Du Dolpo au Mustang, 1ère étape
La vallée de Mukot

printemps 2008...




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Au pied du Dhaulagiri II, une ambiance très particulière.

En ce printemps 2008, nous venons de réussir l'ascension de la Putha Hiunchuli.
Hier, François à réalisé une belle première en traversant le Peak Hawley.
Il est temps maintenant de redescendre vers Dunaï et Kathmandu.
De mon côté, je rève depuis longtemps de découvrir l'envers du massif du Dhaulagiri et la vallée de Mukot.
C'est aussi la première étape d'un nouveau itinéraire du Dolpo au Mustang.

Avec Chhotemba, nos sac sont bouclés. Nous partirons tout les deux, sans porteur et sans permis.


Voici le tracé en rouge de l'itinéraire sur la carte au 1/125 000 de Nepa Map.
Le tracé bleu indique la route des caravanes. Il évite le sentier très exposé des gorges de la Bherol Khola qui descend du col de Tuchela.



Un voyage au Dolpo commence le plus souvent à Nepalganj, avec un peu de stress...
Partira ? Partira pas ?

Pour la première partie de l'itinéraire, de Juphal à Kakot voir la page topo de la Putha Hiunchuli et aussi le compte rendu de l'ascension.
Les quatres premières étapes sont très simples et classiques :

  • De Juphal à Dunaï
  • De Dunai à Tarakot
  • D Tarakot à Musi Khola
  • De Musi Khola à Kakot

Puis, il faut 8 jours de Kakot à Jomosom...

  • De Kakot à Terang
  • De Terang à Mukot
  • De Mukot à un camp avant le col du Mu La
  • de ce camp à celui sur l'autre versant le long de la Mulum Khola
  • De la Mulum Khola à Ghok.
  • De Ghok à Sandga.
  • De Sangga à Phalyak
  • Et de Phalyak à Jomosom...


Kakot...

Tout est couvert ce matin et l’ambiance est plutôt tristounette.
Pourtant, c’est pour nous le grand départ vers le Haut Dolpo, pour rejoindre Sangda et Jomosom.


Le début du chemin, le long de la rivière.
Un habitant de Terang, un parent de la famille de Kakot chez qui nous habitions, nous accompagne.
Mais la discussion est un peu difficile car il ne parle pas le népali et Chhotemba dificilement la langue des Dolpa Pa.

 


Une petite photo carto, car c'est le pont qui permet de rejoindre les villages de Pimari et Terang, par un sentier balcon.
C'est l'itinéraire qu'il faut prendre pour avoir la vue sur les versant Nord de la Putha Hiunchuli et du Churen Himal.
De notre côté, nous prendrons le chemin du fond de vallée pour avancer un peu !


Un pont ancestral...


Mais au Népal, même les sentiers le long d'une rivière ne sont pas toujours plats.
Il nous faudra remonter haut dans la pente pour redescendre en face de notre vallée de Mukot qui s'ouvre sur la droite.


Et voici notre vallée, à droite, il suffit de redescendre à la rivière pour remonter... Easy !


Le plaisir des raccourcis.


Et enfin la porte d'entrée de la vallée, le sentier continue à flan et monte doucement.


De nouveau, un habitant de Terang qui a des champs à Mukot nous tiens compagnie. Un petit baluchon et une quenouille de poils de yacks. Il est tout tranquille et la discussion est agréable.



L'entrée du village de Mukot. Les maisons sont encore invisibles car juste derrière la croupe.


Les villages se suivent mais ne se ressemble guère. A Mukot, les maisons sont un peu dispersées en petit hameaux qui se fondent dans le paysage.


la vie semble différente à Mukot et il doit être très agréable de rester quelques jours en faisant des balades dans les environs. Il y a un lac au dessus et même un petit sommet avec un glacier un peu raide.


Instant de vie...
Ou comment découper la viande de chèvre sur une corne de yack pour le repas du soir.

