Samdo,
Un village, une école et une belle histoire



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L'ascension du Manaslu

Depuis longtemps, je souhaitais découvrir les vallées du Manaslu et en particulier les villages des hautes vallées.
L'organisation d'une expédition au Manaslu c'est donc mise en place doucement, après l'expérience du
Shishapangma et du Dhaulagiri VII.
Puis, dans le cours de la préparation, je me suis retrouvé à l'automne 2008 à discuter de ces hautes vallées avec Catherine et Alex, durant un déjeuner à Kathmandu.
Je cherchais un moyens de bien gérer le passage du col, de Bimtang au village de Samdo.

Tout naturellement, nous en sommes venu à discuté du projet de l'école de Samdo. Puis, j'ai voulu en savoir plus. Au fil de la discussion,le sens du projet m'a touché.
Et voici ma contribution à cette histoire en devenir.


Karsang et Catherine en grande discussion sur les tissus fabriqués par les femmes de Samdo.

Laissons parler Catherine...

J’ai rencontre Karsang Diki pour la première fois il y a 7 ans. Alors que je remontais les gorges de la Marsyangdi, j'ai fais une halte pas loin de Tal.
J’ai vu alors arriver une femme à l’allure tibétaine avec un bébé dans un doko et une grand-mère avec une petite fille sur le dos. Trouvant incongrue leur présence dans cette région, je les ai questionnées. Elles arrivaient du village de Samdo après avoir passé le Larkya pass à 5000 m et se rendaient tout simplement à Dharamsala pour rencontrer le Dalaï Lama !  
La grand mère paraissait avoir au moins 100 ans et ployait sous le poids de l'enfant. Le mari de Karsang les rejoindrait à Pokhara avec de l'artisanat acheté à Pokhara qu il comptait revendre à Dharamsala pour payer leurs voyages en bus.

Leur histoire m'a touchée et je leur ai promis de venir les voir dans leur village perdu à la frontière tibétaine. Je pensai que je ne reverrais jamais la grand-mère et qu'elle effectuait là son dernier pèlerinage.


En fait 2 ans plus tard je me suis rendue dans leur village en faisant le tour du Manaslu. Karsang venait d'accoucher d’une nouvelle petite fille, la troisième donc.
En passant quelques jours la haut j’en ai appris un peu plus sur leur vie. Samdo se trouve à 4000m. La neige recouvre tout de Novembre à Avril .Ils ne peuvent donc faire qu'une récolte par an et rares sont les céréales qui poussent à cette altitude, le plus souvent ils se contentent de pommes de terre. Les hommes du village travaillent 9 mois sur 12 dans une autre région. Le mari de Karsang accompagne des mules de Besisahar à Mamang et gagne ainsi sa vie. Lorsque j'ai connu cette famille il n'était pas propriétaire des mules mais maintenant il en a 8 à lui.

Alors que nous quittions le village, Karsang m’a demande d’annoncer à son mari qu elle avait accouché, si je le rencontrais dans la vallée de la Marsyangdi. A la descente j'ai donc arrêté tous les muletiers et suis tombée sur lui. Je me souviendrai toujours de la tristesse et de la gêne qu il y a eu lorsque je lui ai annoncé que son troisième enfant était une fille.
Au fil des ans j ai reçu des nouvelles de Karsang et sa famille par vous trekkeurs qui montiez au Manaslu. J’envoyais des vêtements d’enfants et recevais toujours du fromage de yack ou autre présent du village. Peu a peu à travers les photos j ai vu que la situation de la famille se dégradait à mesure que la famille s’agrandissait : une 4eme fille.

J'avais remarqué que la seule « richesse » des femmes de ce village était leur grand métier à tisser. J ai donc mis en place un projet avec Karsang : elle tisserait des bandes de tissu que nous transformerions en sacs à KTM et revendrions.
Le tissu est semblable au tissu des tabliers des femmes tibétaines et sherpa.

Malheureusement la situation politique, la difficulté de communication et la maladie de Karsang ont fait que le projet a été retardé. En 2006 Karsang, très affaiblie, a accouché à Besisahar d'une 5eme fille. Elle a du ensuite être transportée d'urgence à Kathmandu pour se faire opérer.
Sa mère est morte entre temps et Karsang se retrouve seule pour s'occuper des 5 filles de 8 ans à 4 mois, de la maison et des yaks
Avec ses premiers revenus venant du tissage Karsang a acheté un petit métier à tisser qu’elle ou sa sœur utiliseront l’hiver à Besisahar.

