Le Topo du Panbari
et de la Montagne aux 1800 rivières...


Automne 2011




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Dernière mise à jour le 17 février 2012




Tin Baï, en Népali... "Les Trois Frères."
De gauche à droite : l'Hindu Himal (qui est aussi l'emplacement du camp 2 à 6306 m), le Lilia Peak, 6425 m et l' Athahra Saya Khola Himal à 6767 m.


Depuis le La-Chen, le col qui conduit à Ru au Tibet... Le Panbari en arrière plan et "Les Trois Frères" devant.


Le Panbari, maitre des lieux ! A ski, ça devrait même le faire...

Le Panbari est un "presque 7000", caché derrière le tour du Manaslu.
L'Atharha Saya Khola Himal, «La montagne aux 1800 rivières», évoque d’emblée une contrée lointaine, un Shangrila mythique imprégné de culture bouddhiste et d’exotisme. C’est le nom que nous avons donné à un sommet vierge à 6767 m sur la frontière tibétaine, au Nord du massif du Manaslu, entre Samdo et Phu.
Athahra Saya Khola, en népali, est aussi le nom de la rivière qui coule au pied de la montagne, c’est l’ancienne dénomination de la haute Nubri.

La Vallée aux 1800 rivières est dominée par un groupe de trois montagnes enneigées, les Trois Frères (Tin baï en népali). Ce sont ces sommets que nous avons gravis, à défaut du Panbari qui émerge juste derrière. Ce ne sont pas des montagnes très techniques, ni impressionnantes, par contre, elles ont une importance topographique majeure car elles commandent l’accès vers de grands plateaux glaciaires aux pieds des versants Est du Nemjung et de l’Himlung, dans le massif du Peri Himal. De grands cols permettent aussi d’imaginer une traversée glaciaire somptueuse de Samdo à Phu.
La voie d’ascension que nous avons empruntée est parfaitement visible en remontant la vallée et en particulier depuis le La-Chen, le col qui conduit à Ru au Tibet, le village d’où viennent les habitants de Samdo.

C’est un itinéraire qui devrait devenir classique car le Panbari, malgré les 95 m qui lui manque pour atteindre 7000 m, devrait combler les alpinistes à la recherche de nouveaux espaces sauvages et vierges. Ce sont de grandes pentes de neige sans difficulté, avec une petite arête esthétique pour rejoindre le Dôme de l’Hindu Himal.
Cet itinéraire permet d’éviter la voie des japonais qui remonte entièrement le glacier de Fukan, très crevassé.


Le sommet du Panbari avec, en avant-plan, la montée au plateau de l'Hindu Himal.
Les points rouges correspondent à nos camps d'altitude et la petite croix à l'emplacement idéal pour le camp 1.


Merci à K'ro pour son soutien GPS...

Le village de Samdo est le véritable point de départ de cette ascension.
Il existe deux manières de rejoindre ce dernier village de la vallée de la Budhi Gandaki.

  • Depuis Arugath, par le Tour classique du Manaslu.
    Ce trajet est simple d’organisation pour acheminer les bagages. Actuellement en 2012, je choisirais plutôt une organisation en camping pour une équipe importante. L'itinéraire est relativement long et peu agréable dans la première partie (à cause de la route et de la vallée très encaissée), mais des variantes sont possibles...

  • Depuis Besisahar, par le début du Tour des Annapurna.
    Avec un transport en jeep jusqu’à Chyamche (à l’automne 2011) ou plus haut à Tal, très prochainement si la route est ouverte. Puis Dharapani, Tilje, Bimthang et la traversée du Larkye Pass. C’est aussi le tour du Manaslu à l’envers, et la meilleure option, à la fois en termes d’effort, d’acclimatation et de durée.
    En prenant un peu son temps, il est possible de construire une acclimatation presque idéale, pour passer le col le plus sereinement possible. J'ai déjà traversé le col avec un train de mules, mais c'est un choix un peu risqué à cause du risque réel de chute de neige.


Samdo... et le chorten de la porte d'entrée.
La fréquentation touristique est importante cette année, et cela va certainement modifier la vie du village.


La traversée du Larkye Pass, à l'envers ! Une histoire d'acclimatation et de "Slow Trek" !
C'est l'itinéraire d'acclimatation idéale pour rejoindre les montagnes de Samdo ou le Manaslu. Voici le déroulement idéal, en Slow Expedition...

  • J 1 ..., Chyamje 1330 m, Dharapani 1822 m, Tilje. C'est juste un peu long pour les porteurs...
  • J 2..., Tilje, Yack Kharka 3040 m.
  • J 3..., Yak Kharka, Bimthang 3710 m (3h 30 de marche pour 730 m de montée et 90 m de descente, différence d'altitude : 670 m).
  • J 4..., Bimthang, Larkye Phedi 4380 m (2h 45 de marche pour 670 m de montée, différence d'altitude : 670 m).
  • J 5..., Et enfin seulement la traversée du col 5100 m et la descente sur les lodges de Darmashala 4370 m ( ou plutôt juste en dessous).
    (7h de marche pour 790 m de montée et 790 m de descente, différence d'altitude : 0 m !)

