Tout à l'ouest du Népal

Le Changwathang 6025 m, et la vallée de Limi.


Automne 2011




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Dernière mise à jour le 21 Janvier 2012
Encore en travaux...



Entre Gurla Mandata et Kailash


Le Changwathang... Plutôt esthétique, non ?


L'arrivée au Col du Changwathang


Des montagnes inconnus... partout ! Le Andag au dessus de Tholing.


Limi Bien sûr et le village de Jang.


Sur les traces du sacré... c'est l'Etienne qui va être content !


Le commerce ancestral...


... et une rencontre surprenante. La roue tourne !

 

Dans un recoin reculé au Nord-Ouest du Népal, la vallée de Limi est un lieu bien étrange. C’est une communauté enclavée de trois villages de culture tibétaine, Jang, Waljie et Til, difficilement accessible depuis le Népal et complètement isolée durant les longs mois d’hiver. Une vallée que l’on disait oubliée...

Pourtant, en ce 20 septembre 2011 c’est la révolution à Jang. Un camion chargé de marchandises arrive pour la 1ère fois au village, ouvrant ainsi la route qui depuis la Chine traverse le col de Lapche à plus de 5000 m d’altitude. Dans quelques jours un véritable convoi de camions et de 4X4 rutilants avec des officiels Chinois traversera la frontière. L’occasion d’une grande puja à la gompa de Jang pour fêter le début des moissons et d’une ère nouvelle.
Pour notre petit groupe en route vers le Changwathang, la surprise est de taille. La route est perçue comme une blessure, comme une agression, par les randonneurs que nous sommes. Elle nous oblige à recomposer notre perception du monde, très égo centré. Il nous faut accepter d’autres réalités, appréhender d’autres regards.
Un monde se meurt. Un autre renaît avec un dynamisme surprenant. La roue tourne... Et c’est ainsi.
Dans le petit monde du trek, une route, même si c’est une piste, n’est pas faite pour le voyageur à pied. A Limi, il faudra bien s’en accommoder et inventer d’autres itinéraires pour qu’une forme de tourisme puisse se développer. Mais ce n’est pas non plus obligatoire...

Et le Changwathang ?
Tout au Nord et à deux pas de la frontière, Le Changwathang 6025 m est beaucoup plus intéressant que son altitude ne le laisse supposer. Il nous a offert quelques découvertes passionnantes : une voie d’ascension au caractère très alpin sur un beau glacier, une vue exceptionnelle sur la Gurla Mandata et sur un territoire immense de montagnes inconnus.

Entre Simikot et Changwathang, le massif de Limi propose plus de 16 sommets de 6000 m et une foultitude de cols et de montagnes glaciaires qui n’ont pas de nom. A priori, tous ces sommets sont vierges et la Haute Route du Changwathang ne demande qu’à être inventer.
Au delà de l’alpinisme, le Changwathang est surtout une invitation à faire un pas de côté.  C’est un prétexte pour visiter des régions peu fréquentés du Népal où les enfants ne vous confondent pas encore avec une trousse de stylos qui passe.
Paulo Grobel, décembre 2011




Première course d'alpinisme et déjà en tête de cordée. Elle est trop forte Dame Ginette !



Les cordées nous suivent tranquillement...


Encordement adapté et assurage optimal. Mes élèves apprenneent vite. Super...


Nos luxos à la sortie de la petite arête. Et les sommets du Tibet pour Lindsay Griffin...


Sir... quelle aisance !!!

A la descente de l'Arête Nord.


Le prochain projet d'une Haute Route du Changwatang...
Qu'en penses-tu Guillaume !



Trop beau ce Dôme du Changwahang. Faut que j'y retourne... !
Que pensez-vous de la traversée des arêtes.

Des rencontres...



C'est image est vraiment surprenante.
Car le sweet BEAL que porte l'homme était le mien durant de nombreuses années. Sans aucun doute, car c'est un vêtement spécial du Team Beal.

