Camp 3 : 6 700 m
  • Camp 4 : 7 200 m
  • Camp 5 : 7 500 m
  • Camp 6 : 7 900 m

Et, nous avons 18 jours d’ascension à partir du camp de base.

Une remarque au sujet des camps d’altitude.
La plupart des ascensions en Himalaya sont actuellement très formatées. La dénomination des camps par un n°, C1/C2/C3…, construit une progression identique pour toutes les équipes et est perçue comme immuable. Elle peut même induire un jeu de compétition aggravé par le chronomètre.
Certains camps d’altitude ont des noms propres et c'est peut-être une bonne alternative. C’est ce que nous avons fait pour le Saipal et que nous allons essayer de faire pour le Cho Oyu 2012.

Les différentes étapes de l’ascension du Cho Oyu.
En fonction du terrain, du portage, des étages hypoxique et du matériel à transporter, nous avons déterminer 5 étapes bien différentes dans le style de déplacement, avec chaque fois un choix possible dans la progression : le nombre de jours et le type d’activité de la journée.
Ce qui signifie qu’une feuille de route n’est absolument pas un schéma figé. Bien au contraire. Nous l’adapterons au fur et à mesure de notre progression. Et chaque participant/voyageurs connaît dès maintenant les alternatives possibles en fonction des étages.

Du Camp de Base au C1, de 5750 m à 6000 m.
Le long du glacier, sur un sentier très caillouteux. Un terrain plutôt plat qui ne nécessite aucun matériel technique. Avec des déplacements en chaussures de trek avec la panoplie du trekkeur. Le portage du matériel sera effectué par des porteurs locaux tibétains embauchés sur place. Des sacs spéciaux sont prévus pour le portage et pour entreposer le matériel. L’objectif est d’éviter des allers-retours dans ce terrain peu agréable et pour se réserver des jours plus haut sur la montagne. Le poids de nos sacs est minima (- de10 kg) car nous sommes encore en phase d’acclimatation.
Nous avons le choix entre un déplacement en 2, 3 ou 4 jours.

Du C1 au C2, de 6000 à 6450 m
Une franche montée, toujours dans un terrain peu agréable. La « Killer slope »… Le ton est donné ! 
le matériel est toujours transporté par les porteurs locaux et nos sacs le plus léger possible. Au camp 2 nous avons prévu un bidon « déposit » pour entreposer nos affaires de trek. En particulier les chaussures de trek que nous récupérerons à la descente.
L’objectif est de tout faire transporter au C2, qui est le véritable point de départ de la partie alpine de l’ascension.

Du C2 au C3 puis au C4, de 6450 à 7200 m.
Les porteurs locaux n’allant pas plus haut que notre camp 2, nous allons à partir de maintenant porter nos affaires personnelles et notre nourriture. Les porteurs d’altitude se chargeant des tentes, du gaz et du matériel technique.
Durant ces deux déplacements de camp, la stratégie est identique. Il nous faut deux voyages pour transporter notre matériel à l’emplacement de camp supérieur, puis un voyage pour déplacer le camp.  Il est parfois possible, si la distance entre les camps n’est pas trop importante de faire les deux voyages en une seule journée (c’est ce que nous avions fait au Shisha).
Grande nouveauté cette année, nous avons prévu une vraie journée de repos tous les 1000 m. Bien évidement, les évènements divers et variés que nous vivrons sur place dicteront notre conduite.

Du C4 au C5, de 7200 à 7500 m.
Nous avons le choix entre deux schémas de progression en 1 ou 2 jours. Le poids du matériel à transporter a beaucoup diminué.

Du C5 au C6, de 7500 à 7900 m.
Le C6 un dernier camp qui est très rarement installé par la plupart des expéditions. Et pourtant, malgré l’effort nécessaire pour monter les affaires, c’est le camp clefs d’une ascension en progression douce :
- pour rester dans un effort de résistance "fondamentale"
- avec une durée d’ascension pas trop longue
- et surtout pour avoir le plus de plaisir possible...
- ...tout en augmentant nos chances de réussite.
De retour du sommet, c’est la météo qui commande le rythme de la descente.
Pour : soit profiter des lieux et redescendre le lendemain,
soit descendre directement au C5 pour éviter une nuit supplémentaire en haute altitude.


 

Pour l'équipe des porteurs d'altitude.
Il s'agit de prévoir un planning différent qui s'emboite dans celui-ci, car les déplacements ne sont pas identiques, surtout au début de l'ascension.
L'équipe népalaise préférera souvent limiter le séjours en altitude pour pouvoir profiter du confort de la cuisine au camp de base, quitte à faire des étapes plus longues. C'est d'ailleurs une des raisons pour expliquer l'évolution historique du nombre et de la distance entre chaque camps.
Il faut aussi prévoir des journées de repos...
Et l'organisation de la nourriture n'est pas simple pour eux.
Toujours se rappeler : En progression continue, plus on est haut sur la montagne, plus il est difficile de synchroniser deux types de déplacement.

Sur le Cho Oyu, il est possible d'évoluer séparément jusqu'au Camp 2 classique. A partir de ce camp 2, il faut à la fois se regrouper pour avancer ensemble et terminer l'ascension tous ensemble ou avec (au plus) un jour de décalage.

Rendez-vous au retour, pour bilan et commentaires.
Paulo Grobel,
Février 2011

 


Le positionnement des camps pour une ascension en dents-de-scie.
Pas vraiment le même monde !

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