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Son nom : "Exploring the Himalayas"
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Dernière mise à jour le dimanche 3 janvier 2009, avec les photos de Denis Lachenal
Il y a encore un peu de travail pour compléter cette page... Patience.
Tranches de vie…
Ce matin, la séparation avec toute l’équipe népalaise a été touchante d’émotions. Tout le monde est vraiment content du travail fait en commun et l’ambiance est très bonne. Mingma se confond en excuses. Peut-il comprendre que je ne lui en veux même pas ?
Tous sont un peu inquiets de me laisser seul à Phu, après la rixe de hier au soir, provoquée par le nouveau compagnon de Sonam. Heureusement, Bishal et Chhotemba remontent dans trois jours avec l’équipe du Pokarkang.
Sonam entre chez Kharsang, son enfant en balluchon sur le dos.
Elle s’assoit sur le rebord d’un bas flanc non loin du foyer. La tête baissée, avec une infinie tristesse, elle parle, la voix secouée de sanglots. Parle–t-elle pour les trois personnes réunies autour du feu ou simplement pour elle-même ? Exprime-t-elle sa souffrance, sa solitude de fille-mère ?
Hier soir, son père, dans un excès de colère et un peu trop de chang, la chassée violement de la maison familiale avec son fils !
Que va-t-elle devenir ?
Kharsang semble lui répondre de sa voix sans douceur…
C’est la 1ère fois que je suis témoin d’une scène de vie avec autant de détresse, et je suis frappé du manque d’attention, du manque d’écoute, de l’absence de sentiment. Au pays de Bouddha, la compassion semble tellement absente de la vie quotidienne. Mais la vie ici est tellement dure, comment laisser de la place aux individus, à la personne ? Il suffirait d’entrouvrir son cœur, de serrer Sonam d’un bras attentionné, de l’écouter, et lui offrir un instant de quiétude, de tendresse. Ce qui semble naturel (ou possible) chez nous est si difficile ici.
Je n’ose esquisser un geste et je sors de la pièce, trop troublé.
Aujourd’hui, je n’ai pas bougé du village.
Kharma m’a invité à l’accompagner à Nagoru apporter du sel pour les chèvres et les yacks de la famille.
Mais c’est à la fois un peu loin, elle va marcher comme un avion, et j’ai plutôt envie de me reposer et de ranger mes affaires. Une excuse facile, car je crois que j’ai aussi un peu peur de me retrouver seul avec elle une journée loin du village, en une proximité troublante.
Au village, un bol de thé et un chapati me font office de petits-déjeuners chez la maman de Sonam, puis j’ai été obligé de faire un détour par la maison de Kharsang pour moult thés au beurre de yack. Plus tard, pour profiter des lumières de l’après-midi, je partirais à la rencontre de Kharma.
Chez elle, assis devant le feu où se prépare le thé, je ne comprends pas grand-chose. Des femmes passent, s’assoient au chaud pour un moment de repos, boivent un bol de « noon tchia » et discutent allègrement dans la langue de Phu. Elles me posent quelques questions en népali, heureusement toujours les mêmes auxquels je réponds maladroitement.
Avec Kharma, nos échanges sont limités. Ce n’est pas l’envie qui manque, mais je crois que son népali et aussi rudimentaire que le mien. Je regarde, j’essaye de comprendre et je reste tranquille dans un coin, le plus discret possible.
Nous préparons le repas ensemble. Des gestes simples, des instants partagés.
Autour du poêle, la maîtresse de maison se place toujours au même endroit, à gauche, avec à portée de main, un jerrican de plastique coupé en deux faisant office de réserve de bois. De petites buches qu’elle glisse à demi dans le foyer.
Les invités s’assoient plutôt devant et les places plus à droite sont réservées aux hommes, à l’extrémité la place du père, avec son bol à raksi ou à tchang magnifiquement ouvragé.
La chaleur dégagée par les flammes ne réussit pas à chauffer la pièce. D’ailleurs le porte est toujours ouverte. Mais tout proche du feu, assis à même le sol, l’ambiance est chaleureuse.
Dans un mois, quand il gèlera à pierre fendre, que sera la vie ici…

La maman de Sonam



Kharma est aussi de corvée...
©michelle
©michelle
©Jacques
©Jacques

La famille de Kharsang... et les deux petits bouts... Mais pourquoi ne vont-ils pas dans une école de la vallée ?
©flo
©flo

Et oui, une autre réalité de Phu. "C'est pas mal pour jouer ici, y'a plein de trucs intéressants".


En aval de Phu, un lieu que j'affectionne particulièrement. J'aime m'y retrouver pour méditer en toute tranquilité...

Corine et Bishal chez Kharma pour un enième thé au beurre de yack.

Kharma, qui donne un coup de main chez Sonam.

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