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L'ascension du Noijing Kangsan
Printemps 2010





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Les différentes parties de ce dossier Noijing 2010 :

Dernière modification, le mercredi 23 juin 2010.

Encore en travaux...

 





Retour d’expérience…
Marc habite à l’altitude de – 2 m, au Pays Bas !
Mais son expérience de la haute altitude est déjà solide avec des expés à l’Ama Dablam et au Cho Oyu. Son témoignage éclaire avec d’autres mots les réalités de «la progression douce» que nous avons utilisée. Je le remercie chaleureusement surtout qu’il était avec moi durant toute la durée de l’expé !!!
Mais je voudrais aussi souligner que ce style de progression ne convient pas forcement à tout le monde, que la proximité, l’intimité vécue peut être source de malaise ou de conflit, et qu’elle ne garantie pas une acclimatation parfaite pour toutes les personnes.
C’est d’abord une question de choix dans le style de progression, puis de personnalité, de sensibilité. Et beaucoup de choses se jouent dans la préparation.

Mais laissons la parole à Marc…

« Voici en quelques lignes ma description de la mise en pratique de « la progression douce » telle que je l’ai vécue lors de l’expédition au Noijing Kangsang (7200m) qui s’est déroulée en mai 2010 sous la houlette de Paulo Grobel. Je tenterai également de marquer les différences qui me paraissent essentielles par rapport au déroulement d’expéditions « traditionnelles », en me référant à mes expériences antérieures.

Je ne reviens pas sur les principes de la progression douce ou de la stratégie de l’escargot, je passe directement au déroulement de l’expédition à laquelle je viens de participer.

Tout commence durant les trois ou quatre mois qui précèdent la date réelle du départ de France. Des réunions préalables sont organisées afin de rassembler les participants, de leur permettre de faire connaissance entre eux, de faire connaissance avec le guide de montagne qui tient le rôle de chef d’expédition. Dès cet instant, l’expédition a commencé. Outre les discussions purement orientées sur les sujets de préparation matérielle et logistique, le guide transmet d’emblée aux participants de multiples messages dont le concept fondamental est la conscience : de soi, de ce que l’on fait. Jamais lors de mes expériences passées je n’ai entendu ce type de messages. Pris isolément, ils sont difficile à placer dans un contexte tangible, mais pris dans l’ensemble des discussions traitant par exemple du mal des montagnes ou du poids des sacs à dos lors des portages, tout prend son sens si l’on se donne la peine de sortir son esprit du cadre classique des discours sur la montagne. Rétrospectivement, en rejouant l’histoire de l’expédition, je pense que l’on pourrait assez justement deviner chez quels participants le message de fond est passé ou pas.

Autre différence marquante, l’annonce de l’utilisation systématique de la cordée, là où les expéditions classiques insistent sur l’autonomie de chaque individu, poussant le principe jusqu’à pratiquer la progression non encordée à grand renfort de cordes fixes. L’utilisation de la cordée est en phase avec l’idée d’expérience de groupe orientée vers le partage des plaisirs de la montagne et la vie de groupe. Elle est aussi en phase avec l’intention de fournir des efforts modérés en formant des cordées équilibrées, rassemblant deux personnes avançant à un rythme similaire.

A présent, transportons-nous au pied du Noijing pour aborder les caractéristiques de la progression proprement dite.

L’approche classique pour préparer la voie vers le sommet consiste à établir un camp de base le plus confortable possible puis de lancer des incursions successives en altitude pour l’établissement des camps supérieurs et de redescendre au camp de base pour se reposer des efforts lourds qui ont été produits. Car les dénivelées pratiquées généralement se situent en moyenne dans une tranche 500-800m. En progression douce, on s’attachera à se limiter à 300-400m entre deux camps dans la mesure où le terrain et les conditions le permettent. Ce choix ne fait qu’un avec le concept de « conscience » qui réduit aussi de manière contrôlée (à l’aide d’un peson) le poids des sacs à dos lors des portages. Personnellement, je m’étais fixé de ne pas dépasser 80% dans l’effort. L’idée de base étant de se préserver au maximum tout au long de la progression en adaptant la quantité d’effort à fournir au quotidien de manière personnalisée et de permettre ainsi une vie en altitude de meilleure qualité. Le confort est ainsi accru car le choc du changement d’altitude sur l’organisme est atténué, et pourquoi pas presque maîtrisé dans le meilleur des cas. Lorsque les trinômes ou les binômes gagnent leur tente en camp d’altitude, il leur reste davantage d’énergie physique et sociale pour organiser et accomplir les tâches quotidiennes : refaire un stock d’eau en faisant fondre de la neige, préparer les repas qui parfois sont étonnamment sophistiqués et gouteux, ce qui a son importance puisque l’appétit est mieux préservé en respectant des dénivelées de cet ordre et le plaisir de manger reste très présent.

