L'ascension du Pokarkang
6372 m

Automne 2009




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Encore en travaux...

Dernière mise à jour, le samedi 2 janvier 2010



Objectif réussi...
Nous avons atteint le sommet du Pokarkang.
Mais quel drôle de réussite, si loin des standards habituels !
Chhotemba, Renzi, Pasang, Kishor et Bishal, toute l’équipe des alpinistes Népalais est au sommet le 20 novembre, en compagnie de Hugues De Varax.
Hugues est le 1er Français au Pokarkang et notre itinéraire s’appelle « l’Arête de Cassis », en clin d’œil à Jean-Michel Baujeon et François Robert.
Mais où est donc passé le reste de l’équipe ?
Et le guide ?
Sont-ils restés au camp de base pour jouer aux cartes ou « passer l’aspirateur» ?
Bien sûr que non.
Ce n’était pas le bon jour, tout simplement. Les conditions de vent et de froid (-15 ° et plus de 50 kl/h de vent) ont beaucoup complexifiés l’ascension.

Ce jour-là, j’étais encordé avec Corine et j’ai décidé de faire demi tour à mi-ascension alors que le sommet était techniquement à portée de main. Corine, qui sortait juste d’une opération aux doigts après des gelures lors d’une l’ascension de l’Ama Dablam en 2007, avait très froid aux pieds. La neige profonde et pulvérulente aggravant encore cette sensation.
La décision fut simple à prendre malgré l’enjeu de réussir, toujours bien présent. Mais un mantra résumait bien la situation : « il vaut mieux rentrer à la maison sans sommet plutôt que sans les doigts !!! ».
Lors de notre descente, en croisant la cordée de François et Jean Michel, je les ai laissé continuer en leur rappelant juste d’être attentif à leurs pieds. Un peu plus tard, ils ont décidés eux aussi de faire demi-tour. De retour au camp 3 à 5800m, j’étais un peu inquiet pour nos compagnons népalais, forcement un peu moins bien équipés que nous, mais tout s’est bien passé pour eux.
Hugues était chaussé d’Everest et malgré tout, de retour du sommet, l’un de ces gros orteils est resté insensible plusieurs jours.

Chhotemba, grâce à son séjour d’alpinisme en France cet été, a très bien assumé sa fonction de guide de haute montagne .C’est l’une des réussites de cette expédition, en plus du bonheur affiché par les jeunes népalais, en particulier Bishal et Kishor.

A Kathmandu, les Cassidans offriront leurs ASOLO ASF à Pasang et Kishor, un beau cadeau pour l’avenir.
Pour Bishal Rai, c’est décidé… après ce 1er 6000, il viendra découvrir l’alpinisme dans les Alpes cet été.
Welcome in France Bishal !!!

Et si vous souhaitez l'accueillir chez vous et m'aider à organiser son séjour en France, rendez-vous sur la page dédiée qui sera bientôt en ligne pour lui, sur mon site.

Dans l’organisation de mon automne Himalayen, le Pokarkang avait une place à part, une signification bien particulière.
C’était :

  • Un nouveau sommet à partir de Phu et une manière de valoriser les petits sommets de 6000 m.
  • Une expérience de formation montagne, pour les jeunes Népalais qui sont souvent avec moi, avec l’ascension d’un sommet et un travail rémunérateur de porteur d’altitude. Et c’était particulièrement important pour Kichor Gurung et Bishal Rai.
  • La recherche d’un accès à l’Amotsang.

Le nombre de personnes pour cette ascension avait volontairement été réduit à 6 personnes.
À la dernière minute, le groupe sera de 5 personne plus moi. Puis, Pascal aura un grave problème d’infection gastrique qui nécessitera une évacuation immédiate. Nous ne serons donc plus que 5 personnes à partir du camp de base.
Le coût avait été réduit (4000 €) car le groupe me rejoignait directement à Phu.
Initialement, j’imaginais même rester un peu plus longtemps à Phu pour approfondir encore ma connaissance des lieux et mes relations avec les villageois.
Et, suite à l’expédition précédente au Ratna Chuli, je vais décider de modifier la composition de l’équipe népalaise et en particulier le rôle et le statut de Chhotemba.
De Sirdar, il va devenir guide de Haute montagne.
L’objectif est de

Une préparation singulière !



François, Jean-Michel et Chhotemba


Sous la houlette de Jean-Michel, Chotemba découvre les plaisirs de la voile sur un Katamaran, à l'école de voile de Cassis


Deux mois plus tard, nous nous retrouvons tous à Phu. Corine, Pascal, Jean-Michel et François.
Pour cette expé, c'est maintenant Chhotemba qui assume la fonction de Sirdar et il sera aussi Guide de Haute Montagne.