Lors de notre ascension au Saipal en 2010, je l'avais donné en cadeau à un gars de Chala, qui n'est absolument pas cette personne.
Comment l'a-t-il récupéré ? Mystère. Mais au moins, il sert et va encore servir longtemps.
C'est donc aussi un clin d'oeil à Raynald et à BEAL, qui me soutiennent depuis très longtemps. Et je n'arrive pas vraiment à renvoyer l'ascenseur.
Une corde c'est plutôt un outil discret peu pratique pour véhiculer une image. Même si les enjeux de la corde et de l'encordement sont immenses au Népal.
Beaucoup plus profonds que l'on imagine.
S'encorder en Himalaya impacte directement dans notre choix du compagnon de cordée et donc de nos valeurs.
C'est aussi l'un des enjeux les plus importants pour les futurs guides népalais.

Mes compagnons de voyage.


Explorez, explorez il en restera toujours quelque chose. Par Jean-Pierre Dessens.
"Pour la moitié de l’humanité, le Changwatang est un personnage de Tintin au Tibet, pour l’autre moitié c’est une marque de machine à détricoter les esprits tortueux .Pour un pourcentage non mesurable dans l’infiniment petit c’est un sommet ignoré au nord ouest du Népal.
Donc forcément un beau voyage .

Et ce voyage es- il vraiment différent des autres ?
Les camps sont-ils différents ?
La marche est-elle vraiment  différente ?
Met-on les crampons différemment ?
Le riz colle t-il plus ?

Non, et pourtant.
  Pourtant le plaisir de se retrouver dans son 4m2 de toile est plus fort. Rester autour d’un feu avec une équipe locale dont on perçoit fugitivement les interrogations, regarder la nuit une étoile que personne n’a vu, entendre d’être seul, c’est un peu plus de sensations que sur un circuit déjà rodé .Vivre de camp en camp est autrement plus riche que de passer de Lodge en Lodge.
  Pourtant marcher là ou les repères d’un circuit bien mis au point n’existent pas entraîne un peu plus de prudence, d’écoute de soi. Marcher dans un village isolé donne un sentiment mitigé de surprise et d’intrusion, et si le premier sentiment peut être partagé avec des lieux touristiques le deuxième est très particulier.
  Pourtant l’attention pour mettre ses crampons, s’encorder, est bien plus importante quand l’engagement est plus grand. Etre à deux, faire sa trace, chercher l’itinéraire le plus évident, garder un horaire sans avoir de repères, tout ceci donne une autre dimension.
  Pourtant le riz ne colle pas plus. Enfin, pas tout à fait. Vivre avec les kitchen boys, marcher cote à cote, partager un sourire, donne aux repas un vrai moment de partage.
Alors ce voyage ?
   Ce voyage on va essayer de le finir. Vous avez déjà fait un voyage ou tout est programmé, camp 1 derrière le yack blanc,  camp deux prés du rocher en forme de caillou, camp trois à l’altitude 4327 etc.   Quand vous avez fait le programme, le sentiment du devoir accompli s’installe, et vous vous installez dans la foulée dans votre hôtel de Katmandou devant une bonne bière. Mais si la programme n’existe pas, vous rentrez en vous disant que vous avez peut être raté le yack blanc et que de la crête que vous avez parcouru vous avez vu un magnifique terrain de jeu à votre portée que vous n’avez pu faire .
Et puis vous avez compris qu’il fallait assister à la fête du village du bas , mais que parce que le pilote de l’airbus ne voudra pas vous attendre 15 heures , vous avez du partir .
Sur si tout roule, on y repartira."

Sur les traces du sacré...


Pour moi, allez à Limi, c'est me connecter avec "un rêve de Kailash",
Un "Beyul" mythique que je verrais un jour. Où j'irais quand mon regard aura changé, quand je serais pret.
Le chemin est long... Heureusement !




Un peu de carto...

 


Et voici la carte générale des lieux. Le trait rouge représente l'itinéraire de trek et les pointillés la variante du retour.
Il faudrait que j'en prépare un eautre pour indiquer l'emplacement de la route.
Les points verts indiquent les emplacements de camping.


La carte plus précise au 50/000; petite explication...
Le fin tracé bleu était l'itinéraire que j'avais imaginé dans la présentation deu projet.
Le traut bleu épais représente la voie d'ascension. Avec la descente en pointillé vert.
Le trait vert indique le parcours de Annick et Jean-Pierre au Col Dessens.
A : Le Col Dessens
B : Le col du Changwathang
C : L'emplacement du camp de base idéal. Juste au bord du lac.
D : Le Col supérieur du Changwathang
E : Le Dôme du Changwathang


Une image explicite de Google.
Par contre, la prise de vue a été faite avec de la neige et les parties glaciaires sont peu identifiables.

