Une approche historique des noms du Mustang.





> fermer la fenêtre

Retour à la page d'accueil

Dernière mise à jour le 24 Février 2011


Au Mustang, l’origine des noms.


En descendant sur Lo, lors de notre première traversée du Dolpo au Mustang.
©Jocelyn Chavy


Lo Manthang en hiver... ©Paulo Grobel


©Jocelyn Chavy

Mustang.
Le nom Mustang peut se traduire par : «plaine de la bénédiction».
C’est une déformation du nom tibétain de la capitale du royaume de Lo. Actuellement Lo Manthang.
La capitale s’écrivait en tibétain classique «sMon-thang» ce qui se prononce «Mon-thang» ou en dialecte local «Mondang».
«sMon» signifie en anglais : aspiration/blessing/good desire
«Thang» signifie : plaine ou pays plat.
(in Sarat Chandra DAS : Tibetan-English dictionary 1983)
La juxtaposition de ces deux noms est confirmée par une légende locale mettant en scène le roi A-Ma-Dpal.
(La traduction est en cours.)
Ultérieurement, les royaumes de Jumla et Parvat, en déformant «sMon-thang» et en éliminant la référence au royaume de Lo, ont réduit le nom de la région à «Mostang» ou «Mustang». Limitant ainsi le pouvoir des souverains de Lo à celui de simple gouverneur local.
(in Mustang History Report, Ramesh K. Dhungel, 1987).


©Jocelyn Chavy

Lo.
Le nom de Lo à une signification géographique et culturelle. Il signifie un lieu aux confins de l’espace culturel tibétain.
C’est un nom tibétain issu de plusieurs appellations. Parmi celles-ci, Glo et Blo, sont les plus utilisées dans les anciennes sources historiques tibétaines et les chroniques locales.
GLO a été traduit comme le côté d’un objet, d’un pays, d’une région ou même d’un corps humain. (in DAS, 1979).
BLO est un nom utilisé plus tardivement par les intellectuels de Lo et qui signifie : (en anglais mind/intellect/self/soul). Il semblerait que ce terme ai été introduit pour valoriser le territoire et les gens de Lo.
Glo et Blo ont été respectivement en usage et leur prononciation est identique. Actuellement son utilisation recouvre un royaume ancien (le royaume de Lo)  et il fait partie du nom de la capitale du Mustang, Lo Manthang
(in «The Kingdom of Lo, a historical study», Ramesh K. Dhungel, 2002)


La plaine de la Bénédiction transformé en vulgaire Green. "Vous trouvez cela drôle, Monsieur Bonhomme...?"
©Jocelyn Chavy

La perception occidentalle de ce territoire
Dans à une interview des participants du premier «Mustang en Hiver» à l’orée 2011,
pour les touristes que nous sommes, le Mustang est perçu comme un espace clos.
C’est une bulle culturelle, géographique et esthétique.
Une excroissance au Nord du tour des Annapurna, avec une porte d’entrée à Kagbeni. Que nous sommes loin de la réalité !
Cet espace, nommé abusivement Upper Mustang, ne correspond à aucune réalité locale, historique ou culturelle. C’est seulement un territoire défini par le gouvernement népalais et par l’ACAP pour la réglementation des permis de trekking, avec une taxe exorbitante qui ne profite (jusqu’à aujourd’hui) nullement au habitants du Mustang.
Pour mieux comprendre la complexité des lieux, il faudrait revenir à la notion historique et géographique des deux «provinces» du Royaume de Lo, le Lower et Upper Mustang.

Une remarque pour tous les touristes et randonneurs qui ne peuvent entrer dans la Restricted Area de l’ACAP. 
Qu’ils se rassurent... En parcourant de manière attentive le Lower Mustang (entre Kagbeni, Tiri, Dzong, Jarkot, Muktinath et Lubrak), ils peuvent toucher du doigt tout ce qui fait la puissance émotionnelle, esthétique et culturelle du Royaume de Lo.

Les cartes et territoires
Pour mieux comprendre l’histoire du Mustang au fil des siècles, il faut à la fois une représentation précise des différents territoires et royaumes qui l’entourent et qui vont entrer en scène et des repères chronologiques précis de l’histoire des deux grands voisins, le Tibet et le Népal. Dans une prochaines page, un résumé de l’histoire du Mustang, sur les bases du livre de Ramesh K. Dhungel , «The Kingdom of Lo, a historical study» est en préparation.

Les différentes langues du Mustang et le nom des lieux.
Plusieurs langues se côtoient, se superposent et se mélangent au Mustang : le Tibétain, le Seke et le Népali.
Dans son livre, « The novel of the demoness » aux éditions XXX, Charles Ramble donne quelques clefs pour mieux comprendre le nom des différents villages.
Celà explique aussi la confusion sur les noms de lieux exprimé par Bruno Kriner, lors de la toute première expédition française conduite par Claude Jacoux. En 1986 !!!

 


La plaine de la Bénédiction et Lo dans le lointain. ©Jocelyn Chavy

> fermer la fenêtre