Pas facile de se présenter...
voici une interview réalisée pour le site de
SALEWA.
Bonjour, je suis né en 1957 au bord du lac Léman
en Haute Savoie…
Comment as-tu débuté la montagne ?
Très tranquillement, avec mon grand père en
parcourant les montagnes suisses durant mon enfance. Puis
au CAF Léman avec comme guide Bernard
Verrier, qui m’a très rapidement laissé
grimper en tête, puis j’ai suivi toutes les formations
d’initiateur et d’instructeur FFM. Ensuite, je
me suis installé dans la région grenobloise,
à Voiron, où je me suis beaucoup
investi dans un club FSGT (Amitiés
& Nature) avec une section jeunes très dynamique
en alpinisme, escalade et ski de randonnée. C’est
aussi à cette période que j’ai passé
mon diplôme de guide de haute montagne.
Du point de vue professionnel, comment s’est
passé la transition ?
Presque naturellement…, ayant laissé tombé
mon 1er métier de cuisinier, j’ai fait plusieurs
saisons comme pisteur secouriste à La Plagne puis à
l’Alpe d’Huez.
L’été, il m’a fallu choisir entre
garder les chèvres et faire les foins avec des amis
au dessus de Saint Gervais et le métiers de guide…
je suis donc devenu accompagnateur puis aspirant guide et
enfin guide de haute montagne, avec passion et à plein
temps.
Y a-t-il un fil rouge dans cette passion de la montagne
?
Oui, certainement cette envie de transmettre, d’être
un enseignant, un didacticien (comme
on dit aujourd’hui !)…
Et comment cela s’est-il traduit concrètement
?
C’est présent tout le temps, dans toutes les
formes de ma pratique et quelle que soit l’activité
ou la saison...
En escalade, j’ai travaillé dans le cadre
de l’éducation nationale et de l’école
primaire au sein d’un groupe de recherche pédagogique,
et j’ai équipé des falaises adaptées
à l’escalade pour les enfants, dès les
années 70. J’ai aussi collaboré avec Entre-Prise
(François Savigny & Bruno Lambert)
pour la conception de murs d’escalade pour enfants,
avec des structures mobiles, des blocs… les 1er en Isère
avec Jean Marc Blanche et la FSGT.
C’était aussi les 1er scellements à l’école
d’escalade de Saint Etienne de Crosset, il y a bien
longtemps.
En ski, j’ai longtemps fait partie d’un
groupe de travail sur l’enseignement du ski, en réaction
avec les méthodes pédagogiques de la FFS ou
de l’ESF, dans le cadre des stages Maurice Baquet aussi
… Quelle prise de tête parfois !
En ski de rando, avec le club de Voiron nous avons
fait des raids inimaginables aujourd’hui, avec beaucoup
d’autonomie laissée aux jeunes.
Il y avait Christian Thomas Javid, Jean
Paul Jarnias, nos 1ers amours ?!, Mamie Garnier et ces fils,
Pierre Cler, les deux Bruno, BBX & Bruno Martel, Claude
Barnier, Nadine et bien d'autres.
En parallèle, pendant 15 ans, je me suis occupé
de la formation FFME des chef de course, avec des stages neiges&
avalanches ou cartographie & orientation… une très
belle histoire avec toute une équipe de formateurs
ultra motivée de Grenoble...Marc
Dutaud,Thierry Balle, Jeando Poncet, Pierre Claret.
En alpinisme, je m’occupais du club de jeunes,
de formation et j’avais aussi monté une petite
agence de guides avec mon épouse, « Passages»,
une école d’alpinisme, puis
Jean-René Minelli nous a rejoins.
Nous proposions des séjours d’alpinisme et d’escalade
dans tout l’Arc Alpin.
Par exemple pendant plus de 12 ans j’avais chaque année
rendez-vous dans les Dolomites, dans le Valais aussi. En ski
de randonnée, nous avons traversé toutes les
Alpes, « du Grossglockner à la Méditerranée
», et bien d’autre raids fantastiques…
dans le Grand Nord, en Crète…
Une vie de guide globe trotter, passionnante
et riche !
Il y a eu aussi le livre aux Editions Glénat "Sommets
Faciles des Ecrins", avec Jean-René &
Frédérique Chevaillot.
Tu as été actif aussi en cascade de
glace, je crois ?
Oui, à partir de 1978, au tout début des cascades,
c’est d’emblée un univers qui m’a
enthousiasmé. Je dois être le 3ème guide
en France à avoir proposé des stages de cascade,
après Dominique Julien dans les Pyrénées
et bien sûr, Godefroy Perroux dans les Alpes…
Même actuellement, je continue, c’est toujours
mon activité principale l’hiver, avec des
stages très conviviaux, «
chez le guide » à La Grave et aussi
en
Ecosse
J’ai vécu de beaux moments aussi avec François
Damilano, en visitant les autres pays alpins et en écrivant
des articles.
