Entre Samdo et Phu
La montagne aux 1800 rivières...

Le compte rendu d'une expédition au Panbari
Automne 2011




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Et le prochain Samdo Phu !!!

Dernière mise à jour le 7 Février 2012



Depuis le camp 1, une vision voluptueuse...


... dans un cadre somptueux.


 


Le sommet du Panbari, avec en avant-plan la montée au plateau de l'Hindu Himal.
Les points rouges correspondent à nos camps d'altitude et la petite croix à l'emplacement idéale pour le camp 1.

Et voici même la trace sur Google Earth


La carte au 1/50 000 préparée par Caroline Strube, d'après ses relevés GPS. Il manque juste le tracé exact entre l'ABC et le C1.
Nous allons reprendre le même parcours pour Samdo Phu 2012.

La montagne aux 1800 rivières.
Voici un nom bien étrange qui évoque d’emblée une contrée lointaine, un Shangrila mythique imprégné de culture bouddhiste et d’exotisme. C’est le nom que nous avons donné à un sommet vierge à 6767 m sur la frontière tibétaine, au Nord du massif du Manaslu, entre Samdo et Phu.
Athahra Saya Khola, en népali, est aussi le nom de la rivière qui coule au pied de la montagne et c’est l’ancienne dénomination de la haute Nubri.
La Vallée aux 1800 rivières est dominé par un groupe de trois montagnes enneigées, les Trois Frères (Tin Baï en népali). Ce sont ces sommets que nous avons gravis, à défaut du Panbari qui émerge juste derrière. Ce ne sont pas des montagnes très techniques, ni impressionnantes, par contre elles ont une importance topographique majeur car elles commandent l’accès vers de grands plateaux glaciaires aux pieds des versants Est du Nemjung et de l’Himlung, dans le massif du Peri Himal. De grands cols permettent aussi d’imaginer une traversée glaciaire somptueuse de Phu à Samdo.

La voie d’ascension que nous avons emprunté est parfaitement visible en remontant la vallée et en particulier depuis le La-Chen, le col qui conduit à Ru au Tibet, le village d’où viennent les habitants de Samdo. C’est un itinéraire qui devrait devenir classique car le Panbari, malgré les 95 m qui lui manque pour atteindre 7000 m, devrait combler les alpinistes à la recherche de nouveaux espaces sauvages et vierges. Ce sont de grandes pentes de neige sans difficulté, avec une petite arête esthétique pour rejoindre le Dôme de l’Hindu Himal. Cet itinéraire permet d’éviter la voie des japonais qui remonte entièrement le glacier de Fukan, très crevassé.
J’imaginais que les moraines à la jonction de deux glaciers allaient être un labyrinthe inextricable et fastidieux de blocs et d’éboulis. Au contraire, le camp de base est plutôt confortable et facilement accessible avec des animaux de bat car nous sommes à proximité de grands alpages utilisés par les habitants de Samdo.
Il a beaucoup neigé durant notre voyage de cet automne 2011.
Juste deux courts épisodes neigeux dans un océan de ciel bleu, mais au total, plus d’un mètre de neige. Une neige douce et poudreuse, belle et vénéneuse, d’une instabilité diabolique.
Depuis le dernier camp d’altitude, au matin, je sais que nous n’irons pas au sommet du Panbari. Il a encore neigé la veille et l’équipe népalaise qui est resté au camp précédent n’arrivera jamais à nous rejoindre.
Mais une énergie formidable nous submerge...., sortir de la tente, creuser une tranchée pour déboucher sur le plateau..., pour enfin voir le col et le sommet tant rêvé. Nous avons une journée entière pour faire 100 m de dénivelée. Plus haut, sur l’arête balayé par le vent, tout ira mieux.
A la pelle, nous grignotons chaque pas, avec détermination et constance. Et, le lendemain matin, nous sommes tous à 6306 m au sommet de l’Hindu Himal. Mais la journée n’est pas finie. Nous traverserons aussi le Lilia Peak (6425 m), pour atteindre «la montagne aux 1800 rivières». Du sommet, nous pouvons enfin apercevoir le grand col entre Himlung et Nemjung, pour un prochain voyage déjà mythique «de Samdo à Phu».

Les informations sur  les ascensions.
1: Hindu Himal at 6306 m, on 27 October 2011 at 9h30.
By Svend CARON, Benoît VL and Paulo GROBEL. And, between 11h & 12h, by Caroline STRUBE & Jean MILTEAU, Michelle QUATRINI & Jacky CROUSET.
2 : Lilia Peak at 6425 m, on 27 October 2011 at 12h15.
By Svend CARON, Benoît VL and Paulo GROBEL. From Belgium, Swiss and France !
3 : Athahra Saya Khola Himal at 6767 m, on 27 October 2011 at 14h30.
By Benoît VL and Paulo GROBEL.