La journée a été plus longue que prévu et nous arrivons tous les deux à Mukot un peu fatigué. Le premier contact à la fontaine, à l’entrée du village, est le bon. Nous trouvons très rapidement une maison où nous loger.
Notre hôtesse est très belle avec une coiffe typique du Haut Dolpo, un petit toit en cuivre avec des pompons, du corail et des turquoises. Adorable.
Chhotemba apprend a mangé de la tsampa puis goûte la viande de chèvre séchée qui a été découpée à la hachette. La maison est très agréable avec un vrai poêle avec un tuyau et une cheminée. Quel luxe. Il y a même un éclairage solaire.
Je dors sur le toit dans la micro-tente Salewa et avec un duvet light. Pas un bruit dans la nuit et un sommeil réparateur.
Quel changement par rapport à Kakot !
Pourtant, c’est l’effervescence au village et dans chaque maison. Toutes les familles se préparent à quitter le village. Les travaux des champs étant terminés, c’est un peu la montée à l’alpage avec tous les yacks. Mais c’est surtout la période de la cueillette de Yersa Gompa, cette petite racine très prisée de la pharmacopée chinoise. Très rare et forcement très cher. Le kg vaut une fortune : 14 laks soit environ 14 000 Euros.
Il va falloir que je me documente sur cette plante mystérieuse.
Dans notre famille, le départ est pour le lendemain. L’ambiance est aux préparatifs… le tchang est mis en bonbonne pour le voyage. Et le mari coud des petits sacs au coin du feu pendant que le jeune fils récite ces prières au rythme d’un tambourin dans la pièce voisine.
Une soirée très agréable, de vie tranquille très loin de l’agitation du monde.


le lendemain matin l'ambiance est très alpine dès la sortie du village.
En fait, ce n'est pas vraiment un sommet, juste une arête secondaire du Dhaulagiri II


Nous voici dans la partie haute de la vallée qui rejoins le col du Mu La...
le sentier va traverser la rivière sur un pont pour remonter au replat en face.
Il y a beaucoup de gens un peu partout, tout étonné de nous voir sans équipe si loin de tout.


Les premiers sommets, contreforts du Mukot Himal.


Aucune difficulté pour suivre le chemin, nous avançons tranquillement sans trop savoir où sera notre étape du soir. Mais, ce sera forcement avant le col.


Une rencontre étrange, un homme tout seul avec un cheval qui s'en revient de Jomosom.
Dzomdzom dans son language.
Nous dormirons le plus haut possible, juste sur un croupe à l'entrée de la vallée secondaire qui conduit au col.
Il est possible de rejoindre dans la haute vallée à gauche, un camp de base du versant sud du Tongu Himal au bord du petit lac glaciaire de Mulu Tal.


Le paysage est superbe, je n'avais encore jamais vue ce versant du Dhaulagiri II.


Ce matin, un bruissement suspect nous réveille.
Il neige et ce n’est vraiment pas l’endroit idéal. Je souhaitais profiter des lumières du matin pour quelques belles photos du cirque de montagnes qui nous entourent. La face Nord du Dhaulagiri II est particulièrement imposante et les petits sommets du Mukot Himal sont plein de mystères.
Cette vallée est un véritable paradis pour les amateurs d’un alpinisme exploratoire. Tout est encore à inventer.
Cette neige nous inquiète, car nous avons un haut col à franchir et nous ne connaissons rien de l’itinéraire qui rejoint Sangda.
Ce matin, le réveil est laborieux, largement contrarié par les conditions.
Et nous aurons quelques difficultés à trouver le bon passage dans un brouillard tenace.


Une petite tente très légère et un minimum de matériel. C'est une drôle d'aventure quand le temps se bouche...
Mais où est donc le chemin du col ???


Première vision sur l'autre versant.
La vallée de Mulum, pas de souci, c'est grand mais très facile.
Il suffit de descendre à flan sur le côté gauche sur un très bon sentier.
La présence si proche du glacier est surprenante. On pourrait même faire un camp directement au col...


Chhotemba, toujours aussi sérieux. Et un petit peu inquiet... "Mais où m'entraine-t-il ?"


Et le Paulochon, un peu fatigué...
"C'est pas de "la progression douce" un trek."



En descendant du col, installer un camp est possible près de la langue du glacier.
Ce peut être aussi un camp de base pour des ascensions sur les sommets environnants.



Toujours le même col, mais une heure plus tard.
Damned, y'a de sacré montagne dans le coin ... !


La vallée qui descend vers le Haut Dolpo et Chharka, une invitation à aller encore plus loin.
Un prochain voyage...


Nous avons maintenant bien avancé en traversant le col de Tuchela et nous espérons même rejoindre Sangda le soir même. Le début de la descente dans les gorges est très large et facile.
Nous sommes très surpris de découvrir un camp de trekkeurs à mi chemin. Et juste en face, je n'avais pas encore vue ce versant du Tashikang où nous étions passé il y a bien longtemps.


Il y a de la place et c'est un bel endroit pour se reposer de l'épreuve des gorges. c'est aussi le camp d'étude d'un jeune étudiant glaciologue allemand, Hermann Achenbach, qui étudie le glacier du Tongu Himal.



Le sentier est encore bien marqué...


