Présentation et tranches de vie...
Paulo Grobel
Guide de haute montagne





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Dernière mise à jour : 30 mars 2010


Pas facile de se présenter...
voici une interview réalisée pour le site de SALEWA.

Bonjour, je suis né en 1957 au bord du lac Léman en Haute Savoie…

Comment as-tu débuté la montagne ?
Très tranquillement, avec mon grand père en parcourant les montagnes suisses durant mon enfance. Puis au CAF Léman avec comme guide Bernard Verrier, qui m’a très rapidement laissé grimper en tête, puis j’ai suivi toutes les formations d’initiateur et d’instructeur FFM. Ensuite, je me suis installé dans la région grenobloise, à Voiron, où je me suis beaucoup investi dans un club FSGT (Amitiés & Nature) avec une section jeunes très dynamique en alpinisme, escalade et ski de randonnée. C’est aussi à cette période que j’ai passé mon diplôme de guide de haute montagne.

Du point de vue professionnel, comment s’est passé la transition ?
Presque naturellement…, ayant laissé tombé mon 1er métier de cuisinier, j’ai fait plusieurs saisons comme pisteur secouriste à La Plagne puis à l’Alpe d’Huez.
L’été, il m’a fallu choisir entre garder les chèvres et faire les foins avec des amis au dessus de Saint Gervais et le métiers de guide… je suis donc devenu accompagnateur puis aspirant guide et enfin guide de haute montagne, avec passion et à plein temps.

Y a-t-il un fil rouge dans cette passion de la montagne ?
Oui, certainement cette envie de transmettre, d’être un enseignant, un didacticien (comme on dit aujourd’hui !)…

Et comment cela s’est-il traduit concrètement ?
C’est présent tout le temps, dans toutes les formes de ma pratique et quelle que soit l’activité ou la saison...
En escalade, j’ai travaillé dans le cadre de l’éducation nationale et de l’école primaire au sein d’un groupe de recherche pédagogique, et j’ai équipé des falaises adaptées à l’escalade pour les enfants, dès les années 70. J’ai aussi collaboré avec Entre-Prise (François Savigny & Bruno Lambert) pour la conception de murs d’escalade pour enfants, avec des structures mobiles, des blocs… les 1er en Isère avec Jean Marc Blanche et la FSGT.
C’était aussi les 1er scellements à l’école d’escalade de Saint Etienne de Crosset, il y a bien longtemps.
En ski, j’ai longtemps fait partie d’un groupe de travail sur l’enseignement du ski, en réaction avec les méthodes pédagogiques de la FFS ou de l’ESF, dans le cadre des stages Maurice Baquet aussi … Quelle prise de tête parfois !
En ski de rando, avec le club de Voiron nous avons fait des raids inimaginables aujourd’hui, avec beaucoup d’autonomie laissée aux jeunes.
Il y avait Christian Thomas Javid, Jean Paul Jarnias, nos 1ers amours ?!, Mamie Garnier et ces fils, Pierre Cler, les deux Bruno, BBX & Bruno Martel, Claude Barnier, Nadine et bien d'autres.
En parallèle, pendant 15 ans, je me suis occupé de la formation FFME des chef de course, avec des stages neiges& avalanches ou cartographie & orientation… une très belle histoire avec toute une équipe de formateurs ultra motivée de Grenoble...Marc Dutaud,Thierry Balle, Jeando Poncet, Pierre Claret.
En alpinisme, je m’occupais du club de jeunes, de formation et j’avais aussi monté une petite agence de guides avec mon épouse, « Passages», une école d’alpinisme, puis Jean-René Minelli nous a rejoins.

Nous proposions des séjours d’alpinisme et d’escalade dans tout l’Arc Alpin.
Par exemple pendant plus de 12 ans j’avais chaque année rendez-vous dans les Dolomites, dans le Valais aussi. En ski de randonnée, nous avons traversé toutes les Alpes, « du Grossglockner à la Méditerranée », et bien d’autre raids fantastiques… dans le Grand Nord, en Crète…

Une vie de guide globe trotter, passionnante et riche !

Il y a eu aussi le livre aux Editions Glénat "Sommets Faciles des Ecrins", avec Jean-René & Frédérique Chevaillot.

Tu as été actif aussi en cascade de glace, je crois ?
Oui, à partir de 1978, au tout début des cascades, c’est d’emblée un univers qui m’a enthousiasmé. Je dois être le 3ème guide en France à avoir proposé des stages de cascade, après Dominique Julien dans les Pyrénées et bien sûr, Godefroy Perroux dans les Alpes…
Même actuellement, je continue, c’est toujours mon activité principale l’hiver, avec des stages très conviviaux, « chez le guide » à La Grave et aussi en Ecosse
J’ai vécu de beaux moments aussi avec François Damilano, en visitant les autres pays alpins et en écrivant des articles.
Sur Internet, avec un ami informaticien, nous sommes webmaster d’un site sur les cascades de glace de l’Oisans www.cascades-infos.com, qui donne des informations sur les conditions des cascades autour de la Grave. Une autre expérience dans la transmission des savoirs.