En aval de Phu, un lieu que j'affectionne particulièrement. J'aime m'y retrouver pour méditer en toute tranquilité...


Corine et Bishal chez Kharma pour un enième thé au beurre de yack.


Kharma, qui donne un coup de main chez Sonam.


Tout le monde est parti à 9 h ce matin après le petit-déjeuner en direction du camp de base.
Bientôt midi et depuis ce matin, j’attends qu’un bruit assourdissant envahisse le ciel.
Une attente douloureuse, tellement le temps s’écoule lentement, tellement le fait de ne pas savoir ce qui va advenir de nous est difficile.
Pascal se repose, boit un peu. La parole est rare.
Dans la maison où nous sommes, chez Sonam, les taches ménagères ont constitué un peu d’animation. Maintenant tout est calme, sur le feu mijote le repas de midi. Pascal s’est assoupi de nouveau sur un des lits de la pièce.
J’ai du mal à comprendre pourquoi il est si difficile de nous envoyer un hélicoptère demandé depuis hier à 14 h !
Le temps passe et j’ai de moins en moins l’espoir qu’il n’arrive encore aujourd’hui… Tout en l’espérant du fond du cœur.
Et puis, plus le temps passe et moins j’ai de chance de pouvoir rejoindre le groupe à leur camp de Kulum Kharka, ce soir.
Tout est parfois si compliqué…
14 h…
Plus le temps passe et plus le temps se dégrade, plus le vent se lève. Que sera la météo de demain, avec la neige annoncée.
14h 45.
Un appel de Kathmandu, ça y est l’appareil a décollé.


Et voilà, tout est fini.
Pascal est entre de bonnes mains et dans moins d'une heure il sera à Kathmandu.
Il est maintenant plus de 16 h et je pars quand même rejoindre les autres. Kharma insiste pour que je reste chez elle car il est tard, mais je n'ai aucune affaire pour dormir avec moi et j'ai besoin de reprendre ma place au sein de l'expé, même si je sais que tout c'est bien passé avec Chhotemba.
En fait, je dormirais quand même en chemin, à Nagoru, quand je traverse le village il fait déjà sombre et le père de Kharma (qui garde là-haut les yacks de la famille) m'invite dans la bergerie pour passer la nuit.
Une expérience marquante a apprendre comment faire du feu avec des bouses de yacks...


Au petit matin, je repars de Nagoru pour rejoindre l'équipe à leur camping de Kulum Kharka.
Sur la droite, c'est le sentier de Naguru au camp de base du Bhrikuti avec la bifurcation qui descend vers la XXX et Kulum Kharka. En cette fin d'automne, le pont avait été démonté et, à l'aller, nous avons pris un autre sentier directement en face de Naguru. Au retour, nous traverserons la rivière car c'est aussi plus court chemin pour rentrer à Phu.
Les flèches du haut indiquent le sentier qui conduit au camp de base du Pokarkang.


Les voici, ils sont juste en train de partir et le ciel se couvre doucement.



A la descente en compagnie de Kishor et Dané. En face sur l'autre rive, le sentier qui mene à Nagoru.


Hugues Himself... en plein travail photo...
Nous arpentons ensemble l'himalaya depuis bien longtemps et nous étions en 2004 à l'Himlung avec Bishal.


Le versant Est du Pokarkang, depuis Nagoru.


Un peu de carto pour repérer le camp de base du Pokarkang.
Iil y en a deux, le premier marqué d'un cercle rouge, vers 4850 m. C'est celui que nous avons utilisé. Il en existe un deuxième sur un grand replat avec un petit lac vers 5000 m. C'est le point rouge du haut.
Il y a un peu plus de soleil à celui du haut mais tout les deux sont accessible avec des mules.


 


Voilà, nous larguons les amares pour partir vers le haut en démontant notre camp de base. seul resterons sur place, la tente de cuisine et la tente Mess, plus les tentes des népalais et les toilettes.
C'est toujours très étrange de partir comme vers le haut...


