Kanjiroba 2008
Le compte rendu de l'expédition




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Bonne lecture et bon voyage.

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Dernière modification, le 25 janvier 2009.


Pourquoi la vie est elle parfois si compliquée... ?

Lundi 27 octobre, aéroport de Kathmandu, il est déjà 20 h.
Je prends des notes sur mon grand cahier pour passer le temps…
Pour la quatrième fois aujourd’hui, me voici devant la porte du terminal d’arrivée. La 1ère fois, c’était à 7 h ce matin, et ce soir, l’avion à déjà 4 h de retard !
J’espère simplement que Jean, Victor et Hugues arriveront bien avec tous leurs bagages pour au moins terminer la journée sans galère.
Le début de cette nouvelle expé est particulièrement éprouvant.
Depuis 3 jours, toute l’équipe de Thamserku Trekking (et même le big boss), Sonam Sherpa, se démène pour trouver une solution à un problème à priori insoluble.
Il n’y a pas d’avion disponible à Nepalganj. POINT.
Et encore moins de Twin Otter, le seul appareil pouvant se poser à Juphal, l’aérodrome de Dolpa, notre destination.
Toutes les solutions ont été imaginées. Au final, nous partirons de Pokara avec un vol charter, bien trop petit pour une expédition de 10 personnes. Avec Temba, nous avons déjà amputé l’équipe népalaise de plus de la moitié de son effectif (de 11, ils seront 4), qu’il nous faudra embaucher sur place, et nous devons limiter au maximum nos bagages. Un vrai casse-tête.
Comment être serein avec tant d’incertitude ?
Allez, courage… ça va chémar !
Dans deux jours, nous serons tous à pied d’œuvre dans le Dolpo.


Ouf, nous voici dans l'avion !

Voici les textes qui ont été écrit au fur et à mesure de l'expédition et mis en ligne sur le site, par Vincent Mertz, avec un contact téléphonique.

 

Samedi 1er novembre : Journée de repos, nous sommes à Hurikot, le dernier village avant le massif du Kanjiroba.
Nous y avons rendez-vous avec les porteurs de la vallée pour accéder à notre CB.
Jusqu'à présent nous avons réussi toutes les étapes de notre progression et c'est à peine croyable tellement les problèmes à résoudre semblaient insolubles :

  • Il n'y avait plus d'avions disponibles à Nepalganj suite à l'accident de Lukla,
  • pour rejoindre Juphal, il nous fallait absolument un Twin Otter.
  • Un seul vol charter était dispo, mais, avec nos bagages il nous en fallait 2.
  • Et tous les hélicoptères étaient réquisitionnés pour une opération de l'ONU.

Au final, après avoir limité au max l'équipe népalaise et nos bagages, c’est le volume embarqué qui posait problème : 6 sacs sont donc restés sur le carreau avec Chhotemba qui a eu pour tache de nous rattraper avant le CB.
Notre vol Pokara Juphal fut splendide et l'atterrissage impressionnant.

À Juphal, Temba et Izu, le cuisinier se sont merveilleusement débrouillés pour réunir tout le matériel et l'équipe nécessaire. Mêmes les mules étaient au rendez-vous avec toute la nourriture.
Il fait grand beau et tout va pour le mieux.
Dans 5 jours, nous serons peut-être à notre CB au coeur du massif du Kanjiroba où aucun alpiniste n'a encore mis les pieds.
C'est simplement génial !!

Jeudi 6 novembre : Nous sommes quelque part entre Hurikot et le CB.
C’est une journée de repos car nous  attendons le reste de notre matériel et visiblement Chhotemba a bien du mal à nous rejoindre.
En particulier, il nous manque des cordes pour équiper le passage du dernier col qui permet d'accéder à notre vallée.
Temba est redescendu en urgence à Hurikot pour en récupérer mais le chemin est vraiment long et une journée d'attente est indispensable.
Mais le temps s'effrite inexorablement : deux jours sont déjà envolés.
Aujourd'hui nous rejoindrons le col à 5400 m en aller-retour pour un premier regard sur le Kanjiroba et la descente. C'est le col des Anglais.
Il nous faut simplement espérer que Chhotemba arrivera pendant ce temps.
L'ambiance des lieux est particulièrement sauvage et renforce le sentiment d'exploration et d'engagement. Nous sommes très loin, immergés en pleine montagne. Heureusement, il fait toujours un temps exceptionnel.


Retrouvez le descriptif du sentier des jeunes mariés dans la page spéciale accès au camp de base du Kanjiroba.

Une expédition c'est un peu comme la cuisine : pour réaliser une recette, il faut d'abord en réunir tous les ingrédients, puis réussir la préparation et enfin rien n'est joué jusqu'à l'ultime instant.
Chaque plat est original et plus ou moins aléatoire.
Pour nous, dans cet alpinisme exploratoire du Kanjiroba, nous sommes confrontés à un gros problème : il nous manque des éléments essentiels de la recette.Notre équipement d'alpiniste et les cordes, car Chhotemba n'est toujours pas arrivé.