En fait, j’adore l’alpinisme sous toutes ces formes, l’hiver et l’été et surtout avec des groupes.
Je regrette simplement de n’avoir pu continuer comme prof à l’ENSA, j’ai simplement fait une saison car j’avais un profil trop pédago et pas assez haut niveau. Dommage !!!

Du côté des expéditions et de l’Himalaya, on retrouve souvent ta signature dans les revues spécialisées ?
C’est actuellement, le domaine qui me passionne le plus (avec les cascades). C’est vraiment un condensé de toute mon expérience de guide et d’alpiniste. Et surtout j’adore partir longtemps, être immergé en montagne, avec d’autres personnes, parfois seul aussi.
Et, une expé c’est ça… une expérience humaine très riche, dans la durée… beaucoup de découvertes, d’imprévus, une vraie gestion du groupe… et de la communication.
Depuis bientôt 18 ans, chaque année je vais en Himalaya, au Népal, pour deux ou trois mois, sur un sommet à chaque fois différents, petit ou grand. Parfois avec Terres d’Aventure, une grande agence de voyage française.
Il y a eu de nombreuses fois, l’Island ou le Mera Peak, l’Alpamayo aussi, puis l’Ama Dablam, le Lobuje, le petit Paldor ou le Singu Chuli. Beaucoup de 7000… Baruntsé, Dorje Lakhpa, Tilicho Peak, Tukuche, le Noijing au Tibet. Et enfin le Dhaulagiri, une bien belle histoire.
Depuis 1999, je me suis orienté un peu différemment, en essayant de réunir mes compétences d’enseignant et de responsable d’expé, en proposant des formations aux expéditions, « des expés de formation ».
Dans le style, « Learning by Doing » … donc de vrais expés sur de vrais sommets, mais avec un contenu de formation et une implication importante des participants. Ainsi est né « Expédition, mode d’emploi », beaucoup d’aventures riches et intéressantes. J’ai aussi énormément appris avec tous mes compagnons de cordée sur des sommets parfois totalement inconnus.
Sur mon site web, www.paulo-grobel.com , on peut d’ailleurs suivre cette évolution, qui se concrétise aujourd’hui par une plus grande place laissée aux participants dans la préparation et le déroulement de ces ascensions, avec toujours des sommets peu connus ou à « inventer ». Sur ce site, il y a aussi beaucoup d’informations sur « comment préparer sa propre expédition ? », des topos, des conseils….
Il y a aussi l’aventure des « rencontres Expé & Himalaya » organisées à La Grave en Janvier avec Niels Martin de l'OT et toute une équipe, un projet de livre sur l’Himalaya et la formation des équipes népalaises de l’agence de trek avec laquelle je travaille à Kathmandu.
Par exemple, en automne 2004, nous allons traverser les Chulus avec des cordées Franco-népalaises, les sommets ne sont pas très hauts, mais une traversée en technique alpine reste un vrai challenge et le matériel prend alors une place capitale.

Justement, comment s’est construit ta relation avec Salewa ?
Par des rencontres…, puis au fil des ans. J’ai aussi pris conscience que le matériel avait énormément d’importance dans nos activités de montagne, et encore plus en haute altitude. J’ai eu envie de mieux connaître ce domaine et j’ai fait des tests comparatifs sur le terrain de sacs à dos, tentes ou piolets pour la revue Vertical.
Je vais d’ailleurs reprendre cette idée sur Internet, pour exprimer plus librement le point de vue de l’utilisateur.
Avec Salewa, au delà de porter ou d’utiliser un matériel performant, cela m’intéresse de plus en plus de me pencher sur la conception d’une tente ou d’une veste, de réfléchir aux améliorations à apporter. Ce domaine commercial et économique d’une grande marque, de la conception du produits à sa distribution, est un monde que je connais très peu.
C’est aussi vraiment passionnant, et j’apprends chaque jour d’avantage…
Je travaille aussi avec d'autres partenaires, Asolo, Petzl/Charlet, Béal.

La vie continue et j’ai encore mille projets !! Dailleurs, cette vie ne suffira certainement pas...

Petit bilan de début d’année 2009
Cette année, l’hiver présage d’une exceptionnelle saison de glace et de ski.
Pourtant, c’est bien l’Himalaya qui est actuellement au cœur de mes préoccupations.
2009 marquera un tournant important de ma vie professionnelle et personnelle avec le choix d’une installation quasi définitive au Népal avec 80 % de mon temps en Himalaya et 20  % dans les Alpes et à La Grave.
Professionnellement, cette spécialisation comme guide en Himalaya simplifie et renforce encore plus mon identité, facilite la communication sur les expéditions que je propose et les sujets qui me passionnent. C’est aussi une source de qualité et d’approfondissement de ce domaine très particulier de l’alpinisme en Himalaya.
Un alpinisme qui s’éloigne de plus en plus des aspects techniques pour s’aventurer vers la notion de voyage et de culture, de recherche de sens dans nos pratiques.