Sur Internet, avec un ami informaticien Emmanuel Carras,
nous sommes webmaster d’un site sur les cascades de
glace de l’Oisans www.cascades-infos.com,
qui donne des informations sur les conditions des cascades
autour de la Grave. Une autre expérience
dans la transmission des savoirs.
En fait, j’adore l’alpinisme sous toutes ces
formes, l’hiver et l’été et surtout
avec des groupes.
Je regrette simplement de n’avoir pu continuer comme
prof à l’ENSA, j’ai simplement fait une
saison car j’avais un profil trop pédago et pas
assez haut niveau. Dommage !!!
Du côté des expéditions et de
l’Himalaya, on retrouve souvent ta signature dans les
revues spécialisées ?
C’est actuellement, le domaine qui me passionne le plus
(avec les cascades). C’est vraiment un condensé
de toute mon expérience de guide et d’alpiniste.
Et surtout j’adore partir longtemps, être immergé
en montagne, avec d’autres personnes, parfois seul aussi.
Et, une expé c’est ça… une expérience
humaine très riche, dans la durée… beaucoup
de découvertes, d’imprévus, une vraie
gestion du groupe… et de la communication.
Depuis bientôt 18 ans, chaque année je vais en
Himalaya, au Népal, pour deux ou trois mois, sur un
sommet à chaque fois différents, petit ou grand.
Parfois avec Terres d’Aventure, une
grande agence de voyage française.
Il y a eu de nombreuses fois, l’Island ou le Mera
Peak, l’Alpamayo aussi, puis l’Ama Dablam, le
Lobuje, le petit Paldor ou le Singu Chuli. Beaucoup de 7000…
Baruntsé, Dorje Lakhpa, Tilicho Peak, Tukuche, le Noijing
au Tibet. Et enfin le Dhaulagiri, une bien belle histoire.
Depuis 1999, je me suis orienté un peu différemment,
en essayant de réunir mes compétences d’enseignant
et de responsable d’expé, en proposant des formations
aux expéditions, « des expés de formation
».
Dans le style, « Learning by Doing »
… donc de vrais expés sur de vrais sommets, mais
avec un contenu de formation et une implication importante
des participants. Ainsi est né « Expédition,
mode d’emploi », beaucoup d’aventures
riches et intéressantes. J’ai aussi énormément
appris avec tous mes compagnons de cordée sur des sommets
parfois totalement inconnus.
Sur mon site web, www.paulo-grobel.com
, on peut d’ailleurs suivre cette évolution,
qui se concrétise aujourd’hui par une plus grande
place laissée aux participants dans la préparation
et le déroulement de ces ascensions, avec toujours
des sommets peu connus ou à « inventer ».
Sur ce site, il y a aussi beaucoup d’informations sur
« comment préparer sa propre expédition
? », des topos, des conseils….
Il y a aussi l’aventure des « rencontres
Expé & Himalaya » organisées
à La Grave en Janvier avec Niels Martin
de l'OT et toute une équipe, un projet de livre sur
l’Himalaya et la formation des équipes népalaises
de l’agence de trek avec laquelle je travaille à
Kathmandu.
Par exemple, en automne 2004, nous allons traverser les
Chulus avec des cordées Franco-népalaises,
les sommets ne sont pas très hauts, mais une traversée
en technique alpine reste un vrai challenge et le matériel
prend alors une place capitale.
Justement, comment s’est construit ta relation
avec Salewa ?
Par des rencontres…, puis au fil des ans. J’ai
aussi pris conscience que le matériel avait énormément
d’importance dans nos activités de montagne,
et encore plus en haute altitude. J’ai eu envie de mieux
connaître ce domaine et j’ai fait des
tests comparatifs sur le terrain de sacs
à dos, tentes ou piolets pour la revue Vertical.
Je vais d’ailleurs reprendre cette
idée sur Internet, pour exprimer plus librement le
point de vue de l’utilisateur.
Avec Salewa, au delà de porter ou d’utiliser
un matériel performant, cela m’intéresse
de plus en plus de me pencher sur la conception d’une
tente ou d’une veste, de réfléchir aux
améliorations à apporter. Ce domaine commercial
et économique d’une grande marque, de la conception
du produits à sa distribution, est un monde que je
connais très peu.
C’est aussi vraiment passionnant, et j’apprends
chaque jour d’avantage…
Je travaille aussi avec d'autres partenaires, Asolo,
Petzl/Charlet, Béal.
La vie continue et j’ai encore
mille projets !! Dailleurs, cette
vie ne suffira certainement pas...
Bon voyage sur mon site,
@+,
Paul Grobel
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