Paulo Grobel, décembre 2011
Kathmandu
Pour un article dans l'American Alpine Journal.


Le Panbari, où nous n'irons pas cette année. Trop de neige pour traverser le plateau..

L'ascension
Ce fut une belle journée, en bonne compagnie...
Commencé tout en douceur mais qui c'est prolongé un peu tard dans la nuit pour rejoindre le camp.
Le topo complet des différents sommets est en ligne.


Il nous aura fallu plus d'une demi journée pour atteindre le plateau en creusant une trace à la pelle...
Le manteau neigeux étaiti particulièrement instable avec des déclenchements à distance de plaques friables.


Tout le monde est encore couché ce matin... Je continue tranquillement mon chemin, la pelle à la main.
Les montagnes d'en face laissent entrevoir une traversée à ski particulièrement intéressante... et deux bosses très suggestives à gauche.


Svend arrive tranquillement sur le plateau, près du Dôme de l'Hindu Himal.
Bien plus tard, par une nuit sans lune et avec une seule frontale, nous avons eu un peu de mal et beaucoup d'angoisses pour retrouver le chemin du camp.
Heureusement, tout c'est bien terminé...


Svend et Benoit dans la montée du Lilia Peak. On aperçoit d'autres avalanches qui se sont déclenchées dans les pentes.



En route vers la montagne aux 1800 rivières. Heureusement la neige est moins profonde.


De grands espaces et le Manaslu, très haut.


Une photo rare et surprenante.


Panbari et Atharha Saya Khola Himal...
Et entre les deux, le col qui donne accès à la traversée vers Phu.


6442 m, un col sans nom, avec en arrière plan, le Nemjung.


Benoit presque au sommet et en tête de cordée...
Sur un petit nuage !


A la descente, Svend nous avait attendu, un peu inquiet du temps passé là-haut. Ils repartent tout les deux et je reste là, à contempler le paysage...

De l'autre coté...


Pour le prochain Samdo Phu, j'imaginais initialement passer par le Tibet.
Mais les vallées sont trop profondes. Nous passerons donc entre Nemjung et Himlung.

Regards Croisés
Une page spéciale, avec K'ro, Benoît,


La contribution de Caroline, à retrouver dans une page spéciale... "Regards croisés" , avec texte et photos !

Carnets de voyage...
En relisant mes petits bouts de texte écrit sur le vif au fil de l'ascension.

Saya Khola…
Pour la première fois, tout se passe le mieux possible. Avant 16 h, le camp est installé et tous les porteurs sont bien arrivés. Ça change la vie !
Et surtout, nous sommes en vue de notre montagne, tout au fond de la vallée. Nous avons quitté le sentier principal qui conduit au Tibet par le Gya La. Il ne reste plus que les traces des sentiers de yacks.
Le relief de la jonction des glaciers est vraiment complexe, presque incompréhensible sur la carte. La suite risque d’être moins simple et j’espère que Kishor Gurung (qui a la charge des porteurs depuis Arugat) a réussi à résoudre l’énigme du terrain pour trouver et choisir l’emplacement idéal pour le camp de base de notre ascension.
Ce sera la surprise de demain.


Et contre toute attente, le sentier est particulièrement agréable.
Juste la suite, pour rejoindre le camp d ebase avancé est un peu du pain noir !

Au Camp de Base Avancé
Tout est blanc…
Il a neigé toute la nuit.
Sans bruit et régulièrement.
Le camp a subitement changé de saison.
Tout est blanc…
Les tentes forment des dômes de couleurs dans un univers de neige.
Nous avons radicalement basculé dans l’hiver.
Ce matin personne ne bouge. Le ciel n’existe plus.
Tout est blanc…
Nous avons déneigé la tente, puis ranger au mieux l’intérieur. La matinée s’écoule doucement.
Il n’y a rien à faire. Juste la neige à faire fondre.
Aujourd’hui, c’est mon tour, Svend est de repos et Marie s’occupera du repas du soir.
Lire et écrire, grignoter des cacahuètes et regarder la neige qui tombe.
Tout est blanc…
L’équipe népalaise a prévu de nous rejoindre cet après-midi. Mais l’exercice risque d’être difficile.
Je pense plutôt qu’ils vont rester confortablement au camp de base, pour monter demain matin.
Pour l’instant, les réchauds ronronnent…
Qu’allons-nous manger à midi ?
Tout est blanc…


Le Camp de Base Avancé, après la première chute de neige.


Quelques jours plus tard... tout est blanc !
Encore...
Nous sommes seul, immensément seul. Nos compagnons Népalais n'arriveront plus a nous rejoindre. Et cela change radicalement le jeu !