Pour certains projets, une dimension plus politique apparaît actuellement avec un objectif au long cours : la valorisation des régions les plus défavorisées dans l’Ouest du Népal, comme le massif du Kanjiroba.
Vivre l’alpinisme (et le tourisme) aussi comme un outil de développement économique et social avec des répercutions directes pour réduire la pauvreté de certaines régions, marque assurément un changement de direction.

Il en va de même pour la réflexion sur la progression douce en Himalaya qui est maintenant bien ancré dans ma pratique.
Un sujet passionnant qui touche le coeur de notre manière de réaliser les ascensions des plus hautes montagnes de la terre. Une réflexion qui touche à la fois les guides et les amateurs et qui bouscule profondément pratiques, idées reçues, certitudes et conception de l’activité.
C’est bien de l’ouverture d’un débat dont il s’agit : « Quel sens donner à nos pratiques himalayennes ? »
C’est un travail d’expérimentation et de communication passionnant (également par les réactions qu’il suscite !) que nous menons à deux, avec François Damilano. En formant une cordée pour le moins surprenante.
Après le petit documentaire réalisé cette année, « la stratégie de l’escargot », le projet de l’année est un grand film pour montrer, pour expliquer les réalités multiples d’une expédition sur un 8000, pour illustrer de l’intérieur la notion de progression douce. Une progression qui ne se limite pas à un éloge de la lenteur, mais aborde des choix philosophiques très actuels.

Mon site Internet est la clef de voûte de l’ensemble de mes activités.
L’outil indispensable et merveilleusement puissant pour communiquer sur les sujets qui me tiennent à cœur.
L’évolution de la forme des comptes-rendus sur les expéditions réalisées illustre parfaitement mes orientations actuelles. Le dernier, sur Mustang Phu et le massif du Damodar Himal, s’est transformé en un dossier aux multiples facettes avec beaucoup d’informations pratiques. L’objectif étant de proposer du contenu, un contenu qui soit intéressant, utile et constructif.
http://www.paulo-grobel.com/05_expes/Fiches_PDF/cr_mustan2phu/cr_mustang%20phu_08.htm

Le dossier sur le Kanjiroba constitue la première pierre pour la promotion de l’Ouest népalais
http://www.paulo-grobel.com/05_expes/Fiches_PDF/cr_kanjiroba/cr_kanjiroba.htm

Paul Grobel
Février 2009

En 2010... déjà !
1... "La progression douce en Himalaya".
Après un long travail (par la cordée Damilano/Grobel) auprès des médias Français (publications, films et TV), «la progression douce en Himalaya» est maintenant bien installée dans la réalité des alpinistes français.
Elle va continuer doucement son chemin et il faut simplement être présent et accompagner la réflexion pour que de plus en plus d'expéditions en haute altitude se déroulent avec ce concept.
En parallèle, l'ouverture vers la communauté internationale des alpinistes a déjà commencé et le texte ci-joint a été traduit et diffusé en 15 langues dont le Russe, le Japonais, le Perse ou le Chinois !

2... "The Cho Oyu Experience"
Cette communication très large sur "la progression douce", les questions et les débats provoqués, confirme la nécessité d'approfondir cette réflexion qui va bien avec les valeurs de notre époque.
J'ai décidé d'y consacrer mes trois prochaines années de guide de haute montagne dans le cadre d'un projet de recherche intitulé « The Cho Oyu Experience », pour construire des connaissances, innover et communiquer.
C'est donc le projet qui va m'accompagner ces prochaines années, dans le domaine de la haute altitude.

3...,Voyage, voyage
l'autre partie de mon activité, à l'interstice de la randonnée et de l'alpinisme, est centré sur la notion de voyage, d'Himalaya et de culture. Ce sera également l'axe de travail et de communication de ces prochaines années.
Concrètement, c'est le travail avec Trekmag, avec E-trekking, avec Tirawa et un projet de livre sur le Mustang.
Mais le plus important reste le nouveau site web en préparation, pour mettre un peu d'ordre dans le site actuel et rendre compte d'un positionnement plus épuré et plus esthétique.


A bientôt...

Un petit clin d'oeil à mes partenaires
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Et les liens qui vont bien : Salewa, Asolo, Petzl, Beal, les lunettes Adidas

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Mais aussi avec Triple Zero pour les duvets, CILAO pour les sacs à dos, les baudriers light.

Et bien sûr, l'IFREMMONT pour son soutien et suivi médical.


 

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