Du Mustang à Phu
L'ascension du Saribung



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Du Mustang à Phu, l’incroyable voyage

Ce matin, comme un couvercle qui se referme, une bruine tenace a gommé le paysage. Nous voici, quelque part, entre le Mustang et Phu. En panne. Seul le sentier que nous avons suivi hier, nous relie encore à Luri Gompa. Le brouillard est trop épais pour nous permettre de continuer et pour nous engager avec toute l’équipe népalaise, sans savoir où nous allons. Ce sera donc une journée au port, une journée de repos dédiée à l’acclimatation. Pendant ce temps, une petite équipe va repérer l’itinéraire du lendemain.

En chemin, Temba nous raconte une drôle d’histoire. Hier à l’étape, il a discuté avec l’un des bergers de Guma Thati. En apprenant que nous allions à Phu, ce dernier n’a pas été plus étonné : son grand père, il y a bien longtemps, faisait déjà le voyage, par-delà les montagnes, pour troquer avec les habitants de Phu et rapporter de jeunes yacks. 
J’imagine les conditions que ce berger a dû affronter avec son équipement rudimentaire. Où pouvait-il bien aller, la première fois qu’il a traversé les glaciers ? Un peu comme Ötzi, notre ancêtre colporteur tyrolien, chichement vêtu mais armé d’une détermination farouche.
Nous rions de bon cœur en évoquant notre organisation et notre matériel. Je raconte à mon tour l’histoire d’Alfred De Hults. Une histoire qui se déroule sur l’autre versant, l’histoire du De Hults Pass.

Puis nous continuons à cheminer, perdus dans nos pensées.
Voici une semaine que nous sommes partis de Kagbeni. Une semaine à cheminer vers Lo Manthang puis vers les montagnes du Damodar. Chaque étape a été plus riche de surprises que la précédente : les chörtens et les couleurs des maisons du 1er village, Tangbe, la quiétude des champs de sarrasin de Geling, les falaises rouge sang de Drakmar, le site surprenant du monastère de Lo Gekar, Lo Manthang, la ville forteresse, la fragilité des fresques de Luri Gompa et partout ce paysage extraordinaire de complexité minérale.
Visiter le Mustang était un rêve pour beaucoup d’entre nous. La réalité que nous découvrons à chaque pas dépasse largement nos attentes.
Pour cette première traversée de Lo Manthang à Phu, « Chenda na gharnus » (ne t’inquiète pas en népali) est devenu notre leitmotiv pour essayer de rassurer Dane Gurung, notre sirdar, peu habitué à un voyage où tout est à découvrir, où tout est à construire au jour le jour. Avec au loin, belle et menaçante, la chaîne de montagnes qu’il nous faudra traverser dans quelques jours, sans savoir ni par où, ni comment.
Pour l’instant, le sentier est toujours aussi large et confortable, presque incongru dans ce paysage austère où nous ne croisons que de rares bergers. Seul son parcours nous inquiète car il ne correspond pas du tout au tracé de notre carte. Le lendemain, tout devient limpide : à quelques encablures de notre campement nous découvrons une grande bâtisse bleue : l’abri pour les pèlerins puis les lacs sacrés de Damodar Kunda.
Nous assistons, émus, aux gestes simples empreints de ferveur, des porteurs de notre équipe qui s’attardent auprès des berges des lacs. À plus de 5 000 m, ce lieu étrange, où s’entremêlent cultes hindouiste et bouddhiste, donne un intérêt supplémentaire à notre itinérance. En ces hautes terres tibétaines, la réalité est d’une infinie complexité à nos esprits cartésiens.
La neige qui tombe encore fait un crissement feutré sur les parois de ma tente plantée sur la moraine terminale du glacier du Damodar vers 5200 m. Ce sont les derniers flocons, les derniers soubresauts d’un mauvais temps qui dure depuis 4 jours. Demain il fera beau ! Miracle de la technologie, une conversation téléphonique pour un bulletin météorologique spécifique nous annonce :
« Pas de souci les gars, il fera beau demain matin et pour toute la semaine ».
Difficile d’imaginer l’effet que cette simple phrase a eu sur l’ensemble du groupe. Tout est devenu plus simple. Notre choix de continuer n’était pas si aberrant, alors que tout nous incitait à faire demi-tour. Imperceptiblement, la lumière à changé, avec une nouvelle clarté venue du fond du ciel.