Et puis brusquement le voici qui plonge dans la gorge... ça se corse rapidemment.



La confluence avec la Hidden Valley approche, mais le sentier devient de plus en plus escarpé et difficile.
"Faut pas s'en mettre une...".
J'imagine les kitchen boys d'une équipe népalaise dans ces passages. C'est chaud...


Un lieu chargé de sens pour moi... La fin de la Hidden Valley.


Et le sentier continue, toujours aussi exposé...

 


Enfin..., le vieux pont qui marque la fin des difficultés.
Nous changeons définitivement de rive et il ne reste plus qu'une heure et demi jusqu'au pont de Ghok, en de longues traversées au dessus de la rivière.


Premier vallon bien marqué de la rive droite. Facile à trouver sur la carte...
La flèche bleue indique notre itinéraire vers le Dolpo et la rouge le petit sentier qui rejoins la Hidden Valley.
Retrouver la description de cet accès très original vers Marpha ou le French Pass.


Mince, la flèche est un tout petit peu trop haute sur l'arête. Nous sommes sur un grand replat loin au dessus de la rivière, juste en face du pont pour Ghok.

En face du Pont de Ghok.
Avec émotions, bien des années plus tard, j’ai retrouvé le replat insignifiant à la croisée de deux chemins.
La première fois, nous y avions planté nos tentes minuscules après avoir « découvert » la sortie de la Hidden valley. Puis, les lieux me sont devenus familiers en séjournant quelques jours à Ghok, le village d’hiver de Sangda. Je cherchais alors à mieux connaître, à mieux comprendre ce monde particulier entre Dolpo et Khali gandaki.
Cette migration saisonnière d’un versant à l’autre m’intriguait, entre Ghok et Sangda. Le rapport ancestral entre l’Homme et la Nature.

Nous dormirons ici.
Sangda est encore loin et j’ai plaisir à retrouver ce lieu.
Nous sommes également éprouvé par les dernières heures de crapahu dans ces gorges particulièrement escarpées. Un itinéraire à ne pas mettre sous toutes les chaussures, un sentier minuscule et très exposé.
Pourtant, nous y avons croisé une foultitude de népalais, par petits groupes. Équipés de bric et de broc. Plus d’une centaine de personnes peut être…
Je ne peux m’empêcher de penser à la ruée vers l’or.
Le même pouvoir d’attraction, les mêmes rêves de richesses immédiates.
Simplement se baisser et devenir riches en cueillant une petite racine. Certains étaient littéralement morts de trouille sur ce sentier particulièrement abrupt.
Comment allait-ils vivre, ou plutôt survivre un mois de vie en altitude, au cœur des montagnes du Haut Dolpo ?
Malgré l’inquiétude, il régnait dans ces groupes de chercheurs de Yersa Gompa une chaleureuse insouciance. L’avenir brillait de mille feux dans leurs regards.

 


Et voici la grande route vers le Dolpo utilisée par les caravanes de yacks et de chevaux.
A conseiller vivement pour les trekkeurs...



Déjà un peu l'ambiance du Mustang.


Et d'autres montagnes apparaissent...


Puis, enfin Sangda au petit matin...
Ce soir nous serons à Jomosom.

De Sangda à Jomosom


Sangda, un tout petit village.


Nos journées sont un peu longues mais nous voici au sommet de la principale montée de notre descente vers Dzomdzom... il ne reste plus qu'à traverser pendant des kms et trois cols nous attendent encore.



Un peu de carto, avec en bleu le sentier qui conduit à Sangda et que nous venons de suivre.
Le petit rond rouge représente Ghok.
Et le tracé dans le lointain, la piste vers le Dolpo.


Le dernier col.
Mais attention, la journée n'est pas encore terminée.


Le village de Phalyak avec en arrière plan le Tilicho Peak à gauche et l'un des Nilgiri à droite.


Je connais bien ce lieu pour y avoir campé plusieurs fois, trois chortens au-dessus de la vallée et une source.
La vue y est superbe à la fois sur les montagnes et les villages.
Mais c'est la première fois que je vois les champs aussi verts, c'est bien le printemps...

Des infos sur Yersa Gompa, cette ruée vers l'or dans les montagnes du Dolpo.
En fait il s'agit d'un champignon : le cordyceps sinensis qui fait l'objet d'une surexploitation forcenée notamment au Tibet. Au Bouthan ce champignon est maintenant protégé. c'est le "vegetable viagra".