Pour Gilbert de Yeti Adventure, le programme idéal.
jozùvgui``


A la descente du Changwathang... L'idée est d erepérer d'autres sommets pour le lendemain.



Le col Dessens !

Dautres sommets.


Le Dôme du Changwathang. Celui qu'il faut aller faire avec un groupe.

Attention, il y a encore du texte après la séquence "Réclame"...

Et bien sûr, un petit clin d'oeil à mes partenaires habituels
logo


Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

logo

Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.

logo

 

Un peu d'informations glanés sur la toile.
Il n'y a vraiment pas grand chose sur cette région et encore moins des informations récentes, et il n'est pas surprenant de retrouver la signature de Typhoon, Tamotsu Ohnishi, un éminent alpiniste explorateur japonais à la retraite qui c'est passioné pour ces régions reculées.
Malheureusement, la plupart de ces compte-rendus sont en japonais...

Voici un texte en anglais de son expédition au Changwathang en 2000.

2000 SUMMER JOURNEY AMONG THE TIBETAN WILD of North Western Nepal

One of friends of mine S. who has just arrived at a small airfield of Simikot in Humla, within only 3 days from Osaka via Bangkok, Katmandu and Nepalganj, was thinking with deep emotion about three great forerunners entering those land relating to the east of Mt.Kailas, Manasarowvar Lake, and Gurla Mandhata. They are: firstly Thomas W. Webber(1), who in 1863, nearly a century and a half ago, wandered after banchowr(wild yak) for game, on such a inhospitable land of Tibetan high plateau and was in fact the first discoverer with selfconciousness of the source of Tsangpo River, inspite of S.Hedin's refute(2), The second person is a great Swedish explorer Sven Hedin who, in 1907, made the first scientific exploration for the quest of the source of Tsangpo, and the last is young mountaineers of Hokkaido University led by Hisao Ando (3), who entered in 1963 into the area now a part of the source of upper Karnali River of Nepalese territory, and searched about in the desolated plain where T.W Webber wandered through just a hundred years ago, for an elusive mountain named Nalakankar. Their approach march from Nepalganj to the basecamp took 55 days indeed!
@Most Americans don't believe the fact that for Japanese climber at present age, it became very easy matter just like to go to his suburban hills, to make some light climbs in the Himalayan mountains. One of our members of this time on his return way, performed a great feat ; left Simikot by morning flight for Kathmandu via Nepalganji, and did catch a nightflight on the same day for Osaka. As a result, in late next morning, he was bathing comfortably in his own home.

Our climbing permission was granted for Nalakankar, but ours was the first expedition since 1963, why was it? In the Cimbing Regulation of revised in 1989, Nalakankar is ranked A group, which means the expedition should be jointed with at least 3 Nepalese. Its height 6062m is extreemly low; too much cost requested for so far distant transport; and its name is good sounds, but means "human skelton"; etc. these factors has staggered for nearly four decades the worldwide climbers. Recent years, a few guide book for trekkers to Mt.Kailas has been published, but we cannot find any book describing about the area north of Limi valley or border areas(4). We started trek toward Nalakankar from Simikot on 4th of June.

Three climbing friends and I, at first approached eastward from Takche Karka, along its northeastern tributary (Taisolu Khola) and on 26th June, settled basecamp at white frozen lake(Taisolu Lake,5400m) on the divide between Taisolu Khola and Ning Khola. Ning Khola is one of the source of Dojam Khola of Changla Himal, explored by our expedition two years ago. Next day we placed a high camp at 5738m on the way to a peak, Changwatang(6125m, N30 19 35, E81 53 17). Started high camp in early next morning, at noon, we stood on the top of this charming snow peak.

From the summit, though the sky was unstable, we were able to identify the highest of Chandhi Himal, Kananu Pukari(6256m,N30 20 32,E82 00 27) and Changla(6563m, N30 18 11,E82 07 44) far to the east. To the north and northwest, there are several peaks exceeding 6000m on the border along Taisolu Khola, but many of them are not climbed. On the country, peaks of the southern group surround Ling Khola, now still completely unexplored, seemed to be rather preferable by their alpine features though their hight is low, than those of the northern divide between Nepal and Tibet.