En 2008 le mari de Karsang a disparu pendant sept mois. Cela fait plus d’un an qu’il n’a pas envoyé d’argent à Karsang. Il réapparaît en Avril à Kathmandu prétendant être parti travailler  Singapour mais il n’envoit toujrours rien à sa famille.
Catherine

Et c’est ainsi que tout à commencé.

On veut donner un coup de main à une amie, on veut l’aider à s’en sortir et on s’apperçoit que c’est toute sa communauté qu’il faut aider.


Les p'tits bouts de Samdo... terribles et adorables.

Quelques mots d’abord de Samdo.

Samdo est un village situé à 4 000 mètres d’altitude dans la haute vallée de la Buri Gandaki, à 8 km environ du Tibet par le col Lajyung (4 998m).
La neige le coupe du monde de Novembre à Avril.
Pour ceux qui connaissent le Népal c’est le village typique de la haute montagne : toits en ardoise, mur de pierres, drapeaux de prière.

L’été les femmes s’occupent de couper l’herbe pour le bétail ou vont chercher du bois pour la cuisine. Elles doivent aussi s’occuper de leur champs de pomme de terres et de millet. Elles sont souvent accompagnées de leurs plus jeunes enfants.
Les hommes gardent le bétail dans les montagnes, font des affaires avec le Tibet, souvent en rapport avec les plantes médicinales. D’autres ont des mules ou des yaks avec lesquels ils font du transport de nourriture entre Besi Sahar et Manang dans la vallée des Annapurna souvent ils sont absents six a neuf mois par an.

L’hiver les hommes et les femmes descendent au sud avec les chevaux et les dzos
(croisement de yaks et de vaches). Quelques femmes et des enfants restent au village pour nourrire le betail, dans de rude condition. La neige peut bloquer les femmes durant un mois dans leur maison, elles ne peuvent meme pas mettre le pieds dehors tellement la neige est haute. Quand l'une d’elles tombe malade elle n’a aucun contact avec le monde exterieur et ne peut se deplacer pour voir un medecin dans les villages plus bas.

En Août 2007 Catherine et sa fille Rapahëlle sont allées à Samdo pour étudier sur place la situation et après enquête auprès des habiatnts elles ont identifié trois demandes primordiales :

  1. la scolarisation des enfants
  2. l’accès aux soins medicaux
  3. la possibilité d’accès à une ressource financière pour les femmes.


Un environnement de haute montagne pour le dernier village de la vallée.
Et le chantier de l'Ecole durant l'été 2008.

La scolarisation des enfants 

La situation actuelle
Il existe une école à Samdo : un genre d’étable où deux instituteurs dorment dans la même pièce quand ils sont là. Ils sont payés pour enseigner toute l’année et en fait ne sont à Samdo qu un ou deux mois par an. L’instituteur principal est « en poste » à Samdo depuis 10 ans et aucun des enfants du village ne parlent le népalais ! 

Notre projet
Construire une école neuve de 3 classes pour accueillir les 25 à 30 enfants susceptibles d’y être scolarisés dans les classes I, II, et III (jusqu’à huit ans).
Chacun dans le village s’accorde pour dire qu’il faut changer l’instituteur. Uten Lama, une jeune fille du village serait intéressée par le poste d’institutrice à Samdo. Elle parait avoir les diplômes nécessaires.
Cela est à négocier avec le chef du district de Gorkha, dont dépend Samdo.

Permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité, soit à Samagaon, gros village à trois heures de marche de Samdo, soit dans une école de la vallée de Kathmandu.

Samagaon
L’école de Samagaon est subventionnée par l’association américano-népalaise SEEDS.
Bir Bahadur, directeur de l’école, a donné comme prix de pension pour le enfants à partir de la classe IV : 1000 rs par mois (environ 10 €).

Ecoles de la vallée de Kathmandu
Faisant partie d’une minorité de culture tibétaine les enfants de Samdo peuvent bénéficier de bourses du Dalaï Lama pour être pris en charge dans une école tibétaine de la vallée de Kathmandu, à Bodnath ou Swayambunath.
Deux écoles ont été contactées :

  • la Namgyel school
  • la Manjughoksha Academy 

Les moyens à mettre en œuvre.
Financement de la construction de l’école et de son fonctionnement : dons à collecter.
Prise en charge des écoliers :
Une solution pourrait consister en un parrainage « mixte » : le financement bénéficie à l’école, mais chaque élève est nommément affecté à un parrain.


Le transport des matériaux se fait forcemment à dos d'hommes... et de femmes.

L’acces aux soins

La situation actuelle
Il n’existe actuellement à Samdo aucune possibilité d’accès à des soins médicaux.
En dehors des périodes d’enneigement il est possible à la population de se rendre au Tibet pour y recevoir des soins soit deux journées de marche avec un col à 5000m, ou à Kathmandu à sept jours de marche et un jour de bus.

