La préparation
Pour ce projet de la Rolwaling (lien avec présentation
initiale ), la préparation fut particulièrement
importante :
avec en mai un we prolongé dans le haut Chasezac,
pour toute les questions pratiques de l’organisation.
- en juillet, 3 jours à La Grave sur le glacier de
la Girose, avec un vrai camp d’altitude, pour aborder
la vie en camping sur neige et les techniques himalayennes.
- Puis, bien sûr, beaucoup d’échanges
entre les participants, en particulier le groupe «
agence », qui a pris en charge l’organisation
sur place et le choix. Mais aussi, « Lama Didier »,
qui a bien voulu éclairer notre lanterne par sa contribution
sur le bouddhisme.

L'équipe
Au final, nous serons 11 personnes a nous retrouver fin octobre
à l’hôtel Padma, à deux pas du merveilleux
stupa de Bodhanath.
- Jisou et Didier, de Toulouse, grands
voyageurs, amateurs de treks et pyrénéens
dans l’âme…
- Marie Christine et Michel, de Saint Etienne,
compagnons de route depuis déjà quelques années
pour la cascade ou l’alpinisme. Le pole médical
de l’équipe…
- Marco, grenoblois, récidiviste
« d’ expé mode d’emploi »,
avec une précédente expé au Paldor,
et très heureux de revenir au Népal…
- Vincent, le digne représentant
de la Belgique dans notre expédition internationale,
auteur discret et génial de mon nouveau site Web
et qui a ouvert grand ces yeux pour cette 1ere rencontre
avec le Népal…
- Nicolas de Chambéry, de retour
au Népal après un 1er trek l’année
passée, pour découvrir l’altitude et
les sommets.
- Eric, le « p’tit jeune »
de l’équipe, qui avait la lourde tache d’ausculter
les jeux et les enjeux d’une expédition au
Népal, pour sa thèse sur l’himalayisme…
- « Lama Didier », qui, en
plus, de nous faire rire, nous a accompagné sur le
chemin de l’éveil…
Et bien sûr, Françoise et Paulo,
pour une équipe d’encadrement avec une double
compétence, accompagnatrice et guide, ce qui a permis
de pouvoir sans soucis scinder le groupe quand c’était
nécessaire, pour une visite de Naar ou un peu plus
d’alpinisme.

Le compte-rendu
Que de péripéties dans cette expé
!!!
Nous
avons tout d’abord changer complètement le projet
initial à cause de la situation politique au Népal.
Après déjà plus d’un mois sur place
pour l’ascension de l’Himlung Himal et avec l’avis
éclairé de Gilbert de Thamserku, nous savions
que dans la Rolwaling, nous avions de grande « chance
» d’être racketter.
Et, si je peux comprendre (et partager) les fondements des
revendications de l’opposition maoïste, je ne suis
pas prêt à accepter de faire prendre des risques
à l’équipe népalaise, ni a payer
ce genre d’impôts révolutionnaires institutionnalisés,
… (et j’ai une peur viscérale de tous les
militaires ou révolutionnaires en armes).
Ce changement avait été largement anticipé
dans la préparation et nous avions même envisagé
des sommets de repli.
Donc, adieu la Rolwaling, nous irons dans les Annapurnas pour
l’ascension du Pisang Peak et une visite de Naar, dans
une vallée récemment ouverte au tourisme avec
des villages exceptionnels.
Tout s’organise en une journée, pendant que certains
visitent Kathmandu. Et nous voici déjà dans
un petit avion (uniquement pour nous) pour un vol excitant
et rare, direct de KTM à Manang. Imaginez le choc à
l’arrivée, en pleine montagne dans le paysage
splendide des Annapurnas ! Ce vol direct a été
rendu possible par le choix de l’agence, Thamserku Trekking
avec sa compagnie aérienne « Yeti Airlines »,
un critère judicieux en ces périodes troublées
!
Depuis le petit aérodrome de Manang (Humde), nous nous
acclimatons en douceur en restant dans les environs de Braga
et son célèbre monastère, puis nous sommes
descendu à Koto pour faire la liaison avec l’équipe
locale. Changement de temps, il neige à Chame ! Koto,
c’est l’entrée de la vallée de Naar/Phu
avec en particulier un important poste de contrôle de
la police. Et là, gros coup dur, interdiction formelle
de passer même avec une négociation à
la « népalaise », le permis d’ascension
du Pisang ne suffit pas, il faut aussi un permis de trek spécial
à 90 $ la semaine. (Alors qu’un mois auparavant
je suis passé au même endroit avec une grosse
expé et plus de 50 porteurs !).