Camp 2…
Quel drôle d’endroit pour des vacances à la montagne !
Nous sommes sur un vague replat moins de cent mètres sous le Dôme de l’Hindu Himal, d’où il sera possible de voir enfin notre sommet, le Panbari.
Vers le bas, la vue est splendide sur la vallée de la Atharha Saya Khola.

Et il a de nouveau neigé hier soir. La neige est descendue très bas, peut-être même jusqu’à Samdo. J’espère que toutes les moissons ont bien été rentrées.
La hauteur de neige cumulée devient impressionnante, plus d’un mètre de neige fraîche, sur une sous-couche sans cohésion : 80 cm de neige récente puis une petite strate de regel avant les gobelets en place depuis le début de l’automne. En clair, rien ne porte et l’instabilité est maximale. Heureusement, les deux chutes de neige précédentes ont eu lieu avec un vent très faible. Il n’y a donc pas d’accumulations monstrueuses en place, juste quelques plaques friables aux endroits propices.
Pour faire la trace, c’est forcément la cata et il faut littéralement ouvrir une tranchée à la pelle. 3 coups de pelle, puis un pas en avant et l’on recommence, inlassablement… Pendant des heures.
Malgré tout, dans la solitude d’un petit matin radieux, je suis heureux d’être là, seul dans le grand blanc. Je grignote la pente doucement. Dans quelques heures, mes compagnons me rejoindront pour me remplacer et se relayer.
À la mi-journée, nous avons presque débouché au col, mais le temps est en train de se boucher et Benoît est tombé jusqu’aux aisselles dans une crevasse.
Il est temps de se reposer !
Nous irons donc à l’Hindu Himal demain et tous ensemble en route vers nos deux autres objectifs. Le premier est côté 6425 m et le deuxième sur l’arête frontière est beaucoup plus haut, 6767 m. C’est le beau sommet qui ferme la vallée et qui est bien visible depuis le sentier. Il doit certainement avoir un nom local.
En fin d’après-midi, le vent s’est levé, secouant les tentes et rebouchant inexorablement la trace, construisant  de nouvelles plaques à vent.
Arriverons-nous à remonter sur le plateau ?


Un panorama de K'ro.


Tin Baï... "Les Trois Frères."

La fine équipe...
La clef d'une forme de succès, former un bon trinôme...
Mais aussi prendre soin de soi...
Partager des instants décontracté...
Des moments d ecomplicité sur les sentiers...
Ou plus difficile... quand il faut redescendre.



Avec Jean, cela fait presque 30 années que nous cheminons sur les montagnes du monde !




michelle et Benoît, à la descente vers Samdo.


Dane et Kishor accompagnent Jacques vers le Camp de Base.

L'équipe Népalaise...



Le trek pour rejoindre le camp de base.

L’aménagement du tour du Manaslu.


La route en construction, qui ne laisse personne indifférent.


Des nouveaux lodges, partout.


La traversée du Larkye Pass, à l'envers ! Une histoire d'acclimatation... et de "Slow Trek" !
C'est l'itinéraire d'acclimatation idéale pour rejoindre les montagnes de Samdo ou le Manaslu. Mais il n'est pas si facile de construire un découpage judicieux, cette fois-ci nous avons été particulièrement doucement. Impossible de faire plus lentement.
Voici le déroulement idéal, en Slow expedition, bien loin de ce que réalise d'autres expéditions.
Il faut parfois laisser parler les autres acteurs du petit monde des expéditions française encadrés. Je vous laisse étudier attentivement le déroulement de la traversée du Larkye par Expé.com en route pour le Manaslu. Et j'en profite pour saluer au passage Arnaud...
Il y a Russel Brice, le Fast Food et les petits restaux sur la place du village. Mais, il y a surtout de la place pour tout le monde, car nous ne sommes simplement pas dans le même monde.
Et c'est là, tout l'intérêt de la réflexion sur la Slow Attitude. Simplement énoncer des réalités. A chacun de choisir...

Voici le découpage que nous utiliserons pour le trek d'approche pour la traversée Samdo Phu.

  • J 1 ..., Chyamje, Dharapani, Tilje. C'est juste un peu long pour les porteurs...
  • J 2..., Tilje, Yack Kharka
  • J 3..., Yak Kharka, Bimthang
  • J 4..., Binthang, Larkye Phedi.
  • J 5..., Et enfin seulement la traversée du col et descente sur les lodges de Darmashala (ou le Larkye Phedi de Samdo).


Nous voici sur le tour du Manaslu. Nous venons de quitter l'ambiance un peu "space" du tour des Annapurna.


L'arrivée à Tilje, le dernier village de la vallée.


Avant, à l'automne 2010.


Maintenant, un an plus tard.




Yak Kharka, un emplacement de camping peu utilisé.
Nous sommes dans une grande et belle clairière, peut être au Canada ?


L'ambiance de Bhimtang, au printemps.


Des nouveaux lodges sont en construction au bout de la plaine.

Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.

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