Notre projet
Mettre en place à Samdo un poste de Community Medical Assistant. C’est une formation de tye secouriste, étudiée pour les villages reculés du Népal, qui dure six mois et qui est accessible après la classe 10.

Les moyens à mettre en œuvre
- Financement de la construction d’un dispensaire par des dons.
- Financement du fonctionnement du dispensaire.
Mis en place d’un financement pérenne par l’association Samdo Avenir.


La possibilité d’accès à une ressource financière pour les femmes.

La situation actuelle
 Les femmes sur des métiers à tisser très primitifs tissent des sortes de tabliers multicolores qui sont une des pièces obligatoires du costume des femmes tibétaines.
Les seules ressources financières des ménages sont apportées par les hommes : commerce des plantes medicinales avec le Tibet et transport avec les mules ou les yaks.

Notre projet
Faire tisser aux femmes du village des pieces de tissus que nous leur acheterons pour les faire transformer en sacs, housses de coussins, trousses, porte monnaie, à Kathmandu.
Il est question, plus tard, de leur faire acquérire une machine à coudre pour qu’elles puissent faire la transformation de leur tissu à Samdo.

Les moyens a mettre en œuvre

  1. Construire à Samdo une salle où les femmes pourront entreposer leurs métiers et se réunir pour tisser.
  2. Trouver des modèles originaux pour les articles à fabriquer.
  3. Assurer un débit régulier pour ces articles.

Ce qui a été fait

Scolarisation des enfants.
L’association Samdo Bavishya a été crée au Népal. Elle a reçu l’autorisation du District de Gorkha de construire l’école de Samdo.
Une association Samdo Avenir (une cinquantaine d’adhérents)  a été crée en France pour organiser le parrainage et la collecte des fonds pour la construction de l’école, du dispensaire et de la salle de tissage.
Cette association a reçu un don important de l’association « Revenir du Népal » et de Mr et Mme Perrissin. Ce don suffira à la construction de l’école.
Deux jeunes architectes français sont partis comme volontaires en Aout 2008 pour aller superviser la construction de l’école.
Le comité scolaire et les villageois de Samdo, à l’unanimité, ont désignés Babu comme responsable local  de la construction de l’école. Babu est un jeune homme du village qui a fait ses études secondaires en Inde. Babu enseignera le tibétain et l’anglais à l’école de Samdo.

Nous avons actuellement 11 futurs parrains pour les enfants
et nous en cherchons d’autres.

Accès aux soins
Nirma Dorje, le fils du chef du village, actuellement en classe 9, se dit intéressé par la formation de Community Medical Assistant.
Contacts ont été pris avec des associations qui aident à ce type de projet.
Nous recherchons des dons pour la construction du dispensaire et son fonctionnement.

Projet de tissage
Un comité des femmes de Samdo s’est créé.
Les premières pièces de tissus ont été transformées en sacs vendus à l’agence française La Balaguère.
10 à 15 femmes sont volontaires pour participer au projet.
Nouveaux produits crées à partir du tissu des femmes de Samdo.
Au printemps et été 2008 nous avons vendu des sacs , trousses etc..à des associations françaises e à des particuliers.
Nous recherchons plus de débouchés pour ces produits.
Nous étudions également la construction à Samdo ou à Besisahar pour l’hiver, d’un atelier de tissage.

Le tour opérateur Nomade propose de soutenir un projet de micro crédit à Samdo pour aider à la création de structures d’accueil pour les trekkeurs.
La première réalisation pourrait être un tea-shop pour Karsang et Lakpa, sa soeur.


Le chantier avance sous l'oeil attentif de Patrick Malard et François Michaud, deux jeunes architectes

Le projet est porté par :
Samdo Avenir
rue du Bari, Lincel, 04870 Saint Michel l’Observatoire
04 92 76 68 45
samdoavenir@free.fr
Présidente : Nicole Massel
Amoureuse du Népal et de sa culture
Connaît le Népal par de nombreux treks

Samdo Bavishya
PO Box 2238 Lazimpat
Pandol Marg, Kathmandu, Népal
tel 441 45 49
samdoproject@yahoo.com
Présidente : Catherine Joriot
Réside depuis 1985 au Népal
Dirige une agence de trekking, Glacier Safari Treks
Est aidée par sa fille, Raphaëlle, 20 ans, étudiante à Kathmandu

Pour en savoir plus.
Voici les bulletins d'information de l'association...
il y a même un formulaire d'adhésion et de parrainage !

Bonne lecture

Et j'attends juste quelques photos pour mieux illustrer cette page.


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