En face le sommet de l'Himlung Himal à 7128 m, avec toute l'arête Ouest.
Hugues a fait le sommet à gauche de l'Himlung et c'est vraiment dommage qu'il ne soit pas identifié séparément de l'Himlung, avec un autre nom et un permit spécial, car c'est un très bel objectif à une altitude raisonnable : 6421 m.
Cette photo est aussi un petit clin d'oeil à Paul Bonhomme et Nicolas Brun pour leur très belle descente à ski du sommet en cet automne 2009. Il faut absolument faire un détour par le site web de Paul : http://your.mountains.over-blog.com/

"Il y a des lieux et des dates, il y a une vie vécue pleine de rencontres impromptues qui nous réjouissent. De tout cela il faut témoigner, parce que les gens meurent et que les lieux s’évanouissent, que la vie passe et que nous ne pouvons pas nous souvenir de tout."
Paul Bonhomme


La météo se complique...
Un appel à mon ange gardien météo et le ciel nous tombe sur la tête :
- "Demain c'est du grand beau" dit-il, "mais accroche toi ! Avec des vents au SO à 100 km/h à 6500m !" ..
- Et ça va durer longtemps ?
"Ben toute la semaine, ça va seulement diminuer un peu à 60 km/h samedi quand le vent va tourner au NO".

C'est un peu la catastrophe.
Car comme dit Hugues "À Versailles, avec 100 km/h de vent, les arbres ne résistent pas !" et Jean-Michel de renchérir "En plus, avec des températures négatives, nous allons être directement au Pôle Nord !".
Ce n'est pas vraiment ce qui était prévu...
Le projet du Pokarkang est vite remis à plus tard et en ouvrant la carte, nous cherchons un sommet un peu protégé de ce vent diabolique.
L'aventure continue, forcement un peu plus difficile et un peu plus fraîchement !


L'après-midi, lors d'un repérage avec Hugues pour voir à quoi ressemble les autres sommets des environs, nous imaginons gravir celui-ci, beaucoup plus à l'abri du vent. Mais en fait le Sahashar est beaucoup plus à gauche.


A gauche le Chaco, et tout à droite le Ratna Chuli.
Le sentier en construction qui part de Phu pour rejoindre la Chine devrait remonter la vallée juste en face, jusqu'au col glaciaire proche de notre camp 2 du Ratna. Cela semble incroyable....


Notre camp 2 au début de "l'Arête de Cassis".


Une organisation maintenant bien rodée.
Je partage la grande tente avec Corine et Hugues et c'est moi qui m'occupe de la cuisine. Je veux aussi tester les nouveaux réchauds Primus à économisateur d'énergie. Vraiment très efficace, avec juste une casserole un peu petite.


il fait beau et il nous faut trouver un chemin vers le sommet.
Nous avons laissé tomber notre projet initial de gravir l'Arête de Marseille (celle de droite, ou Arête Ouest) car c'est bien connu, avec du vent, elle est particulièrement inconfortable. Nous gravirons donc l'arête juste en face de nous :
l'Arête de Cassis, beaucoup plus protégée.


Au début de l'arête, Pasang et Kishor.
Cette photo peut sembler anodine mais en regardant la trace et les zigzags réguliers, elle exprime tout le chemin parcouru par Chhotemba grâce a son séjour dans les Alpes. Il est capable de faire une trace comme chez nous, et toute l'équipe népalaise est maintenant formaté comme celà. Et c'est un vrai bonheur...


Le Chho bien pensif, alors que nous allons faire la trace sur l'arête pour le lendemain...


"L'arête de Cassis" et notre trace.
La petite flèche rouge indique l'emplacement idéal pour un camp d'altitude, c'est une cuvette avec un lac...


Le lac, qui est aussi bien visible sur la carte.
Cet emplacement permet aussi de rejoindre directement notre camp 3 sur le glacier, ce qui évite ainsi un camp...


Jean-Michel et Corine entre camp 2 et camp 3, en arrière plan le Lagula.




Toute la bande au sommet de l'arête quand elle change de direction. Nous allons redescendre un peu pour rejoindre le glacier.


Le passage que nous avions initialement imaginé prendre... un peu plus complexe, mais très protégé du vent.


La suite de l'Arête de Cassis qui rejoint l'Arête de Marseille


Le glacier et l'emplacement de notre camp 3 à 5800 m. Y'a de la place...
Le sommet est juste en face, loin derrière.


Et une petite corde pour descendre une rampe facile en rochers brisés



Le tracé rouge à gauche indique notre itinéraire de descente depuis l'Arête de Cassis.
Jean-Mi et François avec le Lagula et le Chaco.


Corine et le Ratna.
On voit même le col où nous nous sommes arrétés... Le "Haut Col" comme dit Denis.


Hugues à l'approche du camp. Il fait un temps splendide et nous sommes relativement protégés du vent.
Mais la nuit sera terrible !


En arrière plan, la jonction entre les deux arêtes et à gauche celle qui continue vers le sommet.