Trois critères me semblent importants :

  1. La diminution de l'effort au-dessus de 3000 m.
    On pourrait la quantifier en heure, en l'absence d'unité de mesure compréhensible.
  2. L'écart d'altitude entre deux emplacements de camping.
  3. Un temps de vrai repos l'après midi, après une montée en altitude.
    Surtout ne rien faire ! Boire, manger, dormir, lire, écrire, écouter de la musique... Surtout ne pas monter sur la bosse d'en face !


La route en construction dans le début du Tour des Annapurna doit faire partie de la réalité que vous allez rencontrer. C'est ainsi, tout simplement.
A chacun de recycler ses émotions négatives ou contradictoires en un intérêt réel et motivant.
A ce sujet, il est particulièrement intéressant de lire le mémoire d'Etienne JACQUEMET sur les routes au Népal.


La réalité du tour des Annapurna !!!


Tilje, premier village du tour du Manaslu "à l'envers".


Samdo Tower... Un sommet vierge et un prochain projet, mais versant Samdo.


Yack Kharka, un emplacement de camping peu utilisé mais idéal pour parfaire son acclimatation avant le passage du Larkye Pass.
Un nouveau lodge est également en projet.


Ambiance tibétaine à la descente du Larkye Pass.


Le camp de base.
Il ne reste maintenant comme point de repère que le chorten et quelques drapeaux à prières.

L’accès au camp de base.
Il est raisonnable de prévoir 1 jour 1/2 depuis Samdo. Même si le trajet peut se faire en une longue journée.

Jour 1 :
De Samdo, remonter la vallée vers le Larkye Pass, descendre vers la micro centrale, traverser le pont et à Larkye Bazar, prendre à droite la vallée de la Athahra Saya Khola et la remonter... jusqu’au sommet !
Après une première montée, jusqu’à un chorten qui représente une déité locale, le sentier reste en balcon, traverse un alpage et redescend à un pont sur la rivière issue du glacier de Fokan (repas de midi). une courte montée puis un verrou rocheux le long de la rivière, la vallée s’élargit et devient plate. A droite, un pont (2 planches) et le sentier qui conduit au Tibet et à Ru par le La_Chen («Le Grand Col»).
Continuer en remontant la vallée, un autre sentier à droite conduit au Gya La. Il est possible de faire un camp environ 1/2 h plus loin, avant que le sentier ne monte à gauche. L’eau potable se trouve de l’autre côté de la rivière principale, dans un petit affluent.




Le petit pont et le sentier vers le col de La-Chen et le Tibet. Le début ou la fin de Kyomolung ! Et une pensée à Françoise et Etienne pour ce projet qui murit doucement.


Au petit matin, le camp dans la vallée de l'Athahra Saya Khola.




Dans le plat, il faut tourner à droite et remonter un petit vallon qui conduit directement au camp de base.


Le sentier marqué en rouge est plutôt facile.
La suite, pour rejoindre le camp de base avancé l'est déjà beaucoup moins.

Jour 2 :
Une courte montée permet de rejoindre un plateau d’alpage aux reliefs très tourmentés (anciennes moraines ?). Puis il faut traverser le front du glacier principal, « up and down » avec un sentier bien marqué dans du terrain morainique. Une courte descente permet de rejoindre une petite plaine. Prendre à droite pour remonter le vallon entre la montagne et la moraine latérale. Le cheminement est très facile jusqu’au camp de base. Suivant la saison, il y a de l’eau dans le vallon. Dans le cas contraire, il suffit de traverser la moraine pour en trouver de l’autre côté (sente, 10 mn).
C’est éventuellement une bonne option pour installer le camp de base. Plus de place, plus de soleil, à proximité de l’eau et protégé d’un risque d’avalanche en cas de chutes de neige très importantes.
Le camp de base est accessible avec des animaux de bat. Mules, chevaux ou yacks.


Michelle, qui cherche de l'eau pour sa toilette...

Le camp de base avancé.
Le terrain devient plus complexe et moins agréable.
Rejoindre le fil de la moraine et la suivre jusqu’à une zone de gros blocs, la contourner par l’aval. En restant sur l’épaulement, descendre légèrement pour rejoindre la base d’un versant herbeux. Le remonter jusqu’à une bosse et continuer par le vallon sur la gauche. Le cheminement devient plus agréable avec de l’herbe et quelques rochers.
Depuis une croupe herbeuse (cairn) traverser à droite un talweg jusqu’à l’arête suivante. Continuer à flan dans de gros blocs jusqu’à un col marquant le débouché d’un vallon rocheux. Le remonter plutôt en ascendance à droite en direction des névés et des grandes pentes qu’il faudra remonter. L’ABC est peu visible. Il est situé à l’abri de petites falaises avec de la place pour 3 ou 4 tentes.
Eau à proximité en fonction de la saison, ou de la température. Il n’y a pas vraiment d’autres emplacements plus confortables, à part en aval.
Ce camp est accessible par des porteurs, sans matériel particulier.


