Le topo du Manaslu
ou plutôt de Pungyen... 8 156 m





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Dernière mise à jour le Mardi 11 août 2009



Pungyen, depuis le village de Sama au départ du sentier pour le camp de base.


Beaucoup plus haut...

Le Manaslu est un très beau sommet, à la fois esthétique et panoramique.
J’ai vécu son ascension avec beaucoup de plaisir et j’y retournerais volontiers et sans appréhension .
En faire le tour avant l’ascension constitue une randonnée très intéressante, c’est certainement la forme d’acclimatation la plus pertinente pour rejoindre le camp de base.
Voir également la page sur Pungyen.

Difficulté
C’est une ascension exclusivement en neige, se déroulant dans un terrain glaciaire grandiose où alterne passages tourmentés et zones plus faciles. Deux passages sont un peu plus difficiles, mais équipés de cordes fixes.
La partie finale est plutôt simple sauf les derniers 50 m. (Mais sont-ils réellement gravis par tous les « summiters » déclarés ? !).
La cotation est peut être VII/AD- en neige (en cotations himalayennes).

Les cordes fixes
Deux sections sont classiquement équipées de cordes fixes, entre 5700 et 6100 puis entre 7100 et 7400. En 2009, l’équipement n’était pas vraiment au top, avec un choix de terrain peu pertinent et des cordes souvent inutiles. Mais les porteurs d’altitude qui équipent ces passages préfèrent passer tout droit et installer une ligne continue. Il y a souvent confusion entre trace de montée et trace de descente, ce qui rend l’effort de montée plus important.
La grande majorité des alpinistes évoluent sans être encordé sur la montagne.
Mais il est possible de faire l’ascension avec une corde. C’est ce que nous avons fait en 2009. Le ridicule ne tue pas encore, par contre les crevasses, oui…

La saison
Difficile de faire un choix...
Le printemps est plus simple d'un point de vue météo mais plus complexe par les conditions de la montagne (moins de neige). Il y a aussi moins de monde, mais le permis est plus cher.
L'automne est moins pertinent pour la météo (plus de vent) mais les conditions d'ascension sont plus simples. Il y a surtout plus de monde, ce qui est à la fois un inconvénient et un soutien...

Quelques infos en vrac
Le permis d’ascension est réduit de moitié à l’automne. Ce qui représente tout de même entre 5000 et 7000 € de différence !
Il existe une réglementation particulière sur :

  • Le portage au camp de base, qui est exclusivement effectué par les villageois de Sama. 1500 roupies pour une charge de 30 kg !
  • Le déplacement des équipes népalaises entre le Camp de base et Sama.
  • L’évacuation des excréments du camp de base.


Le camp 1 classique à 5700.
Après la tempête, toutes les tentes seront abandonnées sur place... sous 2 mètres de neige.

L'emplacement des camps
En « technique himalayenne »…
L’ascension du Manaslu se fait actuellement et majoritairement avec 4 camps qui sont pré équipés par les porteurs d’altitude avant l’ascension.
Le camp de base est le plus souvent très confortable (groupe électrogène, tentes chauffées, ordinateurs, internet, PC de communications).

Personnellement, je trouve ce choix de progression accidentogène.

Les camps classiques :

CB : 4850
C1 : 5700 (+ 850)
C2 : 6300, (+ 600)
C3 : 6700, (+ 400)
C4 : 7400, (+ 700)
Summit : 8156, (+ 756)
Remarques : l’effort est particulièrement important pour les deux premiers camps, au début de la période d’acclimatation. Puis, juste avant l’ascension du sommet, du camp 3 au camp 4. L’ascension en elle-même est plutôt longue et pose le problème du lieu pour passer la nuit après le sommet (C4 ou C3).


"Protégé" par le mur de glace de notre camp 3 à 6120 m.
Tranquilité garantie dans les camps intermédiaires lors d'une progression douce.
Nous sommes seuls, sans proximité avec les autres équipes.
Un vrai luxe !

En « progression douce par paliers »…
Il s’agit de construire une progression raisonnée sans effort inconsidéré, en augmentant le nombre de camps. Le déplacement est continu, avec un seul jeu de tentes, qu’il faut démonter et remonter à chaque camp.
Le camp de base est "rustique" et d'utilisation très limitée: les quelques premiers jours puis pour la sécurité en cas de descente d'un des membres du groupe. Vers le milieu de la période d'ascension, il est même démonté et déplacé vers le village de Sama Gaon.
Paradoxalement, la durée de l’ascension est légèrement inférieure à celle d’une ascension en « technique himalayenne ».

Les camps :
CB 4850 m
C1 : 5360, (+ 510)… il y a de la place.
C2 : 5700, (+ 340), c’est le camp 1 classique
C3 : 6120, (+ 420), légèrement en dessous du camp 2 classique
C4 : 6450, (+ 330), légèrement au-dessus du camp 2 classique
C5 : 6780 (+ 330), c’est le camp 3 classique
C6 : 7110 (+ 330), juste avant la partie plus raide
C7 : 7450 (+ 340), c’est le camp 4 classique
C8 : 7750 (+ 300)… il y a de la place.
Summit : 8156, (+ 406)
Remarques : je ne sais que penser de l’opportunité de faire un camp supplémentaire au-dessus de 7400 m. Forcément, cela réduit l’effort durant la journée finale d’ascension, mais l’effort pour déplacer le camp et l’usure d’un séjour en très haute altitude n’est pas non plus à sous-estimer. Bref, je n’ai pas d’expérience vécue de ce choix… Je sais seulement que 750 m de montée à plus de 8000 m représente un gros effort, complexe à gérer, surtout par rapport à la descente.

Quelques images d'une ascension au printemps 2009


Le camp de base.
Pas vraiment d'un grand intérêt... Chaque équipe vit un peu en vase clôt, entre indifférence et concurrence.


Juste au dessus du camp de base, avant de rejoindre le glacier. Une ambiance grandiose.


Pierre Olivier, Bil et Némo, au début du glacier.


Une équipe de porteurs d'altitude d'une autre expé en route pour le camp 1 classique.
Pas de corde, bien sûr... il n'y a pas de crevasse en Himalaya !


Bill, notre cousin d'Amérique, entre 5700 et 6200, le passage le plus chaotique.
Une très belle ambiance, très haute montagne... Des cordes fixes y sont installées.
Nous nous sommes désencordé pour traverser un passage un peu exposé aux chutes de séracs.


En passant à proximité du camp 2 classique, la grande pente qui conduit au col.
De la place et du calme pour profiter de la vue et de l'ascension.

manaslu
C'est quand même pas si plat que ça... !

manaslu
Depuis le camp à 7100, une vue sur le Manaslu Nord et sur le camp 3.


Michel, Hubert et Philippe, vers 7000 m.


Un porteur d'altitude d'une autre expé en route vers le camp 4 classique.
Seul, sans corde et avec une bonne charge... Normal !


Entre 7000 et 7400 m.
Un passage plus simple qu'il n'y parait, car une rampe de neige permet de contourner les bosses de glace.
Des cordes fixes y sont installées.


Nemo et Pierre Olivier...



La décharge publique qui annonce le camp 4. Je vous ai fait grâce d'Arthur !


Le camp 4 classique au printemps.
Un petit col décapé par les vents, pas vraiment un lieu accueillant.


En route vers le sommet.
Les pentes sont plutôt douces au début, puis se redressent un peu jusqu'à la dernière petite pente finale.




Nous nous sommes arrêté ici... navré.

 

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