En deux cordées, Chhotemba et Rinzi, Hugues et moi, nous partons l'après-midi repérer les lieux et faire un brin de trace...
Rinzi et Chho vont redescendre ensuite à leur camp 2 et ils remonteront demain matin en compagnie des petits jeunes (Bishal, Kishor et Pasang) qui eux ont préférés partir directement du camp de base, plus confortable.


Faire un peu la trace et surtout repérer le passage entre les deux sommets. Pas de souci, ça passe !


A la redescente du sommet, ouf, les voilà ! Il y a toute la bande des Népalais et Hugues. Une très belle réussite !!!


Chhotemba, Real Nepali Guide !!!
Il a mené toute l'équipe au sommet malgré le vent et des conditions un peu dures. C'est vraiment super !


Corine, au sommet du petit éperon...


... et Hugues, Summiter du Pokarkang !


De retour au camp de base, dans le lointain le Nemjung.


Dawa Sherpa et l'instant magique du bed tea. Un luxe très agréable... surtout avec le soleil d'un "Good morning Paulo Daï".


 

Le Bhrikuti...


Chhotemba sur le retour vers le camp 2.
Et, sur le devant de la scène, Lagula, à droite et Bhrikuti, beaucoup plus petit, à gauche.
C'est aussi un nouveau projet pour ce printemps 2010, mais par le versant Nord depuis le Mustang.




Une possible voie d'accès pour le Bhrikuti et le Lagula. Un peu technique mais forcement intéressante...
A garder en mémoire pour une prochaine fois, peut être...
Avec Denis, Em et Bikram, nous y avons vécu une très belle expé en 2005 en parcourant un itinéraire juste à gauche par la grande langue de glacier qui descent sur ce versant.

A la recherche de l'Amotsang


Amotsang et Jomsom, deux très beaux sommets du Damodar Himal. Et peut être le début d'une nouvelle Haute Route du Damodar ?
Affaire à suivre...



En avant plan, le col à 5600 m qui permet de traverser d'une vallée à l'autre. De la Lunnakya Khola à la Loha Khola. En saison normal, il est aussi beaucoup moins enneigé et il y a peut être même un sentier pour rejoindre la vallée.


Une photo rare de l'arête Ouest de l'Amotsang, prise depuis le sommet du Jomson Himal à l'automne 2003
C'est pas vraiment facile, mais c'est aussi un sommet encore vierge !!!


Une photo prise en 2008 durant la traversée Phu Naar et qui montre le début de la vallée de la Loha Khola.
Le chemin d'accès que nous avons découvert cette année par le camp de base du Pokarkang est beaucoup plus simple. En conclusion...
La route vers l'Amotsang est maintenant ouverte !!!


De retour à Phu, nous retrouvons la maison de Sonam. Pasang et François...


Et il est déjà temps de repartir... après un dernier thea tibétain chez Kharma et une provision de chhurpi pour la route !


Au-dessus de Kyang. Des falaises au rocher super.
C'est un très beau spot pour les grimpeurs, la marche d'approche et réduite et au pied il y a même un bistroquet avec de la biere !
Depuis Kyang, il est aussi très facile de traverser la vallée pour aller rejoindre les grands piliers juste en face. PierOl, qu'en penses-tu ?



Bishal fait le joli coeur en croisant les Baïni de Seti Khola, rencontrées ce printemps sur la route du Manaslu.



A quoi pense-tu Corine ?...









Début de la route à Sange, les jeeps nous attendent.



... Et le voyage se termine comme d'habitude à Padma.
Puis, nous ferons un repas en commun avec toute l'équipe sur le toit de notre maison à Kathmandu avant le départ de l'avion.
Avec Hugues, qui lui part un jour plus tard, nous irons dormir à Baktapur pour profiter des derniers instants du voyage.

N'oubliez pas de descendre un peu plus bas dans la page...

Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.

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Bishal Rai à la porte de Phu.

Il y a aussi une page qui lui est consacrée sur mon site, pour organiser son voyage en France, apriori du 15 juin au 15 septembre 2010


Chhotemba Sherpa, Sirdar et guide.


Kishor Gurung, cuisinier et porteur d'altitude.


Dané Magyar, super cuisinier.
Nous aurons passé trois mois ensemble ! ...depuis l'Araniko entre Dolpo et Mustang, puis le Ratna juste en face et enfin ce petit Pokarkang.


Laksmi, la médecin de Phu qui monte régulièrement au village pour en faire le suivi sanitaire.

Elle est aussi originaire de Phu et donc parle la langue particulière du lieu ce qui lui permet d'avoir de bonne relation avec les femmes du village. La prochaine fois, il faudra qu'elle me parle un peu plus de son travail et de la politique du gouvernement pour ces villages très reculés.



Kharma, Bien sûr... !

 

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