Le camp de base avancé, après la neige.


Jacques, dans les premières pentes de neige, au-dessus du Camp de Base Avancé.


Svend, juste à l'emplacement du camp 1.
Notre camp 1 de l'automne 2011 est un peu en contre-bas.

Le Camp 1, au pied de l’arête de neige.
Remonter en ascendance à droite les premières pentes pour traverser une combe puis une large croupe qui débouche sur un replat. Attention à la situation nivologique : les pentes traversées sont surmontées de ressauts plus raides propices aux accumulations. Continuer à flanc pour passer sous un ressaut rocheux. Remonter la combe suivante par son versant droit jusqu’à l’arête. Larges emplacements plus ou moins plats. Aucun risque d’avalanche, mais exposé aux vents.


La petite arête de neige... Rien de bien difficile.


Un bel élan vers le ciel !


Svend arrive tranquillement sur le plateau, près du Dôme de l'Hindu Himal.

Le camp 2, à proximité du Dôme de l’Hindu Himal, 6306 m.
Rejoindre l’arête de neige évidente et la remonter. La pente s’adoucit avant une dernière pente un peu plus raide qui débouche sur le plateau. Crevasses et terrain propice à des accumulations de neige. Sur le début du plateau, en fonction de la neige et du vent, beaucoup d’emplacements sont possibles. A vous de choisir…


Svend et Benoît dans la montée du Lilia Peak. Juste dans le prolongement des alpinistes, on devine les replats du Camp 1.
Puis, de profil, "la petite arête" et la fin de la montée au camp de l'Hindu himal.


Juste avant de déboucher au plateau de l'Hindu Himal, les dernières pentes.


Panbari et Athahra Saya Khola Himal depuis le Dôme de l'Hindu Himal.
Et entre les deux, le col 6442 qui donne accès à la suite de la traversée vers Phu.


Un petit bout de carte au 1/50 000

Les sommets
Trois sommets sont accessibles depuis ce camp de l'Hindu Himal.

  • Le Lilia Peak, 6425 m
  • L'Athahra Saya Khola Himal, «la montagne aux 1800 rivières», 6767 m.
  • Le Panbari, 6905 m

Le Panbari, 6905 m.
il est judicieux de faire un camp 3 au plus près du col 6442 pour ne pas avoir à traverser le plateau avant l’ascension.
La difficulté devrait être au maximum PD en neige, avec quelques passages de crevasse à négocier.
C'est un sommet qui nécessite un permit d'expédition du ministère du tourisme Népalais avec la présence d'un officier de liaison.
Il n'a été gravi qu'une seule fois par une equipe Japonaise.


En route vers l'arête Est de "La Montagne aux 1800 Rivières".


De grands espaces et le Manaslu, très haut.


Le versant Ouest du Panbari et de l'Athahra Saya Khola Himal, depuis le Nemjung.
©Christian Trommsdorff

L'Athahra Saya Khola Himal, 6767 m.
Nous avons réalisé l'ascension de l'arête Est de la montagne, après avoir traversé le Lilia Peak.
C'est une course de neige sans difficulté, de niveau IV/F+ en cotations himalaya.
Une traversée de "la montagne aux 1800 rivières" est aussi possible : montée par l’arête Sud et descente par l’arête Est.


La cordée de Svend et Benoît presque au sommet du Lilia Peak.
On devine sur le plateau notre trace d'accès et sur le bout de l'arête nos compagnons de voyage qui se sont arrêtés au sommet de l'Hindu Himal.


Au sommet.

Lilia peak, 6425 m
Nous avons réalisé l'ascension du Lilia Peak par le versant Sud, de grandes pentes de neige à 35°, avec descente par l'arête Ouest, presque plate pour rejoindre le col entre Lilia Peak et Atharha Saya Khola Himal.
C'est une course de neige de niveau IV/PD en cotations himalaya.

D'autres sommets !
Deux autres sommets vierges (6296 m et xxm) sont également accessibles depuis le camp 3 en traversant le col 6442, qui n’a pas encore de nom.


D'autres sommets sans nom... à gravir une prochaine fois. Peut-être lors du prochain Samdo Phu !!!

J'espère que ce topo vous sera utile pour construire votre prochaine aventure himalayenne.
Et je vous remercie d'avance pour un petit commentaire à votre retour.

Paulo, Janvier 2012
La Grave

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