Rigsum Gonpo,
les trois protecteurs




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Je remercie tout particulièrement Etienne Principaud pour toutes les informations et les photos, et Françoise pour son mécénat très efficace.


Devant les falaises rouge sang de Drakmar...

Rigsum Gonpo, les trois protecteurs.
C’est l’histoire d’un dialogue très ancien entre l’homme et la nature.
Bien avant la naissance du Bouddha, les forces naturelles et les éléments du paysage du Mustang ont été personnalisés pour les rendre plus accessibles et identifiables.
Le bouddhisme est devenu la religion du Tibet car elle a eu l’intelligence de transformer la plupart des esprits ou déités des croyances populaires, en protecteurs de la religion,
tout en introduisant aussi des idéaux de compassion et de sagesse dans ce monde extrêmement rude.


Au détour d'un sentier, à la sortie d'un village...

Rigsum gonpo désigne ainsi d’une part la trinité formée par les trois boddhisattvas les plus populaires dans toute l’aire tibétaine : Jampelyang (en sanscrit Manjushri), Chenrezi (Avalokiteshvara) et Chana Dorje (Vajrapani).

  • La couleur rouge est l’attribut de Jampelyang ; le dieu de la connaissance.

  • Le blanc représente Chenrezi (ou Chenrezig) qui personnifie la compassion. C’est le dieu le plus vénéré du bouddhisme tibétain, connu aussi par son célèbre mantra : Om mani padme hum.

  • Bleu est la couleur de Chana Dorje . Une déité farouche et très puissante qui combat tous les démons.

Mais, dans l’esprit des villageois du Mustang, le « rigsum gonpo » a une autre signification. Il garde le village et les maisons des esprits malveillants appartenant aux trois « niveaux du monde » : ciel, terre et monde souterrain.
Blanc pour les « Lha » divinités résidant dans le ciel, rouge pour les « Tsen », démons des étendues terrestres , bleu pour les « Lu » (nagas) les dieux-serpents du monde souterrain et des sources.


Des représentations de cette trinité peuvent prendre toutes les formes,

  • des plus simples : trois flaques de couleur dessinées sur un mur, trois pierres dans un champ, des gravures sur un rocher,
  • aux plus sophistiquées : thangkas, peintures murales, groupe de statues, voire groupe de trois montagnes.

C’est ainsi que partout, au Mustang, vous verrez un ensemble de trois petits chörtens, à l’entrée ou à la sortie des villages, sur les murs extérieurs d’une maison ou au-dessus d’une porte principale. Trois Lhato de toutes tailles, parfois récents ou en piteux état, mais toujours avec les trois mêmes couleurs : le rouge, le blanc et le bleu (ou gris, parfois noir en fonction des couleurs naturelles disponibles).


Quelques traits de couleur, c'est aussi Rigzun Gonpo.
Sur le toit-terrasse d'une maison de Tangbe


Toujours à Tangbe, un mur en entrant dans le village.





Etienne, à la sortie du village de Geling.


Françoise de dos, mais Rigzum Gonpo toujours présent...



A Lo Manthang, un ensemble de Chörtens et de Latho protège la cité...


Sur la route de Yara, Rigzum Gonpo paye sont tribut au temps.
Le paysage alentour est également dans un état de délabrement avancé...



Juste avant d'arriver au camp de base, nous construisons avec Temba notre propre Rigzum Gonpo...
nous en avons bien besoin !


De l'autre côté du col, juste avant l'arrivée à Phu, des représentations protectrices nous attendent...


Puis, toujours dans la descente, avant Meta, d'autre chôrtens mangés par le temps.


Et enfin, à la sortie de Koto, nous retrouvons Rigsum Gonpo dans la vallée du tour des Annapurna.

 

Quelques infos pour de futurs « rigsum gonprojets »

Les trois montagnes formant le Rigsum gonpo (ou Dabpa Lhari) sont situées dans la réserve naturelle de Nyinteng (Yading) dans le Kham, à l’extrémité ouest de la province du Sichuan, comté de Dabpa (chin. Daocheng)

Chenresig (Avalokitesvara, 6032 m)
Jampelyang (Manjusri, 5958 m),                   de bien beaux objectifs ! ! !
Chanadorje (Vajrapani, 5958 m).

Ceci dit, je crois que ces trois montagnes n’ont jamais été gravies et que leur ascension se heurte aux mêmes interdits religieux que pour le Kailash.

Par contre il semble que de nombreuses possibilités de trek existent autour de ces trois montagnes. Cette région est par ailleurs considérée comme la source d’inspiration du Shangri-La décrit par James Hilton en 1933 dans son livre Horizons perdus.


 

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