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Pharilapcha et Kangshung,
dans le massif du Khumbu



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Le Pharilapcha, 6017 m

« La nuit nous rattrape peu à peu sur les flancs du Pharilapcha. Une descente dans la pénombre s’amorce, laissant derrière nous une nouvelle voie de 750 mètres dans la face Est de cette montagne peu connue. »
Retour en arrière sur une de nos ascensions originales de ce mois de novembre 2006.
Un voyage aussi intense que furtif au coeur de la face Est du Pharilapcha, sommet pas trop haut mais technique. Partisans d’une éthique dépouillée qui ouvre les portes d’un renouveau dans le style alpin en Himalaya, notre chemin fût le choix du geste: beau, simple et émouvant.
Etre légers pour être plus mobiles
Pour rejoindre le village de Machermo à 4 400 m et acheminer le matériel nécessaire, nous utilisons un porteur chacun avec une charge de 30 kg (poids règlementaire pour un porteur). Au camp de base classique, nous préférons une logistique légère : un lodge pour se refaire une santé et seulement une dizaine de jours de nourriture d’altitude. En gravissant une esthétique arête au Dawa Peak, 5 920 m, nous avons amélioré l’acclimatation débutée durant le trek.
Pour le Pharilapcha, nous établissons un camp d’altitude à 5 200 m au pied de la face Est à une demi-journée de marche, avec l’idée de tenter notre ascension à la journée quitte à descendre de nuit. Nous sommes donc partis légers sans bivouac, les combinaisons en duvet Triple Zéro nous ont permis de ranger beaucoup de choses dans les poches (vivres, frontales, gants de rechange et une pipette pour deux dans le dos Cette tactique permet à celui qui est en tête de ne pas avoir de sac à dos, d’être plus à l’aise et plus rapide dans les passages techniques et pour faire la trace. Le second a un sac minuscule que nous avons laissé vers 5 700 m. Ainsi nous avons économisé beaucoup de fatigue.
Nous avons atteint le sommet tard en journée et en attaquant la descente il ne restait guère qu’une heure de jour. Au vu des conditions de neige rencontrées à la montée, nous avons décidé de basculer dans un couloir du versant Sud : une descente plus facile mais aussi plus longue. La nuit passée dans nos combinaisons en duvet en guise de sac de couchage sur les lits froids du lodge de Machermo, 18 heures après avoir quitté notre tente a donné naissance à La Nuit de l’Oracle, inspiré du titre d’un roman de Paul Auster. Deux jours plus tard, il nous a fallu remonter chercher le camp avant de repartir pour un autre sommet.

Une expédition légère dans la région du Khumbu
Le Khumbu, aménagé de lodges confortables dans toutes les vallées, se prête particulièrement bien à des ascensions légères. Partir avec 20 kg au départ de la France n’est donc pas une utopie. La principale barrière vient de l’image que nous nous sommes construits depuis une cinquantaine d’années à travers les récits et les réalisations des Himalayistes. Apprendre aujourd’hui à déconstruire ces mythes qui continuent d’alimenter par des images déformées ou inaccessibles le monde de l’Himalaya, permet de bâtir de nouvelles expéditions à notre portée, avec une importance plus grande accordée à la valeur de l’expérience vécue et partagée, une approche plus respectueuse des gens et des montagnes.
L’essence de l’aventure se situe actuellement ailleurs que dans la rhétorique de conquête et de victoire sur les plus hauts sommets, ailleurs que dans la notion d’exploit aléatoire et exclusive (1), mais belle et bien dans une approche qui emprunte à des notions d’immersion et de sobriété. Aujourd’hui, les diverses ascensions himalayennes effectuées dans ce style épuré prouvent qu’il est possible de conjuguer apprentissage de l’altitude et légèreté, d’allier performance et relations humaines. Accorder une importance à la façon dont on fait les choses (c’est-à-dire la préparation du voyage et la logistique sur place), détermine la manière choisie pour gravir une montagne. Avec ce changement de siècle, un glissement, un changement de valeurs s’est amorcé laissant plus de place à la créativité, à la fluidité. En privilégiant les ascensions rapides, logiques et esthétiques, ce nouvel himalayisme nécessite peu de soutien logistique. Bien évidemment, ce n’est pas applicable partout et tout le temps. On peut essayer de s’en rapprocher le plus possible.
Cependant, ce style épuré n’est pas synonyme d’un engagement morbide sans possibilité de retour ni de descente, bien au contraire. Il incite à prendre en considération les différents paramètres qui permettent de se déplacer vite et bien en fonction de son niveau technique, de la forme du moment et du contexte météo. Et il ne faut pas hésiter à renoncer si un des paramètres vient à mettre en danger votre projet.
Aujourd’hui, en Himalaya comme dans les Alpes, nous souhaitons accorder une place plus importante à la créativité et à l’humanité, dans une approche de la montagne plus contemplative, et une culture de l’alpinisme plus sensuelle.