C’est la catastrophe, car tout est a reconstruire, à
rediscuter, ce qui pas forcement facile avec un groupe important
où chacun a ces motivations propres et une vision très
personnelle de son voyage. Autant la première prise
de décision de changer d’objectif avait été
simple à vivre car relativement fermée, autant
celle-ci nécessitera une écoute profonde et
de multiple scénarios pour arriver a contenter tout
le monde. Car, cette mise à plat est forcement «
ouverte » et centrée sur les souhaits de chacun,
avec un risque de conflit non négligeable.
Mais tout c’est très bien passé…
bonne volonté de chacun, nécessité de
trouver une solution collective, savoir faire de l’équipe
d’encadrement, connaissance du Népal… L’expérience
des précédentes éditions « d’expédition,
mode d’emploi » nous a aussi fortement aidé
dans la gestion de cette situation exceptionnelle. Peu d’agence
ou de groupe osent ce type de prise de décision «
ouverte » sur des changements aussi radicaux.
Un grand coup de chapeau à tous le monde… et
nous voici en route pour faire tous ensemble l’ascension
du Pisang ( car nous avons trop peu d’information sur
le Chulu Far East). Puis à Ngawal, le groupe se séparera
en deux avec 6 personnes avec Françoise pour passer
le col du Kang La et rejoindre Naar, et 3 personnes avec moi
pour faire un peu plus d’alpinisme et explorer le Chulu
en technique alpine. Au final, rencontre de toute l’équipe
à Koto pour le trek de retour vers Besi Sahar.
Et la suite s’enchaînera tranquillement, la machine
est en route et le temps au grand beau !
Le camp de base du Pisang est sous la neige, c’est un
belvédère splendide sur tous les sommets des
Annapurnas.
Une journée de vrai repos nous permet de mieux nous
acclimater. Puis en aller/retour, nous montons installer le
camp I, merveilleusement situé. La suite de l’ascension
me fait un peu de soucis et je dors à ce camp (pour
partir en reconnaissance le lendemain). Pendant que tout le
monde s’installent au CI, je vais au sommet du Pisang
pour faire la trace, repérer l’itinéraire
et les difficulté. Une très bonne décision,
car la réalité de l’ascension est bien
loin du Trekking Peak débonnaire que j’avais
imaginé, surtout en technique alpine. Un autre groupe
de français s’installe à côté
de nous, l’entente est loin d’être cordiale,
dommage, car cela aurait simplifié la cohabitation
et l’ascension.
Le lendemain, Didier a un gros mal de tête, Jisou a
atteint son objectif (arrêter de fumer et dormir au
camp I !), Mary n’aime pas les terrains instables et
le sommet est trop loin pour elle. Ils resteront au camp puis
descendront à l’étage du dessous. Nous
sommes donc 8 à partir et 5 au sommet. Au début
des difficultés, Nico à un coup de barre et
Eric a des problèmes aux yeux, ils vont redescendre
tranquillement ensemble. Marco s’arrêtera 100
m. sous le sommet, une grande fatigue accumulée depuis
des mois.
En conclusion, un sommet vraiment pas facile et une très
belle course !
L’autre équipe a fait demi-tour au milieu de
l’ascension, malgré l’encadrement des 2
Sherpas pour 4. Ce qui confirme un peu plus que, pour l’instant,
les sherpas d’altitude n’ont pas encore la compétence
nécessaire pour l’encadrement des ascensions
un peu technique, et surtout en technique alpine… c’est
vraiment le challenge de la profession de guide au Népal
et il faut absolument que nous les aidions sur ce chemin).
La descente nous prendra beaucoup de temps pour évoluer
en sécurité et nous arrivons au camp I juste
avant la nuit à 6 h pour un démontage express
et un retour au camp de base dans la foulée, ouf !
Le lendemain nous retrouve sur les chemins sereins du Népal
des randonneurs pour rejoindre Ngawal. Qu’il est beau
ce sentier, et qu’il est doux de marcher sans contrainte
dans un paysage superbe, de villages en villages. Au lodge
de Ngawal nous passerons une soirée inoubliable au
coin du feu à goûter Korsani et Chang, avant
la séparation des deux groupes.