"Ce champignon qui menace l'écosystème...
Les médecines chinoise et tibétaine l'emploient depuis 1.000 ans, l'Occident ne l'a découvert qu'il y a 1O ans: le cordyceps, un champignon rare, fait l'objet d'un engouement inquiétant pour l'écosystème des montagnes du Bhoutan, rapporte la revue britannique New Scientist.
C'est grâce à ce champignon, Cordyceps sinensis, qu'en 1993 deux athlètes féminines chinoises avaient pulvérisé les records du monde du 1.500 m, du 3.000 m et du 10.000 mètres, des records d'ailleurs restés inégalés. Selon leur entraîneur, elles devaient leur exploit aux vertus de ce champignon à la forme d'un doigt, dont les spores se développent à l'intérieur d'une chenille en finissant par la tuer. On le trouve au pied des arbres, dans les hautes montagnes himalayennes du Bhoutan et de la Chine, à plus de 4.000 mètres d'altitude. Dans la médecine traditionnelle chinoise, on en prescrivait des extraits pour tonifier l'organisme, assurer la longévité, favoriser la vigueur sexuelle... La demande
pour ce cham pignon, encouragée par les performances sportives des deux chinoises, n'a cessé de se développer avant
d'exploser littéralement au moment de l'apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), pneumonie atypique, à Hong- Kong en 2003. Son prix s'est envolé pour atteindre 7.000 dollars le kilo, soit environ la moitié de celui de l'or. D'où la tentation pour les villageois du Bhoutan et des régions voisines (Chine, Tibet) d'en récolter un maximum.
En 2002, selon le New Scientist, la récolte au Bhoutan a été estimée à deux tonnes de chenilles mortes, soit des millions, infectées par le champignon. En 2003, elle avait triplé.
Paul Cannon, chercheur du Centre de Bioscences et Biologie moléculaire d'Egham au Royaume Uni, qui a étudié le champignon dans le parc national de Jigmé Dorje au Bhoutan, s'inquiète de l'impact de ces cueillettes sur la faune et la flore de la région. " Un contrôle des récoltes est d'une importance capitale ", selon lui, car le champignon n'a pas le temps de disperser ses spores pour infecter de nouvelles chenilles avant d'être cueilli.
Une solution serait d'élever des chenilles et de cultiver les champignons sur un substrat à base de riz. " Cela réduirait considérablement la pression sur l'environnement ", estime le chercheur cité dans le New scientist. "

un lien pour plus de détails
Et avec tous mes remerciements à Etienne Principaud.

Les cartes
Comme souvent, c'est un mixte entre différentes cartes qui vous permettra de bien comprendre cette région.
Upper & Lower Dolpa, la nouvelle carte de Nepa Map au 1/125 000
Un très bel assemblage de cartes qui donne un aperçu complet des lieux. Grand luxe, c'est le nouveau fond qui est utilisé.
Puis, il faut se procurer les cartes topographiques Népalo-finlandaises au 1/50 000.
DUNAI, 2882-04
CHHEDHUL GUMBA, 2883-01
MUKOT, 2883-02
JOMSOM, 2883-03



les étapes de Kakot à Terang, puis de Terang à Mukot.


La carte népalo-finlandaise au 1/50 000, qui montre le parcours en balcon de Kakot à Terang
en traversant les villages de Pimari et Gharen.


Une autre partie de la carte du Dolpo avec Chharka Bhot. C'est le village du film "Himalaya, l'enfance d'un chef".
Depuis Terang, c'est la route la plus simple pour rejoindre Jomosom, simplement en suivant la rivière.
Sur cette carte, pour Sandga, c'est malheureusement bien le sentier par les gorges qui est indiqué !


L'étape depuis Mukot, avec les petits ronds qui indiquent les camps possibles à la montée.
Avec Chho, nous avons utilisé le rond bleu près de la côte 5295 m.
Les deux ronds rouges indiquent les camps de base pour des ascensions dans le Mukot Himal.
Pour le passage du col, c'est bien le point bas, avec un très bon sentier.


une vue plus large du massif du Mukot Himal, avec les trois accès possible.
Depuis Marpha et le Dhampus Pass, par Mukot avec le Mulo Tal, par Sangda avec le Muli Tal.
Réaliser une traversée d'un versant à l'autre, par le Tongu Himal ou le Mukot, sera forcément une aventure singulière.


La partie Nord-Est du massif, avec le Tongu Himal et son camp de base au Lac de Muli.
L'accès le plus simple reste la vallée de la Mulum Khola.
Attention, le sentier de sortie de la Hidden Valley est faux sur cette carte.


Et bien sûr, un dernier petit clin d'oeil à mes partenaires habituels

avec : Triple Zero pour les duvets et les lunettes Adidas

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