C'est incompréhensible et catastrophique. Il lui est forcément arrivé quelque chose de grave, mais nous n'avons aucun contact.
La mort dans l'âme nous avons donc rebroussé chemin car il est impossible de traverser le col des jeunes mariés sans matériel : il y a trop de neige et la pente est raide.
Après avoir bien discuté et tourné le problème dans tous les sens, nous avons choisi d'installer un autre camp de base dans une autre vallée, plus proche d'Hurikot, et d'attendre.
Il nous reste encore deux jours, mais ce seront les derniers.
Le nouveau sommet choisi est superbe et nous sommes au coeur de l'histoire de l'alpinisme, sur les traces de Tichy qui en a fait la première ascension en 1953.
Nous sommes pour l'instant au coeur des turbulences et forcément, le moral en a pris un coup.

Au camp de base deXXX
Je suis le roi des imbéciles…
Hier, j’avais décidé d’aller installer notre camp 1 sur un replat avant le glacier à 5100 m.
Dans l’euphorie du prochain départ, le soulagement de l’arrivée de Chhotemba, l’excitation d’une nouvelle ascension et la pression d’une durée réduite, j’en avais oublié les fondements de la progression douce, en voulant d’emblée installer un camp le plus haut possible.
Alors qu’au contraire, tout indique qu’il faut absolument prendre le temps de remettre la machine ne route et ne surtout pas démarrer sur les chapeaux de roues.
Faire les choses comme il faut, tranquillement… Quel luxe et quel plaisir. Quelle difficulté parfois !
Ce matin, nous avons donc le temps, nous avons 400 m de montée à faire.

Il nous faut préparer nos affaires et prendre le temps nécessaire pour éliminer tout le superflu. Il y a aussi les porteurs à organiser. Plus haut, il nous faudra trouver un bon emplacement pour nous installer confortablement, se reposer tout en préparant le repas du soir et goûter le plaisir d’avoir larguer les amarres.
J’aurais même le temps de repérer le cheminement du lendemain pour rejoindre le glacier.
« La progression douce en Himalaya » me va vraiment comme un gant.

Lundi 10 novembre : 4 jours plus tard, à 5100 m.
Nous voici en route vers le Dudh Kundali le "flambeau céleste entre les deux lacs" d'après la chronique himalayenne de Marcel Kurtz.
Tout va pour le mieux !
Chhotemba est arrivé in extremis et nous avons récupéré toutes nos affaires d'alpinisme. Demain nous rejoindrons notre C3, en progression douce.

Mardi 11 novembre : Nous avons installé trois camps d’altitude (à 4750 m, puis 5100 m et enfin 5400 m)
Puis, avec Chhotemba, nous avons atteint notre sommet le Dudh Kundali, 6054 m, un peu tard dans l’après-midi en ouvrant ainsi la trace pour le reste du groupe.
Mais, une progression, aussi douce soit-elle, ne garantit pas une bonne acclimatation à coup sûr pour tout le monde.
Sandy et Jean-Louis ne sont pas bien. Ils sont obligés de redescendre au camp 2 et Jean les accompagne.

Mercredi 12 novembre : nous sommes trois petites cordées de deux au sommet : Michelle & Philippe, Yveline & Victor, Hugues & moi.
Nous appellerons notre voie : “Un flambeau pour le Tibet”, IV/AD neige en cotations himalayennes.
Malheureusement, Corinne fera demi-tour au sommet de la 1ère grande pente de neige. Des problèmes de vision l’inquiètent.
De retour au camp, j’ai le plaisir d’y retrouver Jean, qui est chaud comme la braise pour une ascension le lendemain.

Jeudi 13 novembre : me revoici pour la troisième fois au sommet avec Jean !
Un grand moment, car notre projet est de traverser la montagne et de redescendre par l’arête Nord, “L’arête des Bosses”.
La descente finale sera un peu sport sur le Lac de Jagdula, avec une arrivée tardive au camp de base.
Une belle bambée, qu’en penses-tu, Jean ?
Et une superbe première, radicalement à contre-courant de la pratique himalayenne actuelle des expés encadrées.
Ce soir-là, tout le monde est réuni sous la tente Mess. Infiniment heureux...
Il nous reste à organiser notre retour et je ne manque pas d’idées.

Dimanche 16 novembre : avec Jean-Louis, Victor et Chhotemba, notre tente est installée sur le toit d’une maison de Chotra.
Nous avons réussi à traverser le Col Tichy en glanant au passage un petit sommet. Notre escapade à quatre se termine tranquillement par une randonnée de deux jours de villages en villages jusqu’à Jumla.Pendant ce temps, toute la troupe avec les porteurs a rejoint Hurikot puis Jumla par un autre chemin de trek.

Mercredi 19 novembre : comme prévu, sous la houlette de Temba et grâce à la compétence de toute l’équipe de Thamserku, nous prenons l’avion pour Nepalganj avec TOUS nos bagages. Et, à 19h, nous sommes à Kathmandu, attablés devant une orgie de momos à ma cantine préférée, Bir Restaurant…

Le retour en France sera pour demain, après un repas d’adieu avec toute la famille dans notre maison de Boudhanath.

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