Wandering among the Tibetan wild to circuit the passes on the border, Lapche La (5018m), Lolung La(4953m), and unnamed pass (4953m), from most of which we enjoyed so fantastic distant views of Manasarowar Lake and Mt. Kailas from N to NNW beyond Tibetan high plains. Repeating wades in the freezing cold stream of Saja Khola, we advanced to the west along Gya Khola, to settle our basecamp for climbing Nalakankar in the upper stream of a lake,(5250m), now mostly dried up. Here just in front of us, we faced to the gigantic east face of Namnani(7694m, Gurla Mandhata), showing the formidable route achieved in alpine style by young Japanese climbers last Autumn(5). From here, an easy one and a half days' walk bring one to Manasarowar Lake through Nalakankar Bhangjyang(5514m).

Climbing Nalakankar(6062m, N30 21 27,E81 23 58 permission peak) was quite easy but was confused. On 6th of July, when some of the reconnnaisance party was finding route to the south col, they stood on a summit before they were aware of it, without using climbing boots or any other climbing gears, as they were suspicious where the summit was, Summit ridge was almost free from snow and too easy. Next day, with a climbing friend and two Sherpas, I enjoyed a direct ice route of the east face of southern peak, and all become used to call it official Nalakankar. In fact, this South Peak (6024m, N30 21 15,E81 24 20). is a neighboring peak, 0.7km southeast of real Nalakankar(permission peak) and covered with more snow and ice. Other all members, slightly climbing dotages, were here revived, and vividly joined the first ascent of the peak from its north ridge. Anyway, curiously enough "Nalakankar"in summer season granted as the opened peak-list A group No.18 for jointed foreign expedition, was proved only one peak for sneaker style climbing is possible among entire Nepal Himalaya.

After the climbs in Nalrakankar group, we turned for further south Takphu Himal (highest 6422m, N30 15 05, E81 23 31). We crossed Gya Khola at a confluence of its southern fork, and climbed up to a vast high plateau of with three beautiful lakes, Although a long walk on the high land of over 5000m was comfortable and very pleasant one, the grand view previously expected to the entire Takphu Himal was unfortunately hidden in thick cloud. Crossed a pass on the eastern foot of Til Kang(6369m,N30 16 27,E81 24 16), we descended to Halji, the largest village of Limi Valley,

For ten days were spent for reconnaissance to the highest peak of Takphu Himal(6422m). The attempt to the peak was prevented by huge ice cliffs of hanging glaciers. We enjoyed a couple of days to visit three Tibetan villages of Limi valley: Halji, Jang and Til. These villagers are unexpectedly modernized in living life. We were astonished when we were invited into their clean rooms of their house and welcomed with tea and some piece of chocolate! However, we were impressed enough by their traditional buddhist faith, their some aristocratic appearance and their high manner.

At Simikot, our 8 weeks' long journey around far northwestern part of Nepal finished. Most part of the area are really in Tibetan arid zone with no man inhabited above 4500m high on the average. So many precious experiences we got in such a circumstance and I believe that is more valuable for our future life than to climb a few peaks exceeding 6000m. Within the journy, I also got an another fruit. It was only 3 month aged kid of Tibetan mastiff christened "Limi" after its birth place and it was finally moved to Japan. Now 5 months later, he has steadly grown up to eight times in weight and volume. In adition, he is now challenging to the master's position in my family and is beginning to request for his wife among the neighbours. To me, the virtue of perseverance learned in the Tibetan wild seemes to go toward the limit.

(1) Thomas W.Webber: The forests of upper India. 1902. London.
(2) Sven Hedin: Southern Tibet vol.2, 1917.Stockholm.
(3) Hisao Ando: "Japanese Alpine Club Journal" Vol.59,1964 and Report of Himalayan @@@@@@Expedition of A.A.C.H.1963, Hokkaido.
(4)Stan Armington & Sushil Upadhyay: "Humla to Mt.Kairas 1993,Bangkok
(5) Hiroshi Iwasaki: American Alpine Journal. Vol.42,2000.

Twelve friends and Typhoon as leader,Osaka Alpine Club Exploration 2000.

Et quelques images topographique de Google.



Les cartes :
TAKCHHE 3081- 11
CHANLA BHAJYAN 3082-09
CHANWATHAN 3081-12
CHAUGAUPHAYA 3081-16
CHANLA HIMAL 3082-13
MUCHU 3081-15

 

 

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