Avec Vincent, Eric et Nicolas, nous sommes le groupe des «
p’tis jeunes » et nous partons de bonne heure
pour rejoindre le camp de base du Chuli Far East. Nous ne
savons pas très bien où il se trouve, «
par la-bas dans la vallée, assez loin ». Un sherpa
et 3 porteurs nous accompagnent. Effectivement la montée
sera un peu longue et surprenante, mais avec un très
bon sentier, une journée difficile pour les porteurs
et une explication un peu sèche à l’arrivée
avec le sherpa !? Le lendemain nous allons installer notre
camp I au col à 5500 m. avec l’aide de Tarke.
Malgré la nuit très ventée, le sommet
est atteint sans soucis le lendemain, en deux cordées,
comme dans les Alpes.
Le Chulu Far East est beaucoup plus facile que le Pisang et
n’aurait poser aucun soucis aux autres participants,
dommage. Car en plus, depuis le camp de base, il est possible
de rejoindre directement la vallée de Naar en traversant
un glacier débonnaire. Nous enchaînons directement
la descente jusqu à la forêt, pour camper dans
un endroit idyllique où devant le feu de bois nous
savourons nos derniers instants ensemble en montagne. L’étape
du lendemain sera beaucoup plus longue, car nous rejoignons
directement Koto et le reste du groupe dans notre lodge habituel.
Champagne, tout le monde est au rendez-vous, en bonne santé,
et heureux des itinéraire réalisés.
Que c’est-il passé dans l’autre groupe
… Merci de compléter ce blanc !!!
Pour le retour vers Koto, chacun marche à son rythme
et en flânant, les lodges et les tee shop sont nombreux
sur le chemin. Nous ferons halte à Samje (une étape
un peu trop longue) puis à Ngadi, pour une randonnée
au petit matin et le bus dans la foulée. Le soir même,
un peu sur les rotules, nous sommes à Bhaktapur, au
cœur de la cité newar.
Une soirée magique à Dwarika’s marque
la fin du voyage.
voici la carte du trek

Le topo
Le Pisang Peak ou Jong Ri, 6090 m.
Parfaitement visible depuis la vallée, le Pisang Peak
est un sommet très intéressant et très
facile d’accès. Par contre, il ne faut pas en
sous estimer la difficulté, car c’est un vrai
sommet alpin et engagé, avec, pour la voie normale,
des pentes de neige jusqu’à 40/45 °.
Le Pisang a la réputation d’avoir un taux de
réussite assez faible a cause de son accès très
court avec une acclimatation insuffisante… pour ma part,
je crois plutôt que c’est surtout à cause
d’une mauvaise évaluation de la difficulté
réelle de l’ascension !!!
La marche d’approche est des plus faciles.
Deux itinéraires sont possibles depuis Besi Sahar
- Le plus simple… en suivant le cours de la Marsyandi
par le début du tour classique des Annapurnas, jusqu’à
Upper Pisang. Attention à l’acclimatation qui
nécessite de prendre un peu de temps à partir
du camp de base.
- Exceptionnellement beau et encore original… en
faisant un détour par la vallée de Naar, à
partir de Koto. Il faut prévoir un permis spécial
(90 $ par personne et par semaine, mais sans officier de
liaison) et au minimum 4 ou 5 jours de plus (Koto/Meta/
Naar/Visite de Naar/ Camp d’altitude/ passage du Kang
La, Ngawal/ Camp de base du Pisang). En plus de l’intérêt
culturelle, l’acclimatation est alors optimal.
Ou deux solutions encore plus originales…
- Une approche directement par avion, en atterrissant à
Humde, l’aérodrome de Manang. J’ai beaucoup
apprécié cette solution, beaucoup plus simple
a gérer que prévue et idéale pour ceux
qui veulent faire ce beau sommet avec environs 3 semaines
de disponibilité, sans faire d’aller/retour
depuis Besi Sahar, ni traverser le Thorong. Il faut juste
prendre le temps de se reposer dans les environs de Manang
pour s’acclimater en douceur, le paysage est superbe
et les possibilités innombrables. Il est aussi possible
d’imaginer, après le sommet un retour par le
Kang La et la vallée de Naar, pour rejoindre Koto
et descendre la Marsyandi Khola jusqu’au bus de Besi
Sahar.