En mode traditionnel, les participants atteignent les camps supérieurs dans un état de plus grande fatigue. La promiscuité de la tente peut devenir plus dure à supporter, la fatigue physique s’accompagne souvent d’une fatigue nerveuse. Et préparer les repas se résume assez vite à chauffer du lyophilisé ou une soupe. Manger pour manger, c’est tout.

La notion de confort relatif préservé est essentielle en progression douce. N’oublions pas que nous avançons avec « notre maison sur le dos », de camp en camp en direction du sommet, sans redescendre au camp de base. La conséquence directe est un séjour ininterrompu en haute altitude pendant une période longue. Pour le Noijing, nous avons passé 9 jours consécutifs sans remettre les pieds au camp de base. Sur une si longue période de vie en tente avec des conditions de confort tout de même bien réduites, il est primordial que chacun dans son binôme ou trinôme se sente raisonnablement bien dans son corps et dans sa tête de manière à pouvoir mener une expérience relationnelle riche et agréable de bout en bout, ou au minimum courtoise. Seconde conséquence, durant tout le séjour, le groupe et les tentes sont confrontés aux conditions météo de haute altitude, sur de telles durées, cela qui augmente le risque de devoir essuyer du mauvais temps. Sur cette expédition, seule une nuit à 6600m a été vraiment plus agitée que les autres.

Bien que la progression douce soit attachée à un ensemble cohérent de « règles », le terme est sans doute trop fort, sa mise en pratique reste pragmatique, elle n’entend pas introduire un nouveau dogme dans l’himalayisme et c’est toujours la montagne et ses conditions qui ont le dernier mot, il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter, évidemment. J’ai vu cette flexibilité à l’œuvre lorsque l’emplacement prévu pour installer le camp 2 s’est révélé inutilisable (le camp 1 était à 5800m). Il a alors fallu se résoudre à installer ce camp plus loin et plus haut que prévu (6300m au lieu de 6000m). Puis plus haut, nous sommes revenus à la progression douce en trouvant un nouvel emplacement pour un camp 3 à 6600m, altitude très raisonnable pour atteindre le sommet.

Notre tentative pour rejoindre le sommet s’est arrêtée aux environs de 7000m dans un brouillard épais, stoppée par une neige transformée en plaque à vent après plus d’une semaine de vent continu.

Malgré la frustration de n’avoir pu laisser des traces de nos crampons au sommet, j’en ramène une expérience inédite dont la richesse est à mettre pour une part au crédit de la progression douce et pour une autre large part à la personnalité de mes compagnons de voyage. La progression douce permet indéniablement de vivre mieux en altitude et ainsi de bien profiter de tout ce que le long séjour en altitude peut offrir, en particulier une intensité relationnelle qui pourrait bien être de l’amitié... »
Marc Ernst, juin 2010






























Dépot d'ordures à 6000 m !
Une surprise pas très agréable au grand col avant le sommet, utilisé par toutes les expés pour faire leur dernier camp.



Test de matériel in situ...
Cette année, j’avais décidé de tester deux types de matériel en situation réelle, avec des questions bien précises.

1…, Les réchauds.
J’avais été très impressionné l’automne passée par les bruleurs de nouvelle génération « économisateur d’énergie », en ayant testé le nouveau Primus, sur les conseils du chef du rayon Montagne d’Espace Montagne de Grenoble, au Ratna et au Pokarkang.
Cette année, convaincu de la pertinence de ce choix, j’ai donc mis en place un véritable « match pour un choix » entre deux modèles.