Cécile Thomas & Sébastien Constant

 

(1) Samivel, avec son regard ironique sur la conquête et la domination, voyait déjà la déroute de ces valeurs.

Carte d'identité et topo des sommets.

Le Kangchung Ouest
Nom du sommet :
Kangchung Ouest, Cholo
Altitude : 6 043 m  
Permis d’ascension : non encore autorisé.
Nom de la voie : arête sud-est
Cotation Himalaya : III/AD, neige avec de courts ressauts en glace (3).
Première ascension :  date et auteurs inconnus
Accès : par Lukla et Namche et le sentier pour Gokyo, ou en traversant le Cho La depuis Dzongla..
Camp de base : lodges du hameau de Dragnag
Carte : NAMCHE BAJAR, 2786-03

Description de l’itinéraire.
Pour le camp de base.
Entre Machhermo et Gokyo, en traversant le glacier de Ngozumba.
Pour le camp d’altitude.
Près du lac glaciaire situé au sud des Kangchung Est et Ouest 5 350 m, à une journée depuis les lodges de Dragnag.
Pour le sommet.
La voie rejoint l’arête est vers 5 900 en remontant les pentes du versant est/sud-est depuis le lac glaciaire (neige entre 30 et 50°). L’arête sud-est est longue, parfois aérienne. Elle comporte de courts ressauts de III en glace.
Descente.
Par le même itinéraire.

Le Pharilapcha
Nom du sommet : Pharilapcha
Altitude : 6 017 m 
Permis d’ascension : NMA peak
Nom de la voie : La Nuit de l’Oracle, face est.
Cotation Himalaya : III/TD-, 3+ en glace et M4
Première ascension :  Sébastien Constant, Cécile Thomas et J-L. Brémond, Hervé Dégonon, le 15 novembre 2006
Accès : par Lukla et Namche
Camp de base : lodges au hameau de Machermo,
Carte : NAMCHE BAJAR 2786-03

Description de l’itinéraire.
Pour le camp de base.
Depuis Namche Bazar par de bons sentiers en direction de Gokyo, rejoindre le hameau de Machermo,
Pour le camp d’altitude.
Au pied de la face, à une demi journée.
Pour le sommet.
Cette montagne domine deux villages : Machermo et Gokyo. L’arête sommitale délimite une large et haute face nord-est et qui a son pendant en face sud-ouest. La face Est forme un triangle qui referme cette pyramide. Un large glacier suspendu délimite la face Est, La Nuit de l’Oracle se faufile en son rebord gauche et rejoint le col 5 650 m qui sépare le Machermo (5 766 m) et le Pharilapcha (6 017 m) à l’Est.
Attaque vers 5 250 m dans un large cône de neige, puis 2 longueurs en M4 pour venir à bout d’une première gorge. Ensuite une traversée à droite pour rejoindre un couloir de neige qu’on remonte sur 200 m (neige 40 /55° avec quelques ressauts en glace, 3+ maxi). On se trouve alors sous le glacier suspendu. Le couloir oblique à gauche pour rejoindre le col 5 650 m (2 longueurs de M3 pour l’atteindre). Du col, remonter le glacier suspendu par sa rive droite, toujours en oblique à droite pour atteindre vers 5 850 m la rampe qui permet l’accès au mixte du triangle sommital. Sortie à l’antécime Est. De-là par une arête de neige rejoindre le sommet principal.
Descente.
Directement dans la voie jusqu’au col puis par le couloir du versant sud (neige entre 30 et 55°). Retour à Machermo par la vallée de Machermo.


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Paulo, décembre 2007

 

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