- En traversant un col d’altitude au pied du Lamjung
Himal, le Namung Bhanjyang, 5560 m. qui abouti à
Timang avant Koto. Avec un point de départ depuis
Siklis, Bhujung ou Khudi et un itinéraire qui peut
même s’enchaîner avec la variante de Naar.
Si vous avez des infos sur ce parcours, je suis preneur
!!!
L’accès au camp de base et au camp I
…
Depuis
Upper Pisang rejoindre par un très bon sentier en traversée
vers la gauche une petite épaule avec des drapeaux
à prière bien visible du village, puis suivre
la croupe herbeuse qui mène directement à la
kharka du camp de base, qui est situé sur un large
replat très confortable, a environ 4300 m. et 4 à
5 h.
Le camp I, est situé sur un petit replat d’un
vallon suspendu, juste au pied d’un petit sommet rocheux,
a environ 5100 m. et 4 h. Au départ du CB, le sentier
est très bien marqué, puis il se perd un peu
dans les alpages, mais la direction est très simple
à suivre. C’est une large épaule d’éboulis
ou le sentier est de nouveau visible (cairns) et conduit facilement,
après une dernière traversée, au seul
camp réellement conseillé. Il existe d’autres
emplacement plus haut, près du sommet rocheux, mais
ils sont plus exigus et cela augmente d’autant le portage
des affaires.
L’ascension de la voie normale du Pisang Peak…
La première partie de l’ascension se déroule
sur une arête rocheuse pouvant être plus ou moins
enneigée. Du Camp d’altitude, rejoindre le petit
sommet rocheux au dessus du camp, trace de sentiers dans des
éboulis et des rochers faciles sur l’arête
de droite. Contourner ce sommet par la gauche en descendant
un peu (neige). Suivre l’arête assez large, principalement
sur le fil puis en contournant une pointe par la gauche, on
arrive ainsi à un petit collet au pied d’une
dalle inclinée en schiste, plus impressionnante que
réellement difficile (environ 30 m. II+/III ). La suivante
est plus simple pour rejoindre un replat au pied d’une
grande pente. Remonter ces pentes, c’est le flan gauche
de l’arête, sans difficulté particulière,
neige à 30° max., jusqu’à un cairn
bien visible qui marque le changement de versant de la ligne
d’ascension.
Par du terrain facile, rejoindre le pied des pentes de neige
plus raides qui marquent le début des difficultés.
Il est préférable de traverser un peu pour progresser
complètement dans la neige plutôt que de rester
sur l’arête plus rocheuse. Contourner les îlots
rocheux de l’arête par des pentes de neige plus
raide, 40/45°, on arrivent alors sur l’arête
facile qui conduit au sommet, crevasses et corniche. Le vrai
sommet nécessite un peu plus d’efforts, car c’est
une pointe effilée avec une arête cornichée.
A priori rarement visité !
Cette voie peut être cotée III/AD, neige (en
cotation Himalaya ).
La descente se déroule par le même itinéraire
!
Techniques de progression…
Pour ce petit groupe de 6 personnes, j’avais décidé
d’une progression en technique alpine sans pose de cordes
fixes préalable. Nous avons fait 4 longueurs de corde
en neige dans les parties les plus raides, le reste étant
soit parcouru sans corde soit avec un encordement court et
une progression simultanée.
Pour un groupe, la pose de cordes fixes réduirait énormément
l’engagement et la nécessité d’assurage.
Il faut prévoir environ 400 m. de corde pour les pentes
de neige plus deux ou trois petites sections pour l’arête
initiale. Il me semble plus judicieux de séparer le
temps d’équipement de celui d’ascension,
et de prévoir de la main d’œuvre pour effectuer
le portage et l’équipement.
Les autres voies…
Il semblerait qu’il n’y ai pas d’itinéraire
à conseiller versant Naar.
Par contre, l’arête Nord-Ouest depuis le col près
de la pointe 5700, est de toute beauté, avec une 1ere
partie un peu rocheuse. Ce col s’atteint depuis Ghyaru
ou Ngawal, sans être exposé aux séracs.
Le plus délicat étant de rejoindre ce col.