Demain sera un jour nouveau.
Le jour du départ pour une traversée idéale : quitter un territoire, le Mustang, pour en retrouver un autre tout aussi mythique, la haute vallée de Phu. Pour traverser tout là-haut, au-delà des regards, au-delà des glaciers, un col, une échancrure, comme une invitation vers l’ailleurs, pour retrouver ce « regard au-delà du col » si évocateur.
Les Népalais, eux, sont pour l’instant toujours aussi pessimistes sur la suite de notre aventure. Mais tout est prêt pour partir demain matin. Mon sac est bouclé et les affaires de trek sont descendues avec les mules.
Trois jours de grand beau temps plus tard, nous voici de l’autre côté du Mustang Pass. Le sommet du Saribung Peak est dans la poche et tout le monde a réussi. Même Chhotemba et Temba nous ont accompagnés.
Au cœur de cette traversée, le massif du Damodar Himal nous à offert ses plus beaux paysages : des sommets enneigés à profusion avec de grands glaciers et des pénitents de glace exceptionnels, des couchers de soleil de cartes postales sur les géants du Peri Himal.
Mais la suite est encore un mystère. Il y a beaucoup de neige sur ce versant et bien sûr, aucune trace.
Le lendemain, le camp de base du Bhrikuti sur la moraine terminale du  glacier est merveilleux de confort après toutes ces journées passées en altitude. Pourtant, ce n’est qu’un replat de moraine, un vulgaire champ de cailloux. Mais déjà, quelques plantes ont réussi à coloniser les lieux. Un torrent d’eau claire prend sa source à quelques pas. Nous avons définitivement quitté le monde de la neige et des glaciers.

Nous avons réussi !
L’arrivée à Phu est un grand moment de bonheur.
Avec notre équipe restreinte nous sommes d’emblée installés, immergés, au cœur du village, logés et nourris chez l’habitant. Une expérience aussi rude qu’exaltante. Tout le monde au village s’active frénétiquement. La neige qui est tombée en abondance la semaine précédente a recouvert tous les champs d’orge, couchant tous les épis. Une vraie catastrophe. Elle a maintenant fondu et il faut rentrer au plus vite la récolte de l’année qui assurera la survie des habitants de Phu. Nous participons de notre mieux à cet immense chantier communautaire, mais porter des gerbes avec une sangle au front n’est pas vraiment simple. Heureusement, Grand Mère calibrera les charges à hauteur de notre incompétence.

Bien plus tard, dans la descente...,
à l’arrivée à Koto, nous nous étions préparés au changement d’ambiance, pour retrouver les trekkeurs du tour des Annapurna. Mais la grande surprise fut la présence de la nouvelle route en construction. Il y a un monde entre marcher sur un sentier du Népal et suivre une route qui bouscule et martyrise la nature.
Que va devenir ce tour des Annapurna ???
Comment modifier nos choix de randonneur, pour vivre le mieux possible cette transformation irréversible et radicale ?
Pourtant, qu’il est beau ce Népal des collines avec toute sa palette de verts, toute l’effervescence de la vie.
C’est aussi le point d’orgue de ce voyage fait d’ocre, de blanc et de vert.
Ocre, blanc, vert : notre « Rigsum gonpo » symbolique de ce voyage ?

 

Carte d'identité et topo du sommet.

Le saribung
Nom du sommet :
Saribung, XXX
Altitude : XXXm  
Permis d’ascension : Expédition.
Nom de la voie : versant Nord
Cotation Himalaya : III/F neige en cotation Himalaya.
Première ascension :  date et auteurs inconnus
Accès : XXX
Camp de base :
Versant Phu :
Versant Mustang :
Carte : XXX

Description de l’itinéraire.
Pour le camp de base.
lefnapjb
Pour le camp d’altitude.
KO¨¨îuo
Pour le sommet.
k$ze^^i
Descente.
Par le même itinéraire. la traversée du Mustang Pass XXXm est un très beau voyage en altitude.


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Paulo, décembre 2007

 

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