  • Le Primus XXX
  • Le Reactor de MSR

Et y’a pas photos, le Reactor arrive largement en tête, à la fois pour ces performances réelles, et pour sa facilité d’utilisation et de rangement.
Seul bémol, ce sont plutôt des réchauds destinés à faire fondre de la neige ou chauffer de l’eau car les casseroles sont peu adaptées par leur taille pour faire de la cuisine. Mais en fait, comme nous évoluons le plus souvent en tente de 3 personnes, j’ai souvent deux réchauds, un classique avec deux casseroles pour cuisiner + un Reactor pour faire fondre la neige.
Par contre, je vais avoir du mal à utiliser dorénavant un réchaud classique !

2…, les tentes d’altitude, adaptées à une progression continue en haute altitude.
Suite à l’expédition au Ratna Chuli à l’automne 2009, où j’avais expérimenté et beaucoup apprécié un fonctionnement par trinôme dans les tentes d’altitude, j’avais cette année deux objectifs.

  • - Tester deux nouveaux modèles : la Snowbound 4 de Ferrino et la XXX de Helsport.
  • - Expérimenter la vie dans une tente tunnel, plutôt que géodésique avec la Helsport.

La conclusion sera très rapide ! Nous avons appeler la Helsport, « le trou à rats », et la Ferrino, « le palace ».
Pour l’anecdote, je n’ai pas osé changer les utilisateurs et infliger un roulement à toute l’équipe, et, avec Marc et Joaquim puis avec Jean-René, nous avons stoïquement supporté notre calvaire.
Pourtant toutes les deux sont des tentes données pour 4 personnes, alors que nous les utilisions à trois. Et la Helsport correspond au haut de gamme avec un poids réduit et un tarif exorbitant.
La différence majeure réside dans la hauteur de la tente.
Impossible de se tenir accroupi ou à genoux dans la Helsport ! Et c’est donc bien ce critère d’habitabilité qui détermine la qualité d’une tente « à vivre ». C’est une condition indispensable pour bien vivre en altitude, sur des durées importantes.
Au sujet de la Snowbound 4, il n’y a pas grand chose à en dire, surtout que c’est un modèle déjà ancien sur lequel j’avais travaillé quand j’était chez Ferrino (il y a bien longtemps). Globalement, c’est une tente robuste et bien conçue, à un prix très abordable. Ce prix explique le choix des matériaux et surtout le poids qui est plutôt important.
J’aime bien les aérations intérieures, les poches de rangement et les rabats du double toit (indispensable pour installer une tente dans la neige). Je trouve un peu mesquin que la fermeture de l’entrée du double toit soit à simple sens (c’est un détail important à l’usage) et la porte de la tente intérieure pourrait être mieux conçue.
Pour la Helsport : j’ai apprécié le poids de l’ensemble avec des matériaux de haute qualité (tissus et arceaux), la qualité de la finition, la taille conséquente de l’abside, les rabats du double toit, son montage ultra simple et le confort de monter d’abord le double toit (ce qui permet éventuellement de l’utiliser en simple abri si nécessaire). Il n’y a pas assez de poches de rangement dans la tente intérieure, le curseur de la porte d’entrée est à simple sens et surtout la hauteur sous plafond est définitivement trop basse.
Pour la comparaison entre une tente tunnel et géodésique, nous n’avons (malheureusement ou heureusement) pas eu de chute de neige durant notre ascension (ça change du Manaslu).
Nous avons eu des vents très violents qui nous ont même empêchés, une journée, de sortir de la tente. Mais je n’ai pas constaté de différence notoire entre les deux modèles.

3…, le prêt de matériel spécifique.
C’était l’innovation de cette année… et tout est expliqué dans cette page spéciale.
Première remarque, c’est rassurant pour moi de savoir que tout le monde est bien équipé même pour les éléments que l’on aurait tendance à négliger comme le pantalon en duvet. Il me reste à continuer le travail avec ASOLO pour les chaussures de haute altitude, pour pouvoir disposer de plusieurs tailles pour l’essayage et pour la location.



Portraits...












Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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