Depuis le camp de base de la voie normale, la pente centrale
directement sous le sommet est un bel objectif, plutôt
monotone à pied mais de grande classe à ski
au printemps (?). L’arête Sud Sud-Est est peut
être plus complexe qu’il n’y paraît.
En conclusion, il y a encore des choses à inventer
sur ce petit sommet !
Le Chulu Far East , 6059 m.

L’ascension de la voie normale du Chulu Fare East par
l’arête Sud Ouest est un bel objectif sans difficulté
particulière, et dans un secteur particulièrement
à l’écart et sauvage.
La marche d’approche…
Elle est quasi identique à celle du Pisang, d’ailleurs
les deux ascension pourraient très bien s’enchaîner,
en commençant par le Chulu. Une approche par Naar est
particulièrement intéressante car un itinéraire
est possible depuis le Kang La en traversant un glacier plat
pour redescendre directement sur le camp de base des Chulus.
Depuis la vallée de la Marsyandi du tour des Annapurna,
il faut rejoindre Ngawal ou Humde et le petit village de Chulu.
L’accès au camp de base et au camp d’altitude…
Depuis
ce village remonter la belle vallée de la Chhetaji
Khola par sa rive gauche, en passant d’abord près
d’un groupe de chortens magnifiques. Le sentier est
très bien marqué dans une belle forêt
et on arrive bientôt à une fourche de la rivière.
Un petit pont permet de changer de rive et de franchir la
porte d’un grand enclos à yaks (cabane de bergers
et de bûcherons en très bon état). Suivre
la rivière de gauche, toujours dans la forêt,
en direction de deux grandes cascades bien visibles, jusqu’à
une belle clairière, où il est possible d’établir
un camp intermédiaire (cabane adossée à
un grand arbre et avant une rivière ),. Attention,
le prochain camp est à environ 900 à 1000 m.
au dessus. Puis, traverser le torrent (petit pont) et remonter
la croupe en face.
Le sentier est toujours bien tracé quoique beaucoup
plus petit. Il passe par plusieurs replats (pas d’eau
à proximité), et monte franchement à
travers de grandes pentes d’herbages et d’arbustes
pour contourner la barre rocheuse des cascades, très
haut, par un passage en traversée dans des éboulis
(arête avec un grand cairn). Un passage escarpé
surprenant et très esthétique permet de déboucher
dans la vallée suspendu qui alimente les deux cascades.
Suivre le sentier qui continu + ou – à flan,
avant de redescendre légèrement dans un vallon
en pente douce. Nous avons établi notre camp de base
dans le haut de ce vallon, près du torrent et d’une
grosse pierre couleur cuivre (évident et confortable),
environ 4900 m.
Pour rejoindre le camp d’altitude (qui n’est pas
indispensable mais plutôt conseillé), le terrain
n’est pas très agréable sans neige. Il
faut rejoindre le col le plus bas au début de l’arête
sud Est du Chulu Fare East (moraine, éboulis et gros
bloc !), l’itinéraire est facile à suivre.
Pour un groupe avec une cuisine locale, il est préférable
de faire le camp au pied de la dernière pente du col.
Nous avons fait le notre directement au col et plutôt
par soucis pédagogique ( pour faire vivre une situation
un peu plus difficile avec beaucoup de vent!).
L’ascension de la voie normale du Chulu Far
East…
Du col, la voie d’ascension est bien visible et ne pose
pas de problème particulier. Il y a quelques crevasses
à mi-parcours, deux pentes de neige qui se redressent
un peu, (35/40°) et l’arête finale est un
peu aérienne.
Cette voie peut être cotée III/PD, neige (en
cotations Himalaya).
Techniques de progression…
Nous avons évolué en deux cordée de deux,
avec parfois un encordement long et parfois très court,
en 3 h 30 depuis le col et en moins d’une heure à
la descente. Un groupe plus nombreux ou avec des personnes
peu à l’aise sur des pentes de neige déjà
raides, pourra très facilement installer des portions
de cordes fixes aux endroits plus raides (peut être
200 à 250 m. max.), facilitant ainsi la descente.
Les autres voies…
Une possibilité de traversée du sommet semble
très intéressante. La vallée de l’autre
côté du col se descend très facilement
et laisse imaginer un itinéraire de liaison avec le
camp de base du Chulu West, pour une sorte de « Haute
Route des Chulus », avec un